14.01.2011

"I'd offer you a coffee, but I see you've already worn yours"

naked heat.jpgEn ce matin d'octobre, Nikki Heat a fort à faire : après le corps d'un homme poignardé puis abandonné dans une ruelle c'est celui de Cassidy Towne, la plus célèbre langue de vipère de Manhattan, qui rédige une colonne de ragots célébrissime pour le New York's Ledger, qui est retrouvé chez elle. Et à côté du corps de Cassidy l'attend... Jameson Rook, que Nikki ne veut plus voir depuis la sortie de l'article la concernant. Oui mais voilà, Jameson suivait Cassidy pour écrire un papier sur elle et il pourrait se révéler utile dans l'enquête. Nikki est donc contrainte de l'accepter à ses côtés. Et au vu de la personnalité de la victime, l'enquête s'annonce ardue.

Naked Heat est le deuxième volume des aventures de l'Inspectrice Nikki Heat et du grand reporter Jameson Rook, qui sont censées être écrites par Richard Castle, l'écrivain millionnaire de la série télévisée (pour de plus amples renseignements je vous renvoie à mon billet sur le premier opus, Heat Wave). Et si Heat Wave était surtout intéressant pour la façon dont Castle y fantasmait ses relations avec Beckett, Naked Heat est à lire comme le roman dans lequel Castle a replacé de nombreux éléments empruntés aux enquêtes qu'ils a menées avec Beckett. Même si ce roman peut, comme le premier, se lire indépendamment de la série, il en perd quand même tout son sel, tant le lecteur se régale de voir comment Castle a détourné ou décalqué une infinité de détails, qui vont de la réutilisation de certains personnages (le chef célèbre, la chanteuse ex-junkie, la vieille connaissance de Beckett...), situations (la fille qui l'attend en bas de chez lui, la course poursuite dans le métro, le show télé, le vol de cadavre...), allusions (Dungeon Alley et ses dominatrices, l'amour de Nikki pour le base-ball, l'hélicoptère télécommandé de Rook, la baignoire...). Cette familiarité est renforcé par la présence dans le récit d'éléments que l'on a vu Castle écrire dans la série, comme la fameuse scène de libération de la chaise à laquelle il est scotché ou la présence dans les dernières pages du roman de l'Inspecteur Schlemming (décalque de Tom Demming dont Castle est jaloux) que sa fille, Alexis, lui avait fait ôter et qu'il a laissé. Cette façon de jouer en permanence avec les amateurs de la série est ce que j'aime le plus dans ces romans, avec les dialogues au cordeau, même si, comme le précédent, il présente une intrigue bien ficelée (dont la fausse densité ne m'a jamais égarée mais bon, ce n'est pas ce que j'attendais de ce roman de toute façon). Au final, encore un excellent moment, chers happy few. J'attends maintenant la saison 3 avec impatience, la pauvre Beckett ayant fait fondre mon petit coeur tout mou dans le dernier épisode de la saison 2.

Richard Castle, Naked Heat, Hyperion, 2010, 290 pages

Un grand merci à Nataka pour le prêt!

 

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