15.09.2008
L'aventurier
Parce que les années se suivent et ne se ressemblent pas, chers happy few, voici le sixième roman de la rentrée littéraire que je lis, ce qui est pour moi proprement étonnant, à tel point que je me demande ce qui a bien pu m'arriver : un abus de gâteau au nutella (so goooood que je ne m'en suis pas encore remise) qui m'est monté au cerveau, je ne vois que ça.
Bref. Et quel est le roman qui a eu l'insigne honneur d'être le sixième, chers happy few ?
Un chasseur de lions d'Olivier Rolin.
Pertuiset est un aventurier : mauvais chasseur de lions, piètre trafiquant d'armes, magnétiseur à ses heures, chercheur de trésors qui n'existent pas, explorateur de terres lointaines et de chairs féminines, menteur et hâbleur, c'est un homme haut en couleurs et un peu vulgaire dont le narrateur a découvert l'existence dans un livre acheté en Patagonie, terre dans laquelle Pertuiset a mené une expédition "funambulesque". Le narrateur croise ensuite le regard (passablement vide) de Pertuiset dans un tableau de Manet :

(je trouve pour ma part ce tableau assez laid, chers happy few, mais ça n'engage que moi). Naît alors l'envie de raconter la vie de cet homme de manière romancée et romanesque.
Alors, que dire de ce roman, chers happy few ? D'abord, je trouve que le titre est inapproprié et qu'il aurait dû s'intituler Un chasseur de lions et son peintre, tant Manet est un personnage important de l'intrigue, ancrage parisien auquel Pertuiset revient tout le temps, et qui prend tellement d'ampleur qu'il occupe parfois seul une partie de l'histoire. Ensuite, je m'attendais je crois à un roman d'aventures comme je les affectionne, plein de bruit et de fureur, ce que ce roman n'est pas du tout : l'histoire assez rocambolesque de ce Pertuiset est racontée avec distance et ironie de la part d'un narrateur plutôt synthétique qui en profite pour émailler son récit de considérations sur le temps qui passe et sur son voyage sur les traces de Pertuiset (ce qui n'est pas inintéressant mais a tendance à couper le récit et à lui faire perdre de son élan). La forme manque donc de souffle et le fond méritait je pense qu'on s'y étende plus longuement : Pertuiset croise une galerie de personnages célèbres (Manet donc, mais aussi Berthe Morisot, Mallarmé, Charles Cros et bien d'autres) et son histoire personnelle a pour toile de fond de grands événements historiques comme la Commune ou les révélutions sud-américaines. Tout cela est certes raconté de manière vive mais reste trop suggéré à mon goût. Pour être tout à fait honnête, j'ai déjà oublié une partie de ce roman, pourtant lu la semaine dernière. Tant pis.
Olivier Rolin, Un chasseur de lions, Seuil, Fiction & Cie, 235 pages
Un grand merci à Alexandra Rigaud, Community Manager chez Haut et Fort, qui a eu la gentillesse de me faire parvenir ce roman.
Rentrée littéraire 2008
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : olivier rolin, rentrée littéraire 2008, manet, anthropophages