23.05.2011

Léviathan - Scott Westerfeld

leviathan-Westerfeld.jpg1914.

Le 28 juin, le jeune Aleksandar, fils de l'archiduc François-Ferdinand et de Sophie Chotek, est réveillé en pleine nuit par le comte Volger, son maître d'escrime et Klopp, mécanicien en chef de l'archiduc. Sous prétexte d'une leçon de pilotage de nuit, les deux hommes "enlèvent" le jeune homme pour le mettre à l'abri : ses parents ayant été assassinés, il devient la cible de ceux qui ne veulent pas le voir sur le trône de l'Autriche. Voilà donc nos trois hommes, accompagnés de deux soldats, partis pour la Suisse dans un mécanopode, espèce de gigantesque robot bipède. Parallèlement, la jeune Deryn se fait passer pour un garçon afin de postuler comme aspirant dans la Royal Air Force : devenue Dylan, elle se retrouve, par un concours de circonstances, sur le Léviathan, fabuleuse baleine des airs. Nos deux jeunes gens, la britannique et l'autrichien, se rencontreront dans des circonstances pour le moins mouvementées.

 

levianthan map.jpg

 

Comme les plus perspicaces d'entre vous l'auront aisément déduit du brillant résumé que j'ai écrit à la force de mon clavier, Leviathan est un roman de steampunk, happy few amateurs de bons crus et de science-fiction, qui s'inscrit donc dans la lignée des romans d'Histoire alternative, genre dans lequel s'illustrent avec brio nos amis anglo-saxons (je ne voudrais pas dire de bêtises (ce serait si peu dans ma manière) mais il me semble que les auteurs français ne se sont guère intéressés à ce type de réécriture). Scott Westerfeld met en scène avec un incroyable talent un monde divisé en deux camps : les darwinistes (France, Grande-Bretagne, Russie) qui manipulent l'ADN des animaux pour créer des hybrides qu'ils utilisent surtout à des fins militaires et industrielles et les clankers (Autriche-Hongrie, Allemagne), qui ne jurent que par les machines extrêmement perfectionnées. Reprenant les faits qui ont mené à la Première Guerre Mondiale, Westerfeld a bâti avec maestria une intrigue riche et pleine de rebondissements, mêlé avec bonheur les histoires de Deryn/Dylan et Alek et trouvé avec le darwinisme une invention très originale qui nourrit l'intrigue de manière passionnante.

Un excellent roman, au style alerte et plein d'humour, qui m'a littéralement emballée, chers happy few.

 

Scott Westerfeld, Leviathan, Pocket Jeunesse, traduit de l'anglais par Guillaume Fournier, 440 pages, 2010, 2009 pour la parution en VO, très belles illustrations de Keith Thompson

leviathanapproaches.jpg

 

Les billets d'Emmyne, Chiffonnette...