06.05.2011

"Une comédie, c'est quand on arrête l'histoire exactement au bon moment."

"...afin de discuter de la romancière Jane Austen, auteur de Persuasion, observatrice ironique et disséqueuse précise des sentiments humains, styliste céleste, et auteur qui régla leur compte aux moines pervers mais conserva sa propre conception de la vertu récompensée. Aimée autant que détestée, elle a maintenu ses critiques en haleine. "Une bonne bibliothèque est une bibliothèque qui ne contient pas d'ouvrage de Jane Austen, a dit Mark Twain, enfant chéri de la littérature américaine, même si elle ne contient aucun autre livre." Carlyle qualifait ses livres de "triste camelote". Aujourd'hui encore, on lui reproche d'être "étroite" et "claustrophobe", et on la relègue au statut d'écrivain pour les femmes. La vie en province, indigne d'observation ? Les douleurs des femmes, sans importance ? ça peut aller quand c'est Flaubert, bien entendu. Pitié pour les idiots."

 

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Les douleurs des femmes, c'est de cela et de bien plus qu'il est question dans ce roman lumineux qui met en scène de nombreuses femmes qui gravitent autour de Mia, la narratrice blessée. Elle a 55 ans, enseigne la poésie dans une fac new-yorkaise et un matin, son mari, Boris, un neurologue éminemment reconnu et respectable, lui annonce qu'il a besoin de faire une pause. La Pause a vingt ans de moins, elle est scientifique et française. Et Mia se désagrège, littéralement, victime d'un épisode psychotique qui la mène brièvement en hôpital psychiatrique puis près de sa mère, dans le Minnesota, où elle passe l'été à se reconstruire.

Un été sans les hommes est un roman qui m'a profondément bouleversée, happy few de mon coeur, parce que l'analyse des sentiments y est d'une infinie justesse. J'ai pleuré avec Mia sur l'effondrement de son couple, j'ai acquiescé à la description du vieux couple et de ses habitudes, de cette proximité familière qui fait que l'on ne forme plus qu'un, jusque dans ses pensées les plus incongrues, j'ai compris pourquoi elle ne s'immiscait pas dans les problèmes de couple de sa jeune voisine, j'ai applaudi sa façon de gérer les sept adolescentes à qui elle donne des cours d'écriture poétique, j'ai aimé ses énervements féministes, sa façon de puiser dans sa culture philosophique et littéraire des réponses aux questions posées par le monde qui l'entoure et j'ai aimé les personnages qu'elle croise : sa fille, Daisy la tornade (ah, la relation d'amour qui nous unit à nos enfants, tout est dit en quelques mots, en quelques mails), sa mère (un très beau personnage tout en silences et souvenirs), sa soeur, Bea (en une page, la relation sororale est merveilleusement signifiée par le souvenir de leurs jeux d'enfant), sa voisine, Lola, mariée à un homme en colère,  les amies de sa mère, vieilles femmes indignes et ses élèves, jeunes femmes en devenir. Un été sans les hommes décrit parfaitement ce qu'est le fait d'être femme dans un monde qui est encore patriarcal, nos doutes, nos craintes, nos colères et nos regrets, mais aussi nos enthousiasmes, nos amours, nos amitiés et nos rêves. Il y a des réflexions d'une incroyable lucidité sur la façon que nous avons de gérer le rapport à la fiction, à la lecture et à l'imaginaire, des passages bouleversants sur la poésie et sur l'amour, le tout dans une histoire qui se donne à voir en tant que telle et que la narratrice écrit sous nos yeux dans un style alerte et qui n'est pas dénué d'humour. Un très beau roman, chers happy few, sans guimauve mais plein d'amour.

Siri Hustvedt, Un été sans les hommes (The summer without men), Actes Sud, excellemment traduit de l'américain par Christine Le Boeuf, 216 pages, 2011

Le billet de Cuné, la pourvoyeuse de belles histoires. Merci.

24.12.2009

The Christmas tag

Je croyais en avoir fini avec les tags pour 2009 mais c'était sans compter sur Lou qui a décidé d'offrir à la blogosphère un tag bien dans l'esprit de Noël, et même si Karine m'a traîtreusement volé toutes mes réponses, je m'y colle avec plaisir (et avec le clavier) parce que je suis gentille (il paraît que c'est de saison après tout, je ne fais que me mettre au diapason avec cette souplesse qui me caractérise) (ben oui, c'est Noël je m'envoie des fleurs, et alors ?).

 

Nous sommes le 24, il fait froid, il pleut, il vente, il neige. Vous êtes dans les transports, sur le point d'arriver chez vous après une dure journée de courses de dernière minute. Enfer et damnation ! Vous vous apercevez du fait que vous avez complètement oublié le plat principal et le livre collector en édition ultra limitée dont vous rêviez depuis des mois et qui est sur le point d'être épuisé. L'ennui, c'est qu'il ne vous reste qu'une heure pour préparer le réveillon et que vous aurez tout juste le temps de faire l'une des deux courses. D'ailleurs, rien n'est moins sûr ! Et puis, il faut avouer que votre journée vous a achevé(e). Que faites-vous ?

Sachez, chers happy few, que cette situation ne risque pas de m'arriver : je ne fais jamais mes cadeaux de Noël à la dernière minute (la preuve, les miens sont emballés depuis 10 jours, avouez que c'est quand même la classe totale) et je ne cuisine qu'une fois l'an et même pas pour Noël. Il y a donc de fortes chances pour que je puisse tranquillement aller acheter mon roman en édition ultra collector avant de mettre les pieds sous la table. Et encore, me connaissant ce serait plutôt un DVD en édition ultra collector, genre Albator, au hasard. (D'ailleurs, saviez-vous que notre so sexy balafré avait pour nom en anglais Captain Franklin Herlock ? Je pense que je ne vais jamais me remettre de cette information, chers happy few, qui a tué d'un coup d'un seul tout le potentiel de sexytude que contenaient l'épée et la balafre.) (Car oui, je suis une fille et j'aime les clichés, so what ?)

 

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(Non mais, franchement, a-t-il une tête à s'appeler comme une tortue ?)

 

 

Vous voilà enfin chez vous ou chez les personnes chez qui vous réveillonnez. Cette année vous avez décidé que l'oncle Fred ferait le Père Noël. Malheureusement, il vient d'appeler pour vous dire qu'il avait rencontré l'amour de sa vie à 80 ans et partait en Indonésie pour sa lune de miel, avec une dulcinée connue deux mois auparavant à son entrée en maison de retraite. Heureusement, vous connaissez des gens célèbres, acteurs, chanteurs, sportifs ou autres (morts ou vivants) qui se couperaient en quatre par amitié pour vous. Qui choisissez-vous pour jouer Santa Claus ?

Bill Murray pour amuser les enfants, et un des David (voire plusieurs, ne soyons pas sectaire) pour apporter les cadeaux de Noël à leur mère. Oui, je suis comme ça, je pense au bien-être de toute la famille.

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(Je pense que le costume rouge lui irait à merveille. Surtout le bonnet.)

 

C'est l'heure de distribuer les crackers, je me demande ce qui est inscrit sur le vôtre...

2010, année des voyages et de l'amitié. Soyons simple. Et en plus j'ai déjà acheté les guides.  

 

Les enfants sont enfin couchés ! Après avoir bien bu et bien mangé, vous décidez de finir la soirée en beauté en faisant une petite séance de spiritisme. Vous commencez en riant bien, mais soudain le tonnerre gronde, la lumière s'éteint, une lueur bleue vaporeuse s'élève au dessus de la table et vous sentez quelque chose de froid et mou se poser sur votre épaule. Que faites-vous ?

Comme je suis une vraie fille, je hurle et le Docteur vient me sauver. Who else ? (ok, j'ai bien d'autres noms en tête mais si je ne parlais pas une fois au moins du Docteur dans un tag on se demanderait ce qui a bien pu m'arriver et franchement, chers happy few, je ne veux surtout pas vous inquiéter)

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(Mon épisode de Noël préféré.
C'est tout.)

 

Et au fait, on pourrait connaître l'identité du fantôme, vrai ou farceur ?

Jane, qui me demande si je veux rencontrer Mr Darcy. Ou Margaret, qui veut me présenter Rhett. (Il y a comme une thématique dans ce tag, la voyez-vous, chers happy few perspicaces ?)

 

Enfin vous voilà le 25 au matin et vous allez déballer les cadeaux qui vous attendent depuis quelques heures sous le sapin. Quel est le cadeau inespéré que vous ne pensiez jamais recevoir et qui est là, devant vos yeux ébahis ?

La paix dans le monde ?  (ok, je sors)

 

Un TARDIS, mais c'est peu probable, le Millenium Falcon mais je ne saurais pas où le mettre, alors un Iphone, tiens. On ne sait jamais, ça pourrait donner des idées au Père Noël.

 

Et pour que se répande l'esprit de Noël, je passe le tag à Bookomaton, KeishaLyleOfelia, Papillon, Pimpi et Stephie.

 

J'en profite pour vous souhaiter un très joyeux Noël, chers happy few : que le champagne coule à flots! (et que Billy Mack vous accompagne, as usual) (car comme l'a dit le poète moldave un soir de beuverie, quand les habitudes sont bonnes il faut les garder)

02.10.2008

Faisons plaisir à notre cerveau

Comme l'a très justement souligné un célèbre magazine, chers happy few, ce blog n'a pour autre vocation que de faire plaisir au cerveau de ceux qui le lisent. Voilà pourquoi, afin de ne pas faire mentir cette jeune et jolie réputation, j'ai décidé à l'unanimité de moi-même qu'il était largement temps d'élever un peu le débat et de répondre à des questions essentielles, qui, j'en suis persuadée, taraudent les lecteurs que vous êtes, comme "Pourquoi Kant ?" (encore que cette question semble surtout hanter l'esprit d'Alinéa), "De l'influence stendhalienne évidente dans la chick-lit du 16 novembre 1985 au 24 avril 1994 à 10 heures", "Toutes les concierges s'appellent-elles vraiment Renée dans les romans de Muriel B. ?", "Y a-t-il une vie après la Star'Ac ?" ou "J'ai la berlue ou Jude Law perd ses cheveux ?"... Pour entamer cette série de débats hautement kulturels et parce que c'est aujourd'hui jeudi, jour propice aux fantasmes comme l'ont révélé les entrailles de sashimi (Pythie is my middle name, oui, je sais, ce n'est pas facile à porter tous les jours, chers happy few, plaignez-moi), j'ai donc décidé de répondre à la question que nous nous posons toutes :


"Les quadras sont-ils sexy ?"



Enfin.


Oui, je sais, vous l'avez attendu ce billet. Mais il paraît que plus on attend, meilleur c'est. Je dis ça, je dis rien. Comme d'habitude.


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Parce qu'on m'a honteusement reproché de n'aimer que les bruns, parce que James Bond n'est plus le même depuis lui, parce qu'il a étonnamment redonné ses lettres de noblesse à l'improbable boxer bleu ciel en lycra (qui avouons-le n'en demandait pas tant, le pauvre) et parce qu'il a permis à Choupynette d'illustrer parfaitement sa théorie du muscle utile, Daniel Craig ouvre cette puissante et musculeuse réflexion.


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Viggo Mortensen a fait fantasmer toutes les femmes en brandissant l'épée et en chevauchant son fougueux destrier (celles qui verraient dans cette phrase innocente qui ne fait que souligner la grandeur épique du personnage d'Aragorn autre chose que ce qu'elle dit ne sont que des naughty girls, je dis ça, je dis rien) et on lui pardonne volontiers d'avoir tourné quelques nanars (il faut avoir vu Hidalgo une fois dans sa vie, quand même, c'est hautement kulturel) et d'avoir cinquante ans dans quelques semaines : de toute façon, il ne les fait pas.


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Il a suscité des vocations et ravivé le fantasme de la blouse blanche, redonné tout son sens au regard de cocker qui fait fondre et il a une belle voix feutrée : l'illustration parfaite de son prénom en somme (l'étymologie, y a que ça de vrai). Patrick Dempsey nous fait attendre la saison 4 de Grey's anatomy en frissonnant de plaisir anticipé.


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Parce que comme un certain Christian dont il était question ici même il y a quelques semaines, il porte le latex avec sexyté et virilitude (à moins que ce ne soit le contraire), parce qu'il est dégoulinant de charme dans les comédies romantiques (que celles qui n'ont pas vu Sex Guide se jettent dessus, mais avec élégance, hein, restons civilisées) et parce que les cheveux longs lui vont mieux qu'à Johnny D., Hugh Jackman, ladies! (Non, Yueyin, ne me remercie pas, tout le plaisir est pour moi.) (Of course.)


Et parce que j'ai promis à une amie qu'une photo de lui figurerait dans ce billet (même si cette amie a très mauvais goût parfois, surtout quand il s'agit de chanteur) :


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Alors, chers happy few, sexy or not sexy ?

...

Comment ça il en manque un ?

...


Celui-ci peut-être ?


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Que ne ferait-on pas pour faire plaisir à son cerveau ?


PS : ce billet est dédié à Emmyne. Elle sait pourquoi.