08.10.2008
Les vacanciers
De 1972 à 2002, de la côte Atlantique à la Bretagne en passant par la Méditerranée, des personnages se croisent, s'aiment (ou pas), vieillissent, et se retrouvent toujours, d'une manière ou d'une autre, le temps d'une location, le temps d'un été.
Accès direct à la plage est le premier roman de Jean-Philippe Blondel, chers happy few, et il m'a beaucoup plu (le roman, hein, entendons-nous bien) (encore que le monsieur en question a l'air charmant aussi, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit). La construction, particulière, est maîtrisée de bout en bout : le roman est divisé en 4 parties (1972, 1982, 1992, 2002) et chaque partie est prise en charge par 5 narrateurs différents qui en assurent chacun un court chapitre. C'est le même narrateur, Philippe Avril, qui ouvre et clôt le roman à 30 ans d'intervalle. Ce procédé est intéressant et particulièrement efficace, certainement parce qu'il ne sent pas le procédé : loin d'être artificielle, cette construction sert une histoire qui se met en place par petits bouts, comme ces histoires que l'on vit en vacances et qui semblent suspendues le reste de l'année. Les voisins de location ne savent des autres que ce qu'ils veulent bien leur montrer et parfois la donne peut totalement changer d'une année sur l'autre, alors en 10 ans... tout est possible. La grande force du roman réside dans le traitement des personnages : par petites touches, l'air de rien, ils révèlent dans leurs petites histoires leur mesquinerie, leurs secrets, leurs tourments et leurs mensonges, car il faut bien reconnaître que l'humanité dépeinte par Blondel n'est guère reluisante, allant du pire (Julien Cami) à l'ordure (Pascal Maître) en passant par toute une galerie de (plus ou moins) ratés. Heureusement, il y a ceux qui, malgré leurs défauts sont attachants, les femmes plus que les hommes : elles courbent l'échine, elles pardonnent, elles divorcent, elles portent le deuil, elles pleurent, mais elles survivent. Dignement. Une belle réussite!
Jean-Philippe Blondel, Accès direct à la plage, Pocket (118 pages)
Les (nombreux) billets (qui donc ne l'a pas encore lu ?) : Amanda (conquise), Caro[line] (enthousiaste), Cuné (emballée), Emeraude (perdue), Florinette (qui l'a trouvé original), ICB (cueilli par la fin), Laurence (qui parle de subtilité), Lily (qui l'a trouvé clairvoyant et dérangeant), Papillon (sous le charme d'un style délicat et subtil), Stéphanie (qui a aimé aussi) et Tamara (sous le charme de ces histoires "grises")
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe blondel, j'aime pas la mer, méfiez-vous de vos voisins de serviette, sous les pages la plage