27.02.2011
Lisboa, meu amor...
Oui, je sais, happy few de mon coeur grenadine : je suis absente depuis un bon bout de temps et vous en êtes limite à vous demander si je n'ai pas été séquestrée dans un pub, ensevelie sous les copies ou retenue à l'insu de mon plein gré dans un Tardis et si vous devez prévenir la police des blogs. Et comme je prends vos inquiétudes très au sérieux, je viens, dans ma grande magnanimité, vous rassurer : je ne suis pas loin, c'est juste que j'ai laissé un bout de mon coeur ici
A moins que ce ne soit dans une de ces ruelles-là
J'ai passé quelques jours à Lisbonne, la ville aux sept collines et au fleuve qui a un nom indien (la géographie n'a jamais été mon fort, oups) et j'ai été profondément séduite par cette capitale chaleureuse et bordélique qui ne ressemble à aucune autre. Je voulais des vacances dépaysantes, je les ai eues : on a marché sous le soleil, bu des cocktails au porto, du vinho verde et de la ginjinha, j'ai inventé un sabir espagnolo-portugo-français qui a remporté tous les suffrages (surtout ceux de la vendeuse de chaussures chez qui j'ai déniché des bottines victoriennes qui ont rendu jalouse la terre entière) (au moins), on a marché comme des folles, monté des milliers de marches, visité quelques châteaux, goûté tous les beignets qu'on a trouvés, fait une orgie de pastels de nata, on s'est vite adaptées aux coutumes culinaires locales (notamment le fromage en apéritif), et j'ai découvert le fado.
Je vous laisse avec ma nouvelle marotte (il est over séduisant en vrai, et quelle voix), les copies m'attendent. (Ceux qui rient seront évidemment privés de billets à haute teneur kulturelle et de chocolat.)
17:27 Écrit par fashion dans A l'étranger, Choses vues | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : cariiiine, y a antonio rien que pour toi dans la vidéo, hiiiiiiiiiiii, sinon, je n'ai pas pris un gramme, le dieu du bacalhau est avec moi
04.02.2011
Cranford - Elizabeth Gaskell
Grande-Bretagne, première moitié du XIXème siècle. Cranford est une toute petite ville non loin de Drumble (une ville fictive inspirée de Manchester) dans laquelle les femmes qui composent la bonne société ont réussi à éliminer les hommes, dont elles se passent aisément (je vous rassure tout de suite, elles ne prônent pas la violence du tout, non, c'est juste que "si un couple marié vient s'installer, d'une manière ou d'une autre, le monsieur disparaît"). Les années s'écoulent paisiblement, marquées de petits faits comme d'événements plus marquants, autour de personnalités aussi attachantes que hautes en couleur...
Parce qu'entre deux lectures de la Rentrée de janvier j'ai besoin de valeurs sûres et d'auteurs morts qui parlent d'autre chose que de leur nombril, chers happy few, j'ai exhumé de ma PAL ce délicieux roman d'Elizabeth Gaskell qui prenait la poussière depuis sa sortie il y a tout juste un an (une bonne moyenne si vous voulez mon avis, j'en connais beaucoup qui voudraient être à sa place et lus aussi rapidement). Cranford est une chronique qui s'étale sur plusieurs années, narrée par Mary Smith, une jeune femme dont on ne sait pas grand chose si ce n'est qu'elle n'habite pas Cranford mais y séjourne souvent parce que les demoiselles Jenkyns sont des amies de son père, négociant à Drumble. Parce qu'elle est extérieure à ce petit monde, Mary en voit les défauts et les travers (même si elle n'est elle-même pas exempte de petits défauts), et elle raconte les menus événements de la vie quotidienne avec beaucoup de verve et de bienveillance. La figure principale de cette succession de vignettes est Miss Matty, une vieille dame douce et bonne, un peu perdue dans le monde moderne, qui a du mal à s'émanciper de la tutelle d'une soeur très autoritaire, et qui est adorée par tout le village. Autour d'elle gravitent de nombreuses vieilles filles ou veuves, qui passent leur temps à se recevoir les unes les autres et à papoter à qui mieux mieux, abordant tous les sujets, des mariages probables aux mariages possibles à l'étiquette (une question obsédante pour ces femmes qui se considèrent, quoique souvent peu fortunées comme étant de la meilleure société) en passant par la mode. Cette galerie de portraits drôles, finement observés et bourrés d'humanité, forme un roman hautement recommandable. Il va maintenant falloir que je regarde la série télévisée (de la BBC, what else ?) qui m'attend depuis une éternité. Comment voulez-vous après ça que je trouve le temps de corriger des copies, mmmh ?
Elizabeth Gaskell, Cranford, L'Herne, traduit de l'anglais par Béatrice Vierne, 271 pages, 2009
Les billets de Chiffonnette, Isil...

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05:00 Écrit par fashion dans Challenge Nécrophile 2011, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : si celui qui m'a volé le retourneur, de temps d'hermione, pouvait me le rendre, merci bien, j'en ferai bon usage, sinon, les crêpes c'est bon, le nutella c'est le mal
29.09.2010
De la sexytude en milieu professoral
(Ce salon étant en train de devenir over sérieux, il était temps de prendre les choses en main comme disait le poète moldave en empoignant vigoureusement son verre de Pimm's) (...) (qu'alliez-vous donc imaginer, bande de coquinous ?)
Je sais qu'il y en a parmi vous, chers happy few, qui pensent que les Harlequin ne sont que des romans légers, limite aériens, déconnectés de la réalité et qui ne présentent que des personnages qui n'existent pas, véritables clichés ambulants. Mais (car oui, il y a un mais), ce n'est pas toujours le cas, loin de là. Parfois, les romans Harlequin sont de véritables études sociologiques, profondes et argumentées. C'est exactement le cas de


Coup de folie (collection Rouge passion) et Une inoubliable rencontre (collection Désirs).
Si, si, je vous jure. (Certes, ce n'est pas évident quand on voit les (sublimes) couvertures. Mais on ne va pas pinailler pour si peu.)
Figurez-vous, chers happy few, que ces deux romans ont pour cadre l'enseignement. Je ne pouvais donc pas passer à côté d'une si belle occasion d'apprendre comment on concevait l'éduc' nat' aux Etats-Unis et c'est donc dans le cadre de l'étude scientifique la plus rigoureuse que j'ai décidé de me rendre possesseuse de ces deux fantabuleux romans. Et ma conscience professionnelle a été récompensée au centuple par ce que j'ai appris, chers happy few. Au moins.
Dans un roman Harlequin, pour être proviseur-adjoint d'un lycée de l'Arizona, il faut être empli d'une infinie sexytude et répondre au doux prénom de Tuck (pour une fois que ce n'est pas Josh, on ne va pas s'en plaindre). Tuck Manning, le héros d'Une rencontre inoubliable est un homme "très séduisant, avec ses yeux à la George Clooney, un peu obliques, et son air mêlant le sérieux et l'ironie. Le premier de la classe en Harley Davidson... Solide, narquois et brillant. Une combinaison explosive." Passons sur le fait que je n'ai pas bien compris en quoi les yeux de Clooney étaient "obliques", et sur l'emploi étrange de cet adjectif ("en amande" m'aurait paru de meilleur aloi) et arrêtons-nous deux minutes sur cette description. Force est de constater, chers happy few, que je n'ai jamais côtoyé un proviseur-adjoint de cette trempe. Surtout si on ajoute à ce physique georgesque son jeune âge (il a 28 ans, mais on sait depuis longtemps qu'aux âmes bien nées, la valeur bla bla bla) et son tempérament de poète, qui lui fait dire dès la page 30 : "Il y avait eu quelque chose de précieux, dans cette rencontre. Comme la neige à Tucson." Si un proviseur-adjoint m'avait parlé ainsi, chers happy few, nul doute que j'aurais moi aussi été emportée, comme Kate, dans un "délicieux maelstrom de sensations" qui m'aurait empêché de me concentrer sur mes cours.
Dans un roman Harlequin, quand on est prof de fac, on n'enseigne pas des matières ringardes et poussiéreuses, non, chers happy few, on enseigne, comme Miranda (l'héroïne de Coup de folie), un module sur "Sexualité et reproduction", avec une nette tendance à prôner à ses élèves les bienfaits de l'abstinence et de la vertu. On mélange donc allègrement morale et science, on publie des tas d'articles sur le sujet et on est élue "Personne la plus moralement méritante du campus" (ouh que ça fait envie). La question est : vaut-il mieux passer son doctorat et finir comme Miranda, frustrée et solitaire ou avoir encore "une ou deux U.V à passer" comme Kate (oui, elle ne sait pas combien il lui en manque, mais il faut dire à sa décharge qu'elle n'est pas prof de maths) et finir dans un lycée de l'Arizona à se laisser draguer par son proviseur-adjoint ? Vaste question, limite métaphysique, chers happy few.
Dans un roman Harlequin, quand on attend le passage d'un collègue on jardine en mini-short et en débardeur ultra-moulant (personnellement, il n'y a cette année pas un seul collègue pour qui je ferais cet effort, mais c'est parce que je suis une vilaine égoïste) et on a raison puisque le collègue en question se révèle rapidement être un champion du tuyau d'arrosage dont il fait un usage ma foi tout à fait intéressant, ce qui prouve bien que la pédagogie c'est un investissement de tous les instants, limite un art de vivre, chers happy few. Vivent les profs, tiens.
C'est toujours Ofelia qui a oeuvré avec talent, limite brio.
Ce billet clôture pour ma part sur le fil les Harlequinades 2010, qui, je le rappelle, ferment demain!
15:39 Écrit par fashion dans Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : sinon, j'ai lu une (lointaine) réécriture du comte de m-c, vivent les irlandais au sang chaud tiens, et le chocolat, comment ça aucun rapport ?
02.07.2010
Il est une vérité universellement reconnue... : le swap, ça rend heureux!
Pour cette deuxième édition du swap au long cours organisé par Bladelor, chers happy few, Karine et moi avions prévu d'échanger nos colis en mains propres, la plus célèbre des québécoises étant à Paris depuis mardi dernier. Après quelques péripéties à base d'avion en retard et de RER en panne (les joies de la vie parisienne) et quelques verres de rosé (il fait chaud, on lutte comme on peut) (qui ricane ?), nous avons étalé nos paquets sur la table en couinant par avance. Il faut dire que nous avions choisi un thème particulièrement couinesque, limite glamourous : "Intertextualité et palimpseste".
...
Oui, nous sommes comme ça, over kulturelles.
(Et nous avons parfois de drôles d'idées entre l'apéro et deux couinements, our bad.)
Et donc, pour illustrer ce thème, j'avais demandé à Karine, qui est ze spécialiste intergalactique de la chose, de me faire un colis autour d'un personnage qui connaît une postérité tout à fait incroyable, l'ombrageux et orgueilleux... Darcy. (Le premier qui dit quoi que ce soit sera contraint de faire une étude de l'utilisation du zeugme dans les oeuvres moldaves du Haut Moyen-Age, ça rigole moins tout d'un coup.)
J'ai donc découvert :
un SLAT fantabuleux en provenance directe du Jane Austen Center de Bath (oui, je le précise car je suis comme ça, élitiste, moi monsieur), qui contenait :
Quatre romans : Drood (sans rapport avec Darcy mais en rapport avec le thème), que je voulais lire depuis longtemps (entre Dan et moi c'est une histoire d'amour qui dure depuis longtemps, si vous rajoutez Charles on top, c'est l'extase) (oui, je sais parfaitement ce que j'ai écrit bande de petits pervers) ; Pride, prejudice and Jasmine Field (où comment une pièce adaptée de P&P va changer la vie de nos héros) ; The last man in the world, qui imagine ce qu'il serait advenu si Elizabeth avait accepté la première demande en mariage de Darcy (à mon avis rien de bon, chers happy few, je dis ça, je dis rien) et An assembly such as this qui est la réécriture de P&P du point de vue de Darcy. J'ai comme dans l'idée que le mois de juillet va être darcynesque, je ne sais pas pourquoi, tiens.
Et, pour accompagner toute cette darcytude :
des objets de folie : un service à thé customisé rien que pour moi (la théière, so cute, porte l'inscription Mrs Darcy's teapot), des savons d'invités (un au nom de Fitzwilliam, l'autre au nom de Lizzie), un magnet overcouinant avec Colin-Who-Else-Darcy, des chocolats et deux sachets de David's Tea (je vous le jure, chers happy few, une marque comme ça ne s'invente pas, c'est un miracle, c'est tout), l'un porte le doux nom de Vert séduction et l'autre de Thé d'amour ("Une seule gorgée et vous voilà éperdument amoureux. [...] Est-ce les pépites de chocolat qui atténuent vos inhibitions ?" se demande l'argumentaire au dos du sachet. Je ne sais mais je peux vous assurer qu'aucun David ne sera maltraité durant l'enquête).
Et comme Karine s'est emmêlée dans les règles, elle a ajouté :
un Guide Supernatural qu'elle avait commandé pour la première édition du swap au long cours et qui n'était pas arrivé à temps, deux romans pour mes enfants, du sirop d'érable, du beurre d'érable aux framboises (en voie de trépassement en grande pompe le pauvre, c'est sa faute aussi, a-t-on idée d'être aussi bon, franchement ?) et un SLAT New York pour ma collection (oui, je crois qu'il faut voir les choses en face chers happy few et affronter son destin quand il se présente : quand on possède plus de 15 SLAT en tissu, on peut raisonnablement penser qu'on les collectionne, mais en tout bien tout honneur évidemment, même si quelques sexy men se sont glissés sur certains d'entre eux, quels fripons).
C'est comme d'habitude un colis over couinant que m'a concocté Karine, il m'a fait totalement capoter! (oui, vivre depuis quatre jours avec une québécoise pure souche, ça laisse des traces, chers happy few, je dis des choses étranges comme "magasiner", "cellulaire", "cute" ou "prenons un drink"... et je suis certaine que d'ici son départ, je lui aurai aussi piqué l'accent, mais je le lui rendrai parce que je suis bien élevée) Merci mille fois, chère binômette de folie!
Et parce que je ne m'en lasse pas :
16:55 Écrit par fashion dans Le swap ? C'est Noël! | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : le david's tea vert est délicieux en plus, hiiiiiiiiiiiiiii, hum, sinon, il fait chaud, mais c'est pas grave il y a toujours du tariquet au frais, ou du champagne, c'est qu'on sait vivre par chez nous


