26.08.2009
Fish & Snow
Uppsala, 2001. A quelques jours de Noël, un jogger découvre un cadavre enseveli sous la neige, poignardé à de nombreuses reprises et une main mutilée. La police identifie rapidement le corps : il s'agit de John Jonsson, jadis connu de leurs services sous le nom de Petit-John quand il se livrait à de menus larcins sous la coupe de son frère, Lennart. Mais Petit-John s'était rangé et menait une vie tranquille, aux côtés de sa femme, Berit et de son fils, Justus. Qui a bien pu en vouloir à cet ouvrier soudeur au chômage passionné par les poissons au point de l'assassiner ? La brigade criminelle, dirigée par Ottosson, mène l'enquête, mais Lennart est bien décidé à devancer la police et à se venger...

La princesse du Burundi est le troisième roman policier de Kjell Eriksson publié par Gaïa, après La terre peut bien se fissurer et Cercueil de pierre. On y retrouve les membres de la brigade d'Uppsala, qui ne sont plus menés ici par Ann Lindell, en congé parental, mais par Ola Haver, son collègue. L'un des grands intérêts de ce polar du nord est de mettre en scène une brigade complète et d'accorder presque autant d'importance à tous ses membres, un peu à la façon d'Ed McBain et de son 87ème district (l'un des personnages fait d'ailleurs allusion à l'inspecteur Carella, figure emblématique et charismatique du commissariat d'Isola). On suit donc Haver, Beatrice, Berglund, Fredriksson et les autres, chacun abordant cette enquête à sa manière ce qui permet une fine caractérisation psychologique de ces enquêteurs (Berglund et ses considérations politico-sociales, Ola et ses problèmes de couple, Beatrice et sa douceur...). Ann, de son côté, se sent à l'étroit dans son rôle de mère au foyer célibataire, entre Erik, son bébé né d'une nuit d'ivresse avec un inconnu, et sa mère qui l'insupporte. Elle rêve de renouer avec Edvard, dont elle est toujours amoureuses et de reprendre du service, ce qu'elle fera, à sa manière. Outre des personnages complexes et attachants, Kjell Eriksson tricote une intrigue solide, où des gens a priori ordinaires se révèlent bien plus complexes et secrets qu'ils n'en ont l'air, pour permettre à leurs rêves de prendre corps dans un quotidien sordide. Un très bon polar, couronné par le Prix du roman policier suédois.
Kjell Eriksson, La princesse du Burundi (Prinsessan av Burundi), Gaia, traduit du suédois par Philippe Bouquet, 350 pages, 2002 pour la première parution en Suède, octobre 2009 pour la traduction française.
PS : vous excuserez le visuel un peu flou, limite arty, chers happy few, qui s'explique par l'absence de visuel disponible. Ce roman sort en effet en octobre. Le 7 pour être précise. Oui, parfois, je me sens une âme de coucou suisse, c'est comme ça.
Ce billet est lisible aussi sur le site Chroniques de la rentrée littéraire, auquel j'ai été associée via Guillaume de Babelio. Leur projet, ambitieux et intéressant : réunir des chroniques de blogueurs sur tous les romans de la rentrée littéraire. Pour en savoir plus, c'est ici.
(Voilà pourquoi ce billet paraît si tôt, chers happy few, j'espère juste que vous n'aurez pas oublié ce titre au fond de la LAL quand il sortira enfin.)
Challenge du 1% littéraire officiel (2/7)
08:30 Écrit par fashion dans Challenge du 1% littéraire 2009, Littérature suédoise, Polars | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : kjelle eriksson, la princesse du burundi, il fait froid en suède, oui j'enfonce des portes ouvertes si je veux d'abord, comment appelle-t-on les collectionneurs de poissons ?, un cadeau pour la bonne réponse en commentaire