18.06.2010
My name is... Jean Valjean
Avertissement : ce billet
Figurez-vous, chers happy few, que j'aime les comédies musicales depuis ma plus tendre enfance et la découverte émerveillée de Chantons sous la pluie. Et je me suis longtemps contentée des films, peu attirée par ce que le théâtre français me proposait (parce que bon, Notre-Dame de Paris et consorts, eeew). Et puis, il y a quelques mois, Cryssilda a proposé d'aller à Londres voir Oliver, adaptation d'Oliver Twist. J'ai découvert alors, comme l'enfant émerveillée que j'étais il n'y a pas si longtemps (ne dites rien, bande de mauvaises langues, je vous rappelle que le temps est un concept relatif, surtout pour certains) (je dis ça, je dis rien), dans un théâtre bondé au public très enthousiaste (les gens reprenaient certaines chansons), une mise en scène fabuleuse (j'ai été particulièrement impressionnée par la machinerie), un roman bien adapté et des comédiens-chanteurs incroyables (Russ Abbott dans le rôle de Fagin notamment m'a vraiment impressionnée). Du coup, quand j'ai vu que Les Misérables étaient donnés au Châtelet, je me suis précipitée, accompagnée encore de Cryssilda (on ne change pas une équipe qui gagne).
En 1985, les britanniques adaptent Les Misérables, le spectacle musical créé par Robert Hossein en 1980, en modifiant la structure de la comédie musicale (resserrement de l'intrigue notamment) et en modifiant les chansons. Succès triomphal, cette pièce, donnée depuis en continu à Londres, a été modifiée en 2009 (dépoussiérage des chansons et modifications de mise en scène) et c'est cette nouvelle mouture modernisée qui est en tournée actuellement, et qui fait donc halte à Paris jusqu'au 4 juillet.
Et, chers happy few, j'ai été littéralement emballée et transportée par ce spectacle. En 2h30, c'est tout le roman de Hugo qui se déroule : de la libération sur parole de Valjean qui décide de passer dans la clandestinité pour survivre jusqu'à sa mort, nous avons l'essentiel du roman, des chandeliers de l'évêque de Digne à la mort de Fantine, du rachat de Cosette aux Thénardier aux barricades et au sauvetage de Marius, avec en filigrane l'affrontement avec Javert. La mise en scène est extraordinaire, permettant d'enchaîner avec fluidité les tableaux, dans des décors proprement époustouflants (encore une fois, la machinerie est incroyable et l'utilisation de décors projetés en transparence comme au cinéma est très judicieuse et rend la scène dans les égoûts particulièrement inquiétante) et certaines scènes sont de véritables tableaux, comme la mort des insurgés sur les barricades ou celle de Javert, impressionnante. Les chanteurs sont excellents, John Owen-Jones qui interprète Jean Valjean en tête (il est littéralement habité par le rôle et il m'a flanqué la chair de poule à plusieurs reprises) et j'ai particulièrement aimé Fantine (Madaleno Alberto), dont la mort m'a fait verser une larme et Eponine (Rosalind James) dont le solo a été très chaleureusement applaudi. Les scènes de groupe sont extraordinairement puissantes, et la salle a salué l'impeccable spectacle par des vivats et une standing ovation plus que mérités. Vous l'avez compris, perspicaces happy few, je recommande plus que chaleureusement ce spectacle enthousiasmant. Courez-y.
Les Misérables, mise en scène de Trevor Nunn et John Caird, avec John Owen-Jones (Jean Valjean), Earl Carpenter (Javert), Gareth Gates (Marius) (ce n'était pas lui mercredi dernier mais sa doublure, Luke Kempner, un jeune homme au nez pointu comme je les aime et à qui je prédis une jolie carrière) (en toute objectivité, of course) (aucun couinage intérieur n'a été à déplorer durant la pièce) (hum), Madaleno Alberto (Fantine), Katie Hall (Cosette), Ashlay Artus (Thénardier), Lynne Wilmot (Mme Thénardier), Rosalind James (Eponine), Jon Robyns (Enjolras), au Théâtre du Châtelet jusqu'au 4 juillet, places à 98€ - 83€ - 58€ - 38€ - 23€. (Lors de la représentation à laquelle j'ai assisté, il y avait environ un quart de sièges vides, ce qui nous a permis d'être excellemment bien placées alors que nous avions pris les places les moins chères.) La représentation est surtitrée.
08:23 Écrit par fashion dans Au théâtre ce soir | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : do you hear the people sing, singing the song of angry men, it is the music of a people, who will not be slaves again, when the beating of your heart, echoes the beating of the drums, there's a life about to start when tomorrow comes


