08.06.2009

Dans la lumière des étoiles

l'attente du soir.jpgGiacomo est un artiste de cirque. Il dirige le Circo Giacomo et fait des numéros de clown et de dresseur de caniches. Mlle B. est une femme grise, qui mène une vie de poupée creuse, tuée dans l'oeuf par une mère castratrice et destructrice. Le môme a été abandonné dans un terrain vague, où il survit comme il peut. Ces trois personnages racontent leur vie en alternance, dans de courts chapitres. Jusqu'au jour où ils se croisent enfin.

 

L'attente du soir est le dernier roman que je lis dans le cadre du Prix Landerneau, chers happy few, et le moins qu'on puisse dire est que je ne partage pas l'engouement bloguesque qu'il a suscité. Ce n'est pas un roman dénué de qualités mais il contient quand même un certain nombre de défauts qui ont considérablement ralenti ma lecture, et je dois bien avouer que j'ai frôlé l'abandon à deux reprises. J'ai trouvé l'intrigue sans grande consistance : il ne se passe pas grand chose et on comprend tout de suite ce qui va lier cet improbable trio et j'ai trouvé d'ailleurs que les liens qui les unissent étaient trop lourdement appuyés (les ressemblances entre Giacomo et le môme puis entre le môme et Mlle B., qu'elles soient physiques ou morales sont assenées sans finesse et de manière répétitive). Le style n'est pas inintéressant (il a été ma bouée de secours à chaque fois que je sentais poindre l'ennui) mais il est hélas très répétitif et non dénué de facilités (le côté métaphorique m'a rapidement lassée, je suis comme ça, chers happy few, j'aime la légèreté stylistique) et l'alternance des trois voix ne se justifie pas toujours et alourdit la narration. Vu les billets proprement dithyrambiques de ceux qui l'ont déjà lu, j'ai l'impression d'être passée à côté de ce roman qui au final n'est pas déplaisant mais clairement trop long et un peu artificiel dans la forme.

Tatiana Arfel, L'attente du soir, José Corti, 325 pages

Les billets de Caro[line], Cathulu, Dominique, Michel, Papillon

Et puisque j'ai lu les 6 romans de la sélection, chers happy few, j'en profite pour clôturer cette deuxième édition du Prix Landerneau. J'ai trouvé la sélection un cran au-dessus de celle de l'année dernière au niveau de la qualité des ouvrages, qui m'ont semblé globalement plus aboutis. Et trois ouvrages se détachent pour moi sans contestation possible. Voici donc mon podium.

3. A l'angle du renard de Fabienne Juhel, roman qui m'a prise par surprise et qui vient d'obtenir le prix Ouest-France/Etonnants voyageurs.

2. Un dieu un animal de Jérôme Ferrari, d'une incroyable puissance stylistique et qui, comme vous le savez, a obtenu le Prix Landerneau.

1. L'origine de la violence de Fabrice Humbert, qui est encore en lice pour le Prix Orange (vous pouvez voter en ligne, chers happy few), et que j'ai trouvé excellent et poignant.

Au final, ce fut comme l'année dernière une excellente expérience, et la remise du prix a été une soirée très réussie (pensez donc, il y avait du Tariquet) (et Jérôme Ferrari est très sympathique) (mais je n'ai pas eu le temps de dire à Yasmine Char tout le bien que j'avais pensé de La main de Dieu, primé l'année dernière, c'est affreux)! Merci encore mille fois à Elodie G. grâce à qui tout cela a été possible. Girl, you rule.