« 2011-08 | Page d'accueil | 2011-10 »

30.09.2011

Stoner - John Williams

stoner.jpg

 

"Voilà, se disait-il, je deviens un enseignant, un passeur, un homme dont la parole est juste et auquel on accorde un respect et une légitimité qui n'ont rien à voir avec ses carences, ses défaillances et sa fragilité de simple mortel."

William Stoner est le fils de fermiers très pauvres de l'Etat du Missouri. En 1910, il entre à l'université à l'injonction de son père, qui veut qu'il suive un cours d'agriculture afin de mieux rentabiliser les cultures. En deuxième année, Stoner est obligé par le programme à suivre un cours d'initiation à la Littérature anglaise, dispensé par un professeur froid et distant, qui ne prend aucun plaisir à enseigner à ces élèves incultes. C'est pourtant de cet homme que viendra la révélation, le jour où il demande à une classe tétanisée d'expliquer le Sonnet 73 de Shakespeare et où il prend à parti Stoner : "Monsieur Stoner, Monsieur Shakespeare s'adresse à vous à travers trois siècles. L'entendez-vous ?" Non seulement Stoner l'entendra, révélé à lui-même en même temps qu'à la littérature, mais le sonnet lui-même, qui traite de l'amour et de la perte peut se lire comme un avant-goût de la vie qui l'attend.

Car Stoner est un stoïcien dans l'âme, habitué à faire avec ce que la vie lui donne et à se satisfaire de peu, et si rien dans sa naissance ou son éducation ne le prédisposait à devenir enseignant, nul ne lui a non plus appris à aimer. Homme réservé et malhabile, il endure tout : les études difficiles, les travaux à faire dans la ferme des cousins qui l'hébergent, l'animosité d'une femme à moitié folle qui ne l'aimera jamais, l'éloignement de sa fille, la rivalité d'un collègue plus brillant mais malhonnête... Recroquevillé en lui-même, il a bâti entre lui et le monde un rempart de livres qui le protège de toute turpitude mais aussi de tout sentiment démonstratif. Et contre toute attente, quand il croyait avoir fait son deuil d'une multitude de choses, sa carrière, son mariage, sa fille, il vivra une parenthèse enchantée, la découverte de l'amour et de l'intimité.

Stoner est un très beau roman, émouvant et profond, qui n'a jamais eu le retentissement et la notoriété qu'il mérite, même si depuis sa parution en 1965, il est régulièrement réédité aux Etats-Unis et encensé par quelques irréductibles qui voient en lui un roman phénoménal. En France, il aura fallu attendre 2011 et la volonté d'Anna Gavalda (qui signe une belle traduction) pour découvrir l'histoire de cet homme ordinaire, discret et profondément intègre qui a découvert à vingt ans qu'il avait besoin de la littérature comme d'autres ont besoin de soleil, d'une manière aussi viscérale qu'inexplicable.

 

Article écrit pour les Chroniques de la Rentrée littéraire

29.09.2011

"Hearts aren't eggs. More like rubber balls. The harder you chuck 'em the higher they bounce back."

Life is full of surprises. (Oui, c'est le retour du billet bilingue, inutile de me remercier, c'est une conséquence de mon infinie générosité.) (I've read so much novels in english these past few days, I've started to dream in english, what the fuck is that, really ?)

L'autre jour, sur un blog américain (je ne sais plus lequel, atteinte que je suis parfois d'un Alzheimer précoce), j'ai lu dans les commentaires (oui, je suis comme ça, a thorough girl, je lis tout) que

 

lions-and-liquorice.jpgLions and liquorice (1995, 277 pages, réédité en 2005 sous le titre Vanity and Vexation, que je préfère) était une variation autour d'Orgueil et Préjugés. (Un jour, j'arrêterai d'être obsédée par ce roman, promis. Et de boire du café. Et de fantasmer sur David Tennant. Et d'acheter des robes.)

Je partage alors cette information ca-pi-ta-le avec mes copines blogueuses austeniennes (nous sommes une secte, parfaitement) et quelques secondes plus tard, Cuné me dit : "Trouvé et acheté" (bientôt suivie par Yueyin, Karine et Pimpi, am I a blogueuse influentateuse or what, je fais acheter des bouquins que je n'ai même pas lus, how incredible is that ?). Et Cuné, cette déesse, me l'a ensuite prêté car décidément les blogueuses sont merveilleuses.

(Oui, le pitch arrive.)

(Le voilà.)

(Au fond du couloir.)

(Tant que ce n'est pas au fond de la bouteille.)

La tranquillité d'un petit village du Yorkshire est perturbée par l'arrivée d'une équipe de télévision qui vient filmer les scènes d'extérieur d'une série en quatre épisodes, l'adaptation d'Orgueil et préjugés. Les membres de l'équipe et les autochtones vont se mêler et rejouer à leur manière le roman de Jane Austen : Nicholas Llewellyn Bevan, un auteur de thrillers en mal d'inspiration, divorcé et gallois et son pote John, menuisier et veuf étant respectivement Lizzy et Jane ; Mary Hamilton, la réalisatrice arrogante et brillante et Candia Mayhem, son actrice principale endossant les rôles de Darcy et Bingley. Nick décide alors d'écrire une variation du roman en s'inspirant de la réalité, jusqu'à ce que cette dernière le rattrape.

Oh le roman ultra malin que voilà, chers happy few ! Bourré de références (et pas seulement à Orgueil et préjugés, j'ai relevé des phrases empruntées à Lewis Carroll, Shakespeare et d'autres), il joue avec habileté sur la trame du roman de Jane Austen dont il reprend les grandes lignes (inutile de dire qu'il vaut mieux avoir lu le roman originel pour apprécier cette variation) et sur les caractères des personnages. Mais ce jeu permanent n'est pas un simple exercice de style (même si un élément de la fin m'a paru un peu plaqué pour coller à une rebondissement important d'Orgueil et préjugés) : Kate Fenton n'oublie pas de raconter une histoire pleine de rebondissements et surtout d'humour. Elle a su tirer parti de la modernité du cadre (les couples se font très vite et ont des précoccupations bien contemporaines) et camper des personnages très attachants (je suis in love de Nick, que j'ai imaginé tout du long sous les traits d'un acteur écossais au nez pointu) (don't say anything, I know). Un roman pétillant, fin et drôle, qui mériterait d'être traduit.

 

Le billet de Cuné

 

lu en vo.jpg

Challenge Lu en VO
37

 

28.09.2011

What I need is... - A husband ! - A job.

En-fin.

Après plus de 10 ans d'attente (les droits avaient initialement été achetés par Reese Whitterspoon il y a une éternité), One for the money de Janet Evanovich a enfin été adapté au cinéma avec Katherine Heigl dans le rôle titre. Contre toute attente, Morelli me plaît beaucoup.

 

 

Verdict le 27 janvier. Can't wait.

27.09.2011

Top Ten Tuesday #15

Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas fait une liste, non ? (J'ai la flemme de chercher, je me crois donc sur parole.)

The Broke and the Bookish nous propose aujourd'hui de faire le Top Ten des 10 romans qu'on a très envie de relire. Vu que la relecture est chez moi une maladie assez tenace et un plaisir immense dont je ne pourrais pas me passer (et heureusement, vu mon métier), je me colle à cette liste avec plaisir, et avec le clavier.

 

new ttt.jpg

 

 

1. La série Fever de KMM. Parce que Barrons, parce que V'lane, parce que les droits ont été achetés par Hollywood et que KMM fantasme à mort sur le cast, avec toutes ses lectrices (pensez donc, elle nous propose toutes les semaines des photos d'hommes à moitié nus, la coquine), parce que Barrons, parce que cette série m'a tenue en haleine pendant deux semaines et m'a rendue quasiment hystérique (enfin plus que d'habitude), parce que "You're leaving me, Rainbow Girl", parce que la douleur de Barrons, parce que, parce que, quoi. (J'ai mentionné Barrons ?)

2. Orgueil et préjugés. Ah, non, ça, c'est fait. J'en ai eu une envie subite l'autre jour dans le métro, je l'ai téléchargé sur mon kindle (vous ai-je dit que la lune de miel durait ?), 10 secondes plus tard (et uniquement  2$ de charge parce que je vis en France, le roman étant momentanément gratuit sur amazon) je me replongeais dans l'histoire d'Elizabeth. (Pour la 43ème fois, so what ?)

3. Harry Potter. J'ai lu les romans au fur et à mesure de leur parution sans jamais y revenir. Puis ma fille a dévoré la série à son tour et les a relus plusieurs fois, me donnant envie de m'y replonger. (Oui, ma fille est une LCA de la plus belle eau, comme c'est étrange.)

4. Les enfants du jeudi de Judy Blume. Un bouquin lu une dizaine de fois gamine, dont la traduction est épuisée (je l'ai même cherchée en bibliothèque, c'est dire l'ampleur de mon envie) et dont je garde un excellent souvenir (c'est l'histoire de deux enfants, un frère et une soeur, qui font de la danse, la soeur, poussée par la mère ; le frère, d'abord en cachette, j'ai souvenir d'un roman très fort).

5. La série Thursday Next de Jasper Fforde. Le dernier tome est dans la PAL et je relirais bien les précédents avant celui-ci, parce que mon niveau d'anglais s'étant amélioré depuis, je pense que je suis passée à côté de bricolettes qui méritent élucidation. Quand je disais que je n'étais que rigueur scientifique.

6. Les hauts de Hurlevent. Un roman que je n'ai pas vraiment apprécié et je me demande s'il le mérite ou si je suis passée à côté. Une seule solution, le relire.

7. L'Odyssée, dans la traduction de Jacottet. Il est sur la table de chevet (depuis deux ans, mais nul n'a besoin de savoir ça), ça va venir.

8. Soulless de Gail Carriger. J'aime tellement cette série que la perspective que Timeless, dont la sortie est prévue pour mai prochain, soit le dernier, m'a donné envie de relire le tome 1, délicieux et so witty.

9. Les amants de Cuba de Merline Lovelace. Un roman profond et dense, qui met en scène la guerre d'Indépendance cubaine d'une mnière historiquement irréprochable. #cough# Il y a surtout un délicieux et séduisant personnage masculin. Oups. (Blague à part, Merline Lovelace est un auteur hyper prolifique, ex-Colonel de l'armée américaine (si, si, juré) et je meurs d'envie de lire aussi ses "Military romances", un genre à mon avis sous-exploité, on se demande bien pourquoi.)

10. Les nouvelles complètes de Philip K. Dick, un de mes auteurs préférés, ever. J'avais acheté l'intégrale de ses nouvelles chez Denoël (une bonne idée quand on sait que ces ouvrages ne sont plus du tout disponibles et quasiment pas trouvables en occasion), je les ai lues et relues, je pense qu'une re-relecture s'impose parce qu'il y a des jours comme ça, où on a besoin d'une petite dose de paranoïa pour finir la journée.

Et vous, chers happy few, des envies subites de relecture, histoire d'allonger ma LAL ? (J'ai fait le tour des Top Ten de nos amis américains, j'ai noté une dizaine de titres, shoot again, je suis prête.)

24.09.2011

It had to be you - Susan Elizabeth Phillips

Oui, je sais, chers happy few, je me fais rare en ce moment, mais que voulez-vous il y a des choses over importantes dans la vie, comme relire Orgueil et Préjugés pour la 67ème fois (mais sur mon kindle, c'est donc une première) et réciter certains passages avant de les lire (assumons une bonne fois pour toutes notre étrangeté et swoonons sur Darcy), chercher le trench idéal (rouge de préférence), se demander comment convaincre sa chef qu'aller à Londres avec les 4èmes voir Les Misérables est pé-da-go-gi-que, s'ébaubir devant sa ceinture qu'on ferme un cran plus loin, doser différemment le beurre dans son porridge tous les matins et prendre des notes, revoir Fright Night et se dire que personne ne porte le pantalon en cuir comme David Tennant, trouver Steve Carrell très touchant et Crazy, stupid, love très réussi, manger des sushis, comprendre que le sommeil, c'est surfait et tenter de corriger des copies pendant les insomnies (nan, je déconne, quand j'ai une insomnie, je lis, faut pas pousser non plus). Mais comme je ne suis pas qu'abnégation (un mythe s'effondre, je sais), entre deux classiques, je lis les romances prêtées par Chi-Chi (ah, avouez que ça vous avait manqué). Et la dernière en date m'a tellement plu que je ne résiste pas à l'envie de vous en parler, parce que je suis comme ça, partageuse.

 

it had to be you.jpg(Prenons un instant pour admirer cette couverture, toute de bon goût et de retenue, voire de sophistication.)

It had to be you (1994, 400 pages) s'ouvre sur les funérailles de Bert Somerville, propriétaire d'une équipe de football américain prestigieuse, les Stars de Chicago. Parce que c'était un macho de la plus belle eau doublé d'un type tordu, il a légué son équipe à sa fille aînée, Phoebe, 33 ans, à qui il ne parlait plus depuis des années : si elle lui fait gagner le Championnat AFC, les Stars lui appartiendront, si elle échoue, elle reviendra à son cousin, Reed, un homme détestable. Ne connaissant rien à ce sport de brutes, Phoebe décide de ne pas jouer le jeu et de laisser la situation pourrir. C'est sans compter sur la colère de l'entraîneur, Dan Calebow, qui se retrouve pieds et poings liés, certains contrats ne pouvant être signés que par la jeune femme. Il la contraint donc à assumer sa charge, mais l'arrivée de cette bimbo extravertie au caractère de cochon pose problème sur problème.

Si on m'avait dit un jour, chers happy few, que je lirais avec délectation des descriptions de matches de football américain en sentant même monter une certaine inquiétude quant au score, j'aurais ricané avec sophistiquitude, moi qui n'ai toujours pas compris la règle du hors-jeu au football et qui suis incapable de suivre un match de rugby (Choupy, ne me frappe pas, je suis une petite chose fragile). Et pourtant, je me suis régalée avec cette romance contemporaine à la construction impeccable et aux dialogues parfaits. Susan Elizabeth Phillips a un talent certain pour la caractérisation des personnages, dont les réactions sont incroyablement justes et la profondeur passionnante, Phoebe surtout étant definitely more than meets the eye. Même si elle sacrifie aux passages obligés de ce type de romans (l'attraction/répulsion des deux personnages principaux, les obstacles autant extérieurs qu'intérieurs, l'évolution vers l'acceptation de soi et de l'autre), Phillips a trouvé un juste équilibre entre ce qui relève du code et ce qui n'appartient qu'à ses personnages, le tout avec beaucoup d'humour. Je suis conquise. Et pas uniquement parce que Dan a un six-packs de folaïe, non mais.

 

lu en vo.jpgChallenge Lu en VO

36

 

20.09.2011

Fleurs de dragon - Jérôme Noirez

Il y avait des années que je voulais lire un roman de Jérôme Noirez, poussée par une copine fan qui se reconnaîtra et comme avec moi tout est toujours très simple, je n'ai pas sorti de la PAL Le diapason des mots et des misères qui y dort depuis une éternité, non, fiou, trop facile, j'ai plutôt emprunté à la bibliothèque

 

fleurs de dragon.jpg9046_Fleurs_de_dragon_BD.jpg

 

Fleurs de dragon (pour la peine, vous avez droit à la couverture de la première édition et à celle de la réédition poche, parce que le choix c'est surfait comme disait Stephanie Plum en léchant l'oreille de Ranger).

 

Pitchons, amis de la rigueur et du dépaysement : Japon, 1489. Ryôsaku, enquêteur-samouraï pour le moins atypique (il a renoncé à porter le sabre) est chargé par l'ancien shôgun, Yoshimasa, de résoudre une série de meurtres sanglants : des samouraïs ont été assassinés dans tout le pays. Secondés par trois adolescents repris de justice, Ryôsaku entame la traque...

Eh bien disons-le tout de go, chers happy few, Fleurs de dragon est un excellent roman qui m'a totalement conquise. L'histoire est passionnante et entremêle habilement plusieurs fils de l'intrigue, les personnages sont parfaitement campés et originaux (Ryôsaku est génial dans ses leçons de sagesse et le maniement de son maillet) et leur interaction n'est jamais artificielle (je pense notamment aux trois ados Keiji, Sôzô et Kaoru qui apportent chacun quelque chose à l'histoire) et le tout n'est pas dénué d'humour. On a vraiment l'impression de chevaucher aux côtés de cette drôle d'équipe dans un Japon automnal noyé sous la pluie, d'entendre les tambours des temples et les rires des enfants et on tremble au son de la clochette et devant la colère des hommes (la dernière partie m'a déchiré le coeur). Une excellente découverte, vraiment.

Jérôme Noirez, Fleurs de dragon, Gulf stream éditeur, mars 2008, 286 pages / J'ai lu, 2009, 253 pages

18.09.2011

Jenna Fox, pour toujours - Mary E. Pearson

 

jenna fox.png

(Allez, je recopie la quatrième de couverture, parce que parfois paresse is my middle name)

Jenna est amnésique après un an passé dans le coma. Surprotégée par ses parents, elle réapprend à être celle qu'elle a toujours été. Pourtant, très vite, Jenna comprend qu'elle est bien plus que les vidéos de son enfance qu'on l'oblige à regarder. Et avec les souvenirs apparaissent des questions auxquelles personne ne répond...

 

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman jeunesse, happy few de mon coeur nougatine, et celui-ci, récemment paru en poche dans la collection Pôle fiction de Gallimard jeunesse, me paraissait promettre deux heures de lecture revigorantes, puisqu'il s'agit d'un roman d'anticipation, genre devant lequel je ne recule jamais. Hélas pour moi, les deux phrases de l'auteur placées en quatrième de couverture conjuguées au résumé (celui que je vous ai livré avec brio) m'ont fait deviner ce qui était précisément arrivé à Jenna, de quelle manière et quelles en seraient les conséquences à la page... 19 (le roman en comporte quand même 353). Pas grave, me suis-je dit en ma Ford intérieure, voyons-voir quand même comment Pearson se dépatouille de tout ça (parce que je ne m'étais évidemment pas trompée d'un iota, mais bon, comme c'est une maladie génétique chez moi, j'en ai pris mon parti depuis longtemps) et puis peut-être va-t-elle arriver quand même à me surprendre par des détails. Hélas again, pas un seul détaillounet ne m'a surprise dans ce roman plan plan et démonstratif en diable qui se veut un plaidoyer pour une science éthique et contrôlée et pour la tolérance, ce qui, vous en conviendrez, sont des thèmes tellement nouveaux que j'en suis ébouriffationnée. Un thème peu original, un traitement plus que banal (on n'échappe évidemment pas à l'histoire d'amour gnangnan), Jenna Fox, pour toujours (le titre français n'est pas très bon en plus, The adoration of Jenna Fox me paraissant nettement plus fort) est un roman fort ennuyeux. Sur le même thème, il y a bien meilleur à faire lire à nos ados.

17.09.2011

"It was not pleasant to think of, but when before had he shunned a dangerous mission ?"

isabella.jpg

"For now, we must be content to hope for the best. I shall hope, for instance, that your Intended is struck and killed by a passing carriage. This afternoon, preferably, she murmured, half to herself, just about teatime. Now that would be an aid to the digestion." 

 

Isabella est mon premier achat et ma première lecture kindle, technophiles happy few, et il s'avère qu'il s'agit aussi du premier roman de Loretta Chase (que de premières fois, hu hu hu, c'est émoustillant), dont j'avais lu jusqu'à présent trois romans (Lady Carsington (Last Night's scandal), Le comte d'Esmond (Captives of the night) et Lord of scoundrels) (non, je ne mettrai pas les liens vers mes billets, c'est le week-end, j'ai droit). Il était épuisé et pour l'instant la réédition n'est disponible que dans ce format.

Isabella Latham est une jeune roturière à la tête d'une fortune non négligeable, acquise par sa famille dans le commerce (ouh, how degrading). Elle vient assister à une saison à Londres avec ses cousines, Alicia et Veronica, et tombe à la fois amoureuse du Marquis de Hartleigh et dans les griffes de son démoniaque cousin, Basil Trevelyan. L'amour triomphera-t-il ? (Oui, je sais que cette question vous taraude, ne le niez pas.)

Lire ce roman après les autres, chers happy few, fut une expérience aussi intéressante que déroutante tant les romans de Loretta Chase ont évolué depuis la publication d'Isabella en 1989. Ici, pas de scènes sexy (à peine un baiser ou deux) ni d'analyses détaillées des sentiments des deux protagonistes (le roman est très court, moins de 200 pages dans sa version papier). L'histoire est très classique dans l'utilisation du triangle amoureux et malgré quelques dialogues enlevés, on n'a jamais l'impression de lire un roman de Loretta Chase, qui n'a manifestement pas trouvé son ton dès le début. Le personnage masculin principal, Edward, manque cruellement de charisme, et le couple qu'il forme avec Isabella n'inspire pas un intérêt particulièrement délirant. En revanche, le personnage de Basil, le cousin manipulateur, est fort intéressant, et j'ai adoré Maria, la mère d'Isabella, qui a une façon bien à elle de dire les choses languissamment, avec un franc-parler courtois absolument dévastateur. Ce roman est donc une curiosité, à réserver aux amateurs de Loretta.

 

lu en vo.jpg

Challenge Lu en VO
35

15.09.2011

"I'm a great date : get me drunk and I'll try anything" *

fright_nightcolinfarrell.jpgfrightnightdavid.jpgMercredi dernier, happy few cinéphiles, je me suis rendue dans une salle obscure afin de pouvoir mettre en oeuvre toute ma kulture daubesque en comparant avec le brio qui me caractérise Vampire, vous avez dit vampire ? (1985) à Fright Night (2011) avec toute l'objectivité et la neutralité dont je suis coutumière. Hélas, ma rigueur scientifique s'est heurtée à un problème de taille... : je n'ai pas vu Vampire, vous avez dit vampire ? Ni sa suite, Vampire, vous avez dit vampire 2 ? Quand je me suis rendue compte de ce terrible état de fait, j'ai failli quitter le ciné pour aller noyer mon chagrin dans une pinte de Guiness, mais les copines m'ont rattrapée in extremis.

"Allez, reste, qu'elles m'ont dit, même si on sait bien que ça n'arrivera pas à la cheville de Twilight." Et comme je suis une copine over dévouée, j'ai cédé, histoire de leur tenir la main pour les consoler de l'absence de Robert le scintillant.

 

Ok, who am I kidding ? (Une seule information est vraie dans toute cette délicieuse introduction, happy few de mon coeur écossais, saurez-vous la retrouver ?)

J'attendais la sortie de Fright Night comme la jeune mariée sa nuit de noces (pour toutes les blagues à base de jeune mariée, jetons la pierre à Isil, ça lui apprendra à avoir mieux à faire (du travail, non mais, comment peut-on encore trouver ce genre d'excuse quand il serait tellement plus facile de dire qu'on doit descendre les poubelles ou aller chercher une clarinette moldave chez l'accordeur) que venir regarder avec moi des démembrements en 3D) à cause de la présence de Toni Colette dans ce film.

What ? Ok, who am I kidding again ? Y a David Tennant dans ce film. Y a David Tennant dans ce film ! Y a David Tennant dans ce film ? Y a David Tennant dans ce film ?! Y a David Tennant dans ce film !!! (Etat de stupéfaction de l'amatrice éclairée quand elle a appris le tournage de ce chef d'oeuvre il y a quelques mois.) C'est que voyez-vous, chers happy few, n'étant pas britannique, je n'ai jamais vu ce sublimissime acteur écossais au cinéma, tous les films dans lesquels il a tourné n'étant jamais sortis en salles chez nous (je ne compte pas Harry Potter et la coupe de feu, 3 mn et deux lignes de dialogue, quel gâchis). Vous imaginez bien que c'est dans un état tout de calme et de sérénité que j'ai donc vu Fright Night. Tout à ma zenitude, j'en ai oublié de bien suivre l'intrigue, mais je pitche quand même, les copines me corrigeront si je n'ai pas tout bien compris.

Fright-Night-2011-fright-night-21018658-800-450-500x281.jpg

Ooh, he's cross.

 

Las Vegas, de nos jours. Charley (Anton Yelchin) est un adolescent comme les autres, qui vit avec sa mère (Toni Colette) dans une banlieue tranquille (comprendre over flippante pour nous autres Français : un lotissement sans imagination au milieu du désert, brrrr). Il a une petite amie très sexy, Amy (Imogen Poots), et il tente de s'intégrer dans la bande "cool" du lycée. Mais voilà qu'un de ses anciens amis, Ed, lui raconte une histoire abracadabrante : il est persuadé que Jerry (Colin Farrell), le nouveau voisin de Charley, est un vampire (oui, je sais, un vampire nommé Jerry, pas étonnant que personne n'y croie) et qu'il est à l'origine des nombreuses disparitions de la région. Quand Ed disparaît à son tour, Charley décide de demander de l'aide à Peter Vincent (David Tennant), un magicien célébrissime qui se dit aussi chasseur de vampires.

 

frightnight-03.jpg

If you're feeling blue, call me.

 

Sur une trame ultra classique de prédateur répandant la terreur dans une petite ville, Fright Night est une très honnête comédie horrifique qui joue avec les codes du genre, notamment la mythologie vampirique (j'ai bien aimé la façon dont Jerry contourne la fameuse invitation à entrer, c'est comment dire... voilàààà, sub-til et toutes les nénettes se baladent à moitié nues en attendant de se faire mordre) et les références récentes (Twilight, à la fois le roman et le film). Le scénar est plutôt bien fichu, les rebondissements cohérents, la fin évidemment ultra prévisible (le pieu de St Michel en a laissé quelques-unes perplexes dans la salle, il faut suivre les filles, tsss), les dialogues assez drôles... et les premiers rôles se font voler la vedette par les seconds. Si Anton Yelchin joue parfaitement l'ado condamné à se battre pour survivre (même s'il a plutôt l'âge de chercher un emploi que d'être en Terminale), son charisme d'olive ne fait pas le poids face aux femmes qui l'entourent, notamment Imogen Poots, qui allie à une plastique assez bombastique un jeu tout à fait délicieux. Colin Farrell est totalement sans intérêt (comme d'habitude) (et il a un jeu qui hésite entre le sérieux et le too much, fallait choisir coco) et David Tennant crève littéralement l'écran en magicien mégalo et grossier finalement moins "fake" qu'il n'y paraît. Fright Night se laisse donc voir avec plaisir... et revoir, parce que je crois que je n'ai pas bien analysé toutes les subtilités du jeu de Tennant. Que voulez-vous, on est rigueur et abnégation ou on n'est pas.

 

 

fright10.jpg

 Désolée, je suis à court de blagues pourries. Du coup je me contente de soupirer. Moins fort qu'une spectatrice du cinquième rang, car oui, même si ça me coûte de l'avouer, je ne suis apparemment pas la seule groupie française, c'est limite révoltant, je sais.

 

 

 

* Anytime, darling, anytime. But I looove sushis. Dont hold it against me.

 

14.09.2011

Swap au long cours saison 2 - #2

Pour ce deuxième envoi, chers happy few qui frémissez d'impatience, ma binômette préférée, Karine et moi avions choisi un thème à la folle puissance évocatrice et profondément kulturel : Steam under the covers. Bon, c'est bien parce que je vois vos mines perplexes que je veux bien expliquer un peu : Steam pour steampunk, ce courant de science-fiction que nous affectionnons toutes les deux, under the covers ben, pour tout ce que qu'on veut qui a un rapport avec les couvertures, qu'elles soient de livres ou autres. Mais en toute sagesse, évidemment. #cough#

Voici donc le fabuleux colis que m'a envoyé Karine avec la complicité de Yueyin (encore merci ô noble cybertwin) :

 

DSC00564.JPG

Flaming zeppelins de Joe R. Lansdale, qu'il me tarde de lire (pensez donc, la quatrième de couverture évoque Mark Twain et Charles Dickens), Harm's way de Colin Greenland (ce titre a occasionné un fou rire des deux côtés de l'Atlantique car voyez-vous, Colin Greenland est un auteur épuisé, et nous avons déniché toutes les deux un titre de lui qui s'est avéré être le même mais j'ai envoyé la traduction à Karine, Les chemins de l'espace, tout en étant persuadée de lui en avoir trouvé un autre), The steampunk trilogy de Paul Di Filippo, The Other log of Phileas Fogg (hiiiiiiiiiiiii, Jules de mon coeur) de Philip José Farmer, et A hunger like no other de Kresley Cole qui n'est certes pas steampunk (pour les deux qui suivent) mais hot à souhait (des promesses ont été faites).

 

DSC00558.JPG

Un SLAT qui a été fait pour moi, caféinomane que je suis (Lorelei is my middle name). Sans compter que le dos dit

 

DSC00560.JPG

ce qui, comme chacun le sait, est ma devise. Et il est doublé en violet, couleur de la spiritualité, ce qui est so me. (On ne ricane pas, merci.)

 

DSC00561.JPG

Un subliiiiiiiiime mug hyper grand dans lequel je bois dorénavant mon (premier) café matinal, un magnet Gilmore Girls (ben quoi, elles dorment bien sous des couvertures, non ?), deux badges steampunk et un badge "Never judge a book by its movie" qui est non seulement over dans le thème (puisqu'il reprend le "Never judge a book by its cover") mais over vrai en plus (attendez, ne me dites pas que Twilight the novel n'est pas meilleur que Twilight the movie, non ?) (ok, l'exemple est (peut-être) mal choisi).

 

DSC00563.JPG

Mon péché mignon, mon obsession, ma collection : des boucles d'oreille (j'en ai 88 paires, oups), mais alors, quelles boucles ! A droite : des BO steampunk avec rouages (elles sont over belles et elles vont parfaitement avec ma lubie vestimentaire de l'automne, le marron) et à gauche, hiiiiiiiiiiiiiiiii, des BO Trône de Fer avec la devise des Stark, qui vont parfaitement avec ma deuxième lubie de l'automne : le bleu. (Si certains ont des envies de cadeaux, j'ai aussi une obsession pour les diamants, je dis ça, je dis rien.)

 

DSC00565.JPG

Mmmmh, quoi ça n'est ? Un journal fait pour les misanthropes, ce que je suis parfois, il faut bien l'avouer (uniquement les jours impairs de pleine lune mais quand même). En regard, sur chaque double page, une citation-qui-aime-le-monde et une page vierge pour que je puisse déverser ma bile contre les emmerdeurs de tous bords. Un exemple pour la route : 

 

DSC00569.JPG

Voilà. On ne saurait mieux dire. J'en ai fait mon mantra du coup, mon credo, mon confiteor.

Mais, vous dites-vous, ça ne manque pas un peu de couvertures, tout ça ? C'est bien beau tous ces jolis objets, mais où est la chaleur promise ?

Eh ben, la voici. (Veillez à éloigner les enfants de l'écran, chers happy few.) (Et que ceux qui me connaissent en vrai me pardonnent, mais c'est la dure loi du swap, il faut prendre en photo tout ce qu'il y a dans le colis, sinon on subit un terrible châtiment, il paraît même qu'on perd des places au classement wikio.)

 

DSC00570.JPG

Faut-il vraiment que je commente, happy few de mon coeur (et du reste) ? Je dirais juste que Karine s'est un petit peu penché sur ce qui peut se passer sous les couvertures. Je crois qu'on peut dire qu'on ne s'y ennuie pas et qu'il y fait chaud.

Encore mille mercis ma binômette d'amour pour ce colis ! Ce thème était génial, vivement le troisième !

Toutes les notes