25.12.2011

Parce que c'est lui, parce que c'est moi

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(source : http://www.someecards.com/)

 

(Ceci n'est pas un blog tenu par une obsessionnelle compulsive à tendance monomaniaque, ceci est un blog ultra sérieux d'analyse kantienne tenu par une folle de philologie serbo-moldave qui milite pour la paix dans le monde et le retour de la Star Ac'.)

J'espère que vous avez passé un Joyeux Noël, chers happy few. 

06.10.2011

They're gonna save the world... and kiss the girls*

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The good (and sexy) ones

 

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The bad (and sexy) one

 

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My favorite (comment ça on ne le verra pas à l'écran ?)

Joss 4ever and a day (oui, malgré la calvitie, la barbe et la chemise à carreaux, je ne suis que profondeur d'âme)

 

Sortie prévue le 4 mai 2012. Oui, ça va être long.

 

(*je souhaite surtout ça à Captain America, le pauvre, ça commence à faire long là quand même)

(photos officielles trouvées sur le site www.newsarama.com)

 

 

PS pour ceux qui n'en dorment plus la nuit : j'ai trouvé un trench rouge. Très rouge.

 

28.02.2011

Colin, king of my heart

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No comment.

Ou juste hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Voire même hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii².

Hum.

Limite ahem.

 

(Et en plus j'ai trouvé le film excellent, ce qui ne gâche rien.)

12.10.2010

Who cares about decent ?

 

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Certainement pas lui, chers happy few, pour mon plus grand bonheur.

 

Oui, je sais que vous vous demandez où je suis passée et que vous vous dites dans votre Ford intérieure que ce blog est limite abandonné aux orties virtuelles, pauvre de lui (j'ai été Madame Irma dans une autre vie) (ne riez pas, je tire l'information d'un manuel très sérieux), mais figurez-vous que tout se ligue contre moi pour m'empêcher de venir répandre la kulture dans ces pages, chers happy few : le travail (que nul ne se gausse, je pourrais mal le prendre), les projets, le Grand Prix du Web (j'ai rempilé alors que j'avais juré mes grands dieux qu'on ne m'y reprendrait plus, souvent LCA varie, y a qu'à voir la taille de la PAL pour s'en persuader ; toujours est-il que je dois lire 15 romans avant le 30 octobre, oh j'en ai lu deux, quel bon rythme, je m'époustoufle moi-même), et la PAV (Pile A Voir, qui est, thank Tolkien, moins haute que la PAL mais relativement conséquente). C'est donc dans un accès de courage que j'ai décidé de la faire diminuer en regardant :

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Sherlock, une série BBC (2010), rapportée de ma dernière escapade londonienne (car il n'y a pas que William dans ma vie, la preuve).

Comme vous le savez tous, assidus happy few, la passion qui m'unit au détective britannique et néanmoins lunatique est toujours aussi vivace ; il était donc impossible pour moi de passer à côté de cette adaptation, alléchée que je fus par ses deux hénaurmes atouts : Steven Moffat et... Steven Moffat. Pour ceux qui se demanderaient qui est cet homme, que dis-je, ce demi-dieu (car il paraît que certains de mes lecteurs ne prennent pas de notes après chaque billet, ce qui est bien évidemment passible d'une sévère sanction à base de moldave), Steven Moffat est celui qui a, entre autre, dépoussiéré Doctor Who (pas de soupirs au troisième rang, merci). Or voilà-t-y pas que cet homme qui a décidément over bon goût aime Sherlock Holmes d'amour et qu'il a décidé, avec son compère Mark Gatiss, de reprendre l'oeuvre de Conan Doyle et de la transposer de nos jours. Idée géniale que les deux hommes ont menée à bien avec brio, en mélangeant la transposition matérielle et technologique au respect du matériau de base (psychologie et relations entre les personnages), le tout nourri de multiples références aux intrigues imaginées par Sir Arthur.

 

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Encore des hommes qui courent avec classe et enmanteaunés. Ferais-je une fixation ?

 

Voilà donc nos personnages dans le Londres contemporain : mon détective favori, toujours Consulting detective, n'écrit pas des ouvrages sur les abeilles et les poisons mais il publie le résultat de ses recherches sur un site internet, The science of deduction ; il a été contraint d'arrêter de fumer (les fameux "Ceci est un problème à trois pipes, Watson", sont remplacés par "Ceci est un problème à trois patchs de nicotine") ; il ne communique que par textos (qui apparaissent incrustés sur l'écran, ce qui est un gimmick très réussi), a remplacé sa bande de jeunes des rues par des SDF et il fait toutes ses expériences scientifiques dans le labo d'un hôpital. Watson, médecin militaire blessé en Afghanistan, tireur d'élite, ne tient plus un journal mais un blog, fort lu d'ailleurs (se préoccupe-t-il du classement Wikio ? mystère), et après une période de chômage, il a trouvé un job pas très bien payé dans un dispensaire. Nos deux héros se rencontrent dans le premier épisode (la série en compte trois), A study in pink, prennent un appartement en colocation au 221B Baker street (Mrs Hudson, redevable à Holmes, leur fait un prix) et cohabitent tant bien que mal, Holmes étant aussi capricieux, désordonné, dénué de manières et plein de mauvaises habitudes que dans les romans et nouvelles de Conan Doyle. Les intrigues, fort bien ficelées, ont le temps de se déployer vu le format imposé par la BBC (90 mn par épisode) (pour la petite histoire, Moffat avait écrit un pilote de 60 mn qui une fois tourné et montré à la production a été jugé tellement bon que la BBC a demandé deux épisodes supplémentaires et a fait rallonger le pilote) et contenteront aussi bien ceux qui n'ont jamais lu Conan Doyle que les fans, qui s'amuseront à relever les allusions et les emprunts (et qui couineront, du coup, évidemment). Le couple formé par Holmes et Watson fonctionne parfaitement, certainement en raison du choix des acteurs : Benedict Cumberbatch est un Sherlock parfait, sociopathe brillant à la langue affûtée et aux yeux de chat (cet acteur a vraiment un physique très particulier) face à Martin Freeman, qui campe excellemment un Watson discret mais efficace. Outre nos deux héros, on retrouve Lestrade (Rupert Graves) et ses hommes, Mycroft (Mark Gatiss, excellent) et bien sûr Moriarty (Andrew Scott) dont le personnage de psychopathe, révélé en fin de troisième épisode devrait prendre de l'ampleur par la suite, car oui, il y en aura une, chers happy few, ce qui me fait évidemment couiner par anticipation. Et d'ici qu'elle soit diffusée, je devrais avoir éclusé ma PAV. Ou pas.

 

Sherlock, trois épisodes de 90 mn chacun : A study in pink, The blind banker, The great game. Disponible en DVD en import, zone 2.

Les trois épisodes suivants seront diffusés en Grande-Bretagne à l'automne 2011.

France 4 a acheté cette série, dont la diffusion est prévue incessamment sous peu, et ça c'est une bonne nouvelle, n'est-ce pas Hydromielle ?

22.04.2010

Parce que c'est lui, parce que c'est moi...

... chabadabada.

 

Aujourd'hui, chers happy few, en ce 22 avril ensoleillé, une bande de joyeuses illuminées dont je fais partie (que celui qui a marmonné "évidemment" se dénonce immédiatement sous peine de se voir imposer une année complète de lecture de L'éclat du diamant en boucle et en moldave médiéval) a décidé de faire une déclaration d'amour au personnage le plus fascinant, le plus passionnant, le plus excitant à l'ouest de la planète Aldébaran : le Docteur. Nous pensons sérieusement transformer le 22 avril en journée de la Doctoritude, avec conférences aussi diverses que variées (De la symbolique de la cravate vs celle du noeud papillon, Deux coeurs, c'est pour mieux t'aimer mon amour ?, et j'en passe) et autels dressés un peu partout dans le monde avec des fans qui danseront nues en wooooshant, mais je m'égare. Ahem. Où en étais-je ?

 

Euh... ah oui. Pour célébrer cet homme hors du commun, nous avons décidé de dresser la liste des raisons pour lesquelles nous aimons cette série à la folie, chers happy few mais comme c'est quelque chose que j'ai déjà fait deux fois dans ce modeste salon (ici et , même, pour être tout à fait précise), j'ai décidé pour ma part de dresser la liste des raisons pour lesquelles j'aime ce personnage d'un amour sans limite, voire même légèrement obsessionnel. Avouez que vous êtes avides de savoir, limite haletants, mmmh ?

 

1. Il est anglais. Comment ça non ? Allez, dans ma grande rigueur scientifique, je veux bien reconnaître que c'est un Seigneur du Temps à deux coeurs qui la faculté de se régénérer : moi je dis qu'un personnage qui a des pouvoirs aussi cool mériterait d'être anglais, tiens.

 

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La preuve qu'il est cool : il emballe Madame de Pompadour.
Comment ça, la photo n'a pas grand-chose à voir avec le 1. ?
C'est mon blog d'abord donc je fais ce que je veux, non mais.

 

2. Il est gracieux quand il court. Ce qui, vous en conviendrez aisément, n'est pas donné à tout le monde.

 

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Bon, ok, la photo n'est peut-être pas tout à fait représentative de sa gracieuseté.
Mais il court vite. Et sans arrêter de parler. Et ça, c'est incroyable, non ?

 

3. Il est toujours bien accompagné. Par des femmes intelligentes, fortes et drôles. Comme moi, donc. Je sais dans mon petit coeur tout mou que je ferais une compagne idéale, la preuve je n'ai peur de rien, et surtout pas du ridicule.

 

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Et puis moi aussi le brushing me va si bien.
Farpaitement.

 

4. Il porte bien le pyjama. Même celui de grand-père.

 

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Qui va avec la robe de chambre démodée et les pantoufles en cuir.
Ben oui, autant ne pas faire les choses à moitié, non ?

 

5. Il a l'arme la plus cool du monde. Elle répare tout, lui donne accès à tous les ordinateurs, lui permet d'ouvrir toutes les portes et en plus elle fait lampe-torche.

 

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J'aime quand il est concentré.
Et pas content.
Vous remarquerez la ligne volontaire de la mâchoire et le regard pénétrant.
So sexy.

 

 6. Son vaisseau spatial ressemble à une blague. Et fait un bruit bizarre. Et il s'ouvre avec une simple clé.

 

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Le TARDIS est quand même la meilleure idée de la série.
Tiens, si on prenait une cabine téléphonique mais bleue parce que c'est surprenant ?
Et puis on mettrait plein de bitoniaux à l'intérieur et on dirait que ce serait pas vraiment une machine mais un être vivant.
Chiche ? Chiche.

 

7. Ses ennemis héréditaires sont des boîtes de conserve avec ventouses. Et parlent du nez. La classe.

 

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Et ils ont un vocabulaire ultra limité.
Exterminate!

 

Mais je l'aime aussi pour son amour de l'humanité, sa soif de connaissances, sa mémoire encyclopédique (enfin, comme s'il avait mémorisé un milliard d'entre elles), sa culture, sa modestie (il a rencontré Shakespeare quand même, le veinard, et il n'en fait pas tout un fromage), son don pour les langues, son enthousiasme, son amour du danger, ses réactions pas toujours humaines, son sourire d'enfant qui s'apprête à faire une bêtise et son regard d'homme qui a vécu 900 ans, son sens du sacrifice, son bon goût vestimentaire quelle que soit son incarnation (oui, moi tout me plaît, la veste en cuir, les converse, le noeud pap', je ne suis pas difficile), son humour, ses silences, ses larmes, ce qu'il ne dit pas, sa volubilité, son courage et... David bien sûr. (Avouez que si je n'avais rien dit, ça vous aurait manqué, non ? C'est pas comme si j'avais mis des photos dans le reste de l'article non plus. Je sais me tenir, moi, madame.)

 

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Quel homme.
*soupirs*

 

I love you Doctor. Forever. And a day.

 

Mes comparses en amour fou :

Caro[line], Chiffonnette, Celsmoon, Mo, Hydromielle, Karine:), Stéphanie et Chrestomanci.

(Une intruse s'est glissée dans cette liste, saurez-vous la démasquer et la conspuer, chers happy few ?)

06.03.2010

J'avais 15 livres dans mon panier...

Casanova (la blogueuse, pas l'autre, celui qui a été brillamment interprété par un certain D. T) (encore que je m'avance un peu, je n'ai toujours pas pu regarder ce qui s'annonce comme un grand moment de cinéma (pensez donc, David y porte des lentilles... bleues, quelle prise de risque) puisque notre amie britannique qui s'est coupé le sein (certaines ont de drôles de pulsion, mais qui sommes-nous pour juger, je vous le demande, chers happy few) a jugé bon m'annoncer après trois semaines d'attente que ledit Casanova était en rupture de stock, j'en ai pleuré évidemment), bref, disais-je avant d'être violemment interrompue par une parenthèse (elles sont mal élevées les bougresses), Casanova, donc, a écrit un billet sur les 15 livres qui ont, pour des raisons aussi diverses que personnelles, marqué sa vie de lectrice. Ce n'est pas un tag, ce qui explique sans doute pourquoi j'ai eu très envie de reprendre cette idée tout de suite, parce que comme chacun le sait, contradiction is my middle name. Voici donc pour vous, chers happy few, 15 ouvrages qui ont fait de moi la lectrice que je suis (et non pas qui ont bouleversé ma vie et je le précise car la nuance est de taille, un roman peut changer à jamais une vie tout court mais ça, ça ne vous regarde pas, na), dans l'ordre chronologique (oui, parfois je suis psychorigide, j'assume).

 

1. La petite maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder. Cette formidable série m'a ouvert à la fois la porte des grands espaces américains, des récits familiaux et des récits mettant en scène la nature, goûts qui ne m'ont plus jamais quittée (même si dans la vraie vie je suis une citadine pure et dure, nobody's perfect).

 

2.  L'île au trésor de Stevenson. Des pirates, de l'aventure, une plume fabuleuse : depuis j'ai un goût très prononcé pour les récits maritimes, les récits de voyage et... les Ecossais.  

 

3.  Dix petits nègres d'Agatha Christie. Mon premier. J'étais très jeune et depuis je lis des polars. J'aime déconstruire les intrigues et anticiper le raisonnement de l'enquêteur à l'oeuvre. Cette étrange addiction ne s'est pas arrangée avec, quelques années plus tard, la découverte de Sherlock Holmes.

 

4. La légende arthurienne. Lue dans la fameuse collection des Contes et légendes avant d'aborder, plus tard, Chrétien de Troyes. Un goût étrange qui ne m'a jamais quittée et qui m'a poussée à de nombreuses lectures autour de cette matière fabuleuse qui a tant nourri l'imaginaire occidental.

   

5.  Le Seigneur des anneaux de Tolkien. Le début d'une folle histoire d'amour avec la fantasy, genre que je n'ai jamais cessé d'aimer et dans lequel j'ai lu des merveilles comme L'assassin royal de Robin Hobb ou La tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay pour n'en citer que deux (comment ça j'en profite pour citer d'autres titres que les quinze initialement prévus ? bande de mauvaises langues).

 

6. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Un roman fleuve et foisonnant, que j'ai lu et relu et dont je chéris mon exemplaire tout abîmé. J'aime Scarlett pour son entêtement et sa volonté farouche, j'aime l'atmosphère de fin d'époque, et Rhett, ah, Rhett. Of course.

 

7.  Orgueil et Préjugés de Jane Austen. La découverte de la littérature anglaise, que je ne finis pas d'explorer, et de Darcy, ze one.

 

8. Ubik de Philip K. Dick. La découverte d'un auteur qui me fascine depuis presque 20 ans (et dont j'ai lu toute l'oeuvre, même dans ses ramifications les plus étranges et inattendues) et la naissance de mon addiction à la SF que je me contentais d'aimer de loin depuis des années (et mes lectures de Bradbury et Léourier, on ne rit pas, je garde un souvenir ému de L'Arbre miroir, que j'ai dû lire une dizaine de fois quand j'étais gamine, je crois même avoir conservé mon exemplaire dans un coin quelque part). Autant dire que je lui dois tout ce qui a suivi et les trois bibliothèques exclusivement consacrées à la SF qui encombrent ma chambre (oui, c'est la faute de Philip, pas la mienne, il était temps que la vérité éclate chers happy few).

 

9.  La princesse de Clèves de Madame de La Fayette. Le roman dont la première lecture m'a bouleversée et qui me rend hystérique quand je l'étudie avec des élèves, notamment la scène du portrait dérobé. Une telle profondeur psychologique me laisse pantoise. Et échevelée. 

 

10.  De grandes espérances de Charles Dickens. J'ai découvert cet auteur grâce à un prof, à la fac ; ce fut un choc et un coup de foudre. Faute de traductions disponibles en poche, j'achète les Pléiade une par une, en attendant de trouver le courage de le lire en anglais (mais si je l'ai fait pour Will, tout est possible, chers happy few).

 

11.  La Chartreuse de Parme de Stendhal. No comment.

 

12.   Alcools d'Apollinaire. Mon premier émoi poétique. Je suis folle de ce recueil, je connais la moitié des poèmes par coeur.

 

13.  American gods de Neil Gaiman. J'ai developpé suite à cette lecture une addiction à Neil, c'est le seul auteur dont je suive le journal sur le net et dont j'achète absolument tout, des romans jeunesse aux comic books. Nobody's perfect, paraît-il.

 

14. Une rivière sur la lune de Barbara Kingsolver. Un roman poignant et magistral, comme tout ce qu'a écrit cette romancière décidément hors du commun. Des yeux dans les arbres, du même auteur, m'a fait le même effet, et dans une moindre mesure Des cochons au paradis ou Un été prodigue. Kingsolver a un talent fou pour entremêler histoires extrêmement bien ficelées et réflexions d'une infinie justesse sur la famille, le tout dans une nature follement bien décrite.

 

15. Hamlet de William Shakespeare. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, tout est expliqué . Sachez que je ne m'en suis pas encore remise. Et que j'ai acheté d'autres pièces en version bilingue. Et qu'en juin je vais voir une pièce au Globe avec les copines. Et faire un pélerinage à Stratford. 2010 sera l'année Shakespeare.

 

 

Vous savez quoi, chers happy few ? Il y avait bien longtemps que je n'avais pas fait une liste. Et décidément, j'aime ça.

 

 

 

La liste par laquelle tout a commencé : Casanova (et il faut vraiment que je lise Les oiseaux se cachent pour mourir, que j'ai acheté il y a deux ans sur sa recommandation).

Les copines qui se sont prêtées au jeu : Caro[line], Ofelia. Who's next ?

 

 

 

 

06.02.2010

"The rest is silence"

Il y a de nombreuses années (je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, chers happy few), le ciné-club de la petite ville de province où je vivais (oui, c'est souvenirs time mâtiné de je raconte ma vie, mais bon, ça arrive si peu souvent que vous n'allez pas vous en plaindre, non ?) avait proposé une semaine thématique autour d'Hamlet. C'est ainsi que je découvris, médusée, l'interprétation hystérique de Mel Gibson dans l'adaptation de Zeffirelli (et croyez-moi, ceux qui n'ont pas vu ça n'ont rien raté sauf un immense fou rire et beaucoup de soupirs), celle, assez collet monté de Laurence Olivier (acteur qui ne m'a décidément jamais convaincue) et quelques curiosités comme Hamlet goes business d'Aki Kaurismaki, qui transpose l'histoire dans les années 30. Et comme j'ai toujours été une obsessionnelle monomaniaque, chers happy few (ça doit être génétique, je ne vois que ça) j'en avais profité pour lire la pièce en français dans la traduction de François-Victor Hugo (ça a l'air d'être un détail mais cette pièce a été traduite à de nombreuses reprises et je n'aime pas du tout la version de Gide disponible en Pléiade, par exemple) (et celle de Hugo n'est trouvable que d'occasion). Et si mon histoire avec Shakespeare ne faisait que commencer, puisque j'ai lu et vu un grand nombre de ses pièces et que The Tempest fut ma toute première expérience de théâtre en anglais, celle avec Hamlet, elle, s'était arrêtée là (si l'on excepte sa drôlatique thérapie dans Something rotten du grand Jasper).

 

Jusqu'à ce que.

 

Jusqu'à ce que David Tennant, un jeune acteur inconnu (comment ça je plaisante, chers happy few ? je n'oserai pas, c'est si peu dans ma manière) reprenne le rôle en 2009, au théâtre d'abord, puis dans un téléfilm de la BBC adapté de la mise en scène de la RSC (Royal Shakespeare Company). Je me suis procuré le DVD (une pulsion inexplicable, évidemment) et, avant que de me lancer dans le visionnage, j'ai eu envie de relire la pièce. Et comme depuis une dizaine d'années je lis des romans en anglais, j'ai décidé, wild girl que je suis, de lire Hamlet dans la langue de Shakespeare (oui, je sais, elle est facile celle-là, vous pouvez me jeter des exemplaires du dernier Zeller pour me punir, je le mérite, va). Mais comme je suis une aventurière en pantoufles, j'ai opté pour la version bilingue, et ça tombait bien, celle de François Maguin publiée chez G-F était dans ma PAL depuis le Doctor Swap ; comme quoi tout est dans tout et inversement comme disait le poète moldave en se servant une bière.

 

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Et figurez-vous, chers happy few, que j'ai eu le choc de ma vie.

 

Le style de Shakespeare, mélodieux et imagé, âpre et incandescent, m'a littéralement transportée et j'ai passé trois jours cramponnée à mon exemplaire (qui a d'ailleurs beaucoup souffert le pauvre, il est corné de partout et plein d'annotations de toutes les couleurs) au point d'en rater ma correspondance dans le métro (la preuve ultime comme le savent les citadins), de ne parler que de ça autour de moi (les méchantes langues vous diront que ça les a changées du Docteur mais il ne faut pas écouter les médisants) et d'en relire des passages aussitôt terminés (une chose que je ne fais jamais), et même d'en apprendre par coeur ("A murderer, a villain...", pouvait-on m'entendre déclamer en me brossant les dents, car oui, je suis multitâches, qui en doutait). Bref, un coup de foudre comme il en arrive quelques-uns dans une vie de lectrice, bouleversant et irrémédiable.

 

Je pitche quand même pour ceux qui auraient passé les cours d'anglais à se demander où est ce maudit Brian : Hamlet, prince du Danemark, est rentré au pays pour assister aux funérailles de son père et au remariage de sa mère, Gertrude, avec Claudius, frère de feu le roi. Hamlet, personnage déjà naturellement enclin à la mélancolie, est bouleversé par la révélation du spectre de son père qui lui apparaît une nuit : Claudius l'a assassiné et il exige que son fils le venge. 

 

Il a été tant écrit sur cette pièce, chers happy few, que je me contenterai du minimum : Hamlet est à la fois une tragédie antique (famille maudite, reine sur qui pèse le soupçon de l'adultère, frère meurtrier, trouble relation entre Hamlet et sa mère, folie et vengeance), une pièce politique (cour corrompue emplie de courtisans serviles comme Osric ou Polonius, qui sont prêts aux pires exactions pour satisfaire le roi comme Rosencrantz et Guilderstern qui emportent en Angleterre la condamnation à mort d'Hamlet sans sourciller) et psychologique, Hamlet étant un personnage d'une incroyable complexité, qui s'interroge sans cesse sur ses actions, ce qui est parfaitement visible dans les nombreux et longs monologues qui sont les siens. Jeune homme populaire, qui simule la folie pour se donner l'avantage de la surprise avant que d'être victime de son propre stratagème, dangereux ("Yet I have in me something dangerous/Which let thy wisdom fear", dit-il à Laerte le jour de l'enterrement d'Ophelia) et aux sentiments ambigus. Et cette histoire pleine de bruit et de fureur, qui s'achève dans un bain de sang, est servie par une langue fabuleuse, chers happy few. Vers et prose alternent dans un style flamboyant et puissant, certes difficile (il m'est arrivé de devoir me raccrocher à la traduction, très littérale, de François Maguin, notamment pour élucider quelques problèmes de syntaxe), mais sublime.

 

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Quant à l'adaptation, elle est très intéressante dans ses parti-pris de mise en scène et dans sa volonté d'être un mélange entre théâtre et téléfilm : le décor est un lieu vaste et vide, tout de noir tendu, avec un sol réfléchissant, directement emprunté à la mise en scène théâtrale, et un miroir brisé revient comme un fil rouge (le thème du miroir parcourt la pièce et sur la scène il y avait un miroir gigantesque). La scène est filmée par des caméras de surveillance, qui prennent parfois le relais de la caméra, pour bien montrer la surveillance constante qui est à l'oeuvre dans la pièce, surveillance dont Hamlet se sent l'objet et qui n'est pas simple paranoïa de sa part. Et si l'utilisation de ce procédé m'avait semblé un peu artificiel au départ, il prend tout son sens dans la scène où Hamlet, qui se sent surveillé, arrache la caméra du mur et dit "Now I am alone". Du côté du texte, certaines coupes ont été effectuées, parfois juste quelques vers dans une tirade, ou un échange, parfois aussi des scènes entières comme la scène 6 de l'acte IV ou le début de la scène 7, ce qui conduit à un resserrement de l'intrigue en supprimant tout le retour d'Hamlet et l'explication du destin de Rosencrantz et Guildenstern et presque purement et simplement l'aspect guerrier (le roi de Norvège vient réclamer ce qui fut pris 30 ans auparavant), ce qui explique aussi la fin, le téléfilm s'arrêtant à la mort d'Hamlet et non à l'arrivée de Fortinbras. Le plus étonnant reste le télescopage entre les actes II et III : en plein milieu de la scène 2, quand Gertrude dit voir entrer Hamlet, le texte saute à la scène 1 de l'acte III, où Polonius enjoint à sa fille d'engager la conversation avec Hamlet, conversation suivie par les deux pères derrière un miroir sans tain, puis à la fin de la confrontation entre Hamlet et Ophelia on revient à la scène entre Polonius et Hamlet, scène qui prend évidemment un sens différent puisque la confrontation entre les deux jeunes gens a déjà eu lieu. Je ne sais pas encore si ce "montage" se justifie, il faudrait pour ça que je voie d'autres adaptations, une chose est certaine, il ne nuit aucunement à la fluidité de l'intrigue.

 

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Il faut évidemment dire un mot de l'interprétation, que j'ai trouvé impeccable chez tous et franchement extraordinaire de la part de David Tennant. Il campe un incroyable Hamlet, d'une infinie justesse dans toutes les situations et émotions, et son interprétation du célébrissime "To be or not to be" est d'une beauté à faire pleurer (j'ai versé une larme, parce qu'on ne se refait pas, chers happy few). Il y a une intensité folle dans ses regards, ce qui est bien évidemment la (seule ?) supériorité de la télévision sur le théâtre : les gros plans permettent de saisir les nuances perdues pour les spectateurs dans une salle de théâtre, de même que le texte peut se permettre d'être ici intériorisé et dit dans un souffle et non projeté pour des centaines de spectateurs. J'ai été vraiment impressionnée par sa prestation, à tel point que je me suis repassé certains passages (comment ça, je suis obsessionnelle, chers happy few ?).

 

Au final, c'est une adaptation que je recommande chaudement, chers happy few, et que je vais pour ma part chérir, en attendant de voir celle de Brannagh, acquise la semaine dernière. Entre Hamlet et moi c'est décidément une folle histoire d'amour.

 

William Shakespeare, Hamlet, G-F, 541 pages, introduction, traduction et notes de François Maguin, 1995. Le texte de Shakespeare date de 1600, possiblement de 1599.

 

Hamlet, une production de la RSC, dirigée par Gregory Doran, BBC, 2009. Disponible en DVD zone 2 import anglais uniquement, VO et VOST VO.

 

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Challenge Lunettes noires sur pages blanches : 1

Challenge Lire en VO : 7/12

Challenge English classics : 1/2

30.03.2009

Fantastic!

Comme vous l'avez remarqué, brillants happy few à qui rien n'échappe, j'ai eu dernièrement quelques absences bloguesques. Si on ajoute à cela un blog-it (vous savez, le truc rose dans la colonne de droite) souvent et abondamment consacré à un certain DW, inutile de posséder les talents de fin limier de notre ami Sherlock pour comprendre qu'il y a un lien de cause à effet évident entre les deux faits : je viens de passer quelques semaines en compagnie de l'homme le plus intelligent, le plus curieux, le plus délicieux et le plus sexy de tous les univers connus (et surtout inconnus) : le Docteur!


Docteur qui ?


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Doctor Who est une série de science-fiction britannique créée dans les années 60 et reprise en 2005. Nouveaux développements, nouveaux personnages mais toujours au centre des intrigues le fameux Docteur, un extra-terrestre dernier de sa race (les Seigneurs de Temps) qui dans son vaisseau spatial, le TARDIS, en forme de cabine téléphonique de la police des années 60, voyage dans le temps et dans l'espace afin de venir en aide aux cvilisations diverses et variées qui ont besoin d'aide, le tout sans changer les faits qui ont déjà eu lieu (dans la bonne vieille tradition des voyages temporels), armé seulement d'un tournevis sonique qui est au Docteur ce que le chewing-gum était à McGyver : indispensable. Ce Docteur a beau être tout seul, le pauvre, ce n'est pas un solitaire, et il voyage toujours avec une assistante, une terrienne qui n'a pas froid aux yeux et qui, en plus de lui donner un sacré coup de main, lui apporte un regard différent et humain sur le monde qui l'entoure, car notre brave Docteur, avec ses deux coeurs, sa capacité de régénération (quand il va mourir, son corps se transforme, ce qui facilite terriblement le changement d'acteur) et son cerveau aux capacités de stockage inouïes a tout du geek un peu étrange.


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(Le TARDIS, beaucoup plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur... mais tout aussi kitsch.)


Cette série est fabuleuse, chers happy few, n'ayons pas peur des mots, elle m'a rendu complètement accro, et comme il n'y a pas de raison que je ne vous file pas mon vice (car c'est bien connu, plus on est de fous, plus on a de fun), je vais développer un peu. Premièrement, cette série marie parfaitement les procédés propres à la SF (voyage et paradoxe temporels, aliens, nouvelles technologies et j'en passe) à des procédés fantastiques (possessions, loups-garous, sorcellerie, etc), de manière fluide et intelligente. Deuxièmement, c'est une série narrativement totalement cohérente et aboutie : à l'intérieur d'une saison, tous les faits, même minimes, font parfaitement sens et quand on remet la série en perspective (ce que j'ai fait puisque j'ai regardé les 4 saisons disponibles à la suite, quand je vous disais que c'était de l'addiction), tout prend place dans un schéma plus vaste, ce qui est le propre des excellentes séries. Ensuite, chaque saison (13 épisodes plus un épisode spécial qui se déroule toujours à Noël) alterne épisodes dans le passé, épisodes dans le présent (un présent qui finit par ne plus ressembler au nôtre, plus noir, et plus technologique) et épisodes dans le futur parfois très lointain. Si la plupart des épisodes se déroulent sur Terre, certains ont lieu ailleurs : autres planètes, autres galaxies, et la multiplication des époques et des temps donne matière à une grande richesse de situations et de réflexions, ce que facilite évidemment l'argument de SF. Ce que j'ai trouvé proprement génial, c'est que le côté kitsch (totalement assumé, ne serait-ce qu'avec le TARDIS) n'empêche pas la série de devenir de plus en plus noire, les fins de saisons 3 et 4 étant carrément oppressantes. Car si les ennemis héréditaires du Docteur, les Daleks, ressemblent à des caisses en métal qui roulent, il n'en demeure pas moins qu'ils représentent une nation totalement et irrémédiablement fasciste, qui refuse la différence (ils sont tous identiques et n'ont pas de nom) et extermine les autres peuples sans jamais fléchir pour que l'univers ne soit qu'à leur image.



T_DalekTeam2.jpg_41631816_cybermen3_416pa.jpg (Daleks et Cybermen, même uniformité, même absence d'émotions et d'humanité. Même combat pour le Docteur.)




Cette série, vous l'avez compris, chers happy few, est fort intelligente, et propose en sus (tiens, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas employé celui-là) des épisodes délicieusement british : dans chaque saison en effet, on trouve un épisode qui met en scène une figure britannique célèbre. Dans la saison 1, nous rencontrons ainsi Charles Dickens, dans un délicieux épisode qui se passe à Noël et où il y a ... des fantômes. Dans la saison 2, c'est la Reine Victoria qui joue les guest, et qui en profite pour fonder l'Institut Torchwood (qui, joint à la personnalité so charismatique du capitaine Jack Harkness, personnage qui apparaît dans les 3 derniers épisodes de la saison 1, a donné lieu à un spin-off qui fera l'objet d'un prochain billet) (oui, je sais, je tease, c'est mal, chers happy few), dans la saison 3 on croise Shakespeare (j'ai adoré cet épisode et le "Expelliarmus" de Martha) (j'ai bien conscience de parler une autre langue, mais c'est pour vous donner terriblement envie de le voir, chers happy few) et dans la saison 4, Agatha Christie (et on résout un mystère la concernant par la même occasion, trop fort ce Docteur). Chaque saison est d'une incroyable richesse et la plupart des épisodes mériteraient un billet pour eux tout seuls, tant ils proposent tous une histoire dense (allez, pour le plaisir, je donne quelques-uns qui font partie de mes préférés : celui où le Docteur n'est plus le Docteur mais un (pas si) banal être humain (Human Nature, saison 3), celui où le futur de l'humanité ressemble à Mad Max (Utopia, saison 3), celui qui est construit comme Alien (Midnight, saison 4), celui inspiré par la télé-réalité (Bad Wolf, saison 1), celui où Rose voudrait sauver son père (Father's day, saison 1), celui avec la Pompadour (The girl in the fireplace, saison 2), celui qui donne une réponse à l'existence du Diable (The impossible planet, saison 2), celui où les habitants de New Earth sont coincés sur l'autouroute (Gridlock, saison 3), celui avec les anges qui pleurent (Blink, saison 3, cet épisode est, comme un de chaque saison, construit autour de l'absence du Docteur) ou celui avec la planète-bibliothèque (Silence in the Library, saison 4), et j'en passe.)



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(Les compagnes, Rose Tyler, Donna Noble et Martha Jones. Girls rule.)


Si vous n'êtes toujours pas convaincus, chers happy few, je peux encore ajouter que les dialogues sont savoureux, et qu'il y a un mélange de comédie et d'émotions très réussi (on rit beaucoup et on pleure... pas mal), que les personnages sont terriblement attachants : le Docteur (incarné successivement par Christopher Eccleston et David Tennant, ce qui bizarrement ne nuit pas à la cohérence du personnage même s'il est à la fois le même et différent, c'est un tour de force, chers happy few) en tête évidemment, cet homme mû par une insatiable curiosité qui a une absolue confiance dans le genre humain et qui court beaucoup. Ses compagnes successives sont suffisamment différentes pour qu'il n'y ait jamais de redondance entre elles et on s'attache très facilement à la suivante même si on regrette les précédentes (encore un tour de force) : Rose Tyler (Billie Piper), la toute jeune, à qui la rencontre avec le Docteur a donné un sens à une vie qui s'acheminait vers pas grand-chose, Martha Jones (Freema Agyeman), brillante, coriace et fleur bleue, Donna Noble (Catherine Tate), drôle, piquante et pleine de ressources (ma préférée), toutes sont des femmes de tête et de coeur. Les personnages secondaires reviennent fréquemment, de même que les ennemis, comme dans les comic-books auxquels cette série doit en partie, ce qui finit par créer un terrain très familier dans lequel le spectateur se retrouve aisément. Et si vraiment, il vous faut encore des arguments, chers happy few, et même si nous ne sommes pas jeudi, je ne peux que conclure sur la sexytude du deuxième Docteur : personnellement, j'ai craqué. On ne se refait pas, chers happy few, et c'est tant mieux. Ou pas.


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(Pour la petite histoire, il a été élu Sexiest male character on TV par nos amis britons. J'aurais tendance à dire que c'est parce qu'il le vaut bien.) (Il a aussi remporté un prix d'interprétation aux National Television Awards.) (Quel homme!)


En guise de conclusion, je n'aurai qu'un mot à dire chers happy few. Brilliant!



Doctor Who, saisons 1 à 4, disponibles en DVD version anglaise (Zone 2). Les versions françaises ne proposent que la VF à partir de la saison 3 (sacrilège intergalactique!) et aucune ne contient les épisodes spéciaux (pour une raison qui m'échappe totalement : seraient-ils perdus dans une faille spatio-temporelle ?)


Le billet d'Ys sur la saison 1, celui de Karine sur les saisons 1 et 2, ceux d'Isil sur la saison 1, la saison 2, la saison 3 et la saison 4.
Merci infiniment à Isil qui 1) m'a fait découvrir la série 2) m'a prêté les saisons 2, 3 et 4. Pour un peu, je lui pardonnerais presque de ne pas apprécier Firefly. Presque.

14.09.2007

Neil, mon amour!

Je ne sais pas vous chers happy few, mais moi en ce moment, je suis un peu agacée.

Oh, rassurez-vous, j'ai l'agacement léger et c'est vraiment trois fois rien, comme la présélection du Goncourt (c'est moi qui rêve où il n'y a que des romans de la rentrée littéraire ?), le fait qu'on ne peut pas ouvrir un cahier critique sans tomber sur de dithyrambiques éloges d'Amélie, Olivier et Patrick, Pierre ou Marie, et voir les mêmes encensés à longueur de colonne me lasse un tantinet je dois bien l'avouer. Ajoutons à cela le changement d'horaire de certaines séries télévisées (je sais, je n'ai qu'à acheter un programme mais depuis que je boycotte Télérama, je n'arrive pas à me résoudre à acheter un magazine télé pipole (ils le sont tous), il y a des limites à ce que je peux endurer) et la malédiction qui s'est abattue sur mon fer à repasser (les lutins qui sont à l'intérieur ne veulent plus le faire fonctionner, c'est un scandale). Mais tout cela n'est rien en regard du fait que je me suis trouvée ce matin à cours de Spray sublimateur d'ondulations de mon vénéré John Frieda, par ma faute évidemment puisque c'est moi qui ai oublié d'en racheter. Pourquoi John Frieda ne me livre-t-il pas ses fabuleux produits par coursier, cela reste un insondable mystère auprès duquel, chers happy few, le reste n'est que littérature...

Vanitas vanitatum, sic transit etc, vous l'aurez compris chers happy few, c'est un jour à pousser un grand cri d'amour, chose que je n'ai pas faite depuis très exactement trois mois et un jour, ce qui est manifestement trop, je vous le concède.


Aujourd'hui, donc, je vais vous révéler (enfin) le pourquoi du comment de mon amour pour Neil Gaiman.

Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de lui (mais je ne veux pas croire que vous soyiez nombreux, cela heurterait terriblement mon petit coeur fragile), je vais, une fois n'est pas coutume, commencer par le commencement.

Neil Gaiman, c'est lui : 93d1fa55dc916ac6bea285fe1a25bcaf.jpg

et, contrairement à ce que son physique pourrait laisser croire, cet homme est un écrivain, ce qui nous conduit à nous poser une question existentielle, du genre : "la beauté est-elle soluble dans l'écriture ?" ou à remarquer que finalement on peut écrire et ne pas être moche comme un pou (je ne vise personne en particulier, vous vous doutez bien, chers happy few, mais enfin, vous aurez remarqué comme moi qu'en général nos émissions littéraires ne regorgent pas de jeunes premiers, ni mêmes de jeunes deuxièmes). On peut être écrivain et porter fort bien le blouson en cuir et le regard de braise, tout cela, chers happy few, tendrait à prouver que les gens beaux ont aussi un cerveau, ce qui est, vous en conviendrez aisément, très encourageant...


Donc, disais-je, avant de m'égarer dans les méandres de ce questionnement métaphysique, Neil Gaiman est un écrivain anglais de fantasy (et j'espère que vous me connaissez assez à présent pour ne pas fuir à l'évocation de ce genre), que j'ai découvert il y a quelques années en achetant par hasard et par inadvertance American Gods. Ce fabuleux roman, bourré d'ironie, au style ébouriffant, raconte la bataille que se livrent les Dieux des mythologies oubliées (surtout celtes) et les Dieux modernes (ceux de la technologie et de la consommation) dans l'Amérique contemporaine. La métaphore sert un roman incroyable, extrêmement original, qui m'a tellement emballée que j'ai acheté tout ce que j'ai pu trouver de lui. Je me suis alors rendue compte qu'il avait écrit trois romans avant celui-ci : De bons présages, en collaboration avec Terry Pratchett, qui raconte comment l'Apocalypse n'eut pas lieu et qui met en scène une galerie de personnages déjantés comme Toutou, chien des Enfers, Stardust, de la fantasy dans la veine de Princess Bride, avec fées, jolies jeunes filles, héros amoureux et malédictions et Neverwhere, adapté de sa propre série pour la BBC, excellent roman qui se déroule dans le monde parallèle que l'on trouve dans le métro londonien, où règne le Marquis de Carabas et où il est parfois dangereux d'ouvrir des portes... J'ai appris en farfouillant de ci de là, que Neil Gaiman avait commencé par être journaliste et qu'il a écrit une biographie des Duran Duran (nobody's perfect), puis de très nombreux comics, dont le fameux The Sandman, qui met en scène Morphée, seul comic book à avoir jamais remporté le très prestigieux World Fantasy Award. J'ai découvert un recueil de nouvelles, Miroirs et Fumées, dans lequel nous apprenons enfin ce qu'il est advenu du Graal et où j'ai appris que Neil était aussi un poète, puis j'ai lu Coraline, un roman jeunesse assez terrifiant où il est de nouveau question de portes qu'il ne faut pas franchir et qui m'a rappelé l' Histoire du Prince Pipo, du regretté Pierre Gripari, roman qui a traumatisé mon enfance et auquel je ne peux penser sans frissonner... Vous comprendrez chers happy few, que je venais de découvrir un écrivain au talent aussi varié qu'immense!

Dès lors, j'attends ses publications comme petite j'attendais Noël. J'ai adoré son dernier roman, Anansi boys, qui se déroule dans le même univers que American Gods et qui vient d'être traduit en français, excellente réflexion sur la dualité de l'âme humaine et je me suis régalée avec son dernier recueil de nouvelles, Fragile things (non traduit), dans lequel une nouvelle The monarch glen, reprend un des personnages de Neverwhere.


J'aime ces correspondances d'une oeuvre à l'autre, j'aime son ironie mordante et son goût du passage, parfois horrifique, j'aime son univers sombre et son attirance pour les ténèbres, j'aime ses personnages tourmentés en quête de lumière, j'aime ses dédicaces en tête de roman et son refus de peigne, en un mot, chers happy few, j'aime Neil Gaiman! (Il fallait que cela fut dit, je me sens mieux)


Et vous chers happy few, l'aimez-vous ?



Bibliographie incomplète, car tout n'a pas été traduit en français (si vous en voulez une complète (en anglais), c'est ici)

Romans et nouvelles :
De bons présages (en collaboration avec Terry Pratchett), J'ai lu fantastique
Stardust, J'ai lu fantasy
Neverwhere, J'ai lu fantasy
American Gods, J'ai lu fantastique, Prix Hugo et Nebula 2002, Prix Locus 2002, Bram Stoker Award 2002
Miroirs et fumée, J'ai lu fantastique
Anansi boys, Au Diable Vauvert

Romans et albums jeunesse :
Coraline, Albin Michel, Wiz
Des loups dans les murs, Delcourt jeunesse
Comment j'ai échangé mon père contre deux poissons rouges, Delcourt jeunesse (merci Gawou!)

Comic books :
The sandman, édition brochée en 10 volumes, traduit en français chez Panini Comics

Essai :
Pas de panique, J'ai lu, guide pratique de H2G2 (Hitch Hiker Guide to the Galaxy de Douglas Adams, adapté sous le nom de Guide du routard galactique puis de Guide du voyageur galactique après que le Guide du routard a porté plainte) (merci Yueyin!)

Enfin, sachez qu'il a adapté Stardust au cinéma, avec Robert de Niro et Michelle Pfeiffer. Le film, sorti cet été aux Etats-Unis, n'a pas été encore été distribué en France.

Et pour finir, le site de l'auteur, qui, comme la plupart des sites d'auteurs anglo-saxons est bourré de trouvailles et de "cool stuff"!

13.06.2007

Colin Ier

Chers happy few, voici venu le temps que vous attendez tous, où, sous les rires et les chants, je vais enfin vous parler de cet homme qui nous fait toutes rêver (certaines plus que d'autres), celui qui a incarné le parangon de la virilité austenienne sur écran et qui demeure sexy en toutes circonstances, même les plus extrêmes, comme par exemple dans un pull avec un renne.

 

 Le seul, l'unique...

 

Colin Firth.

 

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Voilà. Je pourrais m'arrêter là et vous laisser contempler la photo en paix, mais j'ai décidé aujourd'hui de faire oeuvre de salubrité publique et de vous expliquer pourquoi ce n'est pas la peine de continuer à caresser en secret le doux espoir de faire un jour la connaissance de ce charmant et séduisant monsieur. Cet homme m'est destiné. Et je vais vous le prouver en cinq points (car parfois je suis méthodique).

 

 

1. Il est né le 10 septembre 1960. Nous avons donc le même signe astrologique. Son chemin de vie est le 8. Le mien le 6. Or, selon un numérologue reconnu, nos chemins de vie nous destinent "à une intense et très longue passion" (source Télé star). Ensuite, il est plus âgé que moi d'un certain nombres d'années qui dans la tradition tibétaine correspondent à un cycle de chance, de bonheur et d'amour fou. Vous l'avez compris, chers happy few, cet homme m'a été envoyé par les étoiles. Et qui sommes-nous pour résister à la force stellaire ?

 

2. Il est anglais. Moi aussi. La preuve, quand je me rends à l'étranger, on me prend toujours pour une habitante de la belle Albion et en France on me croit prof d'anglais. Je vis une passion intense avec ce pays et cette langue, il ne manque plus qu'un homme. Je l'ai trouvé.

 

3. Ses parents étaient profs. Voilà donc un homme qui comprend l'angoisse de la correction des copies, la frustration de la répétition et qui ne risque pas de me reprocher d'être tout le temps en vacances!

 

4. Il a passé son enfance au Nigeria. Depuis L'homme au complet marron, je rêve de la Rhodésie, depuis les aventures de Mma Ramoswe, je rêve du Bostwana et depuis Out of Africa, j'ai une ferme en Afrique. On ne peut pas résister à autant de signes.

 

5. Il a la daubattitude. Dans sa longue filmographie (près de 70 films), on compte des chefs-d'oeuvre comme Trauma ou What a girl wants. Et pour qui a-t-il tourné tous ces nanars, d'après vous, hein?

 

Je vais vous dire, chers happy few, inutile de chercher à discuter : entre Colin et moi, c'est une histoire de destin.

 

Et pour vous consoler, comme je suis bonne fille, je vous fais part d'une découverte fracassante. Colin a un frère. Jonathan. Et comme j'ai mal pour vous, je vous mets sa photo. 

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N'y aurait-il pas comme un air de famille ?

 

 

 

 

PS : et pour ceux et celles qui ne se consumeraient pas pour le beau Darcy (car il paraît qu'il y en a mais les raisons de ce non-consumage restent obscures), je vous donne la permission de révéler dans les commentaires le(s) nom(s) de ceux qui vous font frémir, à condition que vous y joigniez une explication détaillée et rationnelle (pas moins) qui puisse justifier un tel errement kulturel...

 

 

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