« 2007-11 | Page d'accueil
| 2008-01 »
01.01.2008
La belle année
En ces temps de fin d'année, chers happy few, l'heure est au bilan de l'année écoulée et aux bonnes résolutions.
Vous connaissez mon amour des listes et je pourrais effectivement dresser un bilan chiffré et vous révéler que cette année bloguesque (commencée pour ma part en mars), représente plus de 150 notes, près de 6200 commentaires, 70 romans et recueils de nouvelles chroniqués, des BD, des essais, 19 critiques de films, une trentaine de billets sur de hauts faits kulturels comme les hommes en chemise mouillée ou à moustaches, 1 Challenge commun, 8 chaînes qui ont circulé, révélant des bouts de moi, des bouts de vous, chers happy few...
Ce fut une année de belles découvertes : la littérature scandinave (merci Flo et Kalistina), le roman français contemporain (merci Caro[line], qui fais tant pour répandre l'enthousiasme autour de toi), Philippe Claudel (merci Maman), Edith Wharton (merci Stéphanie), Christopher Brookmyre (merci Chimère), Stieg Larsson (merci Marie de Tahiti), Gaëlle Nohant (merci Flo et Yueyin) et de belles rencontres : Claudel, Foenkinos chez les auteurs, Corinne et Marilyn de Litote en tête...
Mais c'est surtout une année où j'ai rencontré une trentaine d'entre vous pour de vrai (dont certains sont devenus des amis) et où j'ai correspondu, de nombreuses manières, avec une vingtaine supplémentaire, une année riche de 5 swaps, tous réussis, de dizaines d'envois de toute sorte et de projets pour l'année à venir, comme un débarquement à Montolieu en sandales dorées, un tour à Achères en février avec une Toulousaine et d'autres, qui, je suis navrée, sont top secret pour le moment (car oui, parfois je me prends pour James Bond, surtout en ces temps de champagne au frigo).
Je pourrais comme chaque année, chers happy few, jouer le jeu des bonnes résolutions et vous dire que j'ai décidé de faire drastiquement baisser ma PAL, de diminuer le budget consacré aux livres, de lire plus vite les livres que l'on me prête, de ne plus avoir de préjugés sur certains auteurs avant que de les lire, de ne plus faire ma snob devant une couverture moche ou ringarde, d'attendre la traduction d'un roman plutôt que de me précipiter sur un volume en anglais forcément beaucoup plus cher, de ne plus trop fréquenter les librairies... Mais je me connais et je sais que tout cela est peine perdue...
Aussi, pour la première fois depuis des années, j'ai décidé de ne prendre aucune résolution autre que lire à perdre haleine ce que je veux quand j'en ai envie... Je nous souhaite à tous, chers happy few, une très belle année, aussi riche d'émotions et de belles rencontres, humaines et livresques, que celle qui vient de s'écouler!
Et je vous souhaite à tous, chers happy few, une excellente année 2008, en espérant pouvoir vous fréquenter encore longtemps, virtuellement et réellement! Que l'année soit belle, emplie de glamour et de héros torrides! Et vive Darcy!
PS : j'ai une pensée pour tous ceux qui, pour des raisons variées, ont mis en suspens leur blog : Erzébeth, Lilly, Emjy, Ekwerkwe, Esis, Livrovore... Revenez-nous!
PSbis : j'ai aussi une pensée pour tous ces commentateurs sans blog, qui nous suivent de près, dont on aime lire les commentaires et dont on lirait bien un peu plus... Et si vous ouvriez vous aussi un blog ? Hmmm ?
PSter : pour la musique de circonstance, je vous laisse faire un tour chez Bon sens, elle a trouvé une perle!
00:00 Écrit par fashion dans Choses vues | Lien permanent | Commentaires (69) | Envoyer cette note
31.12.2007
Challengeons un peu en attendant la fin de l'année...
Figurez-vous chers happy few, que nous vient du Québec un sympathique challenge, poétiquement baptisé Le Nom de la Rose.
Il s'agit de lire 6 romans qui répondent à des critères particuliers. Intéressée par le concept, je me suis penchée sur ma PAL, persuadée que je ne trouverais jamais 6 titres pour m'inscrire à mon tour.
...
Eh bien, chers happy few, j'ai dans ma PAL de quoi faire deux fois le challenge. C'est terrible et terrifiant. Et ça vous donne un aperçu de l'étendue de ma PAL. Le neuvième cercle de l'Enfer, ni plus, ni moins (ben oui, l'Enfer est pavé de livres non lus, non ?).
Je vais donc profiter de ce challenge pour tenter de faire baisser ma PAL (et qui sait, peut-être le ferai-je deux fois...)

Un titre comportant une couleur : La souris bleue de Kate Atkinson - remplacé par Les Foulards rouges de Frédéric H. Fajardie
Un titre comportant un animal : Sans parler du chien de Connie Willis
Un titre comportant un prénom : Save me Joe Louis de Madison Stuart Bell - remplacé par Jane Austen et les fantômes de Netley de Stephanie Barron
Un titre comportant un lieu géographique : La bouffe est chouette à Katchakula de Ned Crabb - remplacé par Au nord-nord-ouest d'Eden de Gabriel Eugène Kopp
Un titre comportant un phénomène météorologique : L'Arche dans la tempête d'Elisabeth Goudge
Un titre comportant un nom de plante : La rose pourpre et le lys de Michel Faber - remplacé par Le pays des tomates plates de Georges Coulonges
Vous remarquerez l'ecclectisme so kulturel de mes choix, chers happy few, et j'espère vraiment que ces 6 romans seront lus d'ici la fin de l'année prochaine, ce qui est possible, mais pas sûr non plus, ne crions pas victoire trop tôt...
Ce challenge a été initié par Grominou. S'y sont inscrites : Karine, Jules, Aelys, Allie et Betty.
Et vous, chers happy few, en serez-vous ?
06:30 Écrit par fashion dans Challenge le Nom de la Rose | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note
30.12.2007
Comme un torrent


Nous sommes dans le Norland, près du cercle polaire, au début du XIXème siècle. Dina, la fille du commissaire, a cinq ans quand elle ébouillante accidentellement sa mère parce qu'elle a joué avec le mécanisme de bascule de la lessiveuse. Traumatisée par les conséquences de son acte et l'horrible agonie de sa mère, considérée dès lors comme une espèce de démon, rejetée par son père qui fait comme si cette enfant n'existait plus, Dina perd pendant longtemps l'usage de la parole et devient un petit animal sauvage et indomptable. Pour se débarrasser d'elle, son père la vend à seize ans au premier homme qui veut bien l'épouser, Jacob Gronelv, un riche veuf sympathique, beaucoup plus âgé que Dina...
Je suis ravie que ma dernière note de lecture de l'année, chers happy few, porte sur un roman qui m'a été offert dans le cadre du swap Scandinavie par Mirontaine et que j'ai vraiment beaucoup aimé! L'histoire de Dina est à son image et à l'image de ce rude pays qui l'a vue naître : âpre, dense et douloureuse. L'enfant sauvage devient une femme qui a des comportements dérangeants pour le reste de la société, que ce soit son habitude de fumer le cigare et la pipe, sa façon de monter à cheval (à cru et en pantalon), le fait qu'elle choisisse ses amants à sa guise ou sa conduite des affaires une fois son mari mort (elle se révèle intraitable et habile dans le commerce)... C'est une femme éternellement blessée, qui communique avec les esprits des morts, surtout celui de sa mère, Hjertrud, qu'elle tente d'apaiser et de comprendre, personne ne lui ayant jamais dit qu'elle n'était pas responsable de la mort de sa mère. Elle a un comportement qui frôle parfois l'autisme, s'enfermant dans la musique, son seul véritable réconfort, et dans les chiffres, les seuls éléments de la réalité qui ne mentent pas : elle compte les arbres, les nuages, les fleurs... pour apaiser son âme tourmentée. Les personnages, tous très intéressants et très attachants, que ce soit les domestiques de la grande maison de Reinsnes (Oline, qui règne sur la cuisine, et qui était amoureuse de Jacob, Stine, la nourrice lapone qui a enfanté deux bâtards et que Dina protège bec et ongles...), les membres de la famille de Dina, comme sa belle-mère, Mère Karen, très belle figure maternelle et féminine, cultivée et tolérante ou les gens de passage (car on rencontre beaucoup de monde à Reinsnes, qui est sur le passage du caboteur), évoluent dans un décor à la fois beau et terrible. C'est un roman rythmé par le passage des saisons et la pêche au stockfish, dans lequel on ressent physiquement la morsure du gel et du froid et l'étrangeté des nuits boréales qui rendent parfois fous... Enfin, il faut dire un mot du style, assez particulier et qui m'a beaucoup touchée : la narration est poétique, remplie de très belles images, à l'inverse des dialogues, rédigés dans un langage familier, avec un vocabulaire assez pauvre et une étrange façon de s'adresser les uns aux autres : les personnages se parlent à la troisième personne...
Un très beau et bon roman, chers happy few, parfois tragique, que je vous recommande chaudement!
Herbjorg Wassmo, Le livre de Dina, 10/18, 3 tomes : Les limons vides, Les vivants aussi et Mon bien-aimé est à moi.
A noter que l'édition 10/18 reprend le découpage de l'édition Gaïa de poche. Gaïa a republié cette saga en un seul volume en grand format (mais la couverture est laide et les pages ne sont pas roses, contrairement à l'édition de poche).
Elles l'ont lu aussi : Sylvie (qui rappelle l'existence d'une adaptation cinématographique danoise datant de 2003, avec Depardieu dans le rôle de Jacob) et Hydromielle (qui l'a aussi reçu dans le cadre du swap).
PS : merci encore Mirontaine! Takk!
PSbis : il y a une suite à cette trilogie, Fils de la providence, en deux volumes, suivi de L'héritage de Karna, en trois volumes aussi, le tout disponible chez Gaïa et chez 10/18.
PSter : voici une carte de cet étrange pays, uniquement côtier :
L'histoire se déroule dans le nord, non loin de la Laponie. On comprend mieux en voyant la carte l'importance des bateaux (tout se fait par voie maritime, même le transport des cercueils) et de la pêche, unique source de revenus.
09:05 Écrit par fashion dans Littérature norvégienne | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
29.12.2007
And the winner is...
Nous approchons de la fin de l'année, chers happy few, qui traîne traditionnellement dans son sillage les bêtisiers, les best-of et les récompenses. Pour ne pas déroger à la règle, j'ai décidé de décerner mes propres récompenses : les Fashion Awards. En toute simplicité et en toute objectivité, évidemment. Comme d'habitude.
Ciné-télé :
Fashion Award du pire relooking dans une série télévisée :
Gibbs dans la saison 3 de NCIS. Pour mémoire, c'était ça. Heureusement, nos prières éplorées vers le ciel ont été entendues et l'objet du litige rasé.
Fashion Award du meilleur acteur nu dans une bagarre :
Viggo Mortensen dans Les promesses de l'ombre. Je sais, je sais, vous voudriez une photo : j'ai fait tout ce que je pouvais, de photo, point. (Si vous en avez une sous le coude, envoyez-la moi, je me ferai un plaisir de la publier.)
Fashion Award de la meilleure sortie de la naphtaline :
John McClane dans Die Hard 4 : on le croyait mort ou au moins fatigué, que nenni! Les héros ne meurent jamais, qu'on se le dise!
Fashion Award des plus belles jambes dans des bottes cavalières :
James McAvoy dans Jane. On aurait presqu'envie de rendre le port de la botte obligatoire, tiens!
Fashion Award de la plus belle jupette :
Colin Firth dans La dernière légion (vous ne croyiez tout de même pas que vous y échapperiez, hein ?)
Fashion Award du meilleur cours d'Histoire :
Transformers. Ben oui, grâce aux scénaristes, on sait enfin d'où viennent les radars, les grille-pains, les planètes et les ouvre-boîtes électriques. Quelle pédagogie!
Littérature :
Fashion Award de la meilleure scène de torture :
Diana Gabaldon dans Le chardon et le tartan : Jack Randall se déchaîne sur le pauvre Jamie Fraser, qui n'en demandait pas tant. Atroce.
Fashion Award du personnage masculin le plus sexy de tous les temps :
Darcy avec presque 50 % des suffrages exprimés. Près de 200 ans après sa naissance, le bel homme sans prénom fait encore tourner les têtes et chavirer les coeurs. Quel homme!
Fashion Award du meilleur cliffhanger :
La fin de La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette de Stieg Larsson, où comment je n'ai pas dormi tant que je n'ai pas su la suite (et déjà que je ne dormais plus à cause du roman...).
Fashion Award du meilleur triangle amoureux, ex aequo :
Edward, froid comme la glace et Jacob, chaud comme la braise, fous amoureux de la banale Bella / Morelli, so cute, et Ranger, so hot, courant après la délicieuse Stephanie Plum. Le choix, c'est comme la volonté, chers happy few, surfait.
Fashion Award de la LCA la plus snob et la plus drôle :
Helene Hanff dans 84, Charing Cross Road : la première épistolière qui me donne envie de lire Samuel Pepys et John Donne. Un exploit!
Fashion Award du couple le plus glamour :
Finstern et Angharad dans La sève et le Givre de Léa Silhol. La Nuit et l'Hiver. La beauté et la cruauté. Je vais vous dire, chers happy few, Brad et Angelina peuvent aller se rhabiller...
Et vous, chers happy few, à qui décernez-vous un Award ?
06:30 Écrit par fashion dans Poétique de la liste | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
26.12.2007
Sugar, sugar
Grigou, Filou et Rapiat sont trois brigands qui vivent dans la forêt, terrorisant et dévalisant les voyageurs qui traversent leur territoire. Une nuit de pleine lune, ils attaquent une diligence qui ne transporte que Tiffany, petite fille qui vient de perdre ses parents et que le cocher doit conduire à l'orphelinat. Tiffany s'invente un père très riche pour que les trois brigands la gardent avec eux...
De tous les dessins animés proposés comme d'habitude pour les vacances de Noël chers happy few, c'est celui-ci qui a eu ma préférence, parce qu'il s'agit d'une adaptation des Trois brigands de Tomi Ungerer, que l'on ne présente plus... Cette adaptation, supervisée par le maître himself, qui est aussi la voix du narrateur (même en français), est un excellent dessin animé. L'intrigue a été bien évidemment rallongée par l'ajout d'une méchante sorcière qui exploite les orphelins en les forçant à cueillir des betteraves qu'elle transforme en sucreries et en montagnes de gâteaux à la crème. Les trois brigands, bien malgré eux, mettront bon ordre dans cette histoire, poussés par la petite Tiffany, héroïne vaillante et pleine de ressources malgré son très jeune âge. C'est bourré de trouvailles dans les décors et les arrière-plans, l'orphelinat et la sorcière sont assez terrifiants, il y a une chanson (ça c'est pour moi et mon obsession des chansons) et la fin, malgré sa cruauté (mais ma fille m'a dit qu'elle aurait fait pareil à la méchante sorcière), voit le retour à l'ordre et le règne du bonheur...
Je vous recommande donc ce petit joyau de l'animation allemande, chers happy few!
Les trois brigands de Hayo Freitag, Bettine von Borries et Achim von Borries, à l'affiche actuellement.
Le très chouette album de Tomi Ungerer est
disponible en grand format et en format souple chez l'Ecole des loisirs.
09:51 Écrit par fashion dans Et ce soir, au cinéma de minuit... | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
25.12.2007
Have yourself a merry little Christmas...
Chers happy few, je vous souhaite à tous un très joyeux Noël, plein de cadeaux à déballer, d'amour, de chocolats, de champagne, de rires et de chants (soyons fous), de préparatifs chuchotés et de regards brillants! Et pour célébrer cette belle fête, je vous ai mis un petit morceau de musique, ce qui est un tel exploit que cela justifie à lui seul une ovation. En toute modestie bien sûr.
(C'est la grande Judy Garland dans Meet me in St Louis (Le chant du Missouri ) de Minelli, sublime film que je recommande à tous (ben oui, ce n'est pas parce que c'est un tout petit billet de rien du tout qu'il ne contient pas un peu de kulture...))
Un très joyeux Noël à vous, chers happy few! Que la fête soit belle!
06:30 Écrit par fashion dans Choses vues | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
23.12.2007
I wish you a merry little swap!
Chers happy few, après des jours et des jours d'attente (ou des dodos et des dodos d'attente, si l'on compte comme une certaine G.), comme vous tous, le coeur fébrile et la main tremblante...
j'ai ouvert mon colis du swap Scandinavie!

Et regardez ce que Mirontaine a mis dedans :

(oui, je sais, le suspense est insoutenable, et en plus, vous n'avez même pas droit aux poules, elles sont devenues trop célèbres, je suis obligée de freiner leur soif de reconnaissance, c'est terrible, chers happy few, croyez-moi)

Eh bien, chers happy few, c'est un sans-faute absolu! Jugez plutôt :
- 4 romans : les trois tomes du Livre de Dina de Herbjorg Wassmo et Sous un autre jour de Grondhal, romans que j'avais très envie de lire mais je ne l'avais pas dit dans le questionnaire, parce que parfois je suis taquine, mais Mirontaine a fait un travail de reconnaissance de folie dans ce modeste salon, c'est incroyable ! (et je remercie au passage le libraire du Bateau Livre de Lille qui a participé à la cogitation!),
- des livres pour mes enfants : La petite sirène d'Andersen et L'enfant de la banquise, dans la très jolie édition des Mini Classiques du Père Castor, aux superbes illustrations,
- des crayons à papier coccinelle et ours toujours pour mes enfants (mais ils ont intérêt à être très sages, sinon, hop, dans ma trousse) (ben oui, ce n'est pas parce que Noël approche qu'on doit être moins indigne, non ?),
- des épices à vin chaud, ce qui veut dire que l'on a toujours raison de faire de très subtiles allusions aux breuvages que l'on aime...
- des épices à jus de pomme chaud, que je découvre et je ne vais pas tarder à goûter, croyez-moi!,
- une confiserie suédoise, des punschrullar, que j'ai goûtés dans le but de vous expliquer de quoi il s'agit (et pas du tout par gourmandise patentée, évidemment) : de la pâte d'amandes alcoolisée et chocolatée, c'est tellement bon que le temps que je me rende compte de ce que j'avais fait, j'en avais mangé deux, c'est quand même incroyable le genre de choses que l'on fait malgré soi, non ? (ça mériterait presque un coup de fil à ce bon Dr F., tiens!)
Merci encore Mirontaine, c'est un colis parfait! Et merci à Kalistina et Flo, qui ont mis tant d'énergie dans l'organisation de ce fabuleux swap! Girls rule!
00:25 Écrit par fashion dans Le swap ? C'est Noël! | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note
22.12.2007
Au pied du sapin 3 with a vengeance
Voici, chers happy few, in extremis il faut bien l'avouer, la fin de la Fashion's Klassik list, que vous attendez depuis des jours avec une impatience grandissante qui confine pour certains au désespoir, je le sais et j'en suis marrie, mais figurez-vous que Noël approchant, ma vie est pleine de paquets à emballer (le Père Noël m'a demandé de bien vouloir l'aider, il est débordé), de bonbons à comparer (s'il y a bien une période où je refuse de surveiller ma consommation de glucose, c'est celle-ci), de choucroute, d'anniversaires, de cartes de voeux et de paquets surprise... Mais je ne vous oublie pas, chers happy few (de toute façon, comment le pourrais-je vu le harcèlement quasi-quotidien que je subis de certains d'entre vous ?), et je vous livre donc les quatre klassiks suivants de mon fabuleux et so glamorous Top Five :
Orgueil et Préjugés de Jane Austen.
J'en ai déjà parlé ici et je profite de l'occasion pour rajouter un étage dans le triffle, c'est de saison... Ce roman, que j'ai lu 17 fois (oui, je sais, ça fait beaucoup, mais vous savez bien, chers happy few, depuis le temps que nous nous fréquentons, que je suis parfois un brin compulsive), est une histoire d'amour, certes, mais qui va bien au-delà de la simple bluette sentimentale. C'est aussi un roman qui pointe du doigt, de manière vive et acérée, avec ironie et humour, la place des femmes dans la société anglaise de cette époque, les travers de certains hommes, et la folie de croire au prince charmant... C'est un joyau serti dans une langue magnifique. C'est un chef-d'oeuvre.
De grandes espérances de Charles Dickens.
J'ai découvert Dickens grâce à l'enthousiasme très communicatif d'une jeune prof d'anglais quand j'étais à la fac. Ce professeur vouant une admiration sans bornes à Margaret Mitchell j'en ai déduit que Dickens devait être un auteur formidable. Et il l'est. Sans réserve. Des intrigues haletantes (j'ai toujours l'impression en ouvrant un de ses romans de plonger dans un thriller et ce n'est pas pour rien qu'il a écrit un roman policier avec Wilkie Collins), un art certain de la caractérisation qui rend ses personnages haut en couleur, qu'ils soient attachants ou détestables, beaucoup de talent dans les descriptions, une vision cruelle de l'Angleterre industrielle, c'est tout cela à la fois, servi par une plume acérée! De grandes espérances (j'ai choisi de vous parler de ce titre-ci, mais de manière totalement arbitraire, car en réalité chers happy few, il faut lire toutes les oeuvres de Dickens, voilà, c'est dit) raconte l'histoire de Pip, pauvre orphelin qui, par la grâce d'un mystérieux bienfaiteur, reçoit l'éducation requise pour se hisser dans la société. Roman d'initiation, d'amours manquées, c'est aussi une réflexion sur la reconnaissance et la gratitude. Du grand art.
Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig.
Zweig est un auteur dont je crois bien avoir lu la quasi-intégralité de l'oeuvre romanesque. Je l'ai découvert comme tout le monde au lycée avec Le joueur d'échecs, j'ai enchaîné sur de petits ouvrages comme Amok, La confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, j'ai dévoré La pitié dangereuse, qui présente une incroyable étude de caractères et de sentiments et j'ai ouvert Lettre d'une inconnue. Et c'est là, chers happy few, que le ciel s'est entrouvert, devant cette nouvelle, qui est un concentré de sensibilité et de cruauté (si, si, c'est possible, je vous assure). Un célèbre auteur reçoit un jour une lettre d'une inconnue, qui lui révèle qu'elle s'est consumée d'amour pour lui en secret et en silence durant de longues années. C'est cette lettre qui constitue le corps de cette nouvelle, et c'est bouleversant, chers happy few, il n'y a pas d'autre terme. L'amour incandescent et sacrificiel de cette femme pour un homme qui ne la voit pas (il ne la reconnaît jamais, quel que soit le nombre de fois où il la voit), ressemble à une tragédie. L'empathie avec l'épistolière est totale et on ne referme pas cet ouvrage sans pleurer (je le sais, je l'ai même fait lire à des élèves, et c'est le test ultime, comme vous le savez chers happy few). (Le seul problème, c'est qu'il n'existe pas d'édition séparée de cette nouvelle, pour la lire il faut acheter le premier volume des oeuvres de Zweig dans La Pochotèque du Livre de Poche, mais comme chez Zweig, il n'y a rien à jeter, c'est un investissement rentable!)
Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell.
Depuis le temps que je vous bassine avec Rhett Butler, chers happy few, il n'était que justice que je consacre au moins quelques lignes à ce roman fabuleux. Tout le monde connaît l'histoire car tout le monde a vu le très beau film avec le sublimissime Clark Gable, mais je re-pitche pour ceux qui n'ont pas de mémoire ou ceux qui vivent dans un monde bien triste dans lequel personne ne leur a jamais parlé d'Autant en emporte le vent... C'est l'histoire de Scarlett O'Hara, jolie jeune fille capricieuse, têtue, gâtée, fille d'un riche planteur sudiste et adulée par tous les jeunes gens du voisinage, qui voit sa vie prendre un autre tournant à cause de la guerre de Sécession. C'est l'histoire d'une femme courageuse et tenace qui fait son malheur toute seule à force d'entêtement et de choix malheureux. C'est une vaste fresque qui, bien évidemment, présente une vision partiale et faussée des événements historiques (l'auteur était sudiste), mais qui possède un souffle incroyable. Et Rhett... Ah, chers happy few, Rhett... Un personnage pragmatique, cynique, intelligent, mystérieux et qui ose avouer à la face du monde ses sentiments : je vais vous dire, chers happy few, on n'en fait plus des comme ça... Un très grand roman.
Chers happy few, je vous souhaite de très belles lectures et je dédie ce billet à toutes les fans de Darcy et de Rhett : elles se reconnaîtront!
06:30 Écrit par fashion dans Christmas is all around, Révisons nos classiques | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
21.12.2007
"Les histoires créent le monde, le monde crée les histoires"
Nathan, Mathis, Eric et David sont consignés au pensionnat de St James pour l'été car ils ont échoué aux examens de fin d'année. Ils s'apprêtent à passer un été morne, quand arrive un nouvel élève, Arthur, jeune homme fascinant qui attire les jeunes gens un à un dans son univers et son domaine : Camelot...
J'avais très envie de lire ce roman suite à la critique de Clarabel, chers happy few, et je peux vous dire que tout comme elle, je suis sortie enchantée de cette lecture. Fabrice Colin réutilise les éléments du roman de pensionnat (il rend d'ailleurs hommage au film Les disparus de Saint-Agil dans l'avant-propos, film que pour ma part je n'ai pas vu, mais j'ai lu le roman de Pierre Véry, que je vous recommande chaudement) : élèves confrontés à l'abus d'autorité des professeurs, absence de mixité qui rend les femmes mystérieuses et les amitiés masculines parfois tendancieuses, sociétés secrètes avec tout ce que cela comporte de codes et de rites... et il y rajoute sa lecture des chevaliers de la Table Ronde et de la quête du Graal et quelques réminiscences du Grand Meaulnes... Le tout forme un roman d'aventures où nos quatre chevaliers, rebaptisés pour l'occasion, partent en quête d'un hypothétique Graal afin de sauver leur roi, roman qui est aussi un roman sur l'amitié et sur la folie (et là, je n'en dirai pas plus sous peine de dévoiler trop d'éléments, car même si le lecteur comprend vite où on l'emmène, j'aime autant vous laisser emmener tous seuls comme des grands, il n'y a pas de raison que je fasse tout le travail non plus). La construction du roman, en courts chapitres, et la narration à la première personne (l'histoire est racontée par Nathan), ajoutent au rythme soutenu de l'intrigue et à ses zones d'ombre, Nathan ne pouvant raconter que ce qu'il voit ou ce qu'il comprend.
Un fort bon roman jeunesse, donc, chers happy few, que je vous recommande d'ajouter à vos LAL et à vos PAL sans plus tarder !
Fabrice Colin, Camelot, Seuil, collection karactère(s)
Les avis de Clarabel et de Lily.
06:30 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
20.12.2007
Mon père, ce héros ?
Simon fuit dans la nuit, au volant d'une Porsche volée. Il a commis l'irréparable : le corps de sa petite fille de quatre ans gît sur la banquette arrière. Où va-t-il ? Que s'est-il réellement passé cette nuit-là ?
Je vous livre là un résumé des plus lacunaires chers happy few, car je voudrais vous laisser découvrir ce roman sans en dire trop, histoire de ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture. C'est en effet un roman dont le principal intérêt repose sur la découverte à rebours de ce quinquagénaire peu sympathique, florissant, divorcé et remarié, père de deux filles, l'une d'un premier mariage, qu'il n'aime pas et la deuxième de sa seconde épouse, dont il va découvrir un beau matin, de manière douloureuse, qu'il l'aime, enfin, comme un père est censé aimer sa fille. C'est un roman à la narration particulière, puisqu'il est rédigé à la deuxième personne du pluriel, ce qui n'est en soi pas étonnant (et, comme Anne, je trouve que le titre du roman donne une clé un peu tôt, ce qui est dommage), mais un peu déroutant. C'est finalement peut-être moins un roman sur la paternité que sur la fillitude (je ne trouve pas d'autre mot), c'est aussi un roman sur les apparences (que voient les autres de nos vies ?) et sur la folie, dont la fin, à mon avis, peut être interprétée de plusieurs manières (a-t-il vraiment tué sa fille ? si oui, quelles en sont les raisons ?).
Une belle découverte donc, chers happy few, même s'il manque un petit quelque chose pour en faire un excellent roman...
Nicolas Cauchy, La véritable histoire de mon père, Robert Laffont
Les avis d'Anne, Caro[line], Thom, Lily, Tamara, Florinette, Laurence, Livrovore et Laure.
PS : merci à Caro[line] qui m'a prêté son exemplaire dédicacé par son deuxième auteur chouchou!
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
