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30.04.2011

Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir !

Aujourd'hui, délicieux happy few, il y aurait dû y avoir dans ce salon un billet sur le Docteur Faustus de Marlowe, objet d'une lecture commune lancée par Isil et Cryssilda. Mais comme la vie est une hyène qui ricane en nous regardant nous débattre dans ses filets, je n'ai pas fini cette pièce (et pourtant, j'y ai mis une incroyable bonne volonté, comme d'habitude) (et ma défection n'a rien à voir avec le fait que j'ai été inscrite à cette lecture à l'insu de mon plein gré, je ne suis pas comme ça, moi, Madame). Pour vous consoler de l'absence de billet de haute volée, voici donc une petite photo :

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Ne cherchez pas le rapport avec Faust, il n'y en pas. Sauf peut-être à considérer que les motifs du pantalon du Shaman of Sexy rappellent vaguement les flammes de l'Enfer.

Je ne dis pas non plus que je n'ai pas fini de lire Marlowe parce que j'étais trop occupée à regarder du catch à la télé, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Cela dit, voir émerger Christian du Battle Royale de Smackdown, hier, a momentanément détourné mon attention des Sept Péchés Capitaux (nan, je déconne, je ne suis même pas arrivée là dans Faustus, je mérite le fouet, je sais).

Oui, je sais, ce blog devient n'importe quoi.

Enfin, pire qu'avant, quoi.

Que voulez-vous, la lecture de Kant en moldave finit par laisser des traces.

Encore un peu et je vais me mettre à regarder des films avec Nicolas Cage.

Tsss, life's a bitch.

 

27.04.2011

Les succubes rêvent aussi

Chère Richelle,

Si je prends le clavier today, dear author (oui, I'm fluent, comme tout le monde le sait), c'est que je viens de lire Succubus dreams, le troisième volet de ta série (oui, on se tutoie, comme in english, y a pas de raison et puis les scènes de galipettes, ça rapproche, non ?) et que je suis encore sous le choc. Non pas de l'histoire, qui pour une fois ne place pas Georgina, ma succube préférée (j'ai de drôles de fréquentations, j'assume), au centre de la résolution de l'intrigue (mais je te pardonne parce que j'ai beaucoup aimé le personnage de Nyx et le quartel des anges) (and I'm sure that there's more to Carter than meets the eye) (but a baseball cap, really ?), mais de ce qui se passe entre Seth et Georgina : non, mais a-t-on idée d'infliger à une lectrice innocente et qui ne lit de la bit-lit que pour se détendre entre deux cocktails, cette scène qui m'a littéralement déchiré le coeur que j'ai, comme chacun le sait, tout mou et d'artichaut ? Etait-il obligé, cet auteur à la coolitude assumée, de la pousser dans ses retranchements pour lui balancer ensuite comme ça en pleine figure ce qu'il avait fait et surtout pourquoi il l'avait fait ? OMG, the "only... more human" is the most awful thing I've read in a while and I almost cried, for which I can't thank you, dear Richelle, because, as you don't know yet, I'm a subway reader which means that not only my fellow travellers can see me weeping and crying but so much for my glamourous make-up, thank you.

Sinon, j'adore le personnage de Dante Moriarty (funny and fucked-up name, I like it) et si jamais, par le plus grand des hasards, Hollywood décidait d'acheter les droits de cette série hautement recommandable, je te conseille d'aller jeter un oeil du côté de la Britonie : un jeune acteur écossais du nom de David Tennant serait parfait pour le rôle, je dis ça, je dis rien, of course. And if you want to send me the fourth novel of this witty and sexy series I like so much for a book review, feel free. I'm a very open reader.

Sincerely yours,

Fashion.

 

Richelle Mead, Succubus dreams, Bantam Books, 445 pages, 2008

 

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Challenge Lu en VO

20

 

25.04.2011

"Notre devise : infantilisation de la populace, principe de précaution et couches-culottes."

Dans la sélection du prix des lecteurs de L'Express du mois d'avril, chers happy few, il y avait un roman raté (Charlotte Isabel Hansen de Tore Renberg), un roman qui m'a étrangement plu par sa façon de résonner en moi (une lecture personnelle, donc, comme ça m'arrive finalement peu) (le roman en question est Colères de Lionel Duroy, un auteur que je vais certainement lire de nouveau), un roman au traitement surprenant (L'Homme à la carabine de Patrick Pécherot) et un récit (faute de meilleur terme) qui m'a emballée :

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L'écologie en bas de chez moi de Iegor Gran.

 

 

 

En 2009, à l'occasion de la diffusion surmédiatisée de Home, le film de Yann Arthus-Bertrand, Iegor Gran demande à Libération de lui donner une tribune afin d'exprimer son ras-le-bol face à l'écologisme béat et obligatoire dont le citoyen lambda doit se faire le défenseur sous peine de passer pour un irresponsable sans cerveau et, certainement pire, sans coeur. Cet article, "Home ou l'opportunisme vu du ciel", publié le 4 juin 2009, marque pour l'écrivain le début d'une réflexion contre la bien-pensance toute-puissante.

Documenté, de mauvaise foi, drôlatique et fort bien écrit, L'écologie en bas de chez moi est un pavé dans la mare en ces temps où "recyclage" et "développement durable" sont devenus les deux mamelles d'une citoyenneté éclairée (aux ampoules à basse consommation, évidemment). Sans contester (quoi que) le réchauffement climatique et ses conséquences, Iegor Gran s'insurge contre les aberrations (comme par exemple les ampoules au mercure) (je prends cet exemple parmi tant d'autres parce que c'est une de mes colères personnelles depuis longtemps), les approximations, les idées reçues assénées de manière d'autant plus péremptoires qu'elles sont étayées sur pas grand-chose et l'opportunisme de certains, au premier rang desquels Yann-Dieu comme il l'appelle, habilement reconverti de photographe du Dakar en défenseur de la planète ("Les voies de gazole sont décidément impénétrables" comme le fait remarquer Iegor Gran.)

Construit comme un roman mené tambour battant, bourré de notes de bas de page aussi hilarantes qu'instructives, L'écologie en bas de chez moi est un pamphlet provocateur sur le fascisme rampant dont le citoyen français est devenu l'objet en matière d'écologie, un ouvrage dont la lecture, en ces temps où le politiquement correct a été érigé au rang de vertu ultime et absolue et où la pensée unique s'est répandue comme une traînée de CO2, est non seulement indispensable mais salutaire, ne serait-ce que parce que Iegor Gran manie comme personne l'arme absolue de tous les trouble-fêtes et empêcheurs de penser en rond de tous bords : un humour ravageur. A lire absolument, chers happy few, quelle que soit votre façon de trier vos poubelles.

Iegor Gran, L'écologie en bas de chez moi, P.O.L, 189 pages, 2011

23.04.2011

I didn't take the easy way out. I didn't give up.

Oui, je sais ce que vous vous dites, happy few égarés suite à une recherche sur la kokologie (que je n'ai jamais pratiquée, quoi qu'en dise notre ami Gougueule) : keuwâââ, un billet dans ce salon ? Enfin ?

Yep.

(Concision is my middle name. C'est toujours mieux que Prolégomène.)

Et vu qu'en ce moment j'ai un rendement de folie (environ 1 billet pour 9 romans lus, j'ai fait des stats dans ma jeunesse moi Madame), estimez-vous heureux d'avoir une chronique à vous mettre sous l'oeil même si, par un esprit de contradiction qui m'est venu assez récemment (contrairement à une idée reçue et curieusement répandue, je n'ai pas été livrée avec, contrairement aux parenthèses), je n'ai aucune envie de vous parler des romans sérieux que j'ai lus dernièrement, je suis comme ça, superficielle jusqu'au bout de mes ongles vernis. En jaune. Assortis à mes ballerines. Love les 80's finalement.

Bref.

S'il y en a une qui ne met jamais de vernis, c'est bien Mercy Thompson (en fait, c'est Transition, my middle name), la mécanicienne changeuse des Tri-cities, qui revient dans

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River marked.

Mercy et Adam (désolée mais le billet contient des spoilers sur les tomes précédents, my bad, mais il devient difficile ce chroniquer le sixième volume d'une série aussi riche et passsionnante sans en révéler un peu, merci de bien vouloir adresser vos réclamations au Bureau des Spoilers, qui transmettra) passent leur lune de miel dans une enclave dans un parc naturel près de la rivière Columbia. Ils découvrent rapidement qu'ils ne sont pas seuls et qu'un monstre terrifiant sommeille dans la rivière...

Oh my quel roman. J'aime cette série d'amour, happy few de mon coeur d'artichaut, et ce sixième volume (j'ai la flemme de vous mettre les liens vers les précédents, je suis certaine que vous retrouverez très bien les articles sans mon aide, parce que rien ne vous arrête) est excellent. Cette fois-ci, changement de décor, disparition de la meute, qui n'apparaît plus qu'en arrière-plan, des vampires (on entraperçoit Stefan) et des fae (encore que, mais halte aux spoilers) et apparition (en-fin, comme dirait ma cyberjumelle, que Tolkien la garde) de la mythologie et de la culture indiennes, dont j'ai adoré l'utilisation (ah, Coyote, quel personnage !), ce qui nous permet d'en apprendre davantage sur les origines de Mercy. Je ne peux que louer encore (oui, je sais, je me répète), le talent de conteuse de Patricia Briggs et sa façon parfaitement cohérente de bâtir ses intrigues et de camper des personnages qui prennent une ampleur et une profondeur passionnantes. Une série à lire absolument.

Patricia Briggs, River marked, orbit, 326 pages, 2011

Les précédents sont traduits en français chez Milady : L'appel de la lune (Moon called), Les liens du sang (Blood bound), Le baiser du fer (Iron kissed), La croix d'ossements (Bone crossed), Le grimoire d'argent (Silver borne).

Le billet de Yueyin, un billet très intéressant de Tanuki sur les lieux du roman, qui me donnerait presque envie d'acheter des chaussures de randonnée. A condition qu'Adam me serve de guide, of course. Et que je trouve des chaussures roses. Avec des lacets arc-en-ciel. MacKayla, sors de ce corps. Tout. De. Suite.

 

Challenge Lu en VO   19

18.04.2011

Soda à la cerise, paillettes multicolores et escaliers de secours

Quand je pars villégier, happy few de mon coeur grenadine, je ne prends avec moi que des oeuvres denses, qu'absorbée par ma vie trépidante je n'ai jamais le temps de lire vraiment : comment, en effet, se plonger avec toute la ferveur nécessaire dans l'oeuvre de Pascal, quand on doit aussi se livrer à des tâches aussi prosaïques que corriger des copies, trouver des ballerines jaune soleil ou goûter enfin la glace Picard aux marrons glacés, en vérité je vous le demande.

Cette semaine, entre les Essais (traduits, hein, faut pas déconner non plus*) et le De solidorum elementis, j'ai donc lu...

carrie.jpgLa vie (pas) très cool de Carrie Pilby de Caren Lissner, paru dans la collection Darkiss des éditions Harlequin (je vous rassure tout de suite, nulle mention de ces infâmantes éditions sur la couverture, vous pouvez exhiber ce roman en toute quiétude dans un lieu public, d'ailleurs certaines ont osé, les coquines) (moi non, je ne lis que sur mon transat au soleil, j'ai des vacances difficiles), un roman rafraîchissant et original qui n'a rien de la bluette sentimentale que vous craignez de trouver sous cette couverture rose, parce que Carrie est un personnage totalement atypique comme on n'en voit jamais dans les romances. Elle a 19 ans, un QI extraordinaire, elle est diplômée de Harvard où elle est entrée à 15 ans mais elle est totalement inadaptée à la vie en société ; elle passe ses journées au lit à écouter tomber la pluie (elle habite New York, ça aide) ou à regarder les films qui figurent sur la liste des 100 meilleurs films américains de tous les temps**. Elle n'a pas de job, pas d'amis, pas d'envies mais des interrogations plein la tête et un père (sa seule famille) qui se fait du souci et qui la fait suivre par un de ses amis psy qui la pousse à sortir de sa coquille en lui faisant une liste de choses à faire : Carrie s'éveille enfin aux autres...

C'est un roman juste, tant dans les situations que dans les personnages, qui aborde avec finesse la marginalité, souvent drôle et qui, malgré quelques longueurs se lit d'une traite, parce que Carrie Constance (important les deuxièmes prénoms, on ne le dira jamais assez) est follement attachante, comme une petite soeur qu'on a envie de prendre sous son aile et de voir s'épanouir et avec qui on partagerait des questionnements existentiels autour d'un soda. A la cerise, forcément***.

 

*Iegor Gran, dans le drôlatique L'écologie en bas de chez moi (dont je reparlerai si vous êtes sages), se lamente sur l'absence de traduction de Montaigne (sortie en réalité depuis qu'il a rendu son manuscrit, chez Quarto) et pense que même les agrégés ne comprennent pas tout à cette oeuvre puissante. Je confirme.

** Je suis tombée il y a peu sur les listes BBC de ce type, autant vous dire que j'ai encore un peu de visionnage à faire (étrangement surtout dans la liste des 100 pires films de tous les temps, ce qui donne un sacré coup à ma réputation d'amatrice éclairée de daubes intersidérales). Suite à une discussion passionnée sur la très discutable liste des 100 livres qu'il faut absolument avoir lus, Isil et moi envisageons de faire notre propre liste autour d'une bière. Vous serez tenus au courant, évidemment.

*** Je n'ai rien à dire sur le soda à la cerise, mais je ne peux plus me passer des notes de bas de page, c'est la faute de Iegor Gran, Monsieur le Juge, merci d'adresser toutes vos réclamations à P.O.L, qui fera suivre.

Caren Lissner, La vie (pas) très cool de Carrie Pilby (Carrie Pilby), Darkiss, Harlequin, traduit de l'anglais par Géraldine Bretault, 531 pages, 2003 pour la première parution en VO, 2010 pour la traduction.

Les billets de Cuné, Erzie, Juliette.

(Ce billet manque cruellement de bilinguisme, je sais mais que voulez-vous, on ne peut pas être au top de son art translationnel tous les jours, car life is a bitch comme disait le poète moldave en contemplant sa page blanche et son verre vide.)

16.04.2011

O Fashion, where art thou ?

vous demandez-vous tous les matins en regardant cette page qui ne s'actualisoie pas (ou si peu), chers happy few désespérés devant l'ampleur de l'absence de billets. Et comme je vous comprends et que votre coeur transparent pour moi seule cesse d'être un problème, je viens à vous porteuses de nouvelles et de rassérénation.

Je ne suis pas loin, chers happy few égarés sur cette page suite à une recherche google très pointue sur le dénouement d'une histoire de vampires et de crépuscule, j'ai été invitée à un colloque très sérieux sur l'onomastique harlequinesque, où je présente une communication intitulée : "De Brad à Josh, parcours intimiste et initiatique d'un idéal masculin contrasté". Inutile de vous dire que j'ai dû travailler d'arrache-pieds pour pondre une dizaine de pages brillantes et enlevées, avec l'aide, évidemment, de quelques verres de Tariquet.

Et comme je sais que mes élucubrations bloguesques sont lues de manière internationale, j'ai décidé qu'il était temps pour moi de passer au bilinguisme et de traduire mes billets dans la langue de William afin de ne plus décevoir mes fans anglo-saxons qui usent et abusent de google translate pour leur plus grande perplexité.

Today is the beginning of a new age (no, I don't think I'm overracting, luscious and lovely readers) (or maybe just a tiny little bit). So, where am I ? you wonder worriedly (I love adverbs, yes, in english too) I'm working very hard lazingly lying on a beach chair, because I have a purpose to fulfill, a quest no less : I want to write a "Guide to the best canelés" which will make me rich and famous (who said 'fat' ?)

But I don't forget to worship Literature, so I read The vampire's kiss by Vivi Anna in which I learned many things about... nothing, really, and Dangerous secrets by Lisa Marie Rice (do you think she is Anne Rice's daughter ?) (yes I love to ask very important questions, that's how I am) in which an gun dealer-with-feelings-and-a-very-strong-moral-code (yes, I know, what the fuck is that, really ?) falls madly in love with a painter, which is so realistic I almost cried (or maybe it was the sun going directly into my eye, who knows ?). So, you can see how overbooked I am, and I don't even speak about my very deep study of Jason-I-m-too-hot-for-my-gun Statham's filmography (don't go and watch The mechanic, it's so boring I had to write a romcom story for him in my head the entire time not to fall asleep). Next time I will develop my theory about romance and bisexuality. I know. You can't wait.

14.04.2011

Grand amour - Stéphane Carlier

images.jpgIl y a des romans qui semblent écrits pour nous, happy few que je sais suspendus à mes lèvres, et Grand Amour de Stéphane Carlier (auteur inconnu de moi jusqu'à ce mardi d'avril où nous nous sommes rencontrés par le biais de cette couverture) en est assurément un. Car derrière cette couverture rose se cache un faux roman de chick lit qui joue habilement avec ses codes pour nous proposer une histoire moderne et drôle qui ne peut que ravir la midinette bovarysante qui sommeille en chaque lectrice (ok, en certaines plus qu'en d'autres, je vous l'accorde aisément) (mais que pour aujourd'hui, faut pas pousser non plus).

Agnès a passé la trentaine et si sa vie sentimentale est comparable au désert de Gobi, sa vie fantasmatique est très riche, la faute à son job (elle traduit en série des romans sentimentalo-érotico-soft qui la mettent dans un état pas possible) et à son obsession pour un joueur de rugby d'Aurillac, Fabien Castan, découvert sur un fameux calendrier. Un soir, elle rencontre lors d'une soirée Colette, une femme pleine de sagesse, qui la pousse à vivre pleinement ses rêves et à partir à la rencontre de Fabien. Voilà notre Agnès remontée à bloc et bien décidée à aller respirer le même air que cet homme so viril, so sexy et so poilu (mais moins que Chabal, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit). Sauf que ce qui avait l'air d'être l'idée du siècle à Paris devant une coupe de champagne s'avère un poil ridicule devant le stade d'Aurillac. Mais aidée par PM, un vieux coiffeur gay et par le destin, Agnès va rencontrer Fabien...

Vous l'aurez compris, délicieux happy few, Agnès est ma cousine (pas si) éloignée et tout le talent de Stéphane Carlier est d'exploiter une caractéristique féminine assez répandue (que celles qui n'ont jamais bovarysé sur un homme célèbre et bien vivant osent se dénoncer dans les commentaires) et de s'en servir pour bâtir une intrigue ma foi joliment troussée, parsemée de situations drôlatiques (la scène des vestiaires est un grand moment) et traversée de très jolis personnages. Quand on sait en plus que Stéphane Carlier imagine en partie Fabien sous les traits de Sam Worthington, il ne faut  pas se priver de cette très sympathique lecture, idéale pour se mettre à l'unisson des beaux jours qui débutent.

Stéphane Carlier, Grand Amour, Le cherche-midi, 2011

Les billets de Cuné, Stéphie

08.04.2011

We few, we happy few, we band of readers...

Il y a de cela quelques semaines (oui, déjà, c'est que le temps passe vite en votre charmante compagnie, happy few de mon coeur d'artichaut), je vous proposais un petit concours de "praises" pour fêter les quatre ans de ce modeste salon.

Vous fûtes une trentaine à proposer vos louanges littéraires et j'ai eu un mal fou, devant l'excellence de vos trouvailles, à vous départager. Il m'a fallu une longue soirée de délibérations avec moi-même (on pense qu'une bouteille de ginja et une boîte de mellow cakes sont décédées dans d'obscures circonstances au même moment mais on n'est sûr de rien) (comment ça comme d'habitude ?) (y a des traductions moldaves qui se perdent, attention), quelques relectures, des fous rires, une liste, une attribution de points, avant de prendre une décision : il n'y aura pas un seul gagnant mais quatre. (Oui, je sais, je suis une faible femme, mais je vous rappelle que le choix c'est surfait, comme disait Stephanie Plum en se réveillant dans le lit king size de Ranger.)

Voici donc quels sont les heureux happy few qui recevront une enveloppe surprise :

Cuné pour "C'est avec beaucoup de félicité que je viens revendiquer un supérieur anniversaire à ce blog et à tous ses lecteurs, bonnes femmes et mâles individus. C'est assez inusuel pour être noticé, toute la joie mélangée accordée aux yeux bénévoles, jamais dans la bagarre, selon l'éclairage du coeur. Poursuivez, Happy Few, je persévérerai à déchiffrer !" (Un traducteur de finnois quelconque) et "Hello, sweetie. SPOILERS !" (Une femme veinarde que je jalouse, et pas que pour son très joli nom)

 

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Une âme bien intentionnée avait même fabriqué un petit logo à mon intention. Mais je ne peux pas l'utiliser, je ne spoile jamais. En revanche, je veux bien les chaussures, qui après recherche s'avèrent être des Louboutin. Over classy. Over red. Over Fashion.

 

Mo pour "Longtemps, elle a blogué de bonheur." (Un certain Marcel) et "She is a hell of a fashion. She's the one." (Karine, ne dis rien, he's mine depuis si longtemps que tu ne fais pas le poids.)

Co pour "Happy Few is my new diet." (Lula, spandex girl)

Cécile pour "It's my blog's birthday, I made a pink cake to celebrate it".
A minute later, the cake in on the ceiling.
"Why did you do that to my birthday cake ? You don't like my blog ?"
"I fucking like your blog but what's important is facts, Ms Happy Few, as I keep remaining you since 4 years. I visit your blog every day, that's important, not a pink cake Ms Happy Few.".
"Oh really Jericho ? We are still with the "Ms Happy Few" after 4 years ? Call me Fashion".
"I'm Barrons, not Jericho. And It will be Fashion when I will fuck you and when you will make more references to me than you do to the Docteur". (Un certain Barrons, inconnu au bataillon) (what ?) (mauvaise foi, moi ?) (qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre quand même)

 

Merci à tous pour vos participations échevelées et drôlatiques, vous êtes merveilleux, chers happy few! A l'année prochaine ?

PS : Co et Cécile, vous voulez bien m'envoyer vos adresses postales, please, les girls ?

06.04.2011

"Il n'existe pas de mode d'emploi qui donne un plan pour situer le bonheur"

 "Je voulais ce qu'il y a de mieux pour toi. Malheureusement, il ne m'est pas venu à l'esprit que ce pourrait être moi. Dommage. Pas de chance. Raté. Je suis désolé. Je suis tellement désolé."

 

entrer des mots clefsIl y a tout juste un an, chers happy few, Leo et Emmi entamaient, avec Quand souffle le vent du nord, une correspondance qui allait faire vibrer les lecteurs de tous les pays et surtout votre serviteuse, emballée et émue par les réflexions amoureuses et les atermoiements de ces deux êtres que le hasard avait jetés l'un contre l'autre. Un an après, les voilà de retour avec La septième vague, qui les voit renouer le dialogue quelques mois après le retour de Leo (je spoile un peu, bien obligée, que celui qui n'a jamais révélé que John tombait amoureux d'Anne dans Une étourdissante épouse me jette élégamment le premier Harlequin, tiens).  

Et ? vous demandez-vous écartelés par l'insoutenable suspense.

OMG.

OMFG même (je jure si je veux d'abord, je n'ai jamais dit que je n'étais que sophistiquitude et glamour non plus) que cette suite est bonne. Retrouver nos deux tourtereaux pas du tout roucoulants et les voir se débattre dans leurs sentiments et dans la vie m'a procuré un bonheur ineffable. J'ai tout aimé dans ce roman lu d'une traite : l'angoisse de Leo, qui écrit les plus belles choses du monde quand il est ivre et analyse ses sentiments avec plus ou moins de lucidité ("ressentir n'est pas tromper" écrit-il au détour d'un verre de Bordeaux, hum, cher Leo, permets-moi de douter un peu), la légèreté d'Emmi qui semble avoir profité des mois de silence et d'éloignement pour mettre ses sentiments au clair (la façon dont elle mène le jeu est particulièrement fine), l'humour et la profondeur de leurs échanges, la sincérité de leurs sentiments (j'ai pleuré dans le métro, je suis fol-le) (mais comme tout le monde le sait, no harm done), les réflexions sur l'amour et la maturité, les tops des hommes peu sexy ("Ils détiennent la première place sur ma table d'Eros : les fans de Formule 1, les passionnés de salons du tourisme, les hommes à sandales, ceux qui fréquentent les kiosques à bière, et les hommes vexés!") (j'ai du coup moi aussi fait ma liste, évidemment, comment résister ?), les réactions d'Emmi à une certaine révélation (ah la la, le mail qu'elle lui envoie après m'a déchiré le coeur), l'analyse sous-jacente des relations épistolaires ("et avec les mails, on passe aussi ensemble le temps qui sépare deux messages"), j'ai même aimé la fin, que d'aucunes ont trouvé trop prévisible (mais je suis un petit coeur tout mou comme chacun le sait). Un roman qui donne envie de tomber amoureux, de manger italien, de porter l'autre au creux de sa main et de se laisser emporter par la septième vague, chers happy few. A lire, à relire, à chérir.

  

Daniel Glattauer, La septième vague (Alle sieben wellen), traduit de l'allemand (Autriche) par Anne-Sophie Anglaret, 348 pages, 6 avril 2011 pour la traduction (pour une fois, je suis à la pointe de la nouveauté, comme quoi tout arrive, attendez-vous à me voir porter des talons aiguille léopard), 2010 pour la parution en VO

Les billets de Cuné (qui pose une excellente question : la traductrice est-elle tombée amoureuse en traduisant ?), Stephie,Tamara, Cécile, Bladelor, Leiloona (qui résume parfaitement la situation : encore un peu et on aurait été contraintes d'apprendre l'allemand, comme quoi la kulture c'est simple comme un coup de coeur)

04.04.2011

"I crush the cities and turn them into waste... I let evil enter."

"She has a high opinion of herself", Andrea said.

"Oh yes. When she gets into a car, her ego has to ride shotgun."

 

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Atlanta est sous le coup d'une menace sans précédent : Erra, la destructrice de cités, accompagnée de ses sept compagnons (Déluge, Venin, Torche, Ténébres et consorts, que des gars sympas, quoi), a décidé de raser la ville. Et, manque de bol, elle "reconnaît" Kate, qui avait tant bien que mal réussi à faire profil bas jusque là (deux personnes seulement avaient deviné sa véritable identité) : entre les deux femmes s'engage alors un duel sans merci, compliqué pour Kate par les liens qu'elle a noués entre autres avec Julie et la Meute, qui font de ceux qu'elle aime une cible toute trouvée. Va y avoir de la castagne.

 

Le premier trimestre 2011 aura décidément été marqué par la découverte de séries de fantasy proprement fabuleuses, chers happy few, entre Barrons et Mac, Alexia et Conall et Kate et Curran, je ne sais plus où donner de la tête (et c'est la première fois que je lis autant de séries en continu, cette façon de faire m'était assez étrangère jusqu'à présent, je dois bien l'avouer). La série Magic est décidément excellente et les auteurs (si mes renseignements sont bons, il s'agit d'un couple) tiennent brillamment la durée, tant dans les intrigues qui se nouent et se dénouent à chaque fois que dans le fil conducteur général (l'identité et la quête de Kate), tant dans les personnages (apparus quasiment tous depuis le premier volume et qui ne cessent de s'étoffer depuis) que dans le cadre spatio-temporel (nous sommes à Atlanta vers 2050, dans un univers post-apocalyptique extrêmement inquiétant). Ce quatrième volume (et dernier paru à ce jour) réutilise comme les autres très intelligemment la mythologie et il est, comme les précédents, bourré d'action, de scènes intenses (les combats sont parfaits et violents) et d'humour, à l'image de son héroïne, Kate Daniels, qui dégaine aussi vite le sabre que les réparties cinglantes (quand on sait qu'en plus son roman préféré est The princess Bride, elle a toutes les qualités). Je ne spoilerai pas mais j'ai follement aimé le tournant pris dans ses relations avec Curran, le lion garou alpha de la Meute, et vu comment tout cela se termine, je pense que la confrontation tant attendue avec le big bad guy ne devrait pas tarder. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'au 31 mai, date de sortie du tome 5, Magic slays. Can't wait, furry happy few.

Ilona Andrews, Magic bleeds, Ace fantasy, 367 pages, 2010

Contrairement aux trois tomes précédents, celui-ci n'est pas traduit en français.

Le tome 1, le tome 2, le tome 3. Que d'organisation et de maîtrise du lien, je suis bluffée.

 

LUENVO.jpgChallenge Lu en VO

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