15.04.2009

Come and walkabout

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Marlo Morgan, psychothérapeute (enfin, c'est ce que j'ai compris) américaine, mène en Australie un projet qui la conduira à rencontrer des Aborigènes et à partager avec eux, trois mois durant, une longue marche dans le désert intérieur australien, longue marche à l'issue de laquelle ils lui révéleront le "message" qu'elle doit porter au monde occidental.


Message des hommes vrais au monde mutant (quel titre épouvantable) est un ouvrage que je n'aurais jamais ouvert de mon plein gré, chers happy few, je l'avoue bien volontiers. Il est publié chez J'ai lu dans leur inénarrable collection "Aventure secrète" qui regroupe des catégories aussi fascinantes que Pouvoirs de l'esprit/Visualisation (de quoi ? mystère), Réincarnation/Vie invisible ou Paranormal/Divination/Prophéties, bref, que des choses qui au mieux ne m'intéressent absolument pas et au pire me hérissent un peu. Ce livre fait partie de la catégorie "Récits initiatiques", ce qui fait doucement rire quand on voit la polémique suscitée par ce soi-disant témoignage, polémique qui dure quand même depuis 1990 et a connu encore des rebondissements en 2008. Pour résumer les choses très rapidement (car après tout, ce n'est guère intéressant), Marlo Morgan, après s'être répandue partout sur la révélation qu'a représenté sa rencontre avec une tribu d'Aborigènes inidentifiable, a fini par avouer que tout ce qui était raconté et présenté comme authentique dans cet ouvrage n'était que pure fiction. A la limite, ça ne me dérange pas vraiment, même s'il y a malhonnêteté intellectuelle à la base, car je ne pense pas que la réalité soit forcément plus puissante que la fiction, ce qui bien évidemment n'engage que moi, chers happy few, mais ça force quand même le lecteur averti à mettre en perspective ce qu'il lit.

Disons-le tout net, ce roman (on va l'appeler comme ça faute de mieux), ne m'a absolument pas convaincue. Sur un plan purement littéraire d'abord, il est très mal écrit (ou mal traduit, allez savoir), bourré de répétitions, de contradictions et de retours en arrière maladroits (elle raconte plusieurs fois la même chose, presque mot pour mot) et la construction elle-même, en chapitres assez courts, est bancale, ni vraiment thématique, ni tout à fait chronologique. Ensuite, sur le plan du fameux message donc, on a droit à une suite ininterrompue de clichés : les Aborigènes sont proches de la terre et pas nous, bouh que nous sommes vilains, nous avons tout détruit (non ? quelle nouveauté!), nous ne sommes plus en contact avec notre moi profond et nous avons de fausses valeurs et de fausses croyances, le tout enrobé dans une espèce de fatras new-age très pénible, sur le Un, le Grand Tout, et bla bla bla. Alors, franchement, je n'ai pas besoin de lire des pages sur la façon dont Marlo Morgan s'est soi-disant reconnectée au Grand Tout en souffrant (que de descriptions de sa plante des pieds! et de ses coups de soleil! et de ses cheveux!) pour savoir que oui, il faut trier ses poubelles et tenter de consommer correctement, merci. Je ne supporte pas ce genre d'ouvrage donneur de leçon et faussement spirituel et je trouve dommage d'avoir éprouvé le besoin de mêler à cette mascarade le peuple Aborigène qui n'en demandait pas tant (il n'y a qu'à voir la violence de leurs réactions et leurs multiples protestations suite à la publication de cet ouvrage pour s'en persuader).


Marlo Morgan, Message des hommes vrais au monde mutant (Mutant message down under), J'ai lu, coll. Aventure Secrète, traduit de l'anglais par Caroline Rivolier, 241 looongues pages


Il s'agit du maillon n°5 de la désormais fameuse Chaîne des Livres. C'est le choix de Karine. Il est passé chez Stephie qui parle de "spiritualité à deux francs six sous", Bladelor (mais je ne trouve pas le billet), Doriane (mitigée) et Hathaway (emballée). Il sera demain dans les mains de Yueyin.


PS: le titre de mon billet est un emprunt à un film d'anthologie, avec des vrais morceaux de Hugh à l'intérieur. Sorry.