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29.06.2011
Winter is coming
(Oh la belle photo, artistiquement mise en scène et même pas floue.) (Les puristes râlent : la couverture du tome 4 n'est pas de la même couleur que les trois autres, il paraît que ça dépare.) (Vous imaginez bien que ce genre de détail m'intéresse autant que la composition du porridge Starbucks.) (Que l'on ne trouve qu'en Angleterre by the way, why que nous sommes lésés, nous autres Français, hein, why ?)
Non, vous ne rêvez pas, chers happy few, j'ai enfin terminé les quatre volumes du Trône de Fer de G. R. R Martin, juste à temps pour enchaîner sur la lecture du tome 5 (in english) qui sort le 12 juillet (je vous recommande à ce sujet de le précommander sur notre amie à un sein britonne et non française, vous ferez des économies, consciencieux happy few). Je viens donc de passer quatre semaines (et 3786 pages) dans le Royaume des Sept-Couronnes (ben non, je n'ai rien lu d'autre ce mois-ci, my bad) (ah si, les sujets de bac, ça compte ?) et croyez-moi, j'en ai savouré chaque minute.
Je pitche un peu (très peu sinon je vais spoiler, et je déteste ça comme chacun le sait) : le royaume des Sept-Couronnes est sous la domination de Robert Baratheon, un roi hâbleur, buveur et coureur que l'on surnomme l'Usurpateur car il a pris la place dans le sang, une quinzaine d'années auparavant, d'Aerys le fol, un roi cruel mais légitime. Au tout début de cette saga de glace et feu, Robert fait le déplacement de Port-Réal, capitale du royaume jusqu'à Winterfell, domaine très au Nord qui appartient aux Stark, afin de demander à Ned, son vieil ami, d'être sa Main, son conseiller, son bras droit. Ned commence par refuser : ce n'est pas parce qu'il a grandement aidé Robert à prendre le trône de fer il y a quinze ans qu'il a envie de se lancer dans les compromissions de cour mais sa femme, Lady Catelin, lui démontre qu'il n'a pas le choix. Voilà donc Ned et ses deux filles, Sansa (douze ans) et Arya (dix ans) partis pour Port-Réal. Grave erreur. (De toute façon, Lady Catelin est toujours de mauvais conseil, elle m'éneeeerve.) (Oups, j'ai spoilé là je crois.)
Si j'ai choisi de ne résumer que ce qui constitue le tout début du premier volume, chers happy few, c'est que Le Trône de Fer est une saga bourrée de rebondissements et de retournements de situation, qui ne laisse pas un instant de répit au lecteur. Une fois que j'ai eu compris, suite à un événement dans le tome 1 qui m'a fait hurler (ceux qui l'ont lu ou qui ont vu la série comprendront) que Martin était du genre à n'épargner ni ses personnages ni les sentiments de ses lecteurs, j'ai décidé de ne m'attacher à personne et de tenter d'anticiper les actions des uns et des autres, ce qui est difficile car Martin est le spécialiste des coups les plus tordus du monde, et il m'a fait balancer le tome 3 en grognant de rage et de frustration (George, si tu lis ces lignes, sache que je t'ai haï pendant quelques heures, you bad bad boy). La grande force de la saga de Martin réside à la fois dans le monde très complet qu'il a créé, un monde qui emprunte tous les codes de l'heroic fantasy telle que nous avons l'habitude d'en lire (enfin, certains d'entre nous) mêlé à des éléments très personnels (notamment la violence et la mise en place d'un monde coupé en deux, où les nobles passent leur temps à "jouer au jeu des Trônes" (c'est le titre original) sans se soucier un seul instant des petites gens, qui sont systématiquement victimes des guerres et de leurs longs cortèges de pillages, de meurtres, de viols, de famine et de désolation) et dans la narration, chaque chapitre se concentrant sur un personnage. La construction narrative est tellement parfaite qu'il n'y a jamais de redites (Martin est au contraire le champion de l'ellipse) et que le lecteur ne sait jamais quel personnage sera le suivant (aucun système d'alternance, ce qui est bien évidemment excellent et contribue parfois à prendre le lecteur à contre-pied). Martin excelle aussi dans la description de l'évolution psychologique des personnages, qui sont tous d'une complexité parfois surprenante (je pense notamment à Jaime qui n'est à la fin du tome 4 absolument plus le même qu'au début du tome 1). Au final, Le Trône de Fer est une saga pleine de bruit et de fureur, de violence, de complots, de batailles en tous genres, en un mot, à lire absolument. Un seul regret : Martin est un écrivain lent (le tome 1 est sorti en 1996) et il a prévu sept volumes. Je crois qu'on n'est pas près de savoir comment tout ça va se terminer, happy few de mon coeur.
George R. R Martin, Le Trône de Fer (Game of thrones), L'intégrale en quatre volumes, J'ai lu, traduction de Jean Sola. Ces quatre volumes contiennent les 12 volumes précédemment publiés chez J'ai lu. On peut juste regretter que les titres de ces quatre volumes (dont le découpage reprend le découpage original) n'aient pas été traduits.
Grâce à cette lecture, ma PAL a maigri un grand coup puisque, outre ces 4 volumes, je me suis débarrassée des 9 premiers volumes J'ai lu prêtés par une âme maternelle qui voulait me faire lire cette saga depuis dix ans au bas mot et du tome 1 en VO qui m'avait lui aussi été prêté (tout le monde voulait me faire lire cette saga, I don't know why, tiens) : une lecture, 14 livres de moins dans la PAL. Si ce n'est pas ça le talent, ça y ressemble.
10:19 Écrit par fashion dans Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : je n'ai pas fini de regarder la série, je vais m'y atteler, quand je serai enfin en vacances, demain soir folks, vivement
27.06.2011
If I do not love her, I'm a fool
(ou quelque chose d'approchant : je n'ai pas la force de chercher le texte, les deux neurones qui me restaient ont fondu)

(Cette affiche est vraiment ratée.) (C'est une opinion gracieusement offerte par moi-même. Ne me remerciez pas, c'est de bon coeur.)
Comme le monde entier le sait évidemment, happy few de mon coeur grenadine, est donné en ce moment et jusqu'au 3 septembre au Wyndham's Theatre de Londres Much ado about nothing (Beaucoup de bruit pour rien pour les quelques-uns d'entre vous qui ne seraient pas fluent français/shakespeare) avec dans les rôles principaux David Tennant et Catherine Tate. Inutile de dire que je ne pouvais pas ne pas y aller, mon obsession pour cet acteur écossais maigrichon au nez pointu n'ayant pas diminué d'un iota en deux ans (les médecins pensent à présent que mon cas est désespéré, ils m'ont renvoyé à mes 14 ans en soupirant), et la vision de cette pièce a confirmé deux choses : 1. je ne suis pas la seule couineuse à trouver David chou over séduisant (je partage manifestement cette affliction avec une bonne partie féminine (et bruyante) du Royaume-Uni), 2. je l'ai trouvé tellement extraordinaire sur scène que j'ai décidé de suivre sa carrière théâtrale de très près (j'espère juste pour la santé mentale de mon banquier qu'il ne jouera pas deux pièces par an), 3. dire que j'ai respiré le même air que lui tout en restant d'une dignité à toute épreuve, y a pas à dire, je ne suis qu'acier, bonnes manières, couinements intérieurs et standing ovation.

(On ne trouve pas en ligne de photos de David en mini jupe et leggings en dentelle, dommage pour vous, il va falloir faire preuve d'imagination.) (Je peux vous assurer qu'il porte la jarretière rouge avec virilité.)
Et la pièce dans tout ça ? Elle est brillamment mise en scène par Josie Rourke, transposée à Gibraltar dans les années 80 : les soldats portent tous des uniformes blancs quand ils sont en service et des bermudas moulants le reste du temps, Benedick (David Tennant, donc) fait son entrée sur scène dans une espèce de buggy, la sène de bal masqué devient une fête disco (avec costumes et chorégraphie de groupe), l'enterrement de vie de jeune fille et de garçon de Hero et Claudio comprend son lot de strip-teaseurs... et tout ça fonctionne du feu de Dieu, certainement parce que la pièce est clairement tirée vers son côté farcesque, les scènes de comédie pure ayant d'ailleurs déclenché dans le public une hilarité incontrôlable (notamment la mascarade mise en place par Don Pedro, Leonato et Claudio pour le bénéfice de Benedick, (mal) caché, dont la mise en scène au cordeau conjuguée à la performance de David Tennant m'a fait pleurer de rire). Les comédiens sont formidables (mention spéciale, entre autres, à John Ramm dans le rôle de Dogberry), avec un léger bémol pour Catherine Tate, que j'ai trouvé un peu décevante ; je trouve qu'elle se regarde un peu jouer et qu'elle est du coup un peu en décalage par rapport au reste de la troupe. Un excellent spectacle que je ne peux que conseiller : la plupart des dates sont complètes mais le théâtre met en loterie tous les jours les 20 meilleurs sièges pour 10 livres, il suffit de tenter sa chance.

Much ado about nothing de William Shakespeare, Wyndham's Theatre, 32 Charing Cross Road, London (le cast complet, les reviews et une interview de David Tennant et Catherine Tate ici)
(Ah tiens, je n'ai pas pitché. My bad.) (Mais bon, tout le monde a au moins vu l'adaptation de Kenneth Branagh, non ?) (Non ?) (Faut réparer cette lacune kulturelle, folks.)
Le billet d'Anne-Shirley.
15:22 Écrit par fashion dans Au théâtre ce soir | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : je n'ai pas vu jasper fforde à st malo, (peut-être parce que je n'étais pas à st malo), mais j'ai acheté le dernier thursday signé, de sa blanche et virile main poilue, je me sens un peu mieux du coup
23.06.2011
Tomorrow, tomorrow
Parce que chez moi, l'éclectisme n'est pas un vain mot, chers happy few, parce que j'aime à la fois Willounet-beau et les comédies musicales (possiblement pas en même temps mais je reste open), le kitsch et la kulture, ce week-end, c'est

Super-héros shakespearien (non, je ne couine pas, non je ne couine pas, non je ne couine pas) (je sais me tenir moi Madame) (à la limite hyperventilè-je un tantinet, c'est tout),

adolescents américains (qui chantent, c'est encore mieux),

cocktails sans alcool (je n'oublie pas de toujours consciencieusement manger mes cinq fruits et légumes par jour, la preuve),

kulture klassique (allons-nous pulvériser notre record et y rester plus d'une demi-journée ? les paris sont ouverts)

et gastronomie trois étoiles (les Britons sont les seuls au monde à servir des petits pois énormes et florescents : ça facilite les batailles de nourriture dans le noir, c'est pas rien).
See you, chers happy few. (Enfin, si je reviens.)
17:07 Écrit par fashion dans Choses vues | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
22.06.2011
Que faire ? Lire... et vivre, bien sûr
(Non, je ne suis pas vraiment de retour, chers happy few, mais si je n'en parle pas maintenant, il sera trop tard quand je reviendrai et ce serait vraiment dommage, limite impardonnable.)

Précipitez-vous à la Colline voir Que faire ? (le retour), donné jusqu'au 30 juin au Petit Théâtre, une pièce fichtrement drôle et intelligente, tenue de bout en bout par l'extraordinaire couple formé par Martine Schambacher et François Chattot. Que faire ? c'est le titre d'un ouvrage de Lénine, mais c'est aussi et surtout la question que se pose ce couple singulier dans sa cuisine : car si, comme le suggère Descartes au début de cette pièce formidablement écrite, il faut remettre en question toutes les idées qu'on tenait pour acquises, alors que faire de l'Histoire, de l'Art et de la Philosophie ? Que garder ? Que jeter ? Diablement originale dans sa forme, Que faire ? (le retour) incite à la réflexion et à la résistance politique par la culture : à voir absolument, évidemment.
Que faire ? (le retour), au Théâtre de la Colline (Paris 20ème), jusqu'au 30 juin.
10:02 Écrit par fashion dans Au théâtre ce soir | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : je retourne à mon boulot, le evanovich nouveau est sorti alleluiah
18.06.2011
I'll be back
Parce que je ne peux pas tout faire malgré mes gènes de Superwoman, happy few de mon coeur d'angélique, j'ai décidé d'abandonner momentanément les verts pâturages de ce salon verdoyant et rieur, prise que je suis dans les aléas de la vie, la vraie, celle qui me fait me lever encore plus tôt que d'habitude pour surveiller les épreuves du bac, celle qui m'a mis le tome 4 du Trône de Fer entre les mains alors que je suis encore dans le 3 (la vie fait de ces noeuds, parfois, assez incroyables), celle qui remplit mon agenda rose de déjeuners, de cocktails et de dîners et raccourcit donc fatalement mes nuits, celle qui me susurre à l'oreille que monter ce projet, là, et celui-ci, oui aussi, ce serait bien, non ?, bref je suis, comme on dit en bon français de France, overbookée, voire même under ze water, mais sans dégoulinage de mascara, car je ne suis que glamour et vernis jaune pailleté.
Je reviendrai quand j'en aurai fini avec le boulot, vu enfin David Tennant sur scène, rangé mes cours, vidé mon casier, fini Le Trône de Fer, lu le dernier Evanovich et fini l'énorme et magnifique bouquet de bonbons offert par mes charmants Troisièmes. Possiblement le mois prochain, donc. See you, chers happy few et ne soyez pas trop sages.
10:33 Écrit par fashion dans Choses vues | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : and the rest is silence, comme d'hab' quoi
11.06.2011
Parce que certains se demandent...
... quand les Sept Couronnes me délivreront et si je suis toujours aussi accro aux aventures des prétendants à la succession du Trône laissé vacant par la mort de Robert Barathéon :

Bon, si tout va bien et que je continue à chevaucher au rythme d'un volume de 900 pages par semaine, dans deux semaines je serai... en manque. C'est que le tome 5 ne sort qu'en juillet en anglais, parce que le Martin de mon coeur n'est pas l'écrivain le plus rapide à l'ouest du Pecos (en même temps, quand on voit la qualité et la densité de ce qu'il écrit, loin de moi l'effleurement de la naissance d'un commencement de reproche, hein) et qu'il a apparemment prévu une saga en sept volumes. Le premier qui dit que c'est pas comme si je n'avais rien à lire en attendant sera livré à Varshè qui lui coupera le pied gauche, tiens, il fera moins le malin pour aller chercher son pain.
Et pour ceux qui se demandent pourquoi il faudrait lire cette fabuleuse série et qui n'ont pas la joie de m'entendre la défendre avec ardeur devant un verre de vin, quelques éléments, en vrac : un monde d'heroic fantasy bien sanglant qui en reprend les codes (chevaliers, féodalité et dragons) en y ajoutant des éléments originaux (le Mur, les Autres, les enfants de la forêt, le froid du Nord, les mondes au-delà des mers dont la richesse, esquissée, est fascinante) (j'ai cru comprendre qu'il y avait une novella ayant pour seule héroïne Daenerys, je vais me pencher sur le sujet, vous pensez bien), une narration faussement éclatée qui suit plusieurs personnages (ils disparaissent au gré des assassinats et sont remplacés par d'autres) et permet au lecteur d'avoir une vue d'ensemble des événements tout en retardant certaines révélations, des rebondissements et des retournements de situation, des personnages passionnants, extrêmement complexes, auquel il est difficile de ne pas s'attacher même quand ils sont répugnants de vice (ah, Theon, Dieu que je t'ai haï) tant ils nous sont proches et compréhensibles et un humour à froid qui pour être discret n'en est pas moins présent (la palme revient à Tyrion Lannister, le fils détesté, contrefait et nain, mon personnage préféré, encore et toujours). C'est une série sombre et brutale, dense et foisonnante, que l'on lit bousculé, le souffle court et d'une traite, tant l'on est pris dans un tourbillon d'intrigues, de trahisons et de batailles et l'on craint pour l'avenir de ses héros (ah, les filles Stark, les pauvrettes, elles me crèvent le coeur) en savourant le plaisir finalement assez rare de se laisser prendre par la main par un conteur ma foi exceptionnel.
22:05 Écrit par fashion dans Choses vues, Fantasy | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : plus de copies, bientôt plus d'élèves, dernière ligne droite : surveillances et corrections, avant les coquillages et crustacés
10.06.2011
Mais enfin, Fashion, à nous, la raison, la vraie, la diras-tu ?
Dans le nombreux courrier de fans énamourés que je reçois tous les jours, chers et fidèles happy few (j'en suis à me demander si je ne devrais pas moi aussi créer une chaîne de télé toitube pour répondre en live à toutes ces questions aussi existentielles que profondes qui me sont adressées, histoire de répandre mon savoir universel), il est une question qui manifestement vous taraude, la coquine, juste après le fameux "Mais comment fais-tu pour lire autant ?" (J'ouvre les livres et je tourne les pages, je sais, c'est proprement stupéfiant, mais il y a plus, il y a mieux : je lis avec les deux yeux ouverts en même temps, ce qui explique mon efficacité.) : "Mais, Fashion, pourquoi éprouver le besoin de bloguer ?" (en même temps, quand on sait que c'est la première question que tous les journalistes, attachés de presse, lecteurs et autres posent quand on les rencontre, c'est manifestement l'expression d'une soif de savoir inextinguible). J'ai donc décidé de répondre à cette question ô combien fascinante sous forme d'un Top Ten Friday.
Why que je blogue, donc ?
1. Pour avoir le poil soyeux. Depuis que je tiens ce modeste salon, par une mystérieuse relation de cause à effet sur laquelle les spécialistes stupéfaits planchent nuit et jour, mes cheveux sont devenus souples et brillants.
2. Pour recevoir du courrier. Vous n'avez pas d'amis ? Une boîte mail désespérément vide malgré votre inscription à toutes les newsletters de France et de Navarre ? Ouvez un blog. Vous recevrez tous les jours des mails d'amour ("Comment osez-vous chroniquer des romans Harlequin, blogueuse mononeuronale de peu de légitimité que vous êtes ?!"), lyriques ("Ah, Fashion, quelle prose que la vôtre, ne voulez-vous pas faire de la publicité pour mon roman publié à compte d'auteur que je vous propose d'acheter à un tarif défiant toute concurrence, pensez donc, je vous fais une ristourne de 1,542% TTC. PS : je vous envoie ce mail en 84 exemplaires de peur que vous ne l'ouvriez pas la première fois.") ou désintéressés ("Je vous offre mon roman, en échange vous en faites de la pub sur votre blog, votre facebook, vous linkez ma page facebook sur votre blog de manière permanente et vous dites au monde entier que je serai en dédicace le 24 à la librairie de Trifouillis les oies, attention, places limitées, on ne peut mettre que quatre chaises.").
3. Pour que les attachés de presse de maisons d'édition over généralistes, genre celles qui ne publient que des romans qui se déroulent dans le monde de l'automobile moldave ou des essais sur l'usage et l'évolution des sanitaires de la préhistoire à nos jours m'envoient des propositions de SP assorties d'une demande de mes statistiques.
4. Pour pouvoir dans les dîners en ville répondre à l'invariable question : "C'est quoi ton job ?" par "Blogueuse influente". Depuis que je dis ça, je n'ai plus droit aux invariables "Ouais, feignante, ça va, t'as assez de vacances ?" et autres "Moi, mon fils, il a une prof de Lettres complètement folle, mais bon, elles le sont toutes, hein", mais à un regard plein de respect, voire même d'envie (la vénération viendra quand je me mettrai à twitter et que j'ouvrirai une page facebook pour mon blog, mais je n'ai pas le temps, là, j'ai trop à faire avec la gestion de mes SP, classés par ordre de priorité de lecture et listés dans mon petit carnet prévu à cet effet).
5. Pour avoir enfin des cartes de visite à mon nom.
6. Pour être invitée à des événements over people. Entre le prix de la nouvelle qui contient le plus d'adjectifs de Ste Marie les Mouettes, la rencontre-dédicace-dégustation d'un éleveur de canards qui a tenu son journal intime de janvier 2001 à août 2002 et qui raconte sa perception du 11 septembre de son Périgord natal (par sa mère, son père est breton) et le petit déjeuner avec un auteur cacochyme et sourd qui a vendu 36 exemplaires de son premier roman publié à 86 ans, Une vie digne et bien remplie, je ne sais où donner de l'agenda.
7. Pour avoir des sujets de conversation. Du la courtoisie du backlink à la politique d'utilisation des images libres de droit en passant par des débats de fond : répondre à tous ses commentaires ou uniquement à ceux qui contiennent plus de trois virgules, visiter les gens qui nous visitent les jours pairs ou les jours impairs en ôtant les week-ends, accepter ou pas un partenariat pour un recueil de poèmes russes sur la solitude de la ménagère devant son rayon de compotes... ô combien de questions, combien de capitaines !
8. Pour devenir Maître du Monde : blogueurs, blogueuses de tous les pays, unissons-nous ! Créons un parti et réclamons des droits : nous voulons que le bloguing soit reconnu comme un véritable travail à temps plein, que les épinards soient définitivement bannis des cantines scolaires, que Marat Safin soit nommé ministre de la culture et de la sexytude et que la paix règne dans le monde !
9. Pour rétablir quelques vérités essentielles : David Tennant est le meilleur acteur du monde, il y a bien une mauvaise littérature mais elle n'est pas forcément celle qu'on croit, l'éclectisme n'est pas une maladie, même s'il s'avère qu'il est parfois contagieux, les fraises tagada sont la preuve de l'existence de Dieu (avec le champagne, le Pimm's dans un pub bondé un samedi soir de printemps dans un quartier de Londres sans touristes avec des copines, la parution d'un roman de Neil Gaiman, un mail d'un auteur adulé et aimable, le rendez-vous annuel avec Ranger et Morelli, Michael Fassbender dans son petit blouson en cuir), lire un roman à l'eau de rose n'a jamais fait de mal à personne (sauf peut-être à l'autre, là, Emma je ne sais plus comment) et la littérature sauvera le monde. Avec le shampoing Head & Shoulders, évidemment.
10. Pour le plaisir de faire des listes. De rencontrer des gens fabuleux. D'aller au théâtre voir David chou avec des copines qui ont déjà prévu de ne pas s'asseoir à côté de moi. D'échanger 236 mails par jour avec des blogueuses devenues des amies et de savoir qu'il y en aura toujours une qui aura la bonne réponse au bon moment. De recevoir des colis pleins de livres et de sirop d'érable. De boire un vinho verde dans une rue pentue de Lisbonne. De tester toute la carte des cocktails de quelques bars parisiens. En plusieurs fois. De prendre un fou rire au petit matin en lisant un SMS. De découvrir un auteur que je n'aurais jamais lu sans l'insistance d'une blogueuse bien intentionnée et de me dire que j'ai fait une rencontre. Geronimooooo ! (Il eut été impensable que le Docteur n'eût pas le dernier mot, lui qui fut ma plus belle découverte bloguesque.)
10:51 Écrit par fashion dans Choses vues, Poétique de la liste | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : un café, deux cafés, trois cafés, moi fatiguée ?, quelle idée
07.06.2011
Le mardi, tout est permis
Comme ce salon n'est que crédibilité, profondeur, kulture et épinards, happy few de mon coeur sirop d'orgeat, vous imaginez bien qu'il a fallu pas moins de dizaines de menaces à base de privation de cocktails pour que je me joigne à l'initiative pour le moins iridescente de Stephie, qui se propose, le premier mardi de chaque mois, de chroniquer une lecture "inavouable", comme la relecture des oeuvres complètes d'Enid Blyton ou celle à une main du dernier opus de Jamie Oliver (ben oui, l'autre main manie la spatule) (qu'alliez-vous donc imaginer, mmmmh ?). Comme vous le savez, j'avoue tout, c'est là mon moindre défaut et à moins de me filmer en train de lire un roman érotique (idée qui bien évidemment ne m'a ja-mais effleurée), j'ai déjà chroniqué tout ce qu'il est possible de chroniquer comme kukulteries. J'ai donc profité de l'initiative de Stephie pour ajouter une pierre à l'édifice over sérieux de ma thèse sur le lien entre le kilt et le poil à travers les âges.

Dans The Highlander's touch, le kilt se porte bien, avec grâce, distinction et virilité, mais uniquement sur les hommes qui mesurent plus d'un mètre 90 pour 120 kilos de muscles huilés. Le port de ce costume over sexy ne saurait bien sûr se passer du cheveu long et soyeux (les écossais du XIIème siècle ont inventé le shampoing aux herbes, sans paraben et anti-pelliculaire bien avant le reste du monde, encore une preuve de la supériorité intellectuelle de ce peuple) et de l'accent légèrement rocailleux qui provoque chez les demoiselles en détresse une liquéfaction aussi instantanée que délicieuse dont on ne peut les blâmer. On n'oubliera évidemment pas d'assortir la couleur de son kilt à celle de ses yeux et de manier avec vigueur une épée à peine rouillée qui sublime ce costume ô combien seyant. Le port du kilt ne saurait s'accompagner de sous-vêtements (les écossais n'étaient pas en avance pour tout, ils avaient clairement choisi le camp de la propreté au détriment de celui de la pudeur, mais qui suis-je pour les en blâmer ?), ce qui facilite le rougissement de la jeune américaine étrangement farouche alors qu'elle vient du XXIème siècle (ne cherchez pas à comprendre, chers happy few, c'est com-pli-qué) (en fait, non, mais j'ai la flemme de pitcher, il est way too early pour ça) lorsqu'elle aperçoit un bout de cuisse musclée et agréablement poilue et le troussage de femmes vite fait over bien fait contre un mur dans un couloir sombre d'un château même pas hanté (l'écossais est urbain, quand même, jamais en public).
Tsss, qu'est-ce qu'on ne lirait pas pour faire plaisir aux copines quand même...
Karen Marie Moning, The Highlander's touch, Dell, 2000, 356 pages

Challenge Lu en VO
21
06:45 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
04.06.2011
Si vous me cherchez...
... je suis en pleine guerre, chers happy few, et je chevauche aux côtés de Robb (ben oui, c'est un Stark, quand même) :

Il y a eu des morts et les complots font rage autour du Trône de Fer, pour asseoir le règne de Joffrey, le roi imprévisible et sanguinaire ou au contraire le démettre : il y avait bien longtemps que les Sept Couronnes n'avaient pas vu autant de rois. Et nul, hormis la Garde de Nuit, ne semble se soucier de ce qui se trame au-delà du Mur ; et nul, hormis une poignée de Dothrakis qui suit aveuglément Daenirys, et la Vieille Nan, que personne n'écoute, ne sait que les dragons sont de retour. Quant à moi, mon coeur est à Tyrion : tant d'intelligence, de finesse, de sens politique et d'humour cinglant ne peuvent que me ravir, chers happy few. Espérons juste que George R.R Martin, qui a l'épée, le poison et la torture prompts, l'épargnera. Encore un peu, du moins.
20:06 Écrit par fashion dans Choses vues, Fantasy | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : oui, je lis toute la série d'un coup, bah, un peu moins de 4 000 pages, une broutille
03.06.2011
En vrac
Parce que même si je suis retenue prisonnière dans un monde de feu et de glace (j'ai fini le tome 1, j'entame le 2, ben oui, c'est pas 700 pages en police 10 sans marge dans un format semi-broché qui vont me retenir plus que ça non plus) (je suis tellement wild que je mérite un écu et une lance moi aussi, tiens), chers happy few qui aimez le poil (et pas que mérovingien), je ne vous oublie pas, voici, pêle-mêle, quelques informations qui, je le sais, illumineront votre long week-end (enfin, pour ceux, chanceux, qui baguenaudent et folâtrent le long des vertes rivières en chassant le papillon alors que d'autres travaillent vendredi et samedi) (devinez dans quelle catégorie, je me situe, mmmh ?) (voilà, vous avez tout bon, pour me consoler, je corrige quelques copies car je ne suis qu'abnégation, courage et stylo pailleté) (en écoutant l'album des Misérables, car je ne suis aussi que goût musical aléatoire et assumé et j'aime la grandiloquence, fouettez-moi, va, c'est tout ce que je mérite) (par contre merci d'éviter les châtiments à base de Michel Sardou, j'ai déjà donné).

Photo non contractuelle, qui n'a d'autre but que de me faire plaisir.
Et de vous faire rire, aussi, un peu.
Alors, en vrac, je voulais vous recommander la lecture d'Aslak, une bande dessinée de Hub (scénariste-dessinateur de Okko, ma foi plus que recommandable), parue chez Delcourt, qui raconte la quête de trois frères en quête d'histoires pour un cruel Viking qui en a ras-le-casque qu'on lui raconte les mêmes gestes depuis des décades (cela nous rappellerait-il quelque chose, ô lecteurs qui ployons sous les ressucées des mêmes recettes marketées ?). Ce premier volume de ce qui sera une série est habilement scénarisé et suffisamment prometteur pour que la lectrice chatoyante ait envie de lire la suite. Il y a fort longtemps j'avais lu un roman choral de très bonne tenue, Les imperfectionnistes, de Tom Rachman et comme paresseuse is my middle-name, je me contente de vous renvoyer au billet de Cuné, qui dit très bien tout ce que je pense de ce roman (oui, parfois je n'ai qu'un demi-cerveau, so what ?).

Oui, moi aussi, coruscants happy few, quand j'ai vu la photo, j'ai sourcillé.
Et je me suis demandé, le temps d'un battement de cils, dans quelle galère je m'étais fourrée.
Réponse fin juin. Au pire, on ira noyer notre stupéfaction dans la bière, nous aussi.
(Mais quand même, le look Croisière s'amuse vs le Magicien d'Oz, c'est, comment dire... flatteur ?)
Si vous ne savez pas quoi faire un mercredi ou un samedi après-midi et que vous avez, par hasard, des enfants avec vous (vous pouvez en emprunter aussi), courez voir La Belle au bois dormant à La Folie Théâtre : en un peu plus d'une heure, une troupe dynamique et joyeuse propose au jeune public une réécriture du célèbre conte dans lequel le Prince Sébastien vaincra les épreuves pour s'accepter tel qu'il est et sauver ainsi la jeune princesse. C'est drôle, bien écrit, et validé par ma mini-tribu au complet. En revanche, inutile de vous précipiter pour voir Mademoiselle Julie à la Colline : une mise en scène grandiloquente (décidément le travers de ces deux dernières saisons, le début de cette insupportable tendance ayant été signé avec la mise en scène épouvantable des Justes l'année dernière) et des comédiens complètement à côté du texte (et faire du valet Jean un quinquagénaire bedonnant et fatigué, quelle erreur de lecture) : un ratage total.

Voilà qui donne envie de se mettre aux échecs, n'est-il pas ?
Si le dernier opus de Woody Allen m'a laissée totalement froide (il mériterait un billet à lui tout seul mais je n'ai ni le temps ni l'envie de disserter sur ce qui est pour moi un ratage), j'ai trouvé X-men, les origines (X-Men : First class) étonnamment réussi (je sais que mettre dans la même phrase le maître américain et les super-héros Marvel en fera grincer plus d'un mais peu me chaut), en partie grâce à un scénario de très bonne tenue. Ma connaissance du comic book étant très parcellaire, je ne dirai rien sur cette prequel en tant que telle, sachez seulement, chers happy few, que James McAvoy et Michael Fassbender sont parfaits, mais franchement, qui en doutait ? Quant à la série télé adaptée du Trône de Fer (Game of thrones : a saga of ice and fire), elle est excellente : d'ailleurs, je vous en parlerai du coup peut-être réellement, si vous êtes sages, évidemment.


Et n'oubliez, pas, prévoyants happy few : winter is coming.
Hub, Weytens, Michalak, Aslak, Delcourt, 2011 : un aperçu des 20 premières planches ici.
Tom Rachmann, Les imperfectionnistes, Grasset, 388 pages, 2011
La belle au bois dormant, A la Folie Théâtre, rue de la Folie Méricourt, 11ème, samedi et mercredi, 14h30 jusqu'au 2 juillet.
Mademoiselle Julie de Strindberg, Théâtre la Colline, jusqu'au 11 juin.
18:20 Écrit par fashion dans Choses vues | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : david tennant, sean bean, james mcavoy, michael fassbender, que de poils
