10.09.2010
If we burn, you burn with us

Souvenez-vous, chers happy few : nous avions laissé Katniss très mal en point et sauvée de justesse par les rebelles à la fin des Jeux organisés pour le 75ème anniversaire des Hunger Games. Nous la retrouvons quelques semaines plus tard, dans un sale état, physique et moral. Peeta est prisonnier du Capitole, et nul ne sait s'il est encore vivant. La résistance s'est organisée, la rebellion se répand dans les différents districts (à l'exception du 2, toujours à la botte du Capitole, et du 12, rasé par les bombres), sous le commandement de Coin, qui a ses quartiers généraux dans le District 13, qui possède une force militaire considérable en armements à défaut d'avoir une armée très nombreuse. Coin et son état-major, dont Plutarch, veulent que Katniss incarne le Mockingjay afin d'encourager les derniers réfractaires à la rebellion...
Troisième et dernier volet de la trilogie The Hunger games, dont j'ai trouvé les deux premiers volumes excellents, Mockingjay tient toutes les promesses contenues dans The Hunger games et Catching fire, en ce sens qu'il propose une conclusion parfaitement satisfaisante à tout ce qui avait été posé auparavant. Suzanne Collins réussit brillamment le déplacement de l'intrigue : ici plus de jeux dans l'arène mais une guerre grandeur nature, ce qui permet d'approfondir le personnage de Katniss. En effet, cette dernière ne se retrouve plus au centre de l'action, comme c'était le cas dans les deux tomes précédents : cantonnée à son rôle de Mockingjay, elle obéit (pas toujours très bien, il faut le reconnaître) aux ordres de Coin et ne prend part à la guerre que de loin en loin, ce qui lui laisse tout le temps de tenter de se reconstruire et de réfléchir aux conséquences de ses actes. L'absence de Katniss du centre de l'action aurait pu être ennuyeuse ; le point de vue se déplace et le lecteur rate certaines scènes qui nous sont rapportées et non racontées (et je dois avouer que c'est un peu dommage parce que je trouve que Collins a un talent certain pour construire les scènes violentes, comme les précédents opus l'avaient prouvé). Cependant, cette absence permet à son personnage de dure à cuire de devenir plus introspectif et paradoxalement plus adolescent, Katniss se morfondant beaucoup avant d'être confrontée de manière brutale à ses actes et à ses choix par la réapparition de Peeta, ce qui la conduit à quelques atermoiements. Comme dans les volumes précédents, Collins utilise excellemment l'argument de SF afin de se livrer à des réflexions très fines sur le pouvoir (les rebelles sont facilement enclins à faire exactement ce qu'ils reprochent au Capitole, le tout avec des arguments spécieux qu'ils estiment imparables) et les media (l'équipe de tournage qui suit les faits et gestes de Katniss sur le terrain et fait rejouer les scènes de guerre, de même que la bataille acharnée pour diffuser la propagande des uns et des autres démontrent en quelques scènes la force de la manipulation par les images). Le tout est servi par un style incandescent et tendu comme un arc, l'arme préférée de Katniss. The hunger games est assurément l'une des meilleures séries de SF jeunesse de ces dernières années, chers happy few, intelligente, efficace et émouvante. Je recommande plus que chaleureusement.
Collins Suzanne, Mockingjay, Scholastic, 448 pages
Challenge Lire en V.O
26
17:07 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Jeunesse, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : mockingjay, the hunger games, il me tarde de voir l'adaptation ciné tiens, j'espère qu'elle ne versera pas dans la guimauve, ce serait dommage