17.09.2009

Menteuse, moi ?

emily pearl.jpgAngleterre, fin du XIXème siècle. Emily Pearl, fille de deux paysans obtus, entre au service de Lord Auskin comme préceptrice de son fils, Terence, un enfant malade. Elle tombe amoureuse du séduisant veuf et se bâtit une vie qui lui paraît terne en comparaison de celle de sa soeur, Virginia, partie pour les Etats-Unis. Emily tient son journal et y distille mensonges et demi-vérités, mais à l'usage de qui ?

 

Les vies d'Emily Pearl est un roman qui a connu un certain engouement blogosphérique il y a quelques mois, chers happy few, engouement que je suis loin de partager. C'est un roman déroutant par bien de points, à l'image de son héroïne, la violente Emily qui se débat dans une vie qu'elle dit ne pas vouloir être la sienne et qui prend un malin plaisir à faire le mal autour d'elle, avec un mélange assez sidérant de naïveté et de rouerie. C'est un personnage que j'ai trouvé peu crédible, tout comme son histoire. J'ai été surtout gênée par le fait que toute la narration soit assumée à la première personne par un personnage qui avoue mentir, sans que la forme du journal ne soit jamais remise en question alors que techniquement il devrait y avoir deux journaux (un pour ses mensonges et ses manipulations, l'autre pour elle-même), ce qui n'apparaît jamais. Tout est raconté comme dans un roman, les événements semblent se dérouler sous nos yeux alors qu'Emily les raconte forcément a posteriori. Ce manque de rigueur dans le choix formel m'a beaucoup dérangée car cela rend l'histoire brouillonne et inaboutie par bien des points (je pensais par exemple que Virginia était une création de son cerveau, mais pas du tout, ceux dont Emily veut se débarrasser disparaissent en deux lignes...), pour culminer dans une fin en queue de poisson. Le côté victorien mis en avant par la quatrième de couverture et les billets élogieux lus ça et là m'a paru artificiel : certes, on ne peut pas s'empêcher de penser à Jane Eyre et à Rochester, certes il y a de la brume et des lacs et une atmosphère froide et poisseuse, mais Cécile Ladjali n'en fait rien. Ni hommage, ni pastiche, ni réécriture et encore moins création originale, ce roman aux personnages  sans épaisseur et au style qui ne m'a pas emballée plus que ça est une véritable déception, chers happy few.

 

Cécile Ladjali, Les Vies d'Emily Pearl, Actes sud, 191 pages, 2008

Lilly lui a consacré un très beau billet, Lou l'a trouvé original et agréable à lire, Emjy est mitigée, Karine a aimé, Delphine s'est laissée embarquer avec plaisir, Brize n'a pas été conquise, Pimpi a été déçue.

Ce roman est un livre voyageur : il est parti de chez Brize, il poursuit sa route vers Kathel.

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