10.11.2008
A la recherche de soi
La narratrice, une femme sans âge mais au passé manifestement encombrant et flou s'invite chez Roland, son ancien psy, qui vit retiré à la campagne depuis un accident cérébral. Grâce aux contes de fées qu'il laisse à son chevet et à ses rêves étranges, elle met à plat une partie de sa vie...
Voilà typiquement le genre de roman, chers happy few, qui avait tout pour me plaire : les contes de fée et la psychanalyse sont deux sujets que je trouve fascinants et qui, bien traités, peuvent servir de base à des romans passionnants. Hélas, trois fois hélas, c'est loin d'être le cas ici. Les contes de fée ne sont jamais analysés mais paraphrasés d'une manière totalement inintéressante (affirmer comme si c'était la révélation du siècle que La Belle au bois dormant est un conte sur l'attente ou que Blanche-Neige explore les relations mère-fille, c'est franchement bien léger). La narratrice en cite de longs extraits qu'elle résume ensuite, ce qui crée évidemment de nombreuses répétitions et si ce besoin de répéter se comprend parfaitement dans le cadre d'une analyse (puisque c'est à ça qu'elle se livre), c'est vite lassant pour le lecteur, que rien ne viendra sauver de l'ennui abyssal de cette lecture, ni l'analyse transparente et bourrée de clichés de rêves aussi répétitifs que le reste (comment un aussi court roman arrive-t-il à tourner en rond à ce point est d'ailleurs un insondable mystère) ni le style, d'une affligeante platitude. Ajoutons à cela que j'avais vite compris quelle serait la chute de ce cheminement intérieur et vous comprendrez que tout cela fait que j'ai frôlé l'abandon à plusieurs reprises, retenue par la brièveté du roman. Cette première lecture de Nathalie Rheims est pour moi un échec total, chers happy few.
Nathalie Rheims, Le chemin des sortilèges, Editions Léo Scheer, 180 pages
Merci à Suzanne de Chez les filles qui m'a fait parvenir cet ouvrage.
Je suis la seule rabat-joie (mais ça arrive suffisamment souvent pour que je ne me froisse plus) d'une déjà longue liste de lectrices :
Karine, Leiloona, Lucie, Malice, Saxaoul, Stéphanie, Sylire
Ah, un avis semblable au mien : celui de Calepin.
PS : pour lire des ouvrages utilisant parfaitement les contes de fée, de manière à la fois personnelle et pertinente, je vous recommande encore The book of lost things de John Connolly (dont j'ai parlé ici), Ludwig Revolution, un manga très réussi qui tire des contes tout le sadisme et la perversion qu'ils contiennent et en livre une analyse réjouissante et drôle et La compagnie des loups d'Angela Carter.
06:30 Écrit par fashion dans Les contournables, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note | Tags : nathalie rheims, contes de fée, relisons bettheleim tiens, perrault and grimm forever