L'heure est grave, chers happy few. (Bon, certes pas autant que quand on a su que David T. ne serait plus jamais le Docteur, mais sachons raison garder et comparer ce qui est comparable. Bref.)
Voici venu le temps, non pas des rires et des chants (encore que, ça peut s'arranger si vous y tenez car il n'est rien qui ne me soit impossible) ni des cathédrales (oui, elle était facile celle-ci mais tellement tentante que vous m'en auriez voulu de ne pas la faire, chers happy few et je ne voudrais pour rien au monde vous décevoir) mais de la confession. J'ai un aveu à faire, un aveu terrible, qui va changer la face du monde et bouleverser mes milliers de lecteurs : je suis une holmésienne convaincue. Voilà, c'est dit, je me sens mieux. J'entretiens avec le détective au violon et aux mauvaises habitudes une relation durable (la preuve si besoin était que je suis la fidélité incarnée) depuis près de 20 ans (oui, je sais, tout ça ne nous rajeunit pas, chers happy few, et j'en suis la première marrie). Nous nous sommes aimés à la première lecture, j'ai poussé le vice jusqu'à relire toutes ses aventures en anglais et je le fais étudier à mes têtes blondes avides de kulture dès que l'occasion se présente parce qu'en bonne obsessionnelle monomaniaque que je suis j'aime imposer mes marottes, c'est mal, je sais, j'assume.
Je ne pouvais donc pas passer à côté de la dernière adaptation, celle de Guy Ritchie avec Robert *soupir* Downey Jr et Jude *soupir aussi* Law.
Non, je n'y suis pas allée pour le regard coquin de Bob, bande de mauvaises langues.
Enfin, pas que.
Pitchons, chers happy few, dans ce souci de clarté et de rigueur qui a fait ma réputation : Holmes et Watson aident la police, en la personne de l'inspecteur Lestrade, à attraper un serial killer qui sacrifie des jeunes filles au cours de messes noires un peu sanglantes. Et comme ils sont compétents, ils l'arrêtent et ce dernier, Lord Blackwood, est condamné à mort et pendu. Mais voilà-t'y pas qu'un témoin affirme l'avoir vu sortir de la tombe quelques jours après son enterrement...
N'y allons pas par quatre chemins et disons-le tout net, chers happy few : j'ai été conquise par cette adaptation, qui réutilise très intelligemment le mythe et lui insuffle un second souffle tout à fait bienvenu et résolument moderne sans pour autant trahir l'esprit des personnages créés par Conan Doyle. La vraie bonne idée du film c'est d'éviter l'écueil des origines bien connu des scénaristes et de situer l'intrigue au moment où Watson, sur le point de se marier, quitte l'appartement qu'il occupait en colocation avec Holmes. Nous voilà donc plongés directement au milieu d'une relation de longue date entre ces deux hommes qui ont déjà résolu bon nombre d'enquêtes et qui s'entendent comme larrons en foire, même si Holmes rechigne grandement à laisser partir celui qu'il considère comme un frère. L'évolution de l'attitude de Holmes, qui finira par accepter le départ de Watson occupe donc une grande place au milieu de l'intrigue, qui, ma foi, est plutôt bien ficelée. Ce que j'ai trouvé formidable, c'est la façon dont les scénaristes ont truffé le film de références aux nouvelles et romans de Conan Doyle : on y croise des personnages récurrents (Lestrade, Irene Adler, le professeur Moriarty), il y est fait allusion à plusieurs nouvelles (la montre du frère de Watson dans Le signe des Quatre, le diamant qui orne le cou d'Irene Adler vient de La pierre de Mazarin, le portrait d'Irene est un emprunt à Un scandale en Bohême, on reconnaît des citations empruntées à Silver Blaze, L'Homme à la lèvre tordue et j'en passe) et quelques allusions notamment à la toxicomanie de Holmes), et les traits principaux des caractères des personnages sont respectés (la cyclothymie de Holmes qui enchaîne périodes d'abattement et périodes d'exaltation, son désordre, sa façon toute particulière de concevoir le violon, son goût du déguisement et du danger, son amour des sciences, sa mémoire encyclopédique ou la placidité de Watson qui ne sort jamais sans son arme...).

Y a pas à dire, le costume trois pièces et la moustache, ça habille un homme, chers happy few.
Mais les scénaristes ont su ne pas être prisonniers de ce matériau de départ et recréer un duo qui fonctionne parfaitement, en faisant de Watson plus que le faire-valoir qu'avait créé Conan Doyle : c'est un homme intelligent, parfois exaspéré par le comportement de Holmes et qui a un solide sens de l'humour. Et ce bon docteur Watson gagne évidemment à voir son rôle étoffé et enrichi. De la même manière, Holmes est un peu plus bagarreur que l'original, un peu débraillé (mais bon, why not ?) mais toujours animé de cette farouche volonté de savoir et de cette intelligence aigue qui font tout son charme. J'ai aussi beaucoup apprécié la reconstitution du Londres de cette fin de XIXème siècle et le final sur le Tower Bridge en construction, l'humour omniprésent et la façon dont le montage évite l'écueil du bavardage : les explications du raisonnement de Holmes, toujours un peu longues dans les nouvelles, sont ici habilement mises en scène par des anticipations ou des flash-backs. Ajoutons à cela la qualité d'interprétation des deux acteurs principaux et l'on obtient un film ma foi fort réussi, chers happy few.
Sherlock Holmes, à l'affiche actuellement.
Commentaires
Écrit par : Grominou | 05.02.2010
Répondre à ce commentairetout ce que tu raconte du film me séduit au plus au point, je sens que je vais m'amuser comme une petite folle...
Écrit par : yueyin | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireDans mon édition des oeuvres de Conan Doyle, l'auteur de l'intro développe l'idée que Watson n'est pas un simple faire-valoir de Holmes, j'ai trouvé intéressant de voir à quel point le film suivait la même ligne d'interprétation pour le personnage.
Écrit par : The Bursar | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : doriane | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sabbio | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireQui, comme le bon vin, a bien vieilli, si l'on en croit ces photos époque sarah jessica parker:
http://img2.timeinc.net/people/i/2006/celebdatabase/sarajessicaparker/sara_jess_parker5_180_240.jpg
http://www.pollsb.com/photos/o/12398-
sarah_jessica_parker_amp_robert_downey_jr.jpg
http://i39.photobucket.com/albums/e166/snlsnlsnl/sarahandrobert.jpg
Et parce qu'on ne s'en lasse pas: http://entimg.msn.com/i/240/RobertDow_041708_240_1.jpg
Écrit par : casanova | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : bladelor | 05.02.2010
Répondre à ce commentaire... c'est marrant d'ailleurs, c'est un peu la tendance inverse des biopics : de plus en plus dans ces derniers les metteurs en scène embauchent des sosies plutôt des comédiens, et à l'inverse il y a clairement une mode de "renouveau de franchise" au sein de laquelle les personnages mythiques de fiction ne ressemblent plus du tout à ce qu'ils étaient avant : Holmes ne ressemble plus à Holmes, James Bond ne ressemble plus à Bond, les vampires sont de plus en plus humains, Wolverine ne ressemble pas du tout à Wolverine... ceci dit sans juger les qualités des acteurs, mais je trouve ça très perturbant (d'autant que j'ai lu l'autre jour que Spiderman n'allait bientôt plus ressembler à Spiderman...). Heureusement qu'il reste Batman. Ouf.
Écrit par : Thomas | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireJe me suis permis de le conseiller à mes camarades de la Société Sherlock Holmes de France ici : http://www.sh-whoswho.com/forums/viewtopic.php?p=89328#p89328
Bravo et vive Sherlock Holmes !
Thierry Saint-Joanis,
président de la Société Sherlock Holmes de France
Écrit par : Saint-Joanis | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Neph | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireDepuis quand monsieur JOANIS faut-il avoir lu des milliers de pages surannées pour apprécier un film éponyme ?
Je n'ai jamais lu les contes de Perrault et je suis bien aise de n'avoir pas rencontré un GOUROU aussi péremptoire que vous quand j'ai critiqué tel film de Walt Disney.
Écrit par : blackchapel | 05.02.2010
Répondre à ce commentaire(le style de ce commentaire est directement lié à Sherlock himself... à cause de qui je me suis couchée à 1h30 ce matin... j'ai la tête dans les chaussettes)
Écrit par : Ankya | 05.02.2010
Répondre à ce commentairePar contre, j'ai beaucoup aimé le film, qui semble dépoussiérer le mythe sans le trahir, selon tes premières constatations... :D
Écrit par : Pimpi | 05.02.2010
Répondre à ce commentaire@yueyin : tu es priée de ne pas parler des choses qui fâchent, ma chère amie, dont ma PAL, évidemment. "L'instinct de l'équarisseur" y est, au chaud. Il faut bien ça en ces temps de froidure. :)))
@the bursar : je crois que ce film a finalement plu à pas mal de monde, ce qui ne peut que me réjouir profondément. :))
@doriane : je pense qu'on peut l'apprécier aussi si on ne connaît rien à l'univers de Holmes, comme Grominou.
@karine :) : tu les as et tu ne les pas lues ? Shame on you. :)))
@cuné : tu étais prête à résister à Jude ? (perso, moi je serais plus Robert:)) Quelle abnégation! :)))
Écrit par : fashion | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireEt tu me rassures, j'avais assez peur d'un truc à la Arsène Lupin, ce film atroce avec Romain Duris...
Écrit par : Mo | 05.02.2010
Répondre à ce commentaire@chiffonnette : chiche! :))
@casanova : oh. mon. dieu. C'est quoi ces photos ??? Tu veux me faire mourir de rire, non ? Comme quoi, certaines substances facilitent le vieillissement sexy, je dis ça, je dis rien. :)))
@bladelor : bah, tu le reverras en DVD quand tu auras tout lu. :))
@thomas : je te trouve facilement perturbé, très cher : une conséquence de ton grand âge, peut-être ? :D
@thierry saint-joanis : merci d'être passé ici! J'ai été pendant quelques années membre de la SSHF, d'ailleurs. :)))
@neph : eh bien, pas tout le monde mais presque. :))
@blackchapel : je ne vois nullement dans le commentaire laissé par Thierry Saint Joanis ce que vous lui reprochez. Je suis bien persuadée qu'on peut aimer ce film sans avoir jamais lu Holmes, par contre je ne trouve pas les pages de Conan Doyle surannées mais évidemment chacun ses goûts...
@ankya : eh bien qu'attends-tu pour le lire maintenant ? (enfin, pas à la minute non plus, je suis sympa:)))
@pimpi : farpaitement! :))
Écrit par : fashion | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Melanie B | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireJoanis a donné plus haut deux liens ; d'où ma réaction après avoir surfé sur ses affirmations PEREMPTOIRES ; on retrouve celles sur le film en tapant sur Google les quatre mots-clés : figaro joanis jamais lu
Le plus drôle c'est quand il menace de diffamation ceux qui ne sont pas d'accord avec lui ;-))) ... JOANIS, la PAILLE et la POUTRE ...
Écrit par : blackchapel | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireTu as répondu à la question. Je te dirai ce que j'en ai pensé
bise
Écrit par : Sibylline | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : La Plume et la Page | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireEn revanche, et je suis tout à fait d'accord avec le grand chef culturel du Figaro Magazine, je ne comprends toujours pas COMMENT il peut PLAIRE à tant de vrais HOLMESIENS.
Irène Adler est pour moi aussi "la femme", celle qui sublime tant les actions du Sherlock Holmes canonique ; c'est pourquoi je repousse la vision d'un Sherlock Holmes blasé, voire indifférent, quand elle se désappe devant lui.
Écrit par : blackchapel | 05.02.2010
Répondre à ce commentaire@blackchapel : les raisons pour lesquelles j'ai quitté la SSHF ne regardent que moi. Et j'ai comme l'impression que tu es en train de déplacer ici une conversation qui ne me concerne absolument pas. Et tu n'es pas obligé de crier pour te faire entendre (cet abus de majuscules me heurte un peu). Quant à l'article du Figaro, que je n'ai pas lu, il raconte ce qu'il veut, je ne vois pas en quoi y faire allusion fait avancer la discussion, de la même manière que je ne comprends pas bien pourquoi tu es choqué que tant d'Holmésiens aient aimé ce film.
@sibylline : oui, vas-y et reviens me dire ce que tu en as pensé!
@la plume et la page : bah, chacun ses goûts, heureusement. Des avis unanimement élogieux sont toujours suspects.
Écrit par : fashion | 05.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 06.02.2010
Répondre à ce commentaireD'ailleurs ça me rappelle que pour mon tout premier boulot, je m'étais retrouvée à accueillir et gérer un groupe de vrai de vrai fans de Sherlock Holmes, en costume d'époque qui venait faire une enquête (style jeu de rôle grandeur nature) sur un week-end entier au château de Blois : vieilles voitures, robes magnifiques et discussions surprenantes !
Écrit par : Tiphanya | 06.02.2010
Répondre à ce commentairehttp://www.sshf.com/index.php3?dir=fr/sshf/reunions/2003/blois2003
où j'ai moi-même été ravi de retrouver le fameux Yves Lignon pas encore aussi blanchi que lors de son récent passage sur une chaîne hertzienne.
Écrit par : blackchapel | 06.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lulu | 06.02.2010
Répondre à ce commentaireBon, évidemment je n'ai pas compris toutes les allusions, n'ayant lu que "Le chien des Baskerville" (pour le moment ^^).
Écrit par : DeL | 06.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : hydromiel | 06.02.2010
Répondre à ce commentaire@tiphanya : t'es-tu retrouvée sur les photos alors ? :)
@blackchapel : merci pour le lien.
@lulu : oui, il y a beaucoup d'humour.
@DeL : des heures de lecture en perspective alors! :))
@hydromiel : quelle surprise venant de toi! :D
Écrit par : fashion | 07.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sibylline | 07.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emma | 08.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emma | 08.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lou | 08.02.2010
Répondre à ce commentaire@emma : vriament, le choix a été difficile ? Jacob fait très jeunot à côté, quand même, non ? :))
@lou : quelle bonne idée!
Écrit par : fashion | 08.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Hambre | 16.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire