14.10.2010

Deux mètres dix de terreur pure vêtue de cuir

l'amant ténébreux, grrrraou.jpg(Oui, je sais, cette couverture vous fait frémir, chers happy few, tant de grâce et de subtilité réunies, c'est trop pour votre bon goût, mais c'est parce que vous êtes de petites natures qui ne fréquentez pas assez les éditions Bragelonne, ce à quoi vous pourriez remédier facilement, je dis ça, je dis rien.)

Dans un monde où les humains côtoient sans le savoir des vampires civils, une guerre sans merci oppose la Confrérie de la Dague noire, composée de sept vampires guerriers et la Société des éradiqueurs, menée par des humains qui ont vendu leur âme à l'Omega. Beth, jeune femme de 25 ans, orpheline et journaliste dans la petite ville de Caldwell, ne sait pas que son destin est intimement lié à celui de Kohler, le Roi aveugle. Mais comme le hasard fait bien les choses, elle ne va pas tarder à l'apprendre.

Autant dire les choses tout de suite (et perdre ainsi le peu de crédibilité qui me restait) (ah, on me dit qu'après deux Harlequinades, mon crédit crédibilité était négatif) : j'ai passé un excellent moment à la lecture de ce roman de bit-lit. Bon, il a fallu que je surmonte le fou rire qui m'a saisie quand j'ai lu pour la première fois (et pour la deuxième, et pour la troisième) les noms des valeureux guerriers de la fameuse confrérie (Kohler, Rhage, Fuhry, Visz, Audasz, Zadist et Thorment) (si, si vous avez bien lu ; J. R. Ward a manifestement une imagination débordante et un amour immodéré des h et des z) (je suis allée vérifier dans la VO) et que j'accepte que comme dans tout roman de ce genre les personnages masculins tiennent de la caricature la plus totale (ici, c'est cuir à tous les étages, taille de géant, chevelures étranges, limites brushées, si, si, et bien sûr tourments dans leurs petits coeurs tout mous qui battent sous leurs t-shirts ultra moulants) mais une fois franchis ces écueils inhérents au genre, j'ai été prise à mon corps (peu) défendant dans cette histoire plutôt bien fichue. Le monde mis en place est intéressant, notamment la hiérarchisation vampiresque (vampires qui sont ici une espèce parallèle à l'espèce humaine ; un humain ne peut pas être vampirisé) et la Société des éradiqueurs qui n'ont plus grand chose d'humain, et j'ai bien aimé le cadre, cette petite ville de province sans âme et pleine de recoins glauques. Du côté des personnages, outre donc quelques clichés sur (très hautes) jambes, j'ai beaucoup aimé le personnage du flic, Butch, l'humain qui ne se sent pas à sa place et à qui je prédis un bel avenir. Comme le dit si bien Chiffonnette, L'amant ténébreux, c'est Expendables au pays des vampires : ils sont tatoués, ils sont virils, ils sont barrés, et comme on est un peu étranges, on aime ça. Je vais lire la suite, tiens.

 

J. R. Ward, L'amant ténébreux (Dark lover), Milady, traduit de l'anglais par Laurence Richard (une polémique fait manifestement rage autour de la traduction, que je n'ai pas trouvée si mauvaise que ça, même si certains personnages emploient effectivement une syntaxe pour le moins relâchée, mais 1. je n'ai pas lu la version originale, 2. les guerriers manient mieux les armes que le langage, c'est bien connu, non ?), 559 pages de testostérone en barres, 2010 pour la traduction française, 2005 pour la parution en VO.  

Le billet de Bladelor, qui vous renverra vers d'autres avis.