28.05.2010

"J'ai une sainte horreur des coïncidences, Watson"

carr.jpgSherlock Holmes est appelé à la rescousse par son frère, Mycroft : deux meurtres ont eu lieu à Holyroodhouse, une des demeures royales écossaises et Mycroft craint pour la vie de la reine Victoria, qui a récemment été victime de plusieurs attentats. Holmes et Watson se rendent sur les lieux : entre un fantôme, une escroquerie et la supposée présence de nationalistes écossais, notre détective préféré aura fort à faire.

 

Je ne savais pas, chers happy few, que Caleb Carr, connu pour son Aliéniste, avait écrit un court roman mettant en scène Sherlock Holmes. A la demande de Jon Lellenberg, qui préparait un recueil de nouvelles intitulé Ghosts of Baker Street, qui, comme l'indique le titre a pour thème le surnaturel, Caleb Carr décida de se pencher sur le meurtre de David Rizzio, musicien et confident de la reine Marie Stuart, qui fut assassiné à Holyroodhouse et dont on dit que le fantôme hante encore l'une des tours du château, mais la nouvelle qu'il a en tête est rapidement devenue un roman, qui sera publié séparément.

 

Ce Secrétaire italien  est à mon sens un hommage plus qu'un pastiche. Carr reprend ici de manière plutôt convaincante ce qui fait la marque de fabrique des aventures de Sherlock Holmes : la narration prise en charge par Watson, les déductions bavardes de Holmes, quelques portraits très typés, une intrigue qui a l'air d'être à tiroirs mais dont la résolution est finalement fort simple et quelques scènes de "terrain", notamment le dénouement. Il fait allusion à une ou deux nouvelles du canon et utilise le personnage de Mycroft dont il fait un espion au service très rapproché de Sa Majesté. Mais il apporte aussi sa propre touche notamment dans le développement du personnage de Watson, qui raisonne parfaitement bien (et vite) et se voit attribuer le titre de spécialiste de la gent féminine par un Holmes plus mysogine que jamais. Un roman divertissant à réserver aux fans de Holmes ; ça tombe bien, j'en suis une.

 

Caleb Carr, Le secrétaire italien (The italian secretary), Pocket, traduit de l'anglais par Jacques Martinache, 280 pages, 2006 pour la traduction française, 2005 pour la parution en VO.

 

Encore merci Nanne !