25.09.2009
Murder on the dance floor
Il y a des jours, chers happy few, où je me demande si j'ai bien fait d'ouvrir ce salon.
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Avant, du temps où je vivais dans une caverne qui était mal connectée au reste du monde, j'avais une PAL à dimension humaine et quelques menues obsessions que je soignais languidement. Depuis que j'ai découvert la blogosphère ma PAL a acquis bien malgré elle un statut de MTPAL et mes obsessions ont semblé se multiplier comme les copies à corriger en fin de trimestre. Dernière en date, et non des moindres, le doctorverse. Pour ceux qui n'auraient pas suivi toute l'affaire, j'ai commencé par découvrir Doctor Who à cause d'Isil (je dénonce si je veux d'abord), ce qui m'a naturellement menée à Torchwood. Et tout aurait pu s'arrêter là si Agnès, la perfide, n'avait pas déposé il y a quelques jours un petit commentaire innocent qui disait, en français et en substance, que des romans mettant en scène les personnages de la série avaient été publiés et que, ô enfer et damnation, c'était réussi. Vous imaginez l'état de transe dans lequel m'a plongée cette révélation, d'autant que travaillant cette année dans le sud de la capitale, je passe tous les jours à Concorde, où se trouve, comme chacun le sait évidemment, WH Smith, antre de la tentation british.
C'est alors qu'alarmé par mon hystérie sautillante ("Demain je m'arrête chez Smith, yeah baby, let's rock and read"), dans un élan de régulation disciplinante totalement hors de propos, l'homme, celui qui fait parfois semblant d'être la voix de la raison, a osé énoncer une règle affreusement arbitraire qui pourrait être résumée ainsi : "Un roman Torchwood acheté pour 10 romans de la PAL lus". Je m'apprêtai à passer outre cet affreux diktat, créant ainsi un incident diplomatique sans précédent quand Isil (oui, elle est partout) est venue à ma rescousse en m'offrant :

Pour parler net et sans détour, chers happy few, ce roman est une réussite. On y retrouve tout ce qui fait l'originalité et la force de la série télévisée : une intrigue cohérente et bourrée d'humour (la métamorphose de Ianto qui découvre le pouvoir d'attraction des chaussures et des sacs à main est drôlatique), de l'action, des aliens, un Jack (très) coquin et des personnages qui fonctionnent bien entre eux, le tout servi par un récit rondement mené et habilement troussé (l'alternance des points de vue, les chapitres parfois très courts comme celui qui n'est composé que de profils Facebook ou les titres des chapitres sont autant de points forts) qui, comme d'habitude, offre un sous-texte intéressant (la manière dont Emma veut façonner les hommes à son image et la réflexion sur la perfection sont traitées de manière très intéressante à défaut d'être originales). J'ai vraiment eu l'impression, à la fois très étrange et très agréable, d'être en train de regarder un (très bon) épisode de la série. Je suis totalement conquise. Comme si j'avais besoin de ça, tiens.
James Goss, Almost perfect, BBC Books, 250 pages, 2008
Quinze romans Torchwood sont disponibles, un seizième sort le 15 octobre.
Thanx again Isil, you're the best!
21:32 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : torchwood, il y a même une allusion au docteur dans le dernier chapitre, jack est tellement sexy que ça devrait être interdit, par la convention de genève, méfions-nous des dieux et de la perfection
08.09.2009
"Don't forget me"

Je n'avais pas rédigé de billet sur la saison 2 de Torchwood, chers happy few, ce qui est tout bonnement scandaleux et je profite de mon visionnage de la saison 3 pour réparer cette erreur fatale (c'est vrai que le fait qu'Isil ait souhaité avoir régulièrement des nouvelles de Captain Jack me pousse aussi à la rédaction, parce que comme chacun le sait, je suis une élève extrêmement disciplinée, Levraoueg en sait quelque chose).
Je rappelle pour les mauvais élèves que Torchwood est le spin off de Doctor Who : il s'agit des enquêtes de l'équipe du Captain Jack Harkness, personnage mystérieux au trouble passé. Basée à Cardiff, l'équipe est censée se tenir prête face à des menaces extraterrestres qui pourraient survenir au XXIème siècle. Si la saison 1 était fort bonne, la saison 2 s'est révélée excellente. On en a découvert davantage sur Jack grâce notamment à l'arrivée intempestive de John Hart (James Marsters, so yammy, as usual), ce qui donne lieu à l'un des tout meilleurs épisodes de la saison, Exit wounds, où Jack se retrouve confronté à un personnage surgi de son passé pour se venger sur fond de paradoxe temporel et d'apolcalypse. La saison 2 est marquée par l'évolution positive de Gwen, qui cesse enfin d'atermoyer et épouse Rhys (dans Something borrowed, un épisode grand guignolesque assez drôlatique) et par l'apparition de Martha Jones (préparée par la fin de la saison 4 de Doctor Who), personnage décidément fort sympathique. J'ai adoré certains épisodes, notamment celui avec les saltimbanques, d'une poésie tragique à couper le souffle (From out of the rain) ou celui avec ceux qui reviennent de la faille (Adrift, un épisode terriblement émouvant qui m'a laissé sanglotante sur mon canapé). Et puis, la saison 2 c'est évidemment celle de la disparition de certains personnages et le fameux "You're breaking my heart" de Tosh qui a suscité des mails hystériques de part et d'autre de l'Atlantique (oui, nous sommes peu nombreuses à être accro à l'univers du Docteur et de Jack, aussi nous nous envoyons régulièrement des mails bourrés de points d'exclamations, ça nous fait du bien, que voulez-vous).
Eh bien, vous me croirez si vous voulez chers happy few, mais la saison 3 est encore meilleure.
Incroyable mais vrai.
Il s'agit d'une mini-saison de 5 épisodes qui présente une histoire complète qui a été diffusée en Grande-Bretagne tous les soirs d'une semaine en juillet et qui a suscité des réactions totalement hystériques (oui encore) outre-Manche, réactions totalement et parfaitement justifiées.

Mais pitchons d'abord, chers happy few, car parfois la rigueur nous habite. Un matin, tous les enfants du monde s'arrêtent à la même heure. Deux heures plus tard, le phénomène recommence mais cette fois-ci les enfants se mettent tous à psalmodier "We are coming", d'une voix d'outre-espace. Le gouvernement britannique, qui semble avoir quelque chose à se reprocher, cache au reste du monde le fait que des extra-terrestres sont entrés en communication avec lui et lui ont demandé de construire quelque chose pour préparer leur venue. Parallèlement, une équipe de choc est envoyée à Cardiff pour se débarrasser de Jack, Gwen et Ianto...
N'ayons pas peur des mots, chers happy few, et disons-le tout net, Children of earth est excellentissime. L'intrigue, construite au cordeau, met en présence un gouvernement présidé par un lâche carriériste (la figure du Premier Ministre est une des pires figures d'autorité politique jamais écrites), à qui sont plus ou moins alliés des militaires sans envergure face à des extra-terrestres aux demandes d'une épouvantable futilité. L'équipe de Jack tente son possible pour trouver une solution mais outre que le gouvernement lui met sans cesse des bâtons dans les roues (et c'est un euphémisme), elle se retrouve elle aussi confrontée au pire. Comme toujours, l'argument de science-fiction sert un sous-texte d'une grande richesse : qu'est-ce que la résistance ? peut-on manipuler le peuple pour son bien ? doit-on sacrifier quelques vies humaines pour en sauver des milliards ? D'une manière plus restreinte, chaque personnage se retrouve confronté à des choix (Gwen devient enfin un personnage qui déploie toutes ses potentialités, de même que Rhys) et Jack le pauvre, se retrouve encore une fois condamné à survivre. Les personnages secondaires sont incroyablement profonds, que ce soient la soeur et le beau-frère de Ianto, campés en quelques scènes particulièrement percutantes ou John Frobisher, le fonctionnaire victime du système qui en sera réduit à la plus terrible des extrémités. Torchwood est décidément une série fabuleuse, d'une grande profondeur et d'une infinie noirceur. On espère très fort qu'il y aura une quatrième saison, chers happy few.
Torchwood, saisons 2 et 3, disponibles en français pour la saison 2, en anglais pour l'instant uniquement pour la saison 3.
Les billets d'Isil (merci pour le prêt!) et de Karine, copines de mails.
PS : le titre de ce billet est pour ceux qui ont vu la saison 3. Et qui ont pleuré. Evidemment.
12:00 Écrit par fashion dans Séries télé | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : torchwood, doctor who, les hommes de ma vie quoi, je veux aller à cardiff, et revoir toutes les saisons de ces deux extraordinaires séries
31.03.2009
Captain, oh my captain
Chose promise, chose due, chers happy few qui piaffez d'impatience (enfin au moins deux d'entre vous), voici un petit billet sur Torchwood, le spin-off de Doctor Who.

Commençons par le commencement (un peu d'ordre ne nuit pas, enfin il paraît). Dans l'épisode 9 de la saison 1 de Doctor Who (The empty child), le Docteur et Rose rencontrent à Londres en 1941, en plein blitz, un homme terriblement séduisant (sa première apparition m'a causé des palpitations, chers happy few, je vous jure), qui se présente comme un Capitaine de l'aviation américaine (ce qu'il n'est en fait pas du tout, mais je n'en dis pas plus, histoire de ne pas spoiler totalement) : Jack Harkness (incarné par le très sexy John Barrowman). Follement séduisant, aventurier, séducteur forcené tous genres et toutes races confondus (on le voit même faire du gringue à des robots dans un épisode suivant), le capitaine Jack accompagne nos deux héros durant la fin de la saison avant d'être abandonné dans une station spatiale. Dans l'épisode 2 de la saison 2 (Tooth and claw), la Reine Victoria, qui a décidé que le surnaturel et les aliens n'auraient jamais le dessus sur l'Empire britannique, décide de créer, à l'issue de sa rencontre mouvementée avec le Docteur, l'Institut Torchwood (anagramme de Doctor Who), qui sera chargé d'étudier et de contrer les menaces extra-terrestres. On voit alors apparaître régulièrement le nom de Torchwood dans la suite de la saison jusqu'aux derniers épisodes, Army of ghosts et Doomsday où Torchwood, après s'être enfin incarné, est démantelé à l'issue de la bataille de Canary Warf, terrible bataille contre les Cybermen venus d'une dimension parallèle, bataille dont ils sont complètement responsables. C'est alors que débute la saison 1 de Torchwood.

(Quand je vous disais qu'il était séduisant, le bougre.)
Torchwood met donc en scène une organisation qui ne dépend pas du gouvernement et qui ne répond de ses actes auprès de personne, chargée de collecter et d'étudier les armes extra-terrestres qui tombent sur la Terre afin d'armer l'humanité en vue des batailles qu'elle devra mener. Basée à Cardiff, où une faille spatio-temporelle semble attirer tous les aliens possibles et imaginables (deux épisodes de DW se déroulent d'ailleurs dans cette ville), l'organisation a ses locaux dans un sous-sol miteux et ressemble assez au Scooby-gang. Outre Jack donc, qui réapparaît en leader charismatique et immortel et qui a perdu sa capacité à voyager dans le temps (son bracelet ne marche plus), l'équipe compte quatre autres membres : Ianto Jones, l'homme à tout faire, Toshiko Sato, informaticienne de génie, Owen Harper, médecin et Suzie Costello, qui disparaît dès le premier épisode au profit de Gwen Cooper, ex-fliquette.

(Ianto, Gwen, Jack, Tosh et Owen. Comme vous pouvez le remarquer, chers happy few, Jack ne quitte jamais son manteau d'aviateur. So classy.)
La grande différence avec DW est que l'équipe de Torchwood ne quitte jamais l'espace-temps qui est le nôtre, ce sont les aliens qui viennent à eux. Plus sombre, plus adulte, plus sexy (les sous-entendus sexuels sont légion et tout le monde semble coucher avec tout le monde), c'est une série qui est autant policière que de SF , l'équipe résolvant des enquêtes qui n'impliquent pas toujours des extra-terrestres (l'épisode le plus atroce de la saison 1 est Countrycide qui met en scène une bande de cannibales tout ce qu'il y a... d'humain). Les membres de l'équipe sont plein de défauts, de complexes et de secrets, ce qui donne une véritable densité à leurs personnages et rend leurs relations pour le moins compliquées (même si les atermoiements de Gwen ne sont pas forcément toujours de bon goût). Il y a moins d'humour que dans Doctor Who mais ça n'en est pas moins une excellente série, bien ficelée et bien noire (la saison 1 se clôt sur une apocalypse évitée de justesse et les spoilers glanés ici et là laissent augurer une saison 2 sombre à souhait). Une réussite!
Torchwood, saison 1 de 13 épisodes disponible en version française (avec la VO et des sous-titres parfois scandaleux, genre "You're so welsh" traduit par "Vous êtes typiquement une femme" ????). La saison 2 sera en vente le 8 avril (j'ai craqué, je l'ai pré-commandée, je suis faible je sais). La saison 3 est en cours de diffusion sur BBC1 (ils en sont au cinq ou sixième épisode il me semble).
Pour ceux qui suivent les deux séries à la fois, la saison 1 de Torchwood est à regarder entre les saisons 2 et 3 de Doctor Who, histoire de comprendre quelque chose au cross-over entre les deux séries (il y en a un deuxième à la fin de la saison 4).
Merci à Isil pour le prêt (décidément, que ferais-je sans elle ?)!
Le billet de Chimère (il existe j'en suis certaine, mais je ne le trouve pas). Yueyin a promis un billet il y a belle lurette, mais que fait-elle ?
13:50 Écrit par fashion dans Séries télé | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : torchwood, john barrowman is the sexiest man on earth, and gay of course, so typical, tsss