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30.08.2011

"Demain matin, vers dix heures, ce qui me paraît un moment raisonnable pour éviter toute émotion intempestive, il se pourrait même que je vous embrasse."

le secret.jpgAnthony Cade est un séduisant jeune homme qui gagne momentanément sa vie en jouant les guides en Rhodésie. Il retrouve par hasard un de ses vieux amis, Jimmy McGrath, qui lui demande de bien vouloir se rendre en Angleterre pour remettre un manuscrit à un éditeur londonien contre une coquette somme. Ce manuscrit comporterait des secrets d'état et Cade n'est donc pas étonné de voir que nombreux sont ceux qui s'y intéressent. Notre jeune aventurier se retrouve alors, avec de nombreux autres protagonistes, au centre d'un étourdissant complot, dont la résolution aura lieu au château de Chimneys...

 

Le secret de Chimneys (The secret of Chimneys, 1925) est donc la troisième lecture commune pas très commune (je suis aussi douée pour les LC que pour la broderie d'animaux domestiques sur coussin rectangulaire, c'est dire l'ampleur de la catastrophe) avec les copines pour le faux challenge (on est les seules de la blogosphère intergalactique à lancer des challenges auxquels personne ne peut s'inscrire, quel manque d'esprit d'équipe quand même et quelle totale absence d'intérêt pour ce drôle d'animal qui fait palpiter tant de coeurs de blogueuses, le sacro-saint lien) "For the love of the unicorn and the wasp", dont mes trois lecteurs et demi ont oublié l'existence puisque le dernier (et premier en ce qui me concerne) billet remonte à... ouh la, tout ça, oui, farpaitement. Voire plus.

Autant commencer tout de suite avec les choses qui fâchent, un mea culpa suivi d'une (discrète car je sais me tenir) séance d'auto-flagellation : la deuxième LC de ce vibrant hommage au Docteur (L'homme au complet marron) n'est pas passée par moi parce que ce jour-là, j'avais shampoing * (ça arrive même aux meilleurs, la preuve).

Mais quid de ce Secret de Chimneys vous demandez-vous, un peu impatients (et je vous comprends, c'est pas comme si vous n'aviez pas mieux à faire que de traîner dans ce Salon d'over bon goût) ? Cette relecture m'a prouvé sans l'ombre d'un doute que j'avais absolument tout oublié, de l'intrigue comme des personnages et j'ai redécouvert avec un infini plaisir la fine équipe qui gravite autour de Cade, ce jeune homme énergique et un peu mystérieux (bon, pas tant que ça, on devine vite où Agatha veut en venir). Le style est alerte, les rebondissements s'echaînent sans temps mort, les répliques fusent, on retrouve deux personnages féminins futés et pleins de ressources (Virginia et Bundle) typiques de cette période de Christie, et j'ai enfin compris que c'était à cause de sa propension à inventer des pays de l'est fictifs (ici la Herzoslovaquie) que j'ai longtemps cru que la Moldavie n'existait pas, ce qui m'a valu une de mes plus belles hontes publiques, mais ça, chers happy few, c'est une autre histoire.

 

for the love....jpgUn premier billet sur Mr Brown

Pour ceux (très nombreux, évidemment), qui se demandent quel est le rapport entre le roman et l'épisode du Docteur, je n'aurai qu'une chose à dire : Roi Victor et vol de bijoux (ok, ça fait deux).

Karine l'a relu aussi.

 

 

 

 

 

* copyright Erzie, je ne voudrais pas être accusée de plagiat et voir mon nom traîné en place publique par les justicières du web, ça ferait désordre.

06:38 Écrit par fashion | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note

29.08.2011

"There was just something irresistible about a well-muscled man in leather."

"Why are you so prickly, English ? Is it because I am a Scot ?"

"It's because you are overbearing, domineering, and pushy."

"I am a man", he replied easily.

"If men are allowed to behave in such an atrocious fashion, how are women supposed to act ?"

"Appreciative."

 

Oh yeah. Let's appreciate.

A lot.

 

kmm.jpgAlors que je rangeais vaguement ma PAL anglaise (qui pour une raison qui m'échappe ne diminue pas d'un iota malgré mon abattage, à croire que j'en achète toutes les semaines, ce qui est évidemment im-pos-si-ble), je suis tombée sur ce quatrième volume de la série des Highlanders de Karen Marie Moning, que j'ai dû commander dans un moment d'égarement dont je n'ai au-cun souvenir (je pense que j'ai été victime d'un sortilège, voilà ce qui arrive quand on lit trop de romans fantastiques). Je sais que j'avais dit, publiquement et à jeun, que j'arrêtais de lire des romances afin de préparer la rentrée (des classes, hein, pas l'autre), mais je ne pouvais pas laisser cette belle bouche esseulée sur une étagère (non, mais sérieux, les graphistes qui pondent les couvertures font des concours de kitscherie, or what ?) (et question plus importante encore, un homme a-t-il vraiment posé pour cette photo ?), ce n'est juste pas mon genre, moi qui ne suis que compassion et envie d'aider mon prochain.

Pitchons, mes happy few d'amour, pitchons. Gwen Cassidy est une jeune américaine qui a décidé de fuir une vie pas vraiment folichonne (une situation familiale difficile et un job de merde dans un trou) et de se payer un voyage en Ecosse, où elle espère trouver un amant à la hauteur de ses espérances. Mais le voyage organisé se révèle être un enfer (la moyenne d'âge des autres voyageurs est de 76 ans) et Gwen est d'autant plus grincheuse qu'elle essaie d'arrêter de fumer. Un après-midi, alors qu'elle tente de profiter du soleil allongée sur un rocher près du Loch Ness, elle fait tomber son sac à dos dans une crevasse. En tentant de le récupérer, elle tombe (littéralement) sur le corps d'un homme inanimé depuis cinq cents ans : Drustan MacKeltar a été enchanté au XVIème siècle et Gwen le ranime sans comprendre comment elle a fait. Voilà notre laird/druide écossais passablement désorienté et bien décidé à revenir dans le passé, avec l'aide de Gwen.

Si Kiss of the Highlander (2001, 396 pages) présente des similitudes avec les premiers tomes de la série (le fonctionnement du couple/le voyage dans le temps), je l'ai trouvé nettement meilleur que Beyond the Highland Mist et The Highlander's touch (je n'ai pas lu To tame a Highland Warrior, shame on me), d'abord parce que cette fois-ci le voyage temporel est utilisé différemment (la jeune femme se retrouve envoyée en 1518 face à un Drustan qui ne la connaît pas et qui ne la croit pas et c'est l'homme qui est enlevé brutalement à son époque) et parce que les personnages sont mieux campés. Gwen est une femme pleine de répondant et très très drôle, c'est une tronche en sciences, ce dont elle se sert pour s'adapter à la situation sans jamais se plaindre ni gémir, et elle est pleine de ressources, n'hésitant devant rien pour parvenir à ses fins (le pauvre Drustan qui cherchait une femme de caractère n'a aucune chance face à elle). Kiss of the Highlander est le premier tome de la série qui a un véritable lien avec la série Fever, puisque l'on fait enfin connaissance avec les MacKeltar, ces druides choisis pour protéger le monde et faire observer le Compact et on rencontre notamment Christian enfant. Je recommande donc, mais en anglais : d'après ce que j'ai pu lire ça et là, la traduction française (Une passion hors du temps, J'ai lu, épuisé) est tronquée et remontée.

 

lu en vo.jpgChallenge Lu en VO

 

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28.08.2011

"Anyone with half a brain could see the signs posted : "ABANDON ALL HOPE, YE WHO ENTER HERE", or, more to the point, "DANGER, QUICKSAND".

Lord of Scoundrels.jpgJessica Trent, 28 ans, non mariée par choix (pas question de se mettre entre les pattes d'un mari qu'elle n'aime pas, et pire encore, avec qui elle n'a pas envie de faire des galipettes) est affligée d'un frère idiot, faible et influençable, qui n'a rien trouvé de mieux que de dilapider le peu de revenus qui leur est alloué en imitant tout ce que fait Lord Dain, un débauché de la pire espèce, qui passe son temps entre tripots et semi-mondaines. Jessica, furieuse, se rend donc à Paris où la fine bande est installée, afin de sortir son frère des griffes de Dain et de le ramener à la maison, à défaut de pouvoir le ramener à la raison. Mais elle n'avait pas prévu une chose : le ténébreux et colérique Marquis est le premier homme à provoquer en elle un émoi incontrôlable. Difficile de garder la tête froide quand le reste est en feu (hu, hu, hu, pardonnez-moi, c'est le résultat de la lecture d'une vingtaine de romances cet été)...

 

N'y allons pas par quatre chemins, impatients happy few, Lord of scoundrels (1995, 357 pages) (dont la réédition française (Le prince des débauchés est épuisé), est prévue pour le 21 septembre) est une excellente romance qui est entrée tout de suite dans mon Top 10. J'ai tout aimé : la construction, différente des canons du genre (les protagonistes se marient à la moitié du roman, toute l'intrigue ne tend donc pas vers le mariage) (mais Loretta Chase est une auteure qui ne sacrifie pas au cahier des charges de la même manière que les autres, j'ai lu trois romans d'elle, trois constructions différentes), les personnages, beaucoup plus complexes que ce qu'on a l'habitude de trouver dans ce type de roman (Dain est un homme qui a eu une enfance assez terrible, et son évolution psychologique est très juste même si la "guérison" va assez vite à la fin, pour les besoins de la romance et Jessica est une femme très mature qui ne se raconte jamais d'histoire sur elle-même) et l'humour, présent surtout dans la première partie, qui est proprement hilarante. La façon dont Jessica tient tête à Dain dans toutes les situations, son sens de la répartie, ses provocations (il faut voir comment elle le contraint à l'épouser), les réactions si masculines de Dain, ses colères, ses incompréhensions... tout a fait de Lord of scoundrels une lecture extrêmement divertissante. J'ai trouvé un autre roman à ranger sur l'étagère de "je suis malade, ce rhume va se transformer en pneumonie, je crois que je vais mourir, il me faut une romance, vite", et croyez-moi, ça n'arrive pas si souvent.

 

Sinon, certains personnages secondaires de Lord of scoundrels sont les personnages principaux de

le comte d'esmond.jpg

Le comte d'Esmond (Captives of the night) (1994, J'ai lu Aventures et Passion, 378 pages, 2011 pour la traduction française). (Les débauchés est une série de cinq romans, celui-ci est le deuxième, Lord of scoundrels le troisième.)

Dans Lord of scoundrels on voit apparaître le comte d'Esmond, un débauché beau comme l'ange Gabriel, qui quitte assez rapidement Paris dans le sillage des Beaumont, Francis, un être vil et pervers, et sa femme, Leila, peintre de renom. Esmond est amoureux de Leila, mais cette dernière ne veut rien entendre, le prenant pour un compagnon de débauche de son mari. Nous retrouvons ces personnages quelque temps plus tard à Londres, alors que Francis est assassiné chez lui et que les soupçons se portent sur sa femme, puisque tout le monde sait que le couple ne s'entendait plus depuis des années (doux euphémisme : elle lui refuse sa chambre depuis des lustres et entre eux, les insultes et les vases volent). Esmond prend la jeune femme sous son aile et la défend lors du procès tout en cherchant le véritable coupable. C'est qu'Esmond n'est pas celui que Leila croyait : c'est un espion au service de la Couronne qui la connaît depuis bien plus longtemps qu'elle ne croit...

J'ai lu Le comte d'Esmond avant Lord of scoundrels, ce qui est finalement normal puisqu'il a été publié avant mais l'histoire se déroule après, ce qui m'a perturbée pendant un temps (il m'en faut peu, je sais). L'histoire est cette fois-ci plus dramatique (Leila a été abusée de bien des manières, il y a un meurtre, une vision de Londres assez oppressante) et les personnages m'ont moins plu que dans Lord of scoundrels ou Lady Carsington du même auteur (mais c'est une autre série) (Dieu que tout ça est compliqué) même si Leila est intéressante, artiste, en marge de la société, solitaire et les pieds sur terre. Je pense que c'est en partie dû à la traduction (certains auteurs pâtissent plus que d'autres du passage au français) et en partie à cause du manque de charisme d'Esmond, mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, ça reste de la romance de qualité.

 

lu en vo.jpgChallenge Lu en VO

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27.08.2011

Beauty - Robin McKinley

BEAUTYBOOK.jpgIl était une fois un riche marchand qui élève seul ses trois filles, Grace, Hope et Honour. Les deux aînées sont aussi belles que bonnes mais la troisième, Honour, qui avait demandé il y a bien longtemps à être appelée Beauty, est le vilain petit canard de la famille : sa croissance s'est arrêtée beaucoup trop tôt et elle n'est pas jolie du tout. Elle a un goût très prononcé pour l'étude, les auteurs grecs et l'équitation. Cette famille vit très heureuse jusqu'au jour où le père est soudainement ruiné par le naufrage de ses navires. Ger, un jeune forgeron secrètement épris de Hope, qui travaille dans le chantier naval du père, leur propose alors de venir s'installer avec lui dans un village du Nord où il veut reprendre la forge. Mais leur maison est placée tout près d'une forêt enchantée dans laquelle il ne faut pas entrer sous peine de se voir conduit au château d'un monstre qui terrorise hommes et bêtes.

 

Quand j'étais gamine, chers happy few (je vous parle du siècle dernier, là), un de mes romans préférés était Casque de feu (The hero and the crown, 1984), que j'ai lu des dizaines de fois et qui est certainement la cause de mon goût prononcé pour la fantasy (l'héroïne est une tueuse de dragons) (et il n'est plus édité depuis belle lurette, hélas, il faut le chasser d'occasion). Je n'avais pas eu l'idée de jeter un oeil sur ce que Robin McKinley avait écrit d'autre jusqu'à récemment où j'ai découvert qu'hormis Casque de feu et, il y a quelques mois, ce Beauty, aucun de ses romans n'a bénéficié d'une traduction française. C'est vraiment dommage, tant sa prose élégante et son goût prononcé pour les contes de fées méritent qu'on s'y attarde.

Beauty (disponible donc en français chez Mnémos sous le titre Belle) est son premier roman (il date de 1978) et il s'agit comme tout le monde l'a compris d'une réécriture de la Belle et la Bête. J'ai vraiment beaucoup aimé la façon dont McKinley se réapproprie le conte, y introduisant d'intéressantes modifications au niveau surtout de la caractérisation des personnages (les soeurs et le père prennent un relief qu'ils n'ont pas dans le conte). En plaçant son histoire dans un cadre plus réaliste que celui du conte (Beauty lit des auteurs classiques et Beast lui fait découvrir des auteurs qui n'existent pas encore, comme Browning ou Walter Scott) mais où la magie existe bel et bien, elle déplace avec talent cette histoire dans le cadre de la fantasy. La narration, assumée par Beauty, est empreinte d'une grâce mélancolique et quasi poétique qui m'a profondément séduite et qui fait de ce roman une grande réussite. Je m'en vais lire d'autres romans de Robin McKinley, en commençant peut-être par Sunshine, que Neil Gaiman a adoré (je suis faible, je sais) (et en plus il y a des vampires et des loups-garous inside).

 

La couverture de la version française est d'une laideur invraisemblable. Jugez plutôt.

 

lu en vo.jpgChallenge Lu en VO

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25.08.2011

Conan le barbare

Aujourd'hui, chers happy few, je m'en vais prodiguer, avec la générosité qui me caractérise, quelques conseils à ceux qui veulent rater en beauté leur film de fantasy, car ce n'est pas si facile que ça, croyez-moi, de faire tout ce qu'il ne faut pas faire.

 

Conseil #1 :

Choisir un héros subtilement gaulé, qui n'a que trois mots de vocabulaire (kill - eat- woman) (non, pas eat the woman, tsss, faites un effort quand même).

conan.jpg

(En même temps, a-t-on vraiment besoin de savoir parler latin et d'être capable de faire l'exégèse de Kant quand on a ce corps-là, mmmmh ? C'est bien ce que je pensais.)

 

Conseil #2 :

Lui donner une quête à accomplir, si possible d'une originalité foudroyante comme venger la mort de son père, de son cousin au douzième degré, de son chiot ; le vol de son épée, de ses chaussures ; le piétinement de son potager... You chose.

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(On remarquera que l'enfant sale est devenu un jeune homme qui a découvert le savon, le fluor et le rasoir, il se passe des choses incroyables en Cimmérie.)

 

Conseil #3 :

Compliquer cette quête en cours de route par la rencontre d'une fâââmme qu'il faudra protéger (et un peu coucher avec, oui, aussi, c'est ce qu'on appelle la protection rapprochée, ça demande beaucoup d'investissement et d'abnégation mais notre héros n'en manque pas).

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(Moi Conan, moi Barbare, Toi femme, Toi pas bouger et obéir.)

 

Conseil #4 :

Faire en sorte que le Grand Vilain Méchant Pas Beau que le héros cherche depuis 10 ans soit le même que le Grand Vilain Méchant Pas Beau qui cherche la jeune femme sus-mentionnée, ça simplifie cette quête trop compliquée pour le QI du spectateur manifestement.

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(Conseil #4 bis : le Grand Vilain Méchant Pas Beau doit être facilement identifiable à son rictus démoniaque et à son front surdéveloppé qui ne cache manifestement pas un cerveau en bon état de marche, puisqu'il n'a pas écouté les conseils de Papa Conan qui avait prédit sa chute.)

(Conseil #4 ter : le Grand Vilain Méchant Qui Pue a une fille limite incestueuse qui est une  sorcière très très très vilaine qui, comme Papa, aime faire du mal autour d'elle.)

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(Le front sur-développé est génétique, pauvre d'elle. Oui, tout le monde a reconnu Rose McGowan, la Paige de Charmed, qui se demande tout du long ce qu'elle fait dans cette galère.) (A part payer ses impôts, on ne voit pas.)

 

Conseil #5 :

Faire du Grand Vilain Méchant Pas Beau un être assoiffé de pouvoir et de vengeance qui veut ressusciter sa femme (une très vilaine sorcière qui a été brûlée parce qu'elle portait des robes de très mauvais goût) grâce à un artefact magique ridicule.

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 (Grâce à Conan, ce masque en os humains (on se demande bien quel type d'humain a ce genre d'os, pas un humain de la planète Terre en tout cas) a fini dans un musée. Cet homme est comme ça, il oeuvre pour la kulture.)

 

Conseil #6 :

Multiplier les errements géographiques du héros (pour aller d'un point A à un point B, le mieux est manifestement de passer par les points C, D, E, A', F et F') pour bien montrer que les maquettes, en 3D, c'est over beau (ça fait surtout over peint, je dis ça, je dis rien).

 

Conseil #7 :

Faire en sorte que la jeune fââmme que le héros viril mais correct a sauvé deux fois des griffes du Grand Vilain Méchant Pas Beau tombe dans un guet-apens de la plus belle idiotie tout ça parce que le héros subtil a le sommeil lourd après l'amour.

 

Conseil #8 :

Développer des personnages qui ne servent à rien et qui donc accomplissent des actions qui ne servent à rien non plus sauf à rallonger la durée du métrage (oh, si on rentrait dans le château du méchant : + 3 mn, oh si on combattait une pieuvre géante : + 6 mn, oh si on montait sur les remparts voir que le méchant est déjà au loin et si on se disait au revoir de manière virile : + 2 mn, oh, c'est malin, maintenant il faut que le héros coure sur le rivage vers la grotte où est retenue prisonnière sa dulcinée : + 1 mn).

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(Oh, ne serait-ce pas ce brave Saïd Taghmaoui ? Quand on le voit apparaître dans un film américain, on sait déjà qu'il ne sert à rien, c'est devenu son fonds de commerce manifestement.)

 

Conseil #9

Avoir un faible pour les membres coupés et les scènes gore ridicules, la meilleure étant la césarienne en urgence pratiquée par le père de Conan sur le champ de bataille : avec le coup de poignard qu'il a mis dans le bas-ventre de sa femme sans même regarder où il frappait, la naissance de Conan est doublement miraculeuse, même si elle provoque le fou rire de la spectatrice (qui de toute façon était quasiment seule dans la salle, le public a manifestement tout compris).

 

Vous l'aurez compris, chers happy few, il n'y a pas grand chose à sauver dans ce film, à part les fesses de Jason Momoa (qui apparaissent dans une scène de cul pour le reste totalement risible). Il serait temps de comprendre que payer de vrais scénaristes permet, ô surprise, de faire de meilleurs films.

 

 

23.08.2011

Romancing Mr Bridgerton - Julia Quinn

Note liminaire : ceux qui en ont assez de m'entendre parler de romances américaines peuvent passer leur chemin et revenir en 2024.

Note liminaire bis : ceux qui attendent impatiemment que je chronique les attendus de la Rentrée littéraire peuvent perdre tout espoir. Cette année, cette mascarade ne passera pas par moi, parce que parfois je me tiens aux décisions que je prends (le fait que je m'y tienne environ deux ans plus tard ne compte pas, mauvaises langues que vous êtes). (Oh mon Dieu, mes visites vont chuter ! Les attachés de presse ne me proposeront plus de SP moldaves ! Ben Barnes ne m'invitera pas à dîner ! Le bandana ne reviendra jamais à la mode ! Horreur ! Enfer et hauts fourneaux !) (Excusez-moi, je dois aller me remaquiller, toutes ces émotions ont fait couler mon mascara.)

Note liminaire ter : je me suis découvert une passion coupable pour le Mocha blanc, moi qui ne jurais que par le Latte, oh my, d'ici que je me mette à faire du sport, il n'y a qu'un petit pas de rien du tout. (Le premier qui rit me pondra huit pages trois quart sur "Schtroumpfs et politique : de l'utopie communisme au capitalisme".)

 

Ayant découvert avec How to marry a marquis la délicieuse plume de Julia Quinn, j'ai décidé de lire

romancing-mr-bridgerton.jpgRomancing Mr Bridgerton (2002, 370 pages), le tome 4 de la série des Bridgerton, traduite en français sous le titre La chronique des Bridgerton : Colin (J'ai lu, Aventures et Passion). Le pitch n'a pas grand intérêt (après tout, une romance est une histoire d'amour, la seule question est de savoir comment l'auteur se dépatouille du cahier des charges) mais je vous le livre quand même (ne tentez pas d'abuser de ma magnanitude non plus, ce genre de choses ne se produira pas à chaque fois) : Colin Bridgerton (quel beau prénom, quand même) est un homme riche et adulé par la haute société londonienne (oui, London, again, 1824, ah, un changement, j'en frémis d'aise). Il faut dire qu'il est beau comme un dieu (dans la famille Bridgerton, une mère et huit enfants, ce sont les hommes qui héritent de la beauté, tous, ne cherchez pas une explication scientifique, y en a pas), aimable avec tout le monde (et ce n'est pas une pose, c'est son caractère) et donc over séduisant. Il n'est pas marié et sa mère s'impatientant vraiment, il voyage en Europe depuis des années pour échapper aux plans maternels. Mais cette année-là, il semble découvrir avec un regard tout neuf la meilleure amie d'une de ses soeurs, Penelope Featherington, qui, n'ayant jamais reçu une seule demande en mariage à 28 ans, est bien établie aux yeux du monde comme vieille fille, et qui est secrètement amoureuse de Colin depuis douze ans...

J'auras dû écouter les conseils des copines et lire la série dans l'ordre (c'est parce que je suis une fille wild qui ne respecte pas les consignes, la preuve, il m'arrive de sauter dans la rame de métro quand le signal sonore a retenti, avouez que ça vous en bouche un coin, hein ?) parce que la famille Bridgerton est sacrément étendue et il s'est manifestement passé pas mal de choses dans les trois volumes précédents, mais ce n'est pas grave, j'ai comblé les blancs moi-même comme une grande avec le peu de matière grise qui me reste à l'issue de cet été guimauve et pomme d'amour. Et ça ne m'a pas empêchée de me régaler : l'histoire est drôle et pimentée par un secret (qui est Lady Whistledown qui commente les hauts faits de la bonne société londonienne depuis des années dans des colonnes de potins anonymes ?) et les personnages sont plus que sympathiques. J'ai notamment apprécié que Colin ne soit absolument pas un héros blessé, tourmenté et torturé par la vie mais juste un homme affable, disert et bien dans ses bottes cirées et Penelope une jeune femme piquante et pleine de répartie qui fait avec ce que la vie lui a donné, même s'il y a beaucoup de citrons dans son panier. Certaines situations sont hilarantes, la scène finale m'a donné des frissons (elle est digne des plus grandes comédies romantiques américaines), il y a une belle mise en scène de la cristallisation stendhalienne (si, si, juré) et de toute façon, un roman où on peut lire :

Lady Danbury (oui, on la retrouve une dizaine d'années après How to marry a marquis ?, toujours aussi en forme) sushed him with a wave of her hand. "How many great mysteries are there in life, really ?"

No one answered, so Colin guessed : "Forty-two ?" *

est parfait, non ? Forcément.

 

*(Pour ceux qui ne parleraient pas couramment le shakespeare, je translationne : "Lady Danbury le fit taire d'un geste de la main : "D'après vous, combien y a-t-il de grands mystères dans la vie ?" Personne ne répondant, Colin hasarda : "Quarante-deux ?") (Soupirons d'aise en choeur et de conserve, chers happy few.) (Et vénérons la mémoire de Douglas, paix à son âme.)

 

lu en vo.jpgChallenge Lu en VO

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19.08.2011

"What the devil happened to Shakespeare and Aristotle ? - They're dead."

Yes, I'm back, chers happy few de mon coeur pomme d'amour. Après huit jours over remplis, durant lesquels j'ai fait des choses complètement folles comme : porter du bleu marine, préparer mes cours pour la rentrée, lire 54 romans 3/4 de la Rentrée littéraire (il paraît que le terme est coyrighté, je le précise pour ne pas être accusée de plagiat, ça assombrirait mon teint de pêche et perturberait mon sommeil), changer de mascara, réorganiser mes 84 paires de boucles d'oreille, aller voir Captain America et soupirer de bonheur, aller voir Les schtoumpfs et soupirer d'ennui, préparer des ortolans, envisager sérieusement de me couper un orteil pour rentrer dans mes pantoufles de vair, décider successivement de me mettre à la gym, au régime sans frites, à l'apprentissage du serbe, à l'ordre dans mes placards (j'ai commencé par ranger ma trousse, il faut faire les choses de manière progressive), envisager me recycler en tant que Miss America, bref, vous imaginez bien qu'avec cet emploi du temps de ministre qui fut le mien, je n'ai eu que peu le temps de lire. Mais comme je ne suis que rigueur scientifique, j'ai continué, avec cette persévérance qui fait ma renommée jusque dans les steppes de Mongolie estivale, mon étude très sérieuse sur la romance américaine. (En fait, je crois que j'ai finalement et à mon corps défendant, fait des Harlequinades cet été, mais toute seule. Chassez le naturel, il revient au galop sur un fier alezan, botté et cravaté.) (Le naturel, pas l'alezan.) (Faut suivre un peu.)

Bon, alors, qu'ai-je lu cette semaine ? (le suspense vous a tuer, avouez)

seduction.jpgSeduction d'Amanda Quick (1990, 342 pages). Déniché dans une foire aux livres, je l'ai sauvé du carton parce que j'avais déjà lu un roman de cette prolifique auteure (elles le sont toutes, en réalité, à croire que quand on commence à écrire de la romance, on ne peut plus s'arrêter, c'est comme quand on commence le paquet de fraises tagada). L'action se déroule évidemment à Londres en 1815 (9 romances sur 10 se déroulent en 1815, il faudra m'expliquer pourquoi, cette année était manifestement en soldes, je ne vois que ça) : Sophy a 23 ans (un âge très en vogue aussi, certainement parce que ça permet d'avoir une héroïne pas trop jeune mais non mariée), elle pense rester vieille fille parce qu'elle est peu dotée et vit à la campagne, sa saison de présentation à Londres ayant été un fiasco cinq ans auparavant. Son voisin, Lord Ravenwood (je ne compte plus les patronymes à base de "Raven", comme Ravenwood, Ravenhill, Ravencrest, et j'en passe, amis de l'onomastique bon vendredi), veuf, la demande en mariage. Mais cet homme, dont Sophy est éperdument et secrètement amoureuse, a une très mauvaise réputation, d'aucuns l'accusent même du meurtre de sa première femme, la scandaleuse Elizabeth, qui s'est noyée un soir de pleine lune. Seduction avait tout pour (me) plaire, tant le cahier des charges du cliché semblait joliment rempli en rose : un homme violent et tourmenté, une femme amoureuse qui a décidé de sauver cet homme ténébreux malgré lui, un passé dont personne ne parle, des duels, des nuits sans lune, mais hélas, rien ne m'a plu dans cette histoire. Amanda Quick fait de Sophy une ultra féministe (oui, la réalité historique n'est rien pour ces femmes qui ont manifestement fait leur le mantra du grand Alexandre, d'ailleurs, nous avons carrément droit ici au couple de lesbiennes installé, how shocking) qui a décidé de battre les hommes sur leur propre terrain et qui du coup en devient terriblement têtue et ennuyeuse (si le mot "honor" avait été employé une trois centième fois, j'aurais balancé le bouquin par la fenêtre) et Julian est trop monolitique pour sa chemise à jabot. Next.

 

kleypas.jpgWhere dreams begin de Lisa Kleypas (2000, 373 pages). Voilà un auteur qui avait été beaucoup lu lors des Harlequinades 2010, notamment sa série La ronde des saisons. J'ai pris celui-ci au hasard, qui a bien fait les choses, parce que j'ai beaucoup aimé cette histoire profonde dont les ramifications aussi bien psychologiques que philosophiques ouvrent d'intéressantes perspectives sur la montée de la bourgeoisie dans la société britannique du XIXème siècle. ... Nan, je déconne. J'ai beaucoup aimé le héros, espèce de Rhett Butler britannique, la gouaille en moins. Zachary Bronson est un homme parti de rien, qui a, à force de talent et de travail, acquis une fortune qui semble illimitée. Son dernier but : entrer dans la haute société londonienne, celle qui lui demeure fermée même s'il fait des affaires avec des ducs et des marquis, qui refusent de le recevoir. Qu'à cela ne tienne, Zachary décide d'engager une lady veuve et désargentée, Holly, afin qu'elle lui apprenne les bonnes manières et qu'elle lui ouvre les portes des plus grandes maisons. Mais le coeur s'emmêle. (How surprising.) Voilà un roman qui a de grandes qualités, tant dans la construction de l'histoire que des personnages, mais il souffre de quelques longueurs et d'un manque total d'humour, ce qui est dommage (du moins pour moi, I like my romances funny, my bad). Mais j'en lirai d'autres de cet auteur.

 

dodd.jpgIn my wildest dreams de Christina Dodd (2001, 372 pages). Celui-ci était dans ma PAL depuis une éternité (ne me demandez pas pourquoi je ne l'avais pas encore lu, cela fait partie des grands mystères de l'humanité avec le succès de Grégoire et l'absence de Starbucks dans la rue où je travaille) et je l'en ai donc sorti lorsque je me suis retrouvée dépourvue de romances (j'en ai depuis reçu trois autres, ouf). Il s'avère que, comme souvent, ce roman fait partie d'une série, celui des Governesses brides, dont il est le tome 4 (et comme d'habitude, ce n'est pas grave si vous n'avez pas lu les romans précédents). Suffolk, 1847 (rien que pour ça : + 3 points) : Celeste Milford, la fille du chef jardinier des Throckmorton, une très riche famille qui descend pour moitié d'un pirate, pour moitié d'une Lady, revient de Paris où elle a passé quatre ans dans une école très chic de gouvernantes. Elle est censée s'occuper de l'éducation de Penelope, la fille de l'aîné des Throckmorton, Garrick, veuf depuis quelques années et de Kiki, la fille illégitime du cadet, Ellery. Mais Celeste a décidé qu'en plus de remplir ses devoirs de gouvernante, elle épouserait le fringant, drôle et superficiel Ellery dont elle est amoureuse depuis des années. Hélas pour elle, elle arrive en pleines fiançailles, Ellery étant supposé épouser Lady Hyacinth, une fragile et naïve jeune fille. Pour éviter un scandale, Garrick décide de séduire puis d'éconduire Celeste. Si l'intrigue vous rappelle confusément quelque chose, chers happy few, c'est normal, puisque In my wildest dreams est une réécriture ma foi assez réussie de Sabrina. L'histoire fonctionne bien, Celeste est un personnage drôle et intelligent et Garrick est ténébreux et têtu juste ce qu'il faut. Je regrette juste qu'Ellery, qui révèle son potentiel uniquement à la fin ait été écarté de l'intrigue dès le début et quelques écarts de langage qui sonnent un peu faux (il y a du vocabulaire très moderne parfois, au beau milieu d'une phrase plus soutenue, l'effet est un peu étrange). Mais ce sont des défauts somme toute mineurs, qui ne m'empêcheront pas de lire de nouveau cet auteur.

Allez, promis, chers happy few, à partir de la rentrée, j'arrête de lire des romances. Ou pas.

 

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26, 27, 28

 

 

11.08.2011

"She'd read enough Shakespeare to trust the Bard, and if he said it was better to have loved and lost than never to have loved at all - she believed him."

IT IS IMPERATIVE THAT YOU BE A WOMAN WHO IS WHOLLY UNIQUE. THE MAGIC THAT IS YOU MUST ENTRANCE YOUR LORD UNTIL HE CANNOT SEE THE ROOM BEYOND YOUR FACE.

Elizabeth snorted. " 'The magic that is you' ? 'See the room beyond your face' ? Where did this woman learn how to write ? A perfumery ?"

 

 

L'autre jour, chers happy few, je me suis rendue, de manière aussi fortuite qu'inopinée à la foire aux livres au profit d'Amnesty international d'une charmante bastide dans laquelle je vais quasiment tous les ans, parce que, comme vous n'en doutez pas un instant, je ne perds pas une occasion de rendre service à mon prochain, je suis comme ça, j'oeuvre. J'errais donc, un peu perdue (pensez donc, une foire aux livres, je ne sais qu'y faire), quand mon regard fut attiré par cette délicieuse couverture :

 

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(et par un coup de coude de l'homme qui subit mes obsessions avec le sourire, et qui déniche toujours pour moi LE bouquin qu'il me faut au moment où il faut, je ne sais pas comment il fait, c'est un talent)

 

Vous pensez bien, happy few de mon coeur d'artichaut, que je n'aurais jamais de mon plein gré acheté ce genre de roman, sérieuse comme je suis, mais comme je me trouvais dépourvue de lecture, ayant achevé ma très sérieuse étude sur Kant au pays des Fornicatrices, et que je ne suis qu'esprit abnégatif, j'ai sacrifié un euro pour participer moi aussi à la paix dans le monde.

Et j'ai bien fait (la preuve qu'un bienfait est toujours récompensé, qui en doutait ?). Car How to marry a marquis (ne cherchez pas tout de suite la traduction française, elle arrive en octobre) est une excellente romance qui m'a fait éclater de rire à plusieurs reprises et qui ne possède que des qualités. Mais je pitche d'abord, parce qu'il paraît que l'organisation mène à tout (c'est pas moi qui le dis mais Lady Danbury). Elizabeth Hotchkiss a 23 ans et la charge de ses deux soeurs, Susan et Jane et de son frère, Lucas, leurs parents étant décédés cinq ans auparavant. Les Hotchkiss appartiennent à la petite gentry et la mort de leur père les a laissés dans un grand embarras financier. Pour subvenir aux besoins de la famille, Elizabeth est demoiselle de compagnie chez Lady Danbury, une riche veuve qui n'a pas la langue dans sa poche. Les soucis financiers se faisant plus pressants, Elizabeth n'entrevoit qu'une solution à leurs ennuis : le mariage. Le seul problème : pas de prétendants à l'horizon. Mais voilà que la jeune fille découvre dans la bibliothèque de Lady D un curieux ouvrage intitulé How to marry a marquis : elle tente alors de mettre en oeuvre les édits et les règles énoncés par l'auteur sur le seul homme qu'elle a sous la main, le très séduisant James Siddons, le nouveau régisseur de Lady D. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que James est en réalité le neveu de Lady Danbury, James Sidwell, marquis de Riverdale, et qu'il est bien décidé à l'aider à épouser un marquis... à sa manière.

How to marry a marquis est un délicieux hommage à Orgueil et préjugés, chers happy few, Julia Quinn ayant repris à sa manière quelques éléments du roman de Jane Austen (Elizabeth est vive, indépendante, caustique et courageuse, mais très têtue, James et elle sont pétris d'orgueil, Lady Danbury est une femme que tout le monde craint et elle n'a pas la langue dans sa poche, elle veut pourvoir au bonheur de son neveu et se mêle de ses affaires, on retrouve de nombreuses phrases inspirées de P&P...) pour trousser une intrigue qui si elle n'a rien de révolutionnaire, est fort bien construite. Elle a un talent certain pour les scènes de comédie, qui sont fort nombreuses et fort bien écrites, et pour les dialogues, hilarants. Ses personnages sont étonnamment intéressants, notamment Lizzie, dont la maladresse jointe à la vivacité d'esprit est un pur régal et James est très séduisant sans tomber dans la caricature. La bonne nouvelle : Julia Quinn a écrit une vingtaine de romans. J'ai déjà acheté An offer from a gentleman qui est une variation autour de Cendrillon et Romancing Mr Bridgerton (car oui, Chi-Chi, je suis tes conseils, je suis une femme disciplinée et obéissante). La fin de l'été s'annonce aussi fleur bleue que le début, chers happy few.

Julia Quinn, How to marry a marquis, Avon, Historical romance, 375 pages, 1999, traduction prévue pour le 19 octobre 2011 chez J'ai lu Aventures et passion, sous le titre Comment séduire un marquis ?

 

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09.08.2011

L'ère des fornicatrices - Janet E. Morris

Pour toute réclamation concernant ce billet, veuillez vous adresser à mes trois commentateurs fidèles et assidus qui ont exigé à l'unanimité que je vous éclaire sur le chemin de la kulture la plus pointue en vous parlant de ce petit chef d'oeuvre de la SF New Age. (Ah, je vois que vous faites grise mine, vous qui vous attendiez à de l'érotisme torride, mais vous l'avez cherché, tant pis pour vous dande de coquinous.)

 

ere.jpg(Où je recopie la quatrième de couverture.) (Enfin, presque.)

Après un lointain voyage où elle a accompli le rite prescrit par son destin (oups, serait-ce un tome 2 que je tiens entre mes petites mains bronzées ?), Estri, la Grande Fornicatrice (mmmh, voilà un titre intéressant, comment fait-on pour l'obtenir, et, plus important, comment fait-on pour obtenir les majuscules qui vont avec ?), a été rejetée sur Silistra, sa planète (on a connu nom de planète plus glamour, genre Tatooine), mais loin du Puits d'Astria où elle régnait sur des milliers de sujets (ben dis donc, c'est du puits de compétition, ça déconne pas), où les désirs de son corps faisaient la loi (la quatrième de couverture a manifestement été écrite par le même que celui qui fait les quatrièmes de couv' Harlequin, mais avec plus de mots). Elle erre dans le désert brûlant, désespérant de survivre (en fait, pas du tout, elle reste allongée dans le sable pendant trois jours, c'est quand même moins fatiguant). C'est alors que deux chefs Parsets la recueillent. (C'est toujours mieux que les Jawa.) Sauvée ? (La tension monte.) Les Parsets sont un peuple farouche, marginal, fier de sa virilité. (Quand je disais que c'était mieux que les Jawa.) Estri deviendra leur esclave : réduite aux plus durs travaux (id est : changer la litière des threx une fois), livrée à tous les caprices de ses maîtres (id est : contrainte de réchauffer la couche du marginal, farouche et fier de sa virilité Chayin ; mais malgré une première fois peu satisfaisante, elle ne se plaint pas, car "elle a appris l'art de séduire les hommes" et elle aime le mettre en pratique). Mais lorsqu'on est Estri, une femme d'une beauté souveraine (quand je disais que Harlequin n'était pas loin), lorsqu'on a le don de lire dans la pensée d'autrui, peut-on se résigner à pareil sort ? (Le peut-on, je vous le demande.) Pour recouvrer sa liberté, Estri usera de tous ses sortilèges... (et d'une épée, c'est important de ne pas l'oublier) (par contre, le gros lézard qu'elle caresse voluptueusement sur la couverture, je n'en ai pas vu la queue, j'ai été obligée de noyer ma déception dans les cupcakes au lemon curd, ce fut une vision insoutenable, croyez-moi sur parole)

 

J'ai acheté ce bouquin tûtafètement par hasard, de manière aussi fortuite qu'hasardeuse, tentée par ma copine Chiffonnette qui m'a narguée avec le tome suivant ("Oh regarde Fashion, de la SF vintage au titre évocateur, hein que ça te fait envie ?"). Hélas, ma convoitise a été bien mal payée de retour, parce que cette Ere des fornicatrices (traduction ô combien littérale du titre original, The golden sword) est un gloubi-boulga mystico-spiritualo-new age où l'intrigue (ou ce qui en tient lieu) est noyée dans un fatras de réflexions pseudo-philosophiques sur le pouvoir (si on tue quelqu'un on en prend la place, c'est bien, c'est facile), les divinités qui se font la guerre (mais quelles vilaines), les épreuves que doivent accomplir les pauvres femmes qui ne sont que le jouet des hommes, et des situations proprement incompréhensibles (l'histoire progresse par à coups, on ne sait jamais qui est qui, qui doit faire quoi et mieux, pourquoi, mais je suis une pinailleuse, my bad). Et il faut ajouter à ça des phrases qui m'ont fait douter du bon état de marche de mon cerveau. Par exemple, Chayin-le-viril et Hael-son-frère font une partie de je ne sais quoi qui est un jeu divinatoire au début du récit, ce qui donne lieu à des phrases du type : "Sur le plateau des Catalyseurs, la lance et l'écu, sur le rouge, indiquent les éléments nécessaires. Le sablier, sur le noir, représente la volonté dominante. Nous avons donc ce qui est prédéterminé par les exigences du temps. La femme, qui se trouve sur l'or, est l'émissaire par lequel agit le sablier." (Et Dieu dans tout ça ?) Ou encore : "'Tri' est le terme qu'emploient les devins pour définir le processus stochastique permettant de séparer les probabilités inhérentes à un moment donné." (Certes, mais que mange-t-on ce soir ?) Heureusement pour ma compréhension noyée dans cette dialectique kantienne, on trouve aussi des phrases du genre "Mais on ne peut entendre, lorsqu'on est sourd." (Vous me rédigerez dix pages police 10 interligne simple où vous tenterez de réfuter cette phrase d'une profondeur abyssale, exemples littéraires à l'appui.) Un chef d'oeuvre, donc, assurément.

Janet E. Morris, L'ère des fornicatrices (The golden sword), J'ai lu, traduction aléatoire de J. P Pugi, 1982 pour la traduction française, 1977 pour la première parution en VO. Il s'agit du deuxième volume d'une tétralogie (enfin, il me semble). Ne le cherchez pas neuf, on ne le trouve que d'occasion. Enfin, ne le cherchez pas tout court. Pour ceux qui aiment vraiment vivre dangereusement, je donne mon exemplaire, il suffit de me le demander gentiment dans les commentaires.

07.08.2011

Oh oui ! murmura-t-elle en contemplant languissamment le visage de son amant sous ses paupières mi-closes

...fais-moi des paupiettes de veau pour le dîner.

 

Il est temps de rétablir une vérité, happy few de mon coeur tagada, parce que j'ai l'air comme ça, de passer des vacances studieuses et remplies de saines lectures, voire même de quelques classiques qui m'avaient jusqu'à présent échappé mais en fait, non. Evidemment.

J'ai surtout lu ça :

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(Oui, j'envisage demander à J'ai lu de bien vouloir sponsoriser ce blog avec des SP, il faut bien que je garde quelques sous pour acheter des cupcakes.)

 

Et comme la vie est bien faite, il me reste encore ça :

 

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(En anglais, ça ne compte pas, c'est pé-da-go-gi-que.)

(Il fut un temps où J'ai lu pour elle cherchait à être découvert et pratiquait des prix raisonnables, la preuve.)

Sinon, le bouquiniste est ravi : je suis sa seule cliente depuis trois semaines et je le débarrasse de trucs invraisemblables, genre de la SF New Age des années 70 ou des auteurs oubliés depuis des lustres. Je ne suis qu'abnégation et coups de soleil, c'est beau comme du Lévy, tiens. Chabadabada.

 

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