12.03.2009
Brazil, Brazil
Copacabana, 1953. Maria est brésilienne. Elle vit avec sa mère, Olinda, dans les quartiers chics de Rio et va à l'école avec des petites filles blanches, car Maria, dont la mère est d'un noir d'ébène peut passer pour une blanche. Olinda a quitté la favela il y a longtemps et elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer à sa fille un avenir qui ne ressemblera pas au sien.
Dans la belle collection Bayou de chez Gallimard, dirigée par Joann Sfarr, les découvertes se suivent, chers happy few, et se ressemblent, non par les histoires racontées mais par la qualité de ce qui est proposé. Après Aya de Yopugon et Trésor, c'est Negrinha qui emporte mon adhésion. Cette histoire en un volume conte avec beaucoup de sensibilité l'histoire d'une adolescente qui se découvre brutalement des racines. Elevée par une mère qui a décidé qu'elle ne connaîtrait jamais la pauvreté et la violence, Maria grandit dans un environnement privilégié : Olinda fait des ménages chez un diplomate qui n'est jamais là et qui les loge, elle peut donc aller à l'école avec les enfants favorisés, qui la prennent tous pour une blanche. Mais suite au décès de son beau-frère, Olinda retourne dans la favela pour l'enterrement. Maria découvre avec stupéfaction sa famille (nombreuse) et un monde dont elle ne soupçonnait même pas l'existence, qui lui paraît fait de rires et de musique mais dont l'envers est bien moins gai. Le dessin de Tallec (que l'on connaissait jusqu'à présent surtout pour ses albums jeunesse), épuré et lumineux, s'adapte parfaitement à cette histoire plutôt triste, rythmée par l'évocation par petites touches impressionnistes du Rio des années 50 : le racisme ordinaire des Blancs envers les Noirs, l'omniprésence de la musique, la pauvreté, la famille, la religion (Olinda agit puis prie Dieu de lui pardonner de prendre des décisions parfois douloureuses pour le bien de sa fille)... Un bel album, chers happy few.
Jean-Christophe Camus et Olivier Tallec, Negrinha, Gallimard, Bayou, 102 pages, préface de Gilberto Gil
Les avis de ICB, BDGest et Bodoï
En partenariat avec les éditions Gallimard, je vous propose de gagner un exemplaire de cet album. Pour ce faire, il suffit de laisser un commentaire à ce billet avant vendredi 13 mars 20 heures (oui, je sais que vous êtes habitués à des énigmes retorses, chers happy few, mais le temps de concocter un code sadique me fait cruellement défaut) (rassurez-vous (ou pas), ce n'est que partie remise). Un gagnant sera tiré au sort parmi les commentateurs. Libre à vous de laisser plusieurs commentaires, ils ne compteront que pour une seule participation. Of course.
12:00 Écrit par fashion dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : camus et tallec, negrinha, la musique adoucit-elle les moeurs ?, pas celle de christophe maé, ni wagner comme dirait woody le sage