09.11.2009
"Je m'appelle Paul Valéry. Mettons."
Le narrateur, en sortant de la Bibliothèque Nationale où il fait des recherches, rencontre un homme qui ressemble un peu à Paul Valéry et qui lui dit, en substance, qu'André Breton a eu tort de prêter à ce dernier ces propos que nous connaissons tous sur le roman, le fameux "on ne peut plus commencer un roman par 'La marquise sortit à cinq heures'." Intrigué par cet homme qui ne peut pas être Valéry mais qui présente avec l'auteur de troublantes similitudes physiques et qui semble connaître son oeuvre de manière intime et personnelle, le narrateur se perd en sa compagnie dans une longue balade littéraire et culturelle sur la trace des "cinq heures", balade qui l'emmènera plus loin que prévu.
L'homme de cinq heures de Gilles Heuré est un roman à côté duquel je serais assurément passée, chers happy few, s'il n'avait pas été sélectionné pour le Prix des Chroniques de la rentrée littéraire, catégorie Premier roman, ce qui aurait assurément été un tort tant j'ai été séduite par ce roman surprenant et érudit qui se paie le luxe de la légèreté la plus totale. L'homme qui dit s'appeler Paul Valéry invite ainsi notre narrateur (dont nous ne saurons pas grand-chose mais on l'imagine bien chercheur et enseignant en lettres) à flâner de manière libre mais non déstructurée dans ce qui l'obsède depuis des dizaines d'années : le traitement des cinq heures en littérature et en peinture. Sur un sujet à la fois pointu et inutile, qui sonne au départ comme une parodie de sujet de thèse (Monsieur V., ainsi que l'appelle le narrateur, est d'ailleurs la risée du monde universitaire), le lecteur est convié à un parcours passionnant : de Stendhal (dont il est beaucoup question, pour mon plus grand bonheur) à Orwell en passant par Hemingway, Zola, Verne, Hugo, Valéry évidemment, et bien d'autres, c'est tout un pan de la littérature vue par le tout petit bout de la lorgnette qui est ici mis au jour, et s'engage alors une réflexion décalée sur l'Art. Mais l'histoire (car il y en a bien une finalement, malgré les apparences) ne tourne pas qu'autour de la littérature, cette dernière s'étant révélée être le moyen pour notre Monsieur V. de tenter de domestiquer un passé douloureux. Hommage à la littérature, aux chercheurs et aux obsédés textuels, ce roman virtuose sans jamais être pédant, écrit par une plume vive et non dénuée d'humour m'a conquise, chers happy few.
Gilles Heuré, L'homme de cinq heures, Viviane Hamy, 286 pages, 2009
Le billet de Leiloona.
08.11.2009
Toiles et étoiles
Décidément, chers happy few, cet automne est celui du tag : après celui d'Emma puis celui de Lyle, voici le tag cinéma qui me vient tout droit de la perfide Albion, envoyé par Ofelia pour une sombre raison de retour à l'envoyeur que je n'ai pas bien élucidée, et auquel je me plie de bonne grâce parce que je suis comme ça, bien urbaine.
1- Un film que vous regardiez étant jeune et qui vous remplit de souvenirs :
Le premier film que j'ai vu et dont la vision me remplit à chaque fois d'un bonheur mêlé d'un peu de nostalgie est Scaramouche, de George Sidney, un film de cape et d'épée réalisé en 1952. On y suit les aventures de Stewart Granger qui manie le fleuret en virevoltant comme personne. C'est ce film qui a assis mon amour des films de genre et des bruns ténébreux, autant dire que je lui dois tout, chers happy few.
The princess bride de Rob Reiner (1987). J'adore cette merveilleuse adaptation du roman de William Goldman, et certaines répliques sont kultissimes comme celles d'Inigo Montoya ( "Tou as toué mon pèrre, prréparre-toi à mourrir." ) ou la terrible histoire du Pirate Roberts, les RTI et j'en passe. Je ne m'en lasse pas.
3- Un film qui a bouleversé votre jeunesse :
Le cercle des poètes disparus (Dead poets society) de Peter Weir (1989). Comme tous ceux de ma génération, ce film m'a hantée pendant longtemps. Je me souviens l'avoir vu 3 fois en salles et n'avoir parlé que de ça avec les copines pendant des mois. On était toutes amoureuses de Robert Sean Leonard et je trouvais le prof interprété par Robin Williams extraordinaire (ce n'est pas lui qui est à l'origine de ma vocation mais ce film a dû certainement l'asseoir). Je me suis même lancée dans la lecture de Walt Whitman à l'époque, c'est dire.
La nuit du chasseur (The night of the Hunter) de Charles Laughton (1955). C'est mon film préféré, ever et je le trouve par-fait.
5- Un film qui vous a donné envie de faire du cinéma :
Je n'ai pas envie de faire du cinéma, mais j'aimerais bien parfois que ma vie y ressemble, histoire de rencontrer quelques chevaliers en armure comme :
Il y en a un paquet parce que je suis du genre à revoir sans cesse les films que j'ai aimés (c'est pour ça que j'achète pas mal de DVD, my bad). Je pense quand même que les films que j'ai le plus vus sont La guerre des étoiles, Le retour du jedi et L'empire contre-attaque. Parce que c'est un space opera, parce que "Je suis ton père, Luke.", parce que les combats dans l'espace, parce que Obi-Wan, parce que R2D2, parce que Princesse Leia et surtout surtout parce que Han Solo (Harrison Ford, *soupir*), son sourire carnassier et son regard coquin, sa loyauté toute personnelle et son pantalon moulant.
Fame le remake de Kevin Tanghaoren (2009). Et c'est vraiment très mauvais. Exit le kitsch et les paillettes de l'original, welcome to the 00's, leur vulgarité et leurs bons sentiments (ce n'est pas incompatible, malheureusement).
Je n'ai plus l'impression de payer ma place depuis l'invention de la carte UGC illimitée, que je possède depuis sa création et qui me permet d'aller voir un nombre incalculable de daubes en toute zenitude. Cependant, je dois bien avouer que la vision d'Un vent de folie (Forces of nature) de Browen Hughes (1999) a été un véritable pensum. C'était pourtant une comédie romantique avec Sandra Bullock, ce qui aurait dû lui assurer une place de choix dans mon petit coeur tout mou. Tant pis.
2001, l'Odyssée de l'espace... Nan, je déconne, je déteste ce film (oups, je sens que je vais m'attirer les foudres des Kubrick's fans). Le cinéma questionne le monde certes, mais ce que j'aime infiniment plus c'est le questionnement de la psyché humaine. Et comme il faut choisir, je dirais L'ombre d'un doute (Shadow of a doubt) d'Alfred Hitchcock (1943). La trouble relation entretenue par l'oncle meurtrier et sa nièce idolâtre sont comme d'habitude chez Hitch d'une infinie justesse psychologique.
The fisher king de Terry Gilliam (1991). Ce film est un petit joyau qui met en scène la descente aux enfers de Jack (Jeff Bridges), un animateur de radio épouvantablement égocentré responsable d'une fusillade qui a causé la mort de plusieurs personnes dont une jeune femme dont le mari, Parry (Robin Williams) est devenu SDF à la suite de ce deuil. Pour se racheter, Jack aide Parry à retrouver le Graal et à séduire l'étrange Lydia (Amanda Plummer) d'une manière à la fois totalement naïve et poétique tout à fait enchanteresse.
11- Un film qui vous a fait tordre de rire :
L'un de mes films comiques préférés est sans conteste L'impossible Monsieur Bébé (Bringing up Baby) de Howard Hawks (1938). L'air ahuri de Cary Grant qui se débat entre les mains hystériques de Katherine Hepburn est irrésistible et certains passages sont d'anthologie comme le cri de la panthère ou la scène du peignoir.
X-men de Bryan Singer (2000). J'y ai découvert un petit inconnu au regard de braise et à la voix so sexy, qui certes avait des griffes mais franchement, who cares ?
La vie est belle (It's a wonderful life) de Frank Capra (1946). L'histoire de ce père de famille ruiné qui tente de se suicider et à qui un ange montre à quel point il a mené une belle vie me fait pleurer à chaque fois. James Stewart est extraordinaire d'humanité et la fin qui met en scène la solidarité de toute la ville est bouleversante.
Un jour sans fin (Groundhog day) de Harold ramis (1993). Un film doudou dont je ne me lasse pas. Bill Murray y est fantastique. La marmotte aussi.
07.11.2009
Don't cry for me Argentina
(dans votre grande magnanimité, vous excuserez le titre de ce billet, chers happy few) (ou pas) (je tiens quand même à préciser pour ma défense que je viens de lire 12 romans imposés en moins de 15 jours, je trouve que si le seul dommage collatéral est un titre un peu pourri, je l'ai échappé belle, j'aurais pu faire pire comme lancer un swap pour happy few ou m'inscrire à trois challenges) (ah, non, ça c'est fait me dit-on dans l'oreillette, my bad)

Argentine, 1996, un dimanche de mars. La vieille Ernestina attend sa petite-fille de 18 ans, qu'elle n'a jamais vue : la jeune fille fait partie de ces centaines d'enfants volés à leurs parents arrêtés, torturés et exécutés pendant la dictature. Malvina a été élevée par un militaire et sa femme, Violetta, qui a fermé les yeux sur ce qui se passait autour d'elle. Ernestina et Violetta, au cours de cette journée, qui est aussi l'anniversaire de Malvina, déroulent le fil de leurs souvenirs.
La perrita (ou petite chienne, titre qui prend tout son sens à la lecture) est un bon et beau roman, chers happy few, qui dresse avec justesse et émotion les portraits de deux Argentines qui, vivant dans ce pays au même moment n'en voient pas du tout le même visage. Ernestina est une provinciale, qui a épousé un professeur de littérature lunaire et cultivé. Ils ont un fils, un seul, Juan, qui fait des études de médecine et épouse une jeune femme belle et brillante, enceinte de six mois au moment où ils sont arrêtés tous les deux. Pour Ernestina, qui pensait que l'armée n'arrêtait que les voyous qui le méritaient et qui ne prêtait pas attention aux alarmantes rumeurs de tortures et d'exécutions qui commençaient à courir, le monde s'écroule. Elle refuse de croire qu'elle ne reverra jamais son fils, puis quand elle finit par admettre l'impensable, elle cherche l'enfant, persuadée qu'il a survécu. De l'autre côté de la démarcation, Violetta est une femme lâche et égoïste qui vit dans l'ombre d'un père brillant qu'elle veut satisfaire à tout prix puis dans celle d'un mari rigide tout en refusant toujours de comprendre ce qui se déroule réellement en dehors de son bel appartement. Sans amis, sans centres d'intérêts, Violetta se focalise sur son désir d'enfant inassouvi, prête à tout pour être mère, même à refuser de voir ce qui crève les yeux. Le destin de ces deux femmes se trouve tragiquement lié par cette enfant volée à qui on a menti toute sa vie. Par le biais de la petite histoire, Isabelle Condou peint la violence d'un pays entré en dictature comme on croit se sauver, qui découvre à retardement les horreurs commises en toute légitimité par ceux qui ont pris le pouvoir, tout en laissant transparaître un amour fou pour ce pays. C'est juste et c'est touchant. Je recommande, chers happy few.
Isabelle Condou, La perrita, Plon, 294 pages, 2009
Roman lu dans le cadre du Prix des Chroniques de la rentrée littéraire, catégorie Roman français.
Les billets élogieux d'Antigone, Cathulu, Cuné, Leiloona et Stephie.

06.11.2009
Des pleurs dans la nuit

Lors de l'anniversaire de Solange, sa soeur, Feu de Bois, presque clochard, qui vit aux crochets de tous, lui offre une broche magnifique. Mais la somptuosité du cadeau soulève de l'incompréhension de la part des convives, incompréhension qui se mue rapidement en colère et en mots irréparables. Feu de Bois, sous l'emprise de sentiments dans lesquels se mêlent la fureur, l'humiliation mais aussi des relents de ce qu'il a vécu durant la guerre d'Algérie, se rend alors coupable d'une agression. Son cousin, Rabut, se souvient alors de l'histoire de Feu de Bois et notamment de ce qui s'est passé en Algérie.
Des hommes est le deuxième roman que j'ai décidé de lire dans le cadre du Prix Goncourt des Lycéens (qui sera attribué lundi 9 novembre), chers happy few, et le moins que l'on puisse dire est que je sors de cette lecture totalement partagée. La première partie de ce roman (en gros les cent premières pages) m'a agacée au plus haut point : le style est volontairement haché, avec des effets de style pénibles au niveau des dialogues notamment (je cite un passage pour que tout le monde comprenne car c'est finalement assez difficile à décrire : "Attendez, si je confirme. Si je. Que je. Vous voulez que je. Moi, que je dise. Et que je confirme oui, ici, ce qui s'est passé ici." , le tout sans jamais de tirets ni de propositions incises. Bref. Je ne sais pas vous chers happy few mais tous ces auteurs contemporains qui croient réinventer le dialogue en en supprimant les caractéristiques formelles me hérissent au plus haut point, j'ai l'impression qu'ils croient encore que la forme prime à tout prix sur le fond, au secours.) Cette première partie, racontée à la première personne par Rabut, le cousin, m'a paru artificielle, creuse et répétitive, et je ne vous cache pas que j'ai failli abandonner là ma lecture. Comme je suis une lectrice consciencieuse je me suis entêtée et heureusement pour moi, la deuxième partie, qui raconte à la troisième personne la guerre telle que l'a vécue Feu de Bois s'est révélée bien meilleure : le style devient fluide et l'histoire décolle enfin, mettant en scène les horreurs de la guerre et l'impact qu'elle a eu sur ces jeunes gens de manière terrible. A la fois victimes d'une guerre qu'ils n'ont pas choisi de faire et bourreaux se livrant aux pires exactions sous prétexte que ce sont les ordres, ces jeunes soldats seront bien évidemment incapables, une fois revenus à la vie civile, d'oublier les atrocités commises de part et d'autre, ce qui pèsera de manière inexorable sur leur vie. C'est un roman qui s'interroge de manière personnelle sur la façon dont la guerre ne s'arrête jamais pour ceux qui l'ont faite mais qui a peiné à me convaincre en raison d'un style qui, quand il n'est pas complètement maîtrisé, entrave la lecture. Pas mal, sans plus.
Laurent Mauvignier, Des hommes, Les éditions de minuit, 281 pages, 2009

18:59 Publié dans Challenge du 1% littéraire 2009, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : laurent mauvignier, des hommes, guerre d'algérie, province, usine renault
05.11.2009
Seven up
Parce qu'on n'est jamais trahi que par les siens comme disait je ne sais plus quel obscur poète moldave, chers happy few, Lyle a décidé, dans un accès de générosité assez peu dans sa manière, de me refiler un tag, paf comme ça. Oui, je sais ce que vous vous dites, chers happy few, deux tags en 10 jours c'est assez incroyable, à croire que je suis encore plongée dans les lectures pour le Prix des Chroniques de la rentrée littéraire et que je viens de lire en 15 jours 12 titres dont je ne peux pas encore parler, parfois ma vie est difficile et je n'ai pas encore mis le nez dans les copies, autant dire que ce salon n'est pas près de reprendre une activité normale.
Mais trêve de bavardages oiseux, chers happy few. Lyle a donc tenté de me refiler un tag musical intitulé Seven songs shaping my fall dans lequel il faut donner le titre des 7 chansons ou morceaux de musique qui tournent sur la platine automnale. Sauf que comme chacun le sait, je n'écoute pas de musique (sauf celle que l'homme tente de m'imposer avec régularité mais c'est une autre histoire, chers happy few). Mais comme je veux préserver la paix des ménages, je ne peux pas refuser de reprendre ce tag (pas envie d'entendre en boucle du folk-pop-prog-metal-shoegaze-slow core-tiens-je-reprendrais-bien-une-bière, il y a des limites à mon abnégation et à mon absence d'oreille non mais) ; j'ai donc décidé de le modifier (le premier qui ricane recevra un exemplaire de L'éclat du diamant de John Marcus et sera contraint de le lire en entier et de pondre un billet, ah ça fait moins les malins tout d'un coup).
Voici donc mes réponses aux Seven things shaping my fall, les 7 choses qui rythment mon automne (ma saison préférée by the way, même si je sais que tout le monde se fiche comme d'une guigne de ma vie, je la raconte quand même, c'est tout l'intérêt de tenir Salon, chers happy few) :
1. X-Files. J'ai découvert cette série avec 10 ans de retard sur le reste du monde grâce à Ofelia, biggest fan on earth, puis Cuné qui alimente ma PAV avec une telle régularité que je ne sais plus si je dois lui en vouloir ou la remercier. J'enchaîne les saisons depuis septembre, il ne me reste plus qu'environ 70 heures de visionnage sans compter les deux films et je suis totalement accro (et pas qu'à cause de la plastique avantageuse de Duchovny, bande de mauvaises langues). Vous aurez un billet long et analytique comme je sais que vous les aimez chers happy few quand j'aurai fini. D'ici un mois ou deux donc.
2. Le Docteur. Comme chacun le sait (enfin tout le monde sauf une certaine personne), il m'accompagne tout le temps, mais cet automne encore plus que d'habitude pour cause de Doctor Swap : entre les e-mails échangés avec ma co-organisatrice et certains participants, la recherche effrénée de cadeaux et la réalisation de certains, je pense Docteur, je respire Docteur, je rêve Docteur. Et on ne peut pas dire qu'on m'aide beaucoup à sortir de cette obsession, n'est-ce pas Yueyin ?
3. Les lectures imposées. J'ai accepté dans un moment d'égarement de lire 15 titres pour le Prix des Chroniques de la Rentrée littéraire et 2 pour le Prix Goncourt des Lycéens. Et je dois dire que l'expérience de ces lectures à la chaîne (car le temps imparti était très court) n'est pas vraiment emballante, d'autant que la sélection pour le Prix des Chroniques était loin d'être excitante.
4. The fiery furnace. Car oui, parfois quand même j'écoute de la musique, surtout dans la voiture. Découverts sur FIP (oui, personne n'est parfait), j'ai continué avec l'album et je l'ai écouté en boucle. Je trouve ça fun, inventif, en un mot trippant (oui, moi aussi je peux faire de la critique musicale, y a pas de raison).
5. Les copies. No comment.
6. Le métro. Oui, je sais, je devrais y être habituée depuis le temps que je vis dans la capitale, mais c'est la première fois que je travaille à une heure de transport de chez moi. Une dizaine d'heures par semaine dans ce délicieux endroit surchauffé, c'est le comble du glamour. Au moins j'ai le temps de lire.
7. Facebook. Je me suis inscrite sur cet instrument diabolique il y a plus de 2 ans (en même temps que j'ai ouvert ce Salon) et je n'y mettais jamais les pieds. C'était bien. Depuis trois mois j'y passe un temps fou, je change mes statuts deux fois par jour, j'y raconte ma folle histoire d'amour avec Mulder et surtout je papote avec les blogueuses qui y sont aussi et ça, c'est très sympa.
Et parce que je suis une vilaine fille je tague à mon tour 7 personnes qui peuvent reprendre ce tag comme il était initialement ou modifié : Isil (parce que je veux qu'elle raconte au monde entier son obsession écossaise et sa rencontre avec des zombiches et parce qu'en plus elle écoute de la musique, elle), Caro[line] (qui doit bien avoir des histoires de princesse chat), Bladelor (qui s'était plainte de ne pas avoir été taguée la fois précédente, voilà qui est réparé), Choco, Emma (chacun son tour les filles), Mo (qui répond si bien aux tags que ce serait un péché de l'oublier) et évidemment Erzébeth, parce qu'elle est merveilleuse. Et comme je n'ai jamais su compter, je rajoute Ofelia, c'est ma façon de fêter son retour parmi nous (oui sadistic is my middle name).
06:09 Publié dans Tagada tagada voilà les Dalton | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : un billet plein de beaux mâles, emmyne je n'oublie pas le billet du jeudi, il est en préparation le bougre, quand j'aurais fini de baver sur les photos, je pourrai rédiger un texte autour, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour les copines
04.11.2009
J'attends l'amouuuuur
(Je sais, chers happy few, je sais, mais c'était trop tentant.)
Grande-Bretagne, années 20.
Fanny et Linda sont cousines, inséparables et pourtant totalement dissemblables. Fanny est la fille d'une femme volage qui l'a abandonnée toute petite à sa tante pour suivre ses multiples amants et maris sur le continent, alors que Linda est la fille de deux riches propriétaires terriens tout à fait stables. Les deux cousines grandissent pratiquement ensemble et dès l'âge de 15 ans, soupirent après le grand amour qui viendra illuminer leurs vies. Mais alors que Fanny, raisonnable, épouse un intellectuel qui lui correspond, Linda, follement romanesque, se fourvoie dans un mariage avec un riche banquier allemand.
Voici un roman qui était dans ma PAL depuis près de 2 ans, chers happy few (ce qui n'est rien, j'en ai trouvé un qui prend la poussière depuis 8 ans, le pauvre, il n'en revenait pas de me voir enfin m'intéresser à lui), où il avait atterri suite à quelques billets plus ou moins élogieux qui lui avaient été consacrés et qui m'avaient donné envie de découvrir cette romancière britannique qui signe avec La poursuite de l'amour son roman le plus célèbre. Il faut faire fi de l'absurde quatrième de couverture qui parle à tort de Jane Austen et de Bridget Jones (mais c'est une (sale) manie que de toujours chercher des comparaisons vendeuses et la pauvre Jane est mise à toutes les sauces par ceux qui ne l'ont manifestement pas lue) et découvrir ce délicieux roman qui peint avec beaucoup de lucidité et de causticité les émois amoureux des jeunes filles mal éduquées, émois qui finissent toujours par se transformer en cruelles déceptions sentimentales sous les effets conjugués de la réalité et de la personnalité des hommes, ô combien éloignée de celles des princes charmants qui peuplent les fantasmes féminins.
C'est toute l'histoire de Linda, qui nous est contée ici par sa sage et pénétrante cousine, qui se marie deux fois en croyant à chaque fois avoir décroché le Graal pour se rendre rapidement compte qu'elle était amoureuse d'un mirage. Anglaise jusqu'au bout des ongles, elle fait contre mauvais fortune bon coeur avant de se décider à la rupture et de rencontrer, tout à fait par hasard, un homme qui lui convient. La poursuite de l'amour, outre sa description d'une grande justesse psychologique du fonctionnement du coeur de certaines femmes insatisfaites, est un roman souvent drôle, qui met en scène avec beaucoup d'humour la gentry anglaise au travers d'une galerie de personnages truculents (notamment Oncle Matthew qui terrifie son entourage, organise des "chasses aux enfants" mais écoute de sirupeuses mélodies italiennes et aboie beaucoup plus qu'il ne mord, ou encore Davey, personnage original d'intellectuel hypocondriaque à l'intelligence très fine). On pourra juste regretter une fin un peu abrupte mais finalement prévisible, qui ne nuit en rien au plaisir de cette lecture revigorante.
Nancy Mitford, La poursuite de l'amour (The pursuit of love), 10/18, 254 pages, traduit de l'anglais par Daria Olivier, 1945, 2006 pour la présente édition
Les avis de Caro[line] (pas emballée), Lilly (enthousiaste) et Papillon (qui m'avait donné envie malgré son billet mitigé).
Merci Alinéa pour le prêt!

Catégorie "Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Hum."
4/20
00:17 Publié dans Challenge Objectif PAL, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : nancy mitford, la poursuite de l'amour, je veux un bouledogue français, et une jolie maison dans le surrey, et une cuisinière tiens, au point où on en est hein rêvons un peu
03.11.2009
Bloody hell!
(vous excuserez la vulgarité de mon titre, chers happy few, mais il s'explique par l'hystérie qui est la mienne depuis très exactement 22 mn et 41 secondes) (oui, aujourd'hui je me sens l'âme d'un coucou suisse, so sexy)
Comme certains d'entre vous l'ont peut-être remarqué, chers happy few, je faisais partie des quelques malheureux bloody swappeurs dont le colis errait dans la nature postale en poussant des cris de désespoir (car oui, le colis veut toujours rejoindre son destinataire, c'est sa nature profonde et qui sommes-nous pour nous interposer, je vous le demande). Et comme parfois le facteur a pitié de moi, il a fini par me livrer ce matin, alors que la dépression menaçait de s'abattre sur ma pauvre tête (à cause de la brutale chute du taux de sucre dans mon sang : pensez donc, j'ai fini tous les chocolats rapportés de Belgique) mon colis Bloody Swap!
J'ai commencé par couiner en battant des mains, car jugez plutôt :
J'ai commencé comme à mon habitude par ouvrir, grâce à mon super pouvoir de medium (et les indications portées sur les post-it, call me Sherlock), les paquets kulturels et c'est là que le couinement hystérique s'est transformé en fou rire, car le premier paquet m'a révélé :
Le deuxième paquet contenait :
Et, côté ciné :
Dans les autres paquets, j'ai trouvé :
Une dernière photo pour la route, parce que je ne m'en lasse pas :
11:33 Publié dans Le swap ? C'est Noël! | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note | Tags : mr darcy est en haut de pal, how strange is that ?, et hier j'ai regardé ze famous épisode d'x-files, avec des vampires aux dents en plastique, de circonstance donc, oui je raconte ma laïfe c'est mon bloug non mais


















