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CULTURES NUMERIQUES

  • Retour sur le jeu Dead to Rights Retribution

    Grant City est infecté par les crimes et la corruption. Ce sera à vous d'en être le vaccin. Seulement chez vous, la méthode douce n'existe tout simplement pas, mais pour ajouter quand même un brin de finesse vous pourrez compter sur votre meilleur ami Shadow, un chien.

    Dead to Rights Retribution.jpg Vous incarnerez donc le super flic Jack Slate alternativement avec son coéquipier le canidé cité un peu plus haut. Pas besoin de sortir de St Cyr pour comprendre la trame de l'histoire qui nous est servie sur un plateau sans saveur et au dénouement prévisible depuis le début du jeu. De toute façon le scénario est juste une excuse tout juste valable pour nous donner envie de dérouiller tout ce qui se présentera devant nous. Certes on croisera quelques civil qu'il ne faudra pas toucher ici et là ( d'ailleurs vous ne pourrez même pas leur tirer une balle, tout juste si on peut leur cogner la face sans qu'ils aient d'autre réaction que de s'enfuir un peu plus loin mais bon) . Dead To rights Retribution se résume en deux phases.

    La première phase qui est plutôt musclée fera de vous un agent surentrainé, capable de courir au milieu des feux croisés des ennemis, mais aussi de vous planquer derrière une bonne partie des décors. Certains décors étant destructibles il vous faudra changer de planque. De plus vous jouerez souvent la carte du couvert / découvert pour venir à vos fins. Seulement, flinguer les renégats est une chose, avoir assez de munition en est une autre. Vous pouvez toujours économiser des balles en visant la tête, mais le plus souvent vous finirez par foncer tête baissée pour rosser un gars armé, lui piquer son arme et la lui retourner contre lui d'une balle bien placée pour mettre fin à ses jours. Si votre adversaire n'a pas d'armement sur lui, pas de soucis car vous maitrisez très l'art du combat à main nue, et grâce à quelques combos variés et faciles, vous en viendrai facilement à bout. De plus, si vous enchainez vite et bien votre attaque au corps à corps, vous pourrez jouir d'une exécution rapide, propre et efficace. Ses finish sont variés et peuvent même être en rapport avec l'arme que vous avez à la main. Malheureusement, passé l'effet de surprise, ces même finish finissent par se répéter inlassablement laissant comme un goût de déjà vu. Certaines séquences peuvent toutefois se révéler un peu difficiles malgré la facilité globale du titre dans son ensemble.

    La deuxième phase plus tranquille, vous fera prendre le contrôle de Shadow, le chien fidèle et plus intelligent encore que Lassie. Avec lui, vous opterez plus pour la méthode furtive. En effet, Shadow à la particularité de passer en mode furtif et ainsi de repérer les brigands à travers les murs en ressentant leurs pulsation cardiaque suivant trois niveaux. Bleu les gardes ne vous pas repérés, orange, quelques chose à attiré leur attention, soit parce que vous êtes passé un peu trop près, soit parce que vous avez volontairement fait du bruit en grognant ou aboyant pour les attirer. Une fois votre proie à portée de crocs, vous n'aurez plus qu'à lui fondre dessus gueule ouverte, et le croquer jusqu'à ce que mort s'en suive dans une gerbe de sang. Jouissif. On regrettera que ces phases soient souvent trop courte, et se ressemblent trop les unes des autres. Traverser le tableau en tuant tout le monde sans se faire voir, le dernier détenant la clé à ramener pour que l'agent Slate puisse vous rejoindre, puisqu'il est incapable d'enjamber un grillage. Bon à savoir, quand vous incarnez Jack, vous pouvez donner des ordres simple a votre chien pour qu'il attaque la personne que vous visez, ou vous rapporter une arme qui traine plus loin.

    Si jusque là on peut se dire que le jeu est bien, on va attaquer maintenant avec les choses qui fâchent. A commencer par la répétitivité générale du titre. En effet, tout n'est que suite de couloir dans lesquels il nous faudra faire le vide d'une manière ou d'une autre. Si les décors peuvent paraitre plus grand, tout n'est qu'illusions puisque que vous aurez un tracé bien précis où avancer. Au final on se rends compte que vos planques ne sont absolument pas improvisées et on se rends compte rien qu'en regardant le niveau, qu'on peut deviner les apparitions des ennemies. Frustrant! De plus les graphismes ne font vraiment pas honneur aux consoles HD. Les textures manquent de détails, certaines sont même baveuses. Les cinématiques nous montrent des personnages aux expressions figées et l'animation de ces derniers in-game laissent quelques peu à désirer. Ajoutez à cela, pas mal de bugs de collisions, une caméra capricieuse, mais aussi une durée de vie relativement courte allant de six à huit heures pour boucler les dix chapitres et ce malgré le fait qu'on puisse fouiller un peu pour trouver quelques items ici et là. Ce ne sont pas non plus les quelques bonus à débloquer qui nous donnerons l'envie de continuer.

    Vous l'aurez deviné, la série Dead to Rights n'est pas encore prête à s'imposer dans les jeux d'actions. Trop de défauts sont présents malgré le fait de pouvoir utiliser le bullet time que l'on peut recharger suivant nos exploits. Passé l'effet de surprise et de découverte, on se retrouve avec un titre pauvre et sans saveur, répétitif à mort.

    Dead to Rights Retribution

    • Editeur : Namco Bandai
    • Développeur : Volatile
    • Type : Action
    • Sortie France : 23 avril 2010
    • Classification : Interdit aux - de 18 ans
    • Multijoueurs : Non
    • Version : Textes en français, voix en anglais
  • Parrot Zik - Avis sur le casque Bluetooth Made In France de 2012

    En juillet 2012, tous les fans de gadgets high tech et de musique se posaient la même question : Faut-il oui ou non acheter le casque Parrot Zik ?

    Dès sa sortie, ce casque bluetooth a disposé d’une campagne de communication assez impressionnante. Égéries de taille (avec Carla Bruni et Beth Ditto), affichage dans les plus grandes villes de France… personne n’a pu échapper à la machine Parrot et son dernier casque Zik ! Alors que le made in France a la cote en ce moment (jusqu’à nos sous-vêtements et maillots de bain signés Le Slip Français), il fallait s’attendre à ce que le secteur du High tech soit également touché par cette tendance, mais on ne s’attendait pas à avoir un produit d’une telle qualité, avouons-le ! Pour ceux qui auraient encore quelques doutes sur la question, meltyStyle vous donne son avis sur le casque bluetooth Parrot Zik !

    Des égéries de taille pour la campagne Parrot !

    Comme toute bonne review qui se respecte, on commence par le design du casque. Forcément, quand on a un produit signé Starck, on s’attend à quelque chose d’impressionnant… Et à ce niveau on n’a vraiment pas de quoi être déçu ! Amateurs de design et de raffinement, le Parrot Zik est fait pour vous ! Avec son plastique noir effet soft-touch et son design minimaliste (notamment dû à son pad tactile), le Parrot Zik a la classe et, mieux encore, il nous donne la classe ! Bien moins chargé qu’un Sennheiser MM 550-X, ce casque made in France pourrait également être acclamé en ce qui concerne le confort ! Mais si vous êtes à la recherche de praticité et de discrétion, ce casque n’est peut-être pas fait pour vous… En effet, avec ses 352gr et sa taille, ce casque ne se laisse pas facilement oublier mais avec tous les points techniques positifs, la taille ne compte vraiment plus !

    En ce qui concerne les capacités techniques, le Parrot Zik est certainement le casque le plus fou de ces dernières années. Arrivant facilement à la hauteur d’un Bose (référence en termes de musique dans le monde entier), si vos doutes se font au niveau de la qualité sonore… le seul conseil que l’on peut vous donner c’est de foncer ! En Bluetooth, la qualité du son est indéniable ! Grâce à son système anti-bruit breveté, Parrot nous propose une qualité d’écoute impressionnante avec un son plutôt neutre (mais modifiable grâce à l’application téléchargeable gratuitement sur les app store). Seul bémol, l’autonomie du casque n’est pas des plus performantes et passer en mode jack change totalement la donne en termes de qualité sonore ! Alors un conseil, si vous voulez acheter le Parrot Zik, assurez-vous de pouvoir charger le casque tous les soirs si, comme nous, vous écoutez la musique toute la journée.

    Mais la grande innovation que nous propose Parrot Zik, c’est bien évidemment le pavé tactile sur l’oreillette droite. Permettant plusieurs actions (monter le son, changer de musique, répondre à un appel…), ce pavé est là pour justifier le prix, certes un peu élevé, du casque. Plus qu’un simple gadget, ce pavé fait notamment gagner en design ! Autre bon point pour le casque, une application est disponible sur les app store pour pousser encore plus l’expérience. Permettant notamment de modifier l’égaliseur de son et de consulter le niveau de batterie, cette application introduit surtout le « Parrot Concert Hall » permettant à l’utilisateur de définir l’angle d’arrivée de la musique dans le casque. Une belle innovation qui pousse encore plus la tendance de la personnalisation ! En gros, vous l’aurez compris, même si on hésite toujours un peu avant de débourser 350€, on ne peut que vous conseiller d’acheter ce casque ! En plus ça aide le commerce français…

    Que demande le peuple ? Après si vous recherchez un casque petit budget, leSony DR-BTN200 (le casque bluetooth léger et pratique) devrait vous satisfaire !

    Note : en 2019 la gamme du casque Parrot était stoppée : https://www.reddit.com/r/headphones/comments/9d1onb/why_did_parrot_zik_discontinue_its_line/?tl=fr  

     

     

  • Voici 3 fonctions domotiques essentielles

    Après la domotique de science-fiction dans les années 60 , au cours des années 1980, l'exigence de confort s'accroît, et l'habitat évolue pour y répondre : sécurité, lumière et ensoleillement, isolation...

    SOLUTION N °1

    Gérer efficacement le chauffage

    DESCRIPTION Trois éléments combinés, ou non, permettent de faire des économies d’énergie sans perdre une once de confort :
    • La régulation : assurée par des thermostats, elle évite les variations, sources d’inconfort et de surconsommation.
    • La programmation : elle gère l’installation selon vos besoins, même à distance. À courant porteur ou radio, le thermostat peut se programmer à la journée ou la semaine sur deux zones de vie.
    • Le délestage : il suspend le fonctionnement d’appareils non prioritaires dès qu’il y a risque de dépasser la puissance souscrite, autorisant un abonnement plus économique.

    BON À SAVOIR : Pour le pilotage de sa résidence secondaire , un gestionnaire d’énergie peut cumuler ces trois fonctions et intégrer en plus la gestion tarifaire pour le tarif bleu. Vous pouvez en outre contrôler et piloter votre chauffage à distance via une passerelle internet ou téléphonique.

    SOLUTION N °2

    Assurer la sécurité

    DESCRIPTION Avec un système intelligent de domotique dans les bâtiments, vous pouvez :
    • Dialoguer via l’interphone avant d’ouvrir, allumer à l’extérieur, répondre et ouvrir aux visiteurs depuis n’importe quel endroit de votre habitat.
    • Protéger votre maison grâce à une alarme qui peut être associée à des détecteurs techniques (fumée, eau, température, coupure secteur) pour prévenir des incidents domestiques.
    • Simuler une présence lors de vos absences avec un système d’éclairage de sécurité qui allumera et éteindra successivement différentes pièces de votre habitat. Pour aller plus loin, vous pouvez aussi programmer l’ouverture et la fermeture des volets roulants selon vos horaires habituels.

     

    BON À SAVOIR Pour vous assurer du bon fonctionnement des équipements électriques pendant vos absences, une passerelle internet vous permet de surveiller votre habitat à distance, depuis tout ordinateur connecté à Internet, via des caméras installées chez vous.

     

    SOLUTION N °3

    Optimiser l'éclairage

    DESCRIPTION Un bon éclairage diffuse suffisamment de lumière, met en valeur la décoration et crée des ambiances différentes selon les moments et les activités. Avec un système domotique, vous pouvez :
    • combiner différentes sources (directe, indirecte, fixe ou variable) pour créer et garder en mémoire vos mises en lumière favorites,
    • économiser l’énergie grâce à des commandes centralisées qui évitent d’oublier une lampe allumée,
    • renforcer la sécurité en installant un détecteur de mouvement qui déclenche les éclairages au passage de quelqu’un.

    BON À SAVOIR Vous pouvez automatiser l’éclairage de votre jardin à la tombée de la nuit, grâce à l’interrupteur crépusculaire programmable aux heures souhaitées ou encore choisir d’installer un éclairage minuté.

     

     

  • Comment utiliser l’« interestingness » sur Flickr ?

    flickr.JPGSur Flickr, nous avons donc affaire à un public d’éditeurs et/ou d’amateurs d’images d’origines géographique, culturelle et socio-professionnelle très variées. Voilà qui est déjà passionnant, mais ce n’est pas tout. Flickr peut être considéré comme le plateau d’un jeu que l’on ne voit jamais intégralement. Ou, si vous préférez, comme un labyrinthe de pages, d’espaces et de fonctionnalités multiples dont on ne détient pas toutes les clés. Élaborer et mettre en oeuvre sur Flickr une stratégie de valorisation de ses images est un jeu technico-social complexe, qui dépasse largement la question de la qualité des photos.

    Au coeur du système Flickr, nous trouvons la notion d’« intérêt » (interestingness), une fonctionnalité qui permet de mettre en exergue certaines photos. Voici ma traduction d’une partie de la maigre présentation qu’on peut en lire :

    « Il y a beaucoup de choses qui font qu’une photo est ‘intéressante’ (ou pas) sur Flickr. D’où viennent les visiteurs (clickthroughs) ; qui la commente et quand, qui la marque comme favorite ; ses mots-clés et bien d’autres choses qui changent perpétuellement. L’intérêt change avec le temps, au fur et à mesure que des photos et des histoires sont ajoutées sur Flickr. ».

    Bref, qu’est-ce au juste qu’une image « intéressante » sur Flickr, qui nous impose au passage sa version par la technique sans pour autant nous la présenter vraiment ? C’est un peu comme l’algorithme mis au point par Google pour afficher ses résultats : on n’en a pas une vue très claire. Ce qui n’empêche pas de nombreux internautes d’y avoir recours, y compris moi-même, acceptant tacitement de prêter le flanc aux manipulations. Voilà un jeu bien étrange dont on ne connaît pas clairement les règles.

    Ce qui est clair, au moins, c’est qu’une image n’est pas qualifiée d’« intéressante » directement, sur la base de critères artistiques ou techniques, mais en fonction de l’activité des utilisateurs autour de ladite image. C’est le temps passé sur Flickr, votre sociabilité, votre présentation de vous-même et de vos photos, ainsi que votre capacité à générer un certain trafic autour de vos images qui comptent, et cela change tout.

    Des choix techniques vous sont imposés mais ils s’appuient sur l’activité des utilisateurs. Si vous savez influencer des utilisateurs peu experts, vous savez mettre ces utilisateurs et la technique à votre service. Voilà, en deux mots, le principe du jeu en ligne Flickr. Mais bien sûr vous pouvez utiliser Flickr plus naïvement, sans jouer à ce jeu-là !

    Une interface qui peut masquer certaines qualités

    Et puis vos progrès en photographie, il y a de quoi se dire que les auteurs de Flickr s’en moquent comme de leur première diapo. Remarquons que Flickr n’aide pas vraiment ses utilisateurs à acquérir des bases plus solides, en ouvrant par exemple un espace éducatif « technique photo ». Ce soin est laissé aux quelques utilisateurs plus experts, qui dispensent leurs conseils ça et là. Quant à vous proposer une bibliothèque de liens externes, vous n’y pensez pas : on vous tient, on vous garde !

    Mieux, dans une certaine mesure certaines qualités d’une image sont de moindre importance sur Flickr. Au cours de notre navigation par exemple, nous voyons de nombreuses images uniquement sous la forme de vignettes carrées : favoris, présentation d’un « set », calendrier… N’est-ce pas, d’une certaine façon, se moquer du travail du photographe que de le laisser d’abord à voir par un « trou de serrure » ? Il y a certes un côté pratique indéniable côté internaute, mais sûrement aussi quelques leçons à tirer de ce simple constat par l’auteur-éditeur.

    Pour être vu, est-il nécessaire de soigner la composition de ses images, très souvent plus horizontales que verticales (ou l’inverse), et saccagée par ce principe de vignette carrée ? Et ne parlons même pas des photographies panoramiques… La composition, ce paramètre souvent fondamental dans la qualité artistique d’une image, apparaît secondaire sur Flickr (ou privilégie étrangement les rares producteurs de photos au format carré…).

    Une conséquence de ces vignettes carrées, pour qui souhaite jouer vraiment à Flickr, est de devoir privilégier plutôt des images ayant d’autres qualités (telles les couleurs, sur ces pages très blanches…), faute de pouvoir mettre en avant leur composition.

  • Google Earth se refait une beauté avec de la 3D et de l'intelligence artificielle

    Annoncée il y a quelques jours, la nouvelle version de Google Earth est désormais disponible sur Chrome et Android. Ce nouveau atlas numérique de Google offre une expérience plus riche. Les détails !

    google earth.jpg

    L'engouement autour de Google Earth ne cesse de chuter depuis son lancement en 2004. Mais à l’époque, cette app gratuite était digne d'une vraie révolution. Elle permettait aux utilisateur de se balader, dans le plus grand des calmes, autour d'un globe virtuel. Et aujourd'hui, elle fait (enfin) peau neuve en intégrant la 3D et de nouveaux filtres pour découvrir le monde comme bon te semble. L'atlas numérique de Google  (qui nous a régalé avec son Pixel malgré son étrange stratégie), intègre aussi l'intelligence artificielle, ce qui lui permet d'offrir une meilleure expérience et meltyStyle te dit tout ce qu'il faut savoir ! 

    Grâce à l'intelligence artificielle,  Google Earth peut désormais te fournir des "cartes de connaissance" qui donnent accès à des infos sur les pays ou les lieux que tu visites de manière virtuelle. Tu l'as compris. Avec cette nouvelle app, tu peux savoir tout ce que sait Google sur le monde, rien que ça ! La nouvelle version de Google Earth propose aussi une visite en trois dimensions pour découvrir des sites inédits. Disponible dès maintenant sur les logiciels Chrome et Android de Google mais le moteur de recherche a promis une version iOS pour bientôt ! En attendant tu peux découvrir le test de rapidité qui oppose le Samsung Galaxy S8 au Google Pixel

    https://www.youtube.com/watch?v=O-XidwKsKAE

     

  • Et si le numérique ringardisait définitivement le marché du travail ?

    L’emploi est mort, vive le travail.JPGD'abord il y a l’emploi, grande cause nationale. Ensuite il y a la croissance, grande cause nationale connectée à la première. Et puis il y a le Saint Graal, l’unique espoir restant encore à notre portée d’humbles citoyens français pour sauver l’emploi et la croissance : le numérique !

    La solution, voyez-vous, c’est « la transformation numérique » à tous les étages, pour toutes les entreprises, tous les salariés, tous les chômeurs, et pourquoi pas les chiens ou encore les puces – les puces vivantes, pas les numériques qui envahissent jusqu’aux arbres de nos squares, la porte de notre bureau et demain nos boutons de culotte. Notre Président en mal de moments d’amour et de recettes miracles l’a bien compris. Là, en juin dernier, il nous sort de son e-chapeau la « French Tech ». Ici, profitant de la rentrée scolaire, il claironne son nouveau « Plan numérique pour l’école ». Sans oublier ce concept récent, et pas si idiot, de « L’Etat entrepreneur ouvert » de l’ère des données, présenté  par le « Secrétaire d’Etat en charge de la Modernisation de l’Etat et de la Simplification ».

    Bref, hors cette transmutation de tout et n’importe quoi en numérique, point de salut pour l’emploi, la croissance, la compétitivité et tout le tralala ! Sauf que le breuvage numérique n’est pas la potion magique . Pour preuve : quand l’institut américain Pew Research demande à 1896 experts : « Les applications d’intelligence artificielle automatisées et interconnectées et les appareils robotiques auront-ils fait disparaître davantage d’emplois qu’ils n’en auront créé d’ici 2025 ? », il y en a une moitié qui répond non, et l’autre oui. Match nul, balle au centre. Chacun son credo. Dieu, semble-t-il, a plus de mal à trancher que notre Président.

    En revanche, la quasi totalité des têtes d’œuf de l’enquête s’accordent pour dire que le numérique change tout ou devrait bientôt tout changer : l’enseignement et la formation, la nature de nos labeurs, nos processus de travail, l’organisation et la mise en scène de notre quotidien, le temps de paresse à défaut du temps qu’il fait, la circonférence de notre embonpoint, la fumée qui sort de nos oreilles, etc. Sauf qu’il y a un mega hic : visiblement, cet ouragan de 0 et de 1 transforme tout… sauf les façons de penser des décideurs de France et du monde. Comme si leur penseur favori était Casimir le monstre gentil, et leur livre de chevet « Oui Oui dans le monde de l’économie de grand papa ».

    Car cette révolution numérique, dont on ne sait où elle nous mène, ne suppose-t-elle pas avant toute chose une révision de nos vieilles lunes, voire une mise à jour de notre logiciel intellectuel ? Comme le montre si bien Bernard Stiegler in L’emploi est mort, vive le travail ! et dans la disruption  , :  pourquoi s’accrocher à « l’emploi » ? C’est quoi l’emploi ? Les multiples versions de l’esclavage salarié ? Un boulot de machine bien con pour récolter les sous nous permettant de manger le soir du poulet de camp de concentration ? Et si le vrai travail, celui qui nous enrichit dans tous les sens du terme, n’avait rien à voir avec l’emploi ? Et si la promotion de véritables machines pour remplacer nos boulots mécaniques étaient une excellente nouvelle ?

    Et puis il y a ce terme, véritable trou noir de l’intelligence sensible : la croissance. Comme si la vie n’était que chiffres ou gonflage artificiel du portefeuille. Et si la croissance intellectuelle et spirituelle supposait bien au contraire la décroissance économique et la mise en bière du PIB ou Produit Intérieur Brut ? Croître pour croître, c’est aussi bête que manger pour manger ou respirer pour respirer.

    Pourquoi ne pas prendre un à un tous ces mots désormais inopérants, du progrès à la compétitivité en passant par l’innovation, pour en réinventer le sens ? Pour en multiplier les pistes de redéfinition afin de déjouer la tyrannie de l’économie ? Ou pour tenter d’inventer, grâce au numérique bien sûr, de nouvelles visions de l’économie ? Immense chantier. Mais qui suppose, chers décideurs, de penser, et donc d’arrêter de plonger vos têtes d’autruche dans le miroir aux alouettes de notre sable virtuel.