10.05.2011
Le mardi, c'est... sophistiquitude
Oui, Anne, ce billet est pour toi. Vivent les chauves.
Parfois, chers happy few, on découvre, au hasard d'un film regardé d'un oeil concentré et ému, un soir où on a décidé qu'il était temps de se cultiver et de passer à la vitesse supérieure après s'être fait la filmo complète de Bergman en moldave, un pur chef d'oeuvre du 7ème art. Et comme on est partageuse, on ne résiste pas à l'envie d'en parler autour de soi. Vous me remercierez quand vous aurez lu le billet. Si vous parvenez au bout, bien sûr.

Chev Chelios (Jason I-m-too-hot-for-my-british-accent Statham) est un tueur à gages qui a fait une très grosse bêtise : il n'a pas honoré son dernier contrat (je spoile un peu mais si l'histoire était l'intérêt de ce film, ça se saurait, croyez-moi sur parole). Il est donc puni le vilain : son commanditaire lui fait injecter une drogue surpuissante (le cocktail de Shanguaï ou de Pékin, enfin un truc de folie, quoi) qui est censée le tuer en quelques minutes, mais c'est compter sans sa constitution de taureau de concours sexy. Avec lui, le poison agit plus lentement (ben oui, c'est le héros quand même), il a donc une heure pour résoudre son problème quelque peu vital et trouver l'antidote. Et, attention, idée de génie d'un scénariste manifestement sous perfusion de Nutella, pour empêcher son coeur de s'arrêter, il doit se doper à l'adrénaline de toutes les manières possibles. Comme il est inventif le bougre (je rappelle que c'est le héros), il essaie tout, de la dopamine volée en hôpital à la galipette en public avec sa petite amie complètement idiote mais parfaitement bandante (Amy Smart, qui porte mal son nom la pauvrette). Vous l'aurez compris, Hypertension est un film complètement crétin, mal filmé, pas scénarisé (en même temps, pourquoi se fatiguer à écrire un scénar quand on peut se contenter d'une idée débile ?), qui se contente de suivre Jason Statham qui accumule les morceaux d'idiotie (la meilleure scène restant le sniffage de coke dans les chiottes d'une boîte) avec une conviction toute monolithique.
Le plus étonnant reste que les producteurs aient éprouvé le besoin de faire une suite, (et que j'aie éprouvé le besoin de la voir, certes, mais mon esprit scientifique est sans limite) qui commence très exactement là où s'achève le premier. Cette fois-si, le pauvre Chev se réveille sur une table d'opération dans un entrepôt : on lui a volé son coeur qui a été remplacé par une pile électrique. Il doit donc la recharger par des chocs électriques tout en cherchant son coeur. Comme vous l'aurez remarqué, perspicaces happy few, c'est exactement la même histoire que le premier sauf que là où Hypertension n'était que crétin, Hypertension 2 est parfaitement jouissif, certainement parce qu'un pas est franchi dans le n'importe quoi. Il y a encore moins d'histoire que dans le précédent (si, si, c'est possible), Jason I-have-two-ways-of-saying-fuck passe son temps à s'électrocuter (mais avec talent et sexytude), les scènes ahurissantes se succèdent (dont la galipette publique dans un hippodrome où les spectateurs sont beaucoup plus intéressés par la pratique de la brouette thaïlandaise de Chev que par la course (en même temps, quand on voit l'engin, on les comprend) ou la conversation avec une tête conservée dans un liquide nutritif (??!!)), la réalisation est totalement en roue libre (je pense qu'on peut oublier le terme de réalisation, en fait) mais le résultat est d'une telle crétinerie assumée et barrée que la spectatrice médusée en vient à apprécier ce film, pourtant parfaitement mysogine, complètement beauf, hallucinamment con... et étrangement fascinant.
Hypertension 1 et 2 (Crank & Crank 2 : High voltage), en DVD (oui, j'ai payé pour avoir ces films dans ma dévédéthèque, parce que rien ne m'arrêtera sur le chemin de la sophistiquitude pointue)
06:00 Écrit par fashion dans DVD de la loose | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : un jour un billet sur shoot'em up, terrible, et demain, kulture, n'ayez pas peur