02.10.2010

Masquerade

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 Lucien est un adolescent londonien de 15 ans qui souffre de cancer. Epuisé par la chimiothérapie, il passe toutes ses journées au lit. Un jour, son père lui rapporte un très vieux carnet étrangement décoré dont les pages sont vierges. Lucien s'endort le carnet à la main et il se retrouve alors projeté au XVIème siècle à Belleza, une ville qui ressemble à Venise sans l'être vraiment. Il rencontre une jeune fille belle et entêtée, Arianna, qui l'entraîne dans une aventure des plus dangereuses.  

 

 

Stravaganza est une série jeunesse britannique, chers happy few, dont City of masks est le premier volume (elle en compte cinq, si mes renseignements sont exacts) et qui m'a beaucoup plu. Si le glissement dans une dimension parallèle n'est pas follement original, j'en ai trouvé le traitement fort réussi. Le passage d'un monde à l'autre se fait grâce à des talismans et cette capacité à voyager entre les univers n'est donnée qu'à une poignée d'hommes, les Stravagantes. Le temps, qui s'écoule différemment à Londres et à Belleza rend les voyages aléatoires, et le corps des Stravagantes étant plongé dans un état comateux en leur absence, cela crée de nombreuses difficultés, comme le tout premier Stravagante, le Docteur Dethridge, un Anglais de la période élisabéthaine, l'a expérimenté à ses dépens. Sur cette base, City of masks propose une histoire enlevée et bien construite de manipulation politique sur fond de secrets, de mensonges et de trahisons. Le lecteur se laisse entraîner avec plaisir de rebondissements en révélations et il suit des personnages très attachants, les jeunes, Arianna et Lucien (rebaptisé Luciano) comme les adultes (la Duchesse, Silvia, est un personnage très intéressant, séduisante et dangereuse, dotée d'un grand sens politique qui la pousse à prendre des décisions que l'on voit rarement dans les romans jeunesse, de même que Rodolfo, qui est à la fois son amant et son éminence grise, personnage à la fois sombre et solaire que j'ai trouvé limite couinesque) (ouh que ce n'est pas sérieux d'écrire ça, j'assume). Ajoutons que la grave maladie de Lucien confère à l'histoire un aspect dramatique (le jeune homme est débarrassé du cancer à Belleza alors que ce dernier empire à Londres) et émouvant qui est bien utilisé. Vous l'avez compris, chers happy few, je vais acheter la suite.

 

Mary Hoffman, Stravaganza, City of masks, Bloomsbury, 340 pages, 2002

 

Cette série est disponible en français sous le même titre, chez Pocket Jeunesse.

 

Merci encore Karine pour la découverte! 

 

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