25.03.2011

Aller chercher demain - Petit Théâtre de Paris

Comme ceux qui me suivent depuis longtemps le savent, chers happy few, j'aime le théâtre : l'artificialité révélée (j'ai un goût prononcé du coup pour les décors "à machine", les plateaux coulissants, les rideaux, les jeux de lumière...), l'atmosphère dans la salle (qui varie énormément d'une pièce à l'autre, genre et salle obligent), la proximité des comédiens, le bonheur (et parfois l'agacement, voire l'irritation) de voir le même texte mis en scène de manière différente (d'où mon goût pour les pièces de répertoire), le délicieux sentiment d'anticipation et d'attente qui précède le début de la pièce, le pot pris avec mes camarades de théâtre avant ou après (comment ça, ça ne compte pas ?)... bref, je ne pouvais que répondre présente quand les Théâtres Parisiens associés, suite à une vaste campagne visant à reconquérir le public parisien (le théâtre n'échappe hélas pas à la crise), m'ont proposé d'aller voir Aller chercher demain au Petit Théâtre de Paris.

 

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 Nicole (Denise Chalem) est infirmière en chef au service des soins palliatifs de l'hôpital St Gervais. Proche de ses patients, humaine et énergique, elle vit avec son père, Charles (Michel Aumont), qui ne sort quasiment plus et passe ses journées à rouméguer et à parler à son oiseau, Didou. Nicole a éconduit Adrien, qui voulait l'épouser : pas question qu'elle troque un enfermement pour un autre, et il est trop tard pour qu'elle ait des enfants. Les jours s'écoulent, au rythme des blagues juives de Charles et des lits qui se libèrent dans le service de Nicole...

Aller chercher demain signifie "survivre un jour de plus" dans le langage des malades en fin de vie, et c'est bien ce que font Nicole et son père, unis par une relation complexe et pas toujours facile. Relations familiales, vieillesse, mort, droit à l'euthanasie... : s'il est question dans cette pièce fort bien écrite de thèmes graves, on y rit beaucoup, tant il est vrai que le rire est la politesse du désespoir. Des blagues juives de Charles, qui sont souvent parfaitement adaptées à la situation, aux répliques acérées de sa fille à la langue bien pendue, ce qui est sa façon de supporter cette situation qui l'emprisonne, Aller chercher demain est une pièce fine et drôle, qui mêle habilement humour et émotion, servie par quatre comédiens talentueux, au premier rang desquels Michel Aumont, qui investit avec une justesse et une modestie incroyables ce rôle de vieux grincheux. Je recommande chaudement, chers happy few.

Aller chercher demain, de Denise Chalem, mise en scène de Didier Long (mention spéciale au décor très astucieux), avec Michel Aumont, Denise Chalem, Nanou Garcia et Philippe Uchan, Petit Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, Paris 9°. Du mardi au samedi à 21h, samedi 18h, dimanche 15h30. A l'affiche jusqu'au 1er mai, prix des places : 26€, 33€, 41€.

Une vidéo qui présente le théâtre et la pièce.

Et une blague juive pour la route : Quels sont les cinq juifs qui ont changé le monde ? Moïse, qui a dit : "Tout est loi", Jésus qui a dit : "Tout est amour", Marx qui a dit : "Tout est argent", Freud qui a dit : "Tout est sexe" et Einstein qui a dit... : "Tout est relatif".