31.12.2008
Paradis terrestre
A Clude, plat pays, on ne cultive que des tomates plates, sur lesquelles tombe une pluie plate. Les habitants vivent en harmonie et en bonne intelligence, ignorant les affres de la jalousie et du capitalisme. Mais ce bonheur tente des requins : une armada de vendeurs en tous genres investit le village...
Ce n'est qu'en refermant ce Pays des tomates plates que je me suis rendue compte, chers happy few, que j'aurais pu inclure Beignets de tomates vertes (que j'ai tant aimé) dans le Challenge Le Nom de la Rose, catégorie plante donc, ce qui m'aurait épargné cette lecture fastidieuse et laborieuse au possible. J'ai en effet trouvé l'histoire de ce petit village réfractaire au profit et ouvert à l'amour d'un inintérêt total. Sur une histoire d'une banalité affligeante (la 4ème de couverture, qui parle d'un "réalisme ingénu à la Marcel Aymé" me faisait craindre le pire et j'avais bien raison : avez-vous remarqué comme plus on invoque de prestigieuses influences, plus le roman est mauvais, chers happy few ?), le lecteur d'abord incrédule puis de en plus affligé, voit défiler poncif sur cliché. Les habitants de Clude (toponyme qui donne lieu, tenez-vous bien à une invention in-cro-ya-ble : tous les habitants ont un nom qui commence par Cl) (je vous avais dit que vous seriez épastouflés, chers happy few) sont des gens honnêtes et bons, qui ne mettent pas d'engrais dans leurs tomates, vivent en symbiose avec la nature, appliquent la démocratie et pratiquent l'amour libre. Comme vous le voyez, chers happy few, il s'agit de faits proprement révolutionnaires. La fable (car il paraît d'après toujours cette 4ème de couverture d'anthologie écrite manifestement par un génie sous acide de chez Pocket que c'en est une) est martelée à coup de gros sabots sans humour ni drôlerie, on nous raconte tout bien en détail au cas où le lecteur, aussi benêt qu'un cludien, n'aurait pas tout compris et la fin (à laquelle je suis parvenue à grands renforts de soupirs, de yeux au ciel et de pages lues en diagonale, j'avoue tout) réussit l'exploit d'être à la fois totalement attendue, complètement risible et atrocement niaise. Du grand art, qui prouve si besoin était que n'est pas Marcel Aymé qui veut.
Georges Coulonges, Le pays des tomates plates, Pocket, 2002, 258 looongues pages et une couverture atroce.
Le billet de Chimère, qui a aimé.
Il s'agissait d'un livre Lotobook : merci Isabelle L.!
Roman lu dans le cadre du Challenge Le Nom de la Rose, catégorie plante. J'en ai lu 6/6! J'ai donc bouclé in extremis le Challenge Le Nom de la Rose, en lisant les 4 derniers titres au tout dernier moment, on ne se refait pas. Voilà qui mérite d'ouvrir la bouteille de champagne qui attendait patiemment que les microbes désertent, non ?
14:47 Écrit par fashion dans Challenge le Nom de la Rose, Les contournables, Littérature française, Lotobook | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : georges coulonges, mon dieu cet homme a publié une tripotée de romans, comment est-ce possible ?, il aurait mieux fait de se contenter d'écrire des chansons, pour nana mouskouri, ah, tout s'explique