« 2008, année du manga ? | Page d'accueil | Des blouses, des tabliers et des épées »
14.06.2008
Sous les bombes
Beyrouth sous les bombes. La narratrice, une jeune fille de 15 ans, vit avec son père, brisé de chagrin par le départ de sa femme, ses oncles et tantes et sa grand-mère, dans le quartier aisé de la ville. Libre, farouche et indépendante, elle continue à aller au Lycée, marche sous les bombes, refuse de se voiler et rencontre un homme...
Voilà un roman, chers happy few, que je n'aurais jamais eu l'idée d'ouvrir si on ne me l'avait pas mis dans les mains (il fait partie de la sélection du prix Landerneau) : le sujet ne me tente pas et je lis très peu de romans édités dans la Blanche, bref, autant de préjugés qui font que je serais passée à côté et ça aurait été vraiment dommage, tant ce roman, dense et foisonnant est une excellente découverte! L'histoire de cette jeune fille, écartelée entre la France et le Liban (sa mère, enfuie avec un amant, était Française), entre la guerre qui fait rage à l'extérieur et la quiétude illusoire et trompeuse de son foyer (sa famille vit comme s'il n'y avait pas de combats, pas d'obus, pas de tireurs embusqués), entre la modernité procurée par son père (elle est libre, elle va au Lycée, même sous les bombes, elle traîne dans les rues dangereuses) et le traditionalisme de ses oncle et tantes (ils veulent qu'elle porte le voile, qu'elle accepte un mariage arrangé, qu'elle ne bouge plus de la maison) est d'une incroyable violence à la fois montrée et retenue, qui sourd des paragraphes où alternent la première et la troisième personne, comme si parfois cette narratrice se regardait vivre de loin, tant la réalité est douloureuse. Cette histoire initiatique est magnifiquement servie par une langue acérée et froide comme l'acier des armes et par un style vraiment très beau, extrêmement puissant. On suit cette histoire en sentant monter progressivement un sentiment d'inéluctable jusqu'à la fin, espèce d'apothéose abrupte et brutale qui m'a laissée sans voix.
Une très belle découverte, chers happy few : si tous les romans de la sélection sont de cet acabit, je risque de ne pas m'en remettre!
Yasmine Char, La main de Dieu, Gallimard
Les billets d'Amanda (qui lui reproche sa brièveté) et de Stéphanie (conquise, ce roman a eu droit à un joli coeur rouge).
Lu dans le cadre du prix Landerneau.

08:31 Publié dans Littérature française, Prix Landerneau | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : prix landerneau
Commentaires
Ecrit par : saxaoul | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : amanda | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : cathulu | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireMalheureusement, tous les romans ne semblent pas du même acabit mais bon on ne peut pas tout avoir :)
Ecrit par : Stéphanie | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Joelle | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Tamara | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine | 14.06.2008
Répondre à ce commentaireBon, je peux toujours noter le titre pour plus tard... :-b
Ecrit par : Fantômette | 15.06.2008
Répondre à ce commentaire@amanda : oui, j'ai vu que tu l'avais finalement trouvé trop dense. Moi c'est ce qui m'a plu, cette densité. Je crois que je l'aurais moins aimé s'il avait été plus long.
@cathulu : il me tarde de lire ton billet (même si j'en ai eu un petit aperçu sur a*mazon)!
@yueyin : un très beau roman, vraiment! (je te l'enverrai si tu veux:)))
@stéphanie : pfff, je suis à la bourre sur vous les filles, je n'en ai lu qu'un...
Ecrit par : fashion victim | 15.06.2008
Répondre à ce commentaire@tamara : oui, c'est très bien!
@karine : souligne, souligne! :))
@fantômette : oui, il est complètement "ancré dans le réel" mais transcendé par la langue. Et pui de toute façon, noter, ça n'engage à rien... :)))
Ecrit par : fashion victim | 15.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Malice | 15.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 16.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Lou | 16.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 16.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Caro[line], de retour | 22.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 22.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Caro[line], de retour | 22.06.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion victim | 22.06.2008
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire