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CULTURES NUMERIQUES - Page 18

  • harlequinades 2010 : l'été sera t-il chaud

    Le principe est le même que l'année dernière : il s'agit de lire un roman Harlequin ou assimilé (J'ai lu passion et ses confrères) et de le chroniquer comme s'il s'agissait d'un roman sérieux. L'année dernière nous avons donc appris entre deux soupirs et trois fous rires comment désinfecter des ulcères variqueux, révisé nos notions de géorgraphie britannique, analysé l'emploi de la figure du bôgosse au cours des âges, décortiqué l'utilisation du kilt et de la baie vitrée, découvert que le Prince charmant avait la vie dure et des biceps en acier, que le jasmin était aphrodisiaque et que Shakespeare avait fait des émules inattendus. Tant de kulture nous a laissés pantois, évidemment.

     

    Pour participer, rien de plus simple : il suffit de s'inscrire dans les commentaires de ce billet ou chez ma confrère en harlequinade. Ce challenge est ouvert jusqu'au 30 septembre 2010 et comme l'année dernière vous voterez pour élire le meilleur billet. Et cette année, au lieu de vous demander d'écrire une quatrième de couverture, nous vous proposons de rédiger une nouvelle Harlequin : quelques paragraphes ou quelques pages, une publication en feuilleton sur votre blog ou en une seule fois quand vous le souhaitez, suivez votre désir, il vous le rendra au centuple et laissez votre imagination vous emporter sur les rivages de la passion, chers happy few! 

  • ecrire c'est embrasser avec l'esprit

    Quand souffle le vent du nord est donc un roman épistolaire, par mails, et comme j'avais gardé un excellent souvenir de Mélissa et son voisin de Meg Cabot, bâti sur le même principe, j'ai foncé tête baissée dans l'histoire de Leo et Emmi. Mais ici, pas de chick-lit, pas de situations téléphonées ni de gloussements de collégienne, on est dans une analyse extrêmement fine de la naissance du sentiment amoureux entre deux personnes qui communiquent sans se connaître et qui ne sont pas naïves au point de ne pas comprendre tout de suite dans quoi elles s'embarquent.

    Leo, surtout, psychologue du langage, homme intelligent, franc, honnête, sincère et drôle, saisit tout de suite que l'échange de mails entamé par hasard est loin de ne pas prêter à conséquence. Emmi, elle, a plus de mal à s'auto-analyser, empêtrée qu'elle est dans sa vie de famille et dans une relation complexe avec son mari...

     

    Daniel Glattauer, Quand souffle le vent du nord (Gut gegen norwind), Grasset, traduit de l'allemand par Anne-Sophie Anglaret, 348 pages, 2010 pour la traduction, 2006 pour la publication en VO.

  • "It's the future, Watson"

    N'y allons pas par quatre chemins et disons-le tout net, chers happy few : j'ai été conquise par cette adaptation, qui réutilise très intelligemment le mythe et lui insuffle un second souffle tout à fait bienvenu et résolument moderne sans pour autant trahir l'esprit des personnages créés par Conan Doyle. La vraie bonne idée du film c'est d'éviter l'écueil des origines bien connu des scénaristes et de situer l'intrigue au moment où Watson, sur le point de se marier, quitte l'appartement qu'il occupait en colocation avec Holmes. Nous voilà donc plongés directement au milieu d'une relation de longue date entre ces deux hommes qui ont déjà résolu bon nombre d'enquêtes et qui s'entendent comme larrons en foire, même si Holmes rechigne grandement à laisser partir celui qu'il considère comme un frère. L'évolution de l'attitude de Holmes, qui finira par accepter le départ de Watson occupe donc une grande place au milieu de l'intrigue, qui, ma foi, est plutôt bien ficelée. Ce que j'ai trouvé formidable, c'est la façon dont les scénaristes ont truffé le film de références aux nouvelles et romans de Conan Doyle : on y croise des personnages récurrents (Lestrade, Irene Adler, le professeur Moriarty), il y est fait allusion à plusieurs nouvelles (la montre du frère de Watson dans Le signe des Quatre, le diamant qui orne le cou d'Irene Adler vient de La pierre de Mazarin, le portrait d'Irene est un emprunt à Un scandale en Bohême, on reconnaît des citations empruntées à Silver Blaze, L'Homme à la lèvre tordue et j'en passe) et quelques allusions notamment à la toxicomanie de Holmes), et les traits principaux des caractères des personnages sont respectés (la cyclothymie de Holmes qui enchaîne périodes d'abattement et périodes d'exaltation, son désordre, sa façon toute particulière de concevoir le violon, son goût du déguisement et du danger, son amour des sciences, sa mémoire encyclopédique ou la placidité de Watson qui ne sort jamais sans son arme...).
     

  • Lunettes noires sur Pages blanches, les participants

    Parce que les blogueurs sont de grands challengeurs devant l'Eternel et que rien ne les arrête, nous sommes déjà 72 à participer au Challenge Lunettes noires sur Pages blanches consacré aux adaptations cinématographiques, chers happy few. Et c'est en commentaire de ce billet, qui sera directement accessible par un lien dans la colonne de droite, que vous déposerez les liens vers votre billet. Je rappelle qu'il est bien évidemment possible de lire, voir et chroniquer plusieurs romans et adaptations, il paraît même que celui ou celle qui rédigera le plus de billets sera récompensé, chers happy few. Décidément, la mansuétude nous habite.

  • Jeux du cirque

    Hunger games (très mauvaise traduction de The hunger games soit dit en passant : pourquoi ce titre qui n'a strictement aucun sens ni en français ni en anglais alors que la traduction littérale, Les jeux de la faim, aurait été parfaite, voilà un mystère aussi insondable qu'un certain loch écossais) est, malgré son titre, chers happy few, un excellent roman. A mi-chemin entre les jeux du cirque (on remarquera d'ailleurs le nom de la Cité, Panem, comme un certain proverbe latin) et Les chasses du comte Zaroff (dont je recommande d'ailleurs chaudement la vision), ce roman est un thriller passionnant qui pose, comme son prédécesseur, bien des questions sur l'humanité et la bestialité qui sommeillent en chacun de nous. Mais l'argument de SF lui permet d'aller encore plus loin et de questionner le pouvoir politique et la manipulation qu'il a instaurée via ces jeux atroces mais présentés justement comme des jeux avec caméras omniprésentes, sponsors, styliste pour chaque candidat et paris pris dans tout le pays. Le lecteur regarde se dérouler sous ses yeux atterrés une mécanique parfaitement huilée qui va être mise à mal pour la première fois par la personnalité des candidats, que ce soit Peeta, qui fait une révélation tonitruante juste avant les jeux ou Katniss, jeune fille endurcie de 16 ans qui nourrit sa famille depuis des années et qui est bien décidée à tenir le plus longtemps possible, se servant de ses capacités de réflexion comme de ses talents de chasseuse. Thriller, roman de SF, mais aussi roman d'initiation, Hunger games est servi par un style efficace et précis et une excellente construction, qui en font un roman que l'on ne peut pas lâcher jusqu'à la fin. Il y aura encore deux volumes pour, on l'espère, notre plus grand plaisir, mais rassurez-vous, chers happy few, pas vraiment de cliffhanger à la fin de ce premier volume : c'est toujours ça de gagné pour nos pauvres nerfs.

     

    Suzanne Collins, Hunger games (The hunger games), Pocket jeunesse, 379 pages, octobre 2009   

  • "Oui, l'espace d'un instant, j'ai été vraiment vivant"

    Inspiré d'une histoire vraie, la liaison scandaleuse de Frank et Mamah au début du XXè siècle, Loving Frank est un roman émouvant et dense tout entier tendu vers un dénouement terriblement tragique. J'ai été très touchée par le destin de Mamah, une femme qui paie au prix fort sa trop grande avance sur son temps. Féministe, militante pour les droits de la femme (notamment le droit de vote), intellectuelle, cultivée, elle finit par épouser tardivement un homme avec qui elle ne partage rien. Edwin l'idolâtre et lui fournit tout ce qu'il lui faut sur un plan matériel mais la rencontre avec Frank lui fait prendre brutalement conscience de tout ce qui lui manque. C'est avec beaucoup de réticences et après avoir soigneusement pesé le pour et le contre que les deux amants décident de quitter leurs familles respectives et rien ne sera facile pour eux. Nancy Horan ne trace pas un tableau idyllique de cette passion qui leur fait renoncer aux enfants (si Frank peut voir les siens, sa femme ayant décidé de lui refuser le divorce et de faire comme si de rien n'était, Mamah ne peut prétendre à aucun droit sur les siens puisqu'elle est la femme adultère), à leur statut social (ils vivent en parias, reniés par tous), au travail de Frank (plus de commandes pour celui qui défraie la chronique)... Ils connaîtront les doutes, la culpabilité, les remords mais aussi un amour qui ne sera miraculeusement pas rattrapé par la routine du quotidien. Un roman lucide et fort, qui fait mesurer à sa manière à quel point certaines femmes ont souffert et se sont battues pour que nous connaissions la liberté d'agir et de penser.

    Nancy Horan, Loving Frank, Buchet Chastel, traduit de l'américain par Virginie Buhl, 539 pages, septembre 2009.