09.09.2009
A Vatapuna
Parfois, chers happy few, la vie vous joue des tours.
Comme vous vous en souvenez peut-être, j'avais lu, pour le Prix Landerneau 2008, Et mon coeur transparent de Véronique Ovaldé, que j'avais détesté. Comme j'avais manifestement été l'une des rares dans ce cas, j'avais retenté l'expérience Ovaldé avec Déloger l'animal, qui était dans ma PAL grâce au Lotobook et que j'ai abandonné page 56. Je pensais alors que Véronique et moi étions définitivement en froid, ce qui, malheureusement, arrive parfois.
Et puis elle a sorti un nouveau roman. Je ne m'y suis du coup pas intéressée jusqu'à ce que je lise de jolies choses sur lui, ici et là, surtout ici d'ailleurs et surtout là. Me voilà donc, presque malgré moi, en train de le feuilleter dans une librairie, et de me rendre compte au bout d'un quart d'heure que non seulement j'allais être en retard à mon rendez-vous, mais qu'en plus j'avais lu 40 pages, comme ça, d'une traite. J'ai alors demandé à Dame C. si elle voulait bien me prêter ce roman et me sauver ainsi de l'incertitude qui s'était abattue sur moi : pouvais-je vraiment aimer Ce que je sais de Vera Candida ?
La réponse est oui. Sans réserve.
Vera Candida quitte la petite île de Vatapuna à 15 ans, enceinte d'un viol. Elle laisse derrière elle Rose, sa grand-mère, qui l'a élevée à la place d'une mère défaillante et maltraitante et la pauvreté d'une vie sans horizon. Elle se réfugie sur le continent où elle rencontre un journaliste, Itxaga, qui tombe éperdument amoureux d'elle...
Ce que je sais de Vera Candida est un roman à la fois tragique et enlevé, qui raconte le destin de trois femmes de la même famille dont l'existence a été bouleversée par un homme, Jeronimo, qui a un jour décidé que la cabane de Rose gênait sa vue. A cause de cette histoire de cabane Rose tombe enceinte et le cercle infernal de la fatalité s'abat sur sa fille, Violette, puis sur sa petite-fille, Vera Candida. Au-delà d'une histoire souvent bouleversante de femmes qui survivent comme elles peuvent dans une société aux mains des hommes qui imposent leur loi et brandissent leur désir comme un étendard, j'ai été conquise par un style enchanteur, d'une fluidité et d'une limpidité totale, dont les ruptures de ton sont d'une drôlerie souvent inattendue. On croise dans les rues de Lahomeria, la ville imaginaire ou de Vatapuna, l'île où l'on finit toujours pas revenir, un homme qui se travestit et tente de sauver les filles abusées, une femme qui cache de bien vilains secrets, un journaliste idéaliste en vespa qui est le seul de toute la ville à porter un casque, une petite fille qui devient une femme en habits démodés, un fantôme, un trésor, un squelette de pendu et surtout, beaucoup d'amour. Un très beau roman, définitivement.
Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida, L'Olivier, 293 pages, août 2009.
Les billets d'Amanda et Cuné (thanx again!).

11:19 Écrit par fashion dans Challenge du 1% littéraire 2009, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : véronique ovaldé, ce que je sais de vera candida, rentrée littéraire 2009, le problème des marches paires, poissons volants et hommes veuls