31.07.2009

Tullochgorum

les fées.jpgHeather et Morag sont deux fées écossaises mal embouchées : cinquante centimètres, des kilts grunge et des cheveux mal teints, elles ont fui l'Ecosse l'épée au côté, poursuivies par leurs pairs pour avoir volé un morceau de la bannière des McLeod et avoir voulu dépraver la jeunesse féérique par leur groupe de punk-heavy metal-post rock et leurs manières lamentables. Elles se retrouvent à New-York, fréquentent des humains malmenés par la vie, se prennent de bec avec les fées locales et sont perpétuellement bourrées. Tout ça ne serait rien si les enfants de Tala, le roi des fées anglaises, n'avaient pas fui en même temps un père qui a décidé de mettre le royaume des fées en coupe réglée et de le faire passer de force à l'ère de l'industrialisation. Tala est prêt à tout pour récupérer ses enfants, même à envahir l'Amérique...

 

Les petites fées de New-York avait tout pour me plaire : une histoire sérieusement déjantée, des personnages hauts en couleur malgré leur petite taille (oui, elle est facile, chers happy few, pardonnez-moi) et des répliques à deux balles, tout ce que j'aime habituellement, et pourtant cela n'a pas vraiment fonctionné. C'est un roman un peu longuet par moment (les disputes notamment entre Heather et Morag sont très répétitives et leur côté brisefer finit par devenir trop systématique) même si l'ensemble ne manque pas de qualités : les humains en marge de la société sont assez émouvants, que ce soit Kerry, atteinte par la maladie de Crohn, Dinnie l'asocial obèse et très mauvais violoniste ou Magenta, la clocharde qui se prend pour Xénophon et les fées sont plutôt sympathiques, surtout dans leur propension à se mêler de ce qui ne les regarde pas et à boire plus que de raison. J'ai cependant trouvé l'ensemble trop gentillet ; il manque du mordant au tout et l'humour n'est pas assez corrosif à mon goût. Sympathique mais sans plus, malgré la préface du grand Neil.

 

Martin Millar, Les petites fées de New-York (The good fairies of New-York), Intervalles, traduit de l'anglais par Marianne Groves, 301 pages, 2009 pour la traduction française, première parution au Royaume-Uni 1992.

Les avis élogieux d'Amanda (merci pour le prêt!), Chiffonnette, Chimère et le Cafard Cosmique.

 

(PAL de vacances : - 5)