04.02.2011
Cranford - Elizabeth Gaskell
Grande-Bretagne, première moitié du XIXème siècle. Cranford est une toute petite ville non loin de Drumble (une ville fictive inspirée de Manchester) dans laquelle les femmes qui composent la bonne société ont réussi à éliminer les hommes, dont elles se passent aisément (je vous rassure tout de suite, elles ne prônent pas la violence du tout, non, c'est juste que "si un couple marié vient s'installer, d'une manière ou d'une autre, le monsieur disparaît"). Les années s'écoulent paisiblement, marquées de petits faits comme d'événements plus marquants, autour de personnalités aussi attachantes que hautes en couleur...
Parce qu'entre deux lectures de la Rentrée de janvier j'ai besoin de valeurs sûres et d'auteurs morts qui parlent d'autre chose que de leur nombril, chers happy few, j'ai exhumé de ma PAL ce délicieux roman d'Elizabeth Gaskell qui prenait la poussière depuis sa sortie il y a tout juste un an (une bonne moyenne si vous voulez mon avis, j'en connais beaucoup qui voudraient être à sa place et lus aussi rapidement). Cranford est une chronique qui s'étale sur plusieurs années, narrée par Mary Smith, une jeune femme dont on ne sait pas grand chose si ce n'est qu'elle n'habite pas Cranford mais y séjourne souvent parce que les demoiselles Jenkyns sont des amies de son père, négociant à Drumble. Parce qu'elle est extérieure à ce petit monde, Mary en voit les défauts et les travers (même si elle n'est elle-même pas exempte de petits défauts), et elle raconte les menus événements de la vie quotidienne avec beaucoup de verve et de bienveillance. La figure principale de cette succession de vignettes est Miss Matty, une vieille dame douce et bonne, un peu perdue dans le monde moderne, qui a du mal à s'émanciper de la tutelle d'une soeur très autoritaire, et qui est adorée par tout le village. Autour d'elle gravitent de nombreuses vieilles filles ou veuves, qui passent leur temps à se recevoir les unes les autres et à papoter à qui mieux mieux, abordant tous les sujets, des mariages probables aux mariages possibles à l'étiquette (une question obsédante pour ces femmes qui se considèrent, quoique souvent peu fortunées comme étant de la meilleure société) en passant par la mode. Cette galerie de portraits drôles, finement observés et bourrés d'humanité, forme un roman hautement recommandable. Il va maintenant falloir que je regarde la série télévisée (de la BBC, what else ?) qui m'attend depuis une éternité. Comment voulez-vous après ça que je trouve le temps de corriger des copies, mmmh ?
Elizabeth Gaskell, Cranford, L'Herne, traduit de l'anglais par Béatrice Vierne, 271 pages, 2009
Les billets de Chiffonnette, Isil...

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05:00 Écrit par fashion dans Challenge Nécrophile 2011, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : si celui qui m'a volé le retourneur, de temps d'hermione, pouvait me le rendre, merci bien, j'en ferai bon usage, sinon, les crêpes c'est bon, le nutella c'est le mal