20.10.2008

Le cocu magnifique

51RDRDuH2ML__SL500_AA240_.jpg En 1663, Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, fait la connaissance de manière fortuite et dans des circonstances assez rocambolesques de Françoise de Mortemart, une sublime jeune femme. Le marquis la demande en mariage, ils s'unissent une semaine plus tard. Dans un premier temps, le couple mène une vie joyeuse, faite de jeu, d'amour et d'eau fraîche. Mais les dettes s'accumulent, leurs familles respectives, peu fortunées, ne peuvent pas subvenir à leurs besoins. Montespan décide d'armer un régiment et de se faire remarquer sur les champs de bataille. Après de nombreux échecs, sa femme prend les choses en main : elle se fait admettre à la cour avec les conséquences que tout le monde connaît...


Gascon haut en couleurs, le Montespan est une figure étonnamment et résolument moderne : amoureux de sa femme à une époque où les mariages n'étaient que d'intérêts, naïf au point de croire que le Roi applique à lui-même des principes de droiture et de justice et provocateur jusqu'à l'outrage (il brisa son épée devant le Roi et tourna les talons sans saluer, ce qui lui valut une peine d'emprisonnement, sentence fort clémente parce que sa femme avait l'insigne honneur d'être la maîtresse de Louis XIV). Le roman de Jean Teulé reprend donc l'Histoire à sa sauce avec un style enlevé à l'image de la gouaille de Louis-Henri. Il ne faut rien attendre de neuf du côté des emprunts historiques (on y retrouve les algarades avec le Roi, l'histoire du carosse peint en noir, les tentatives d'assassinat, l'entêtement du marquis, l'ascension fulgurante de Françoise rebaptisée Athénaïs, la disgrâce, l'affaire des poisons, la naissance du règne de la Maintenon) et quelques anecdotes sentent le Teulé à plein nez : je trouve que cet homme a vraiment un goût prononcé pour le scatologique, et comme l'époque s'y prête, il s'en donne à coeur joie. On y parle beaucoup de défécations (au bout d'un moment, c'est quand même lassant) et les galipettes à heure fixe ou la théorie sur la taille du sexe du Roi font franchement sourire. C'est un roman divertissant et sympathique qui assure au lecteur un bon moment de lecture, chers happy few, mais à mon avis éminemment oubliable.


Jean Teulé, Le Montespan, Juilliard


Merci à Cuné pour le prêt!
Les avis de Bernard et Ys