03.03.2011
Changeless - Gail Carriger
Alexia Tarabotti est devenue Lady Maccon et Mujah de la Reine Victoria par la même occasion. Elle s'est rapidement adaptée à sa nouvelle vie et assume avec facilité son rôle d'Alpha de la meute aux côtés de son irrascible et imprévisible mari, qui ne trouve rien de mieux, un matin, que de disparaître en Ecosse pour "régler une affaire de famille". Agacée par le sans-gêne de Connall et mandatée par la Reine pour enquêter sur une inquiétante (mais temporaire) disparition des pouvoirs des créatures surnaturelles, Alexia prend le dirigeable pour le rejoindre en Ecosse...
N'y allons pas par quatre chemins, chers happy few : je suis totalement et irrémédiablement accro à cette série. Soulless (Sans âme) m'avait enchantée et Changeless (en cours de traduction) a définitivement assis les aventures d'Alexia dans mon coeur tout mou de lectrice. On retrouve dans ce deuxième volume ce qui faisait tout le sel du premier : des personnages drôlatiques et bien campés, dont certains prennent ici plus d'ampleur comme Ivy, l'amie d'Alexia, dont le mauvais goût légendaire en matière de chapeaux est doublé ici d'une façon pour le moins fleurie de manier la prose et d'un goût prononcé pour le mélodrame, des situations parfois cocasses et une intrigue qui, si elle est relativement légère (j'avais vite compris ce qui se tramait et vu venir la révélation finale) est bien menée. L'aspect romance qui faisait une partie de l'intérêt du premier roman disparaît ici et pour cause, Alexia et Connall étant mariés, mais leurs homériques scènes de ménage et leurs délicieuses joutes verbales compensent cette absence, et Gail Carriger a introduit de nouveaux personnages très intéressants, au premier rang desquels Geneviève Lefoux, inventrice française et lesbienne, qui mène une vie pour le moins originale, et l'ancienne meute de Lord Maccon (on apprend dans ce volume pourquoi Connall les a abandonnés vingt ans auparavant). Le style est alerte, les dialogues vifs et enlevés, l'humour omniprésent et je me suis positivement régalée. Si je ne lis pas le troisième, Blameless, tout de suite, c'est juste que je ne voudrais pas attendre trop longtemps le quatrième, Heartless, qui sort le 28 juin. Le manque, ça existe aussi en littérature, chers happy few, qui en doutait ?
Gail Carriger, Changeless, orbit, 388 pages, 2010

Challenge Lu en VO
9
06:00 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : en ce moment je ne lis qu'en anglais, my bad, ça évite en plus bien des désagréments, aucun auteur ne vient se plaindre, et ça, ça n'a pas de prix
06.04.2010
Bite me, Brody
L'autre jour, alors que, comme toute ménagère qui se respecte, je faisais mes courses au Monop' du coin (le fait que j'errais au rayon bières belges n'a aucune incidence sur la suite de l'histoire, bande de mauvaises langues que vous êtes), je me suis dit, comme ça, tout à trac, l'esprit certainement embrumé par les vapeurs d'alcool, que ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman Harlequin, six mois, même, pour être tout à fait exacte, chers happy few. Et comme Chif' et moi préparons les Harlequinades 2010 (vous ne croyiez quand même pas y échapper, non ?), je suis allée, dans le souci de rigueur qui me caractérise et animée de cet esprit scientifique qui fait ma renommée, faire un tour du côté du rayon librairie, histoire de jeter un oeil aux nouveautés, voire même d'ouvrir un roman de la nouvelle collection, Nocturne, qui marie romance et bit-lit, oui je sais, ça fait peur tout d'un coup (et pour ceux qui se demandent comment je sais qu'il y a une nouvelle collection chez Harlequin, inutile de me menacer de tortures diverses et variées à base de tueur en préservatif corporel blanc, j'avoue sans honte que je suis abonnée à la newsletter Harlequin, oui, je sais, vous pouvez rire, sarcastiques happy few, mais j'assume, of course).
Bref. J'ai eu un instant d'égarement devant les couvertures bleues et lunaires proprement hideuses mais comme je suis une aventurière, j'ai acheté (oui, je sais, c'est incompréhensible cette façon que j'ai de payer pour lire des romans ridicules, je pense que c'est un vice de ma part)

Dans l'ombre du loup de Rhyannon Byrd (et j'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi pas un seul auteur H. ne se choisit un pseudo normal) (oui, j'ai des questionnements existentiels).
Et comme je suis d'humeur généreuse, j'ai décidé de vous faire partager cette lecture, chers happy few, qui fut évidemment puissante et dévastatrice, qui en doutait ?
Micheala Doucet est une sublime cajun au corps tout en courbes de rêve, aux yeux bleus et à la chevelure de jais (ceux qui ont suivi activement les Harlequinades 2009 reconnaîtront immédiatement une héroïne Harlequin, sauf qu'elle n'est pas rousse, dommage, c'est sa meilleure amie qui a "une chevelure semblable à une traînée de feu"), mais hélas pour elle, son frère, Max, a été mordu par un loup-garou. Cela crée un schmilblik peu clair qui contraint la jeune femme à vivre sous la protection de Brody Carter, un "runner", c'est-à-dire un hybride loup/homme, couturé et dangereusement séduisant, à la longue chevelure couleur "rubis éthéré" et aux yeux "émeraude". Il est tellement viril qu'il "sent" l'homme, comprenez une senteur musquée qui rappelle les champignons et les sous-bois (moi je dirais plutôt qu'il sent le moisi, mais c'est parce que j'ai mauvais esprit, évidemment). Et cette cohabitation forcée est compliquée par l'attirance surhumaine qui anime ces deux-là : il ne rêve que de la prendre sauvagement et de la mordre dans un tourbillon ininterrompu de passion, elle n'aspire qu'à être tout entière soumise à son désir sauvage (et voilà que ça recommence, dès que je lis un Harlequin, j'écris comme un Harlequin, c'est la magie de cette prose, chers happy few, je ne peux y résister, my bad). Mais il y a un problème, évidemment, et il est de taille (non, ce n'est pas ce à quoi vous pensez, bande d'obsédés, encore que si, pour Brody, qui est comment dire, sur-développé de partout, c'en est un car il a peur de lui faire mal et cela le mine, pauvre chou) : Brody est un homme malheureux car il a toujours été mal-aimé et les femmes le considèrent comme un homme-objet dont elles se servent et se débarrassent une fois assouvi leur désir d'étreintes sauvages et dangereuses (ouh les vilaines). Comme il n'a pas lu la suite de l'histoire, il ne peut pas savoir que Michaela est son âme soeur et qu'elle l'aime vraiment, elle, dans son petit coeur tout mou. Notre pauvre héros au coeur en berne et à la virilité ardente croit donc qu'il est voué à la solitude, ce qui le rend agressif comme un ado boutonneux dont il a les réactions idiotes (eh oui, il n'est manifestement pas sur-développé du cerveau). Et comme on en attend toujours beaucoup des héros, des vrais, des durs, des tatoués, il doit en plus résoudre une énigme sans intérêt et mal ficelée à laquelle la lectrice a cessé de s'intéresser depuis la page 85, se contentant de rire comme une baleine devant les descriptions de toute beauté et les fines remarques psychologiques. Moi je dis qu'un homme qui a "envie d'explorer l'âme lumineuse" de la femme qu'il aime et de "boire à la source de son coeur" tout en étant capable de la clouer aux montants du lit avec ses griffes acérées (c'est bien, il est outillé, pas besoin d'aller chercher les menottes) est un héros complet qui allie corps et esprit et qui a en plus le mérite de faire rire la lectrice, qui n'en demandait finalement pas tant. "L'éternité, c'est long", dit Brody dans un accès de lucidité. Moins que la lecture de ce roman, chers happy few.
Rhyannon Byrd, Dans l'ombre du loup (Last wolf watching), Harlequin Nocturne, traduit de l'anglais par Yohan Lemonnier-Meheu (et s'il m'arrive de dire du mal dans ce salon des traducteurs, je tiens quand même à saluer ici le travail des traducteurs/rewriters Harlequin, qui en bavent les pauvres), 280 pages pleines de clichés, de loups qui hurlent à la lune et de scènes drôlatiquement torrides, 2010 pour la traduction, 2008 pour la VO.
C'est une lecture commune avec Bookomaton, à qui Caro[line] et moi, dans un accès de folie, avons offert ce roman. Ne nous remercie pas, va, nous savons que tu as apprécié les multiples talents de Brody.
PS : vous pardonnerez le titre de ce billet, chers happy few, mais c'était trop tentant.
06:00 Écrit par fashion dans Fantasy, Harlequinades | Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note | Tags : aouh dit le loup en rut en montrant ses crocs, oui brody prends-moi, fais-moi mal, oups, c'est l'enthousiasme, my bad
06.03.2010
J'avais 15 livres dans mon panier...
Casanova (la blogueuse, pas l'autre, celui qui a été brillamment interprété par un certain D. T) (encore que je m'avance un peu, je n'ai toujours pas pu regarder ce qui s'annonce comme un grand moment de cinéma (pensez donc, David y porte des lentilles... bleues, quelle prise de risque) puisque notre amie britannique qui s'est coupé le sein (certaines ont de drôles de pulsion, mais qui sommes-nous pour juger, je vous le demande, chers happy few) a jugé bon m'annoncer après trois semaines d'attente que ledit Casanova était en rupture de stock, j'en ai pleuré évidemment), bref, disais-je avant d'être violemment interrompue par une parenthèse (elles sont mal élevées les bougresses), Casanova, donc, a écrit un billet sur les 15 livres qui ont, pour des raisons aussi diverses que personnelles, marqué sa vie de lectrice. Ce n'est pas un tag, ce qui explique sans doute pourquoi j'ai eu très envie de reprendre cette idée tout de suite, parce que comme chacun le sait, contradiction is my middle name. Voici donc pour vous, chers happy few, 15 ouvrages qui ont fait de moi la lectrice que je suis (et non pas qui ont bouleversé ma vie et je le précise car la nuance est de taille, un roman peut changer à jamais une vie tout court mais ça, ça ne vous regarde pas, na), dans l'ordre chronologique (oui, parfois je suis psychorigide, j'assume).
1. La petite maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder. Cette formidable série m'a ouvert à la fois la porte des grands espaces américains, des récits familiaux et des récits mettant en scène la nature, goûts qui ne m'ont plus jamais quittée (même si dans la vraie vie je suis une citadine pure et dure, nobody's perfect).
2. L'île au trésor de Stevenson. Des pirates, de l'aventure, une plume fabuleuse : depuis j'ai un goût très prononcé pour les récits maritimes, les récits de voyage et... les Ecossais.
3. Dix petits nègres d'Agatha Christie. Mon premier. J'étais très jeune et depuis je lis des polars. J'aime déconstruire les intrigues et anticiper le raisonnement de l'enquêteur à l'oeuvre. Cette étrange addiction ne s'est pas arrangée avec, quelques années plus tard, la découverte de Sherlock Holmes.
4. La légende arthurienne. Lue dans la fameuse collection des Contes et légendes avant d'aborder, plus tard, Chrétien de Troyes. Un goût étrange qui ne m'a jamais quittée et qui m'a poussée à de nombreuses lectures autour de cette matière fabuleuse qui a tant nourri l'imaginaire occidental.
5. Le Seigneur des anneaux de Tolkien. Le début d'une folle histoire d'amour avec la fantasy, genre que je n'ai jamais cessé d'aimer et dans lequel j'ai lu des merveilles comme L'assassin royal de Robin Hobb ou La tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay pour n'en citer que deux (comment ça j'en profite pour citer d'autres titres que les quinze initialement prévus ? bande de mauvaises langues).
6. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Un roman fleuve et foisonnant, que j'ai lu et relu et dont je chéris mon exemplaire tout abîmé. J'aime Scarlett pour son entêtement et sa volonté farouche, j'aime l'atmosphère de fin d'époque, et Rhett, ah, Rhett. Of course.
7. Orgueil et Préjugés de Jane Austen. La découverte de la littérature anglaise, que je ne finis pas d'explorer, et de Darcy, ze one.
8. Ubik de Philip K. Dick. La découverte d'un auteur qui me fascine depuis presque 20 ans (et dont j'ai lu toute l'oeuvre, même dans ses ramifications les plus étranges et inattendues) et la naissance de mon addiction à la SF que je me contentais d'aimer de loin depuis des années (et mes lectures de Bradbury et Léourier, on ne rit pas, je garde un souvenir ému de L'Arbre miroir, que j'ai dû lire une dizaine de fois quand j'étais gamine, je crois même avoir conservé mon exemplaire dans un coin quelque part). Autant dire que je lui dois tout ce qui a suivi et les trois bibliothèques exclusivement consacrées à la SF qui encombrent ma chambre (oui, c'est la faute de Philip, pas la mienne, il était temps que la vérité éclate chers happy few).
9. La princesse de Clèves de Madame de La Fayette. Le roman dont la première lecture m'a bouleversée et qui me rend hystérique quand je l'étudie avec des élèves, notamment la scène du portrait dérobé. Une telle profondeur psychologique me laisse pantoise. Et échevelée.
10. De grandes espérances de Charles Dickens. J'ai découvert cet auteur grâce à un prof, à la fac ; ce fut un choc et un coup de foudre. Faute de traductions disponibles en poche, j'achète les Pléiade une par une, en attendant de trouver le courage de le lire en anglais (mais si je l'ai fait pour Will, tout est possible, chers happy few).
11. La Chartreuse de Parme de Stendhal. No comment.
12. Alcools d'Apollinaire. Mon premier émoi poétique. Je suis folle de ce recueil, je connais la moitié des poèmes par coeur.
13. American gods de Neil Gaiman. J'ai developpé suite à cette lecture une addiction à Neil, c'est le seul auteur dont je suive le journal sur le net et dont j'achète absolument tout, des romans jeunesse aux comic books. Nobody's perfect, paraît-il.
14. Une rivière sur la lune de Barbara Kingsolver. Un roman poignant et magistral, comme tout ce qu'a écrit cette romancière décidément hors du commun. Des yeux dans les arbres, du même auteur, m'a fait le même effet, et dans une moindre mesure Des cochons au paradis ou Un été prodigue. Kingsolver a un talent fou pour entremêler histoires extrêmement bien ficelées et réflexions d'une infinie justesse sur la famille, le tout dans une nature follement bien décrite.
15. Hamlet de William Shakespeare. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, tout est expliqué là. Sachez que je ne m'en suis pas encore remise. Et que j'ai acheté d'autres pièces en version bilingue. Et qu'en juin je vais voir une pièce au Globe avec les copines. Et faire un pélerinage à Stratford. 2010 sera l'année Shakespeare.
Vous savez quoi, chers happy few ? Il y avait bien longtemps que je n'avais pas fait une liste. Et décidément, j'aime ça.
La liste par laquelle tout a commencé : Casanova (et il faut vraiment que je lise Les oiseaux se cachent pour mourir, que j'ai acheté il y a deux ans sur sa recommandation).
Les copines qui se sont prêtées au jeu : Caro[line], Ofelia. Who's next ?
10:51 Écrit par fashion dans Poétique de la liste, Un grand cri d'amour | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : il en manque plein, of course, mais je pourrais en écrire des pages et des pages, my bad