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CULTURES NUMERIQUES - Page 4

  • L’Homme, la Cité, l’Outil et le web

    L’homme communique de moins en moins avec son voisin. Les machines s'interconnectent, contribuant à créer une nouvelle société. Pour en garder la maîtrise, l'homme doit en comprendre les mécanismes et les enjeux. Quelle est notre capacité culturelle à nous adapter à la révolution des outils ?

    web.JPGTout au long de l’Histoire, les outils ont toujours, au départ, été accaparés par les actifs, les responsables, bien que leur appropriation culturelle ait toujours été en décalage avec l'apparition de ces outils. Aujourd’hui, ce sont les jeunes qui s’emparent des technologies d'information et de communication, alors que les décideurs (les 40/50 ans) restent méfiants. Une méfiance engendrée par tout ce qui découle d'un nouvel outil : remise à niveau, formation, pertes d'emploi.

    Selon le sénateur Henri Trégouet, le résultat pourrait être une fracture inter et intra générations, entre réceptifs et non-réceptifs. D'où le rôle du responsable de la Cité par rapport à ce problème. Il doit prendre conscience que l’outil numérique va faire muter notre société en profondeur : "La révolution technique qui est en marche - sophistication, puissance et miniaturisation de l'outil - aura une incidence forte sur l'organisation progressive de la planète". Outil précieux, puisqu’il permettra à chacun d’"avoir du savoir, et de recevoir du signal". Aujourd’hui, cette prise de conscience n’a pas lieu, alors qu’elle devrait être l’élément moteur de cette mutation. En outre, les batailles industrielles de continents à continents, vont voir l'émergence de pays nouveaux et inattendus, tels que l'Afrique du Sud, le Maghreb, ou les NPI d'Asie. Sujet sur lequel les politiques doivent également se préparer.

    Par ailleurs, la démocratisation du web va-t-elle condamner des supports tels que la presse écrite au profit des médias en ligne ? Pour le Directeur du Groupe Centre Presse, la réponse est "non, bien au contraire". En effet, la presse détient un rôle majeur dans la révolution numérique : aider les citoyens à mieux comprendre et à mieux vivre la société. Elle doit faire comprendre à des lecteurs ce qui va leur arriver. En outre, les journaux resteront détenteurs d’une masse considérable d’informations, qui seront utilisées pour remplir les nouveaux outils numériques. Enfin, "la presse devra être génératrice d’offres vers les usagers, accélerer la réflexion sur ce qu’on veut apporter aux hommes, et réduire le délire numérique si elle veut être utile, pour la structuration future de ces nouveaux outils".

    Pour le philosophe Alain Etchegoyen, les propos sont plus tranchés. D'une part, il n'a pas l'impression que ses enfants verront beaucoup de changements. D'autre part, selon lui, au cours de l’histoire des Sciences et Techniques, on a constaté trois discours : celui du scientifique, celui qui fait ; celui du technologue, celui qui commente ; et celui du résistant, celui qui conteste. Selon lui, notre méfiance doit se porter sur les discours et non sur les outils qui, s’ils ne sont pas un danger, posent néammoins certaines questions. Des questions d’ordre individuel - "Que fais-je de ce temps que je gagne ?" - et collectif - "Comment la Cité décide-t-elle d’empêcher des usages contraires aux valeurs ?" -

    Pour Jean-Marie Cavada, les maître-mots sont "optimisme, et confiance dans l’Homme" même s'il rappelle que les grandes découvertes - l'atome, le gène - ont autant servi à faire le bien que le mal. Il ne croit pas à l’esclavage de l’individu par ses outils; Soit il saura les dominer, soit il les détruira. Se pose toutefois un problème d'autorité et de contenu, saura-t-on maîtriser ce qu'on va découvrir avec ces nouvelles technologies ? Et d'un point de vue démocratique, qui va posséder, qui va transmettre ? Tout cela n’est pas neutre.

    il rejoint Henri Trégouet, en affirmant que c’est au politique de permettre un accès au plus grand nombre.

  • Les applications des GSM ont révolutionné les élections

    GSM.JPGD’après Steven Davy sur le site Mediashift, la campagne électorale de Barack Obama avait déjà montré à quel point les nouvelles technologie du net jouaient un rôle important. Petit à petit, les applications pour smartphones et autres Iphone prennent de l’importance. Les politiciens commencent à s’y intéresser et redéfinissent la manière dont ils peuvent communiquer. Durant sa campagne, Obama avait créé sa propre application pour Iphone. Malheureusement, il est impossible de quantifier exactement l’impact de celle-ci sur son élection. Aujourd’hui, de nombreux politiciens américains font de même. Le plus connu sur la scène nationale pour avoir créé son application est le sénateur Sam Brownback. Elles servent principalement a donner des informations sur le candidat en temps réel.

    Applications GSM pour Politique 2.0

    Même les institutions politiques s’y sont mises. Une autre application permet d’être en contact direct avec le Congrès, d’obtenir tous les coordonnées ainsi que des informations sur les mandataires. La maison blanche a, elle aussi, sa propre application. S’y trouvent, de nombreuses photos et vidéos sur le couple présidentiel et les mises à jour du blog. Vous trouverez un article en parlant sur le site ilovepolitics.

     

    En Amérique, un concours a été organisé pour ceux voulant créer une application pouvant aider la démocratie. Au final, ce ne sont pas moins de 47 programmes qui ont été proposé. Il a donc un réel intérêt pour les avancées technologiques au sein de la population américaine. Ce concours a d’ailleurs donné des idées un peu partout dans le monde et surtout en Europe.

     

    Aujourd’hui, on remarque que de nombreuses applications influencent le choix de votes des indécis. D’autres, servent déjà a collecter des votes ou des signatures pour diverses pétitions. Electeurs et candidats peuvent désormais se retrouver sur les même plates-formes. Les applications de géolocalisation de Google sont également utilisée afin de localiser les électeurs potentiels.

     

    Actuellement, on peut facilement dire que la course à la technologie est proche de la course à l’armement connue par le passé.”

     

    Pour lire l’article complet : How Mobile Apps Are Revolutionizing Elections, Transparency | PBS

  • Ressources littérature jeunesse sur Internet

    Parmi les blogs et sites de littérature qui concernent la jeunesse, il est difficile de faire le tri tant il y a de ressources...

    On peut encore citer journal d'un libraire Saphira editions , un portail communautaire de littérature de jeunesse, ou le site Ricochet, Centre International d'Etudes en Littérature de Jeunesse, qui est le portail européen sur la littérature jeunesse.
    Version étrangère on peut aller voir Arbeitskreis für Jugendliteratur, qui propose une version anglaise.

    livres.JPG



    Et est-il bien nécessaire de rappeler le site de Mon club de lecture, qui publie deux revues : le bulletin annuel Takam Tikou, et La Revue des livres pour enfants, bimestrielle, dont le dernier numéro (227) vient de paraître, avec un dossier consacré à la francophonie. La Joie par les livres procède à la numérisation de ces deux publications. Le site proposera par ailleurs bientôt une Sitothèque (voir dans Base de donnée), «une sélection commentée de sites sur la littérature de jeunesse et sur le conte».

    Du côté des blogs

    A consulter 4ptsdesuspension , élaboré par l'éditeur de formation et rédacteur d'autres blogs tels que Internet Actu ou LaFeuille. Le sous-titre expose l'ambition du blog : aider à constituer rien de moins qu'«une bibliothèque jeunesse idéale». De nombreuses critiques d'albums, jeux, documentaires, classés selon plusieurs critères – dépaysant, génial, <10 euros, etc. – devraient vous donner des pistes.

    Vous trouverez toutes sortes de références dans la catégorie jeunesse proposée par Figoblog.
    Ainsi UpToTen, où on peut faire des jeux gratuits en ligne, cette page de moteurs de recherche s'adressant spécifiquement aux enfants, ou encore ICDL, une bibliothèque numérique des enfants. Et jeter aussi un œil sur son del.icio.us côté enfants…

     

     

     

  • Le communiqué de presse est-il mort ? Google pense que oui

    Cet article vient du site Hubspot et a été écrit par Kipp Bodnar avec pour titre originale : is the earnings press release dead ? Google thinks so

     

    Jusqu’à aujourd’hui (et probablement pendant encore un certain temps) les entreprises cotées en bourse procédaient par communiqué de presse pour faire connaître leurs résultats. Ceux-ci étaient envoyés tous les trimestres aux médias et aux investisseurs. Mais récemment, la grande entreprise Google à décidé d’abandonner cette technique. L’agence Reuters a rapporté que Google a publié un petit communiqué de 3 lignes sur ces activités boursières. Dans ce communiqué, il renvoyait les médias et les investisseurs vers une page web plus complète https://abc.xyz/investor/

     

    Le concept d’une telle page Internet a mobilisé de nombreuses salles de rédaction pendant plusieurs années. Les pionniers sont la compagnie de communication SHIFT communications qui a sorti son premier concept en 2007. Depuis, plusieurs entreprises ont fait le test comme par exemple CISCO ou GE. L’idée principale de ce type de page, est de remplacé les sections consacrées aux communiqués de presse sur le site Internet des entreprises. Ces sections sont généralement composée d’une simple succession de communiqués. Sur cette nouvelle page, on peut trouver des nouvelles de la société agrégée à travers diverses sources. Peuvent s’y trouver, des liens vers des blogs, des réseaux sociaux du type Facebook ou des coupures de presse. Ce type de pages permet également d’éduquer les investisseurs et les médias en leur donnant plus d’information sur la vie réelle de l’entreprise.

     

    Même si la première grande révolution dans ce domaine a été faite par Google, il ne faut pas croire que cette innovation ne concerne que les grandes entreprises. Tous peuvent se lancer dans l’aventure. Cela permet une meilleure stratégie de marketing et permet de mieux informer les médias et les potentiels investisseurs sur les activités de la société. De plus, l’utilisateur peut regrouper tout le contenu du web sur son entreprise et en tirer profit dans ses relations publiques et ses relations avec la clientèle.

     

    La plupart des contenus du web est aujourd’hui disponible par le biais des flux RSS. Il suffit à une entreprise de s’enregistrer sur divers flux RSS pour obtenir toutes les informations sur le médias auquel il est abonné par ce flux. Par ce biais, les entreprises peuvent créer une ressource très utile qui nécessite peu de maintenance.

     

    Peut-être l’avenir de la communication ?

  • Japon: le téléphone portable, idéal pour lire des livres, mais pour la presse...

    Jusqu'à présent, les terminaux de lecture électroniques nomades, généralement appelés "e-book", ont fait un flop au Japon. Arrivés trop tôt dans le commerce ("Librié" de Sony, "Sygma Book" de Toshiba et Matsushita), ils sont aujourd'hui remisés : trop gros, trop lourds, trop chers, trop compliqués, bref pas en phase avec les attentes du marché. Du coup, c'est le téléphone portable qui s'est pour l'heure imposé comme support idéal de lecture d'ouvrages en tous genres (sociologie, romans, spiritualité) numérisés et vendus en téléchargement sur des sites dédiés dans aux meilleures ventes de livres , lesquels font sacrément recette.

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    Le marché des livres pour mobiles a en effet représenté en 2007 quelque 28,3 milliards de yens (168 millions d'euros), soit 2,5 fois plus que l'an d'avant, et 80% du total des téléchargements d'ouvrages numérisés.

    e-book : qu'en sera-t-il pour les journaux et magazines ?

    pour lesquels la maquette est un élément essentiel, en soi porteur de sens.

    En effet, si l'écran d'un téléphone portable japonais affiche une surface parfois quasiment équivalente à celle d'une page de livre, tel n'est pas le cas pour les journaux. Qui veut avoir une vue d'ensemble de la une de son quotidien ou souhaite lire tous les titres en couverture d'un magazine, ne peut le faire à l'identique sur un petit écran. De fait, c'est peut-être grâce à la presse écrite que les terminaux de lecture dédiés reviendront sur le marché nippon, mais sous une autre forme que celle qui a échoué, une ergonomie beaucoup plus proche des journaux et ... en couleurs, facteur crucial pour les magazines.

    Fujitsu a déjà dans ses laboratoires un objet qui devrait être commercialisé à l'automne au Japon, de format A4, d'un centimètre d'épaisseur, capable de recevoir les pages de journaux par liaison sans fil ou d'accueillir une carte-mémoire sur laquelle des contenus ont été enregistrés. Une année de l'ensemble des pages de son quotidien préféré dans sa forme originelle sous le bras, cela deviendra possible. Idéal pour les salarymen lecteurs assidus du Nikkei, bible des milieux économiques ou lecteurs d'un bon Haruki Murakami . Ce terminal sera le premier à utiliser l'encre électronique polychrome, un système d'affichage aujourd'hui uniquement en noir et blanc, très proche de l'impression sur papier, et qui ne consomme de l'électricité qu'au moment d'un changement de page. L'objet devrait être vendu aux alentours de 700 euros.

    Ce tarif limitera certes son potentiel d'acheteurs mais ce nouveau support pourrait bien, s'il est parfaitement au point, marquer le vrai départ de la presse écrite visuellement identique mais électronique. D'autant que d'autres travaillent aussi : Sharp, pionnier des écrans LCD, a une ambition en tête: "un afficheur à cristaux liquides doit pouvoir remplacer le papier dans toutes ses applications", dixit le patron de cette activité.

  • Le Nomade stellaire : réalisation de l’utopie du Moi-Nous par Gerardo Luis Rodríguez*

    Le nouveau roman d'Hector LOAIZA, "le nomade stellaire" est une fresque qui emporte le lecteur sur trois continents, nous fait vivre cette ferveur qui habite ceux qui se pensent habités par un "destin", où même les artefacts de la vie quotidienne - soient-ils hyper-technologiques comme l'IA ou de pure essence spirituelle ou politique - ne sont que des moyens au service de leur grandeur cosmogonique : celle du nomade stellaire. Un roman très dense et passionnant dont voici le compte-rendu par l'écrivain colombien Gerardo Luis Rodríguez (traduit par Andrés Perales).

     

    Textes aléatoires et littéraires sur l’art de romancer. Jours tantriques en lisant les quadratures des coins de rue, pendant qu’il pleut à Mexico, bruine à Buenos Aires et à Lima, et qu’il neige abondamment à Paris, où on trame la finalité existentielle, sorte de urbi et orbi du nomade stellaire, un sybarite de l’éternité… Ici, je cesse de me crucifier et me déconnecte de l’ordinateur pour devenir taoïste…

    Le roman Le Nomade stellaire (1) a paru en français écrit par l’auteur franco-péruvien, Hector Loaiza, sur lequel la littérature, les voyages et le journalisme ont tissé une mémoire de rencontres et de lieux extraordinaires…

     

    0 : « Le vol chamanique n’est pas question de codes, câblages et circuits comme dans votre ordinateur… Vous devez avoir une attitude aléatoire au-delà des codes et des règles », m’a dit le chaman invisible.

     

    1 : Le quantum du conte quantique : nanotechnologies, nanos et nains. Le protagoniste Aléatorius, porte de l’île de l’énergie du taureau…

    Après quelques saisons dans la roue du destin à travers des champs ouverts, forêts vierges, déserts, paysages urbains, continentaux et sidéraux, de la puissance « n » à la « n », du néant au néant, s’accomplit la philosophie de l’Éternel retour. Aléatorius, dont le nom est une sorte de tétragrammaton (2), est un recours littéraire de l’auteur pour rendre son récit polyvalent.

    Le roman touche divers sujets : l’histoire des religions, les technologies numériques, la philosophie, les guérillas latino-américaines et djihadistes ; et entremêle les thèmes écologiques et environnementaux à des conversations avec Héraclite dans le fleuve des mutations jusqu’au séjour dans le cumulo-nimbus des haut-plateaux. Le personnage Aléa synthétise le but psychobiologique, l’ambition de l’individu, Moi-le rêve, société-nous : Moi-Nous. Transmigrer en corps et âme vers d’autres mondes en tant que nomade stellaire. Ce que convoitait Carlos Castaneda, le « magicien de la tentative », Aléa réussit à le faire à la fin du roman sans artifices ni fanfare.

     

    2 : Bons soleils ce jeudi sans temps, camarade touche (du clavier).

    Parlons du « n » du Nomade au cénacle d’Avignon, scène du schisme et du séisme cathodique… Pourquoi un initié dans le désert d’Arizona et à la recherche de son jumeau chamanique arrive-t-il en France, à Pernes-les-Fontaines ? Au lieu de parler de « tribus », on parle de cénacles sans la volonté de puissance, sans la souveraineté de la raison, parce qu’on n’avait pas assez raclé le « cerveau » de la raison occidentale.

    On a oublié que le « devoir en tant qu’êtres lucides est de mener le combat pour un nouvel ordre mondial », comme le conseille le maître à penser parisien de Xén, le jumeau astral d’Aléa.

    Le lecteur universel trouve des réponses dans Le Nomade stellaire et ses personnages Aquino et Cabrera. Quelques-uns des rêves libertaires de l’auteur, qui sont incorporés aux guérillas des années 1960-1970, deviennent cinématographiques comme s’ils étaient filmés par le réalisateur italien, Gillo Pontecorvo, auteur de La Bataille d’Alger, qui fut un modèle d’organisation pour la guérilla urbaine sud-américaine : le M-19 colombien, le MIR chilien et d’autres groupes. Aquino qui, dans le roman, déambule, rêvasse, se prend pour une vedette comme Sean Connery, imitant le charisme et la sympathie du Che, reliant les militants ou les adeptes pour cette conspiration mondiale destinée à l’échec…

    L’insurrection se dégonfle, mais pour Aléa, cela lui servira à concevoir un prototype d’ordinateur à la logique quaternaire, construit par une start-up financée par le groupe Orbis. On trouve aussi un mentor secret, Xén, et quelques femmes passionnées par l’action, des chamans, des ésotéristes et des personnages mystérieux. Avec les projections de l’Ego des Latino-Américains – y compris le stéréotype du « latin lover » –, Hector Loaiza parvient dans Le Nomade stellaire à faire un résumé quelque peu nostalgique de la guérilla triomphante à Cuba, de la tentative d’instaurer le socialisme au Chili, des expériences inachevées en Uruguay et au Venezuela. Il fait le récit des péripéties de ses personnages engagés et analyse les virus du divisionnisme qui ont démantibulé la nouvelle gauche ou ont momifié la gauche traditionnelle.

    Et quand un roman pose des questions, c’est parce qu’il prend le pouls de la pensée, car il est parvenu à ce que le lecteur questionne « la vérité intérieure de la fiction » et du réel. Tel Robert Musil et son « homme sans qualités », Hector Loaiza écrit en réalité ses mémoires avec la philosophie de celui qui s’assoit au bord de l’infini et parle avec le lucide Lucrèce sur la « nature des choses ».

     

    3 : Au rythme du yoga céleste, de la transe chamanique, du dévoreur d’étoiles filantes, des fugacités de comètes et d’explosions galactiques, l’auteur nous transporte avec un langage touffu, mais précis et concis, dans ses jeux verbaux, distendant le suspense pour nous donner sa vision du monde d’aujourd’hui. C’est le roman qui lit et fait la cartographie de l’actualité avec les cendres encore fumantes du passé, où des œuvres et des auteurs circulent à travers les pages, surtout les maîtres de l’Éternel retour : Héraclite et le serpent Ouroboros (3).

    Les lectrices du roman trouveront des modèles de femmes exquises et créatrices à la fois engagées dans des idéaux et des causes, telle Emma, un profil un peu semblable à celui de Tamara Bunke Bider – plus connue sous le surnom de Tania la guérilléra –, la dernière compagne du Che… Ou Adèle, passionnée par les missions humanitaires, et Lucie l’ésotériste, convaincue que le germe d’amour enfoui dans le cœur de chaque être humain peut lui rendre sa noblesse perdue.

    Outre le plaisir de l’intrigue, le jeu entre le Oui et le Non, entre le 1 et le 0 de la logique binaire, du « on est ou on n’est pas » de Zénon d’Eléa, l’autre attrait du roman consiste notamment dans la description des lieux, des ambiances et des scènes avec les yeux de Méduse et le savoir de l’historien-guide pour touristes, qui invitent le lecteur au voyage et à mettre en pratique le concept du nomadisme… Avec cette liberté dans tous les champs, cette mise à nu de la dépouille psycho-idéologique des radicalismes et cette mentalité et volonté de mutation héraclitéenne : la seule chose qui reste est le changement. Aléa suit les conseils des vieux Indiens d’Arizona pour devenir un explorateur de connaissances, et l’un de ses outils est l’oniromancie et la prescience qui percent les réalités invisibles. « Tu ne dois jamais oublier l’origine de l’Univers et l’existence de multiples univers », conseille l’un des Indiens.

    En se déclarant voyageur permanent comme le fleuve, le vent et la vie des êtres, le nomade n’est que la fusion de thèmes de diverses cultures comme le chamanisme, l’ésotérisme, la science, la magie, la religion, et avant tout – je le mets en relief – l’utilisation de pouvoirs paranormaux pour matérialiser des utopies. À l’image du voyage final d’Aléa, l’auteur a repris l’expérience initiatique de Castaneda et s’est inspiré de ses livres comme un tremplin pour réaliser cet envol littéraire, à savoir : la rencontre avec des maîtres amérindiens, « être élu », camoufler son alter ego dans d’autres personnages et événements fictifs, et les couronner de ce départ mythique depuis les temps d’Élie et d’Énoch… La vie d’Aléatorius, l’homme du XXIIe siècle, est multipolaire et multi-errante.

     

    4 : Le Nomade stellaire, pour un Latino-Américain, devient un manuel mondial de voyages culturels et géographiques, gastronomiques et oniriques, terriens et sidéraux, une carte de la volonté de pouvoir et d’être.

     

    Bogota, le 22 juillet 2018

     

     

    (1) Le Nomade stellaire par Hector Loaiza, Éditions de L’Harmattan, Paris, 2018, 383 pages, 29 € (ISBN 978-2-343-13824-4).

    (2) Le tétragrammaton, composé de quatre lettres de l’alphabet hébreu, est le nom de Dieu dans la religion juive, retranscrit en français en YHWH, c’est-à-dire Yahvé.

    (3) Ouroboros : Le serpent immobile, fermé sur lui-même, représente par sa queue prise dans sa bouche la conjonction du principe et de la fin, l’Éternel autour.