11.12.2008
Meurtres au manoir
Garrett, détective privé, reprend du service en acceptant une enquête pour le compte de son ancien sergent, Lenoir. Il s'agit de trouver qui en veut à la vie du vieux général Stantnor : un ancien ennemi ? un bénéficiaire de son très large testament ? un fantôme ? Garrett se rend sur place, dans l'immense et lugubre demeure de la famille : entre la cuisinière troll, la fille de famille belle et froide et les anciens commandos, il n'est pas au bout de ses surprises...
Glen Cook, que je connaissais pour son excellente série de dark fantasy, La compagnie noire, (publiée chez L'Atalante et chez J'ai lu en poche) est aussi l'auteur de cette série qui mêle roman policier et fantasy et dont Chagrins de ferraille est le quatrième volume (et l'avant-dernier traduit). Je n'ai pas lu les trois précédents et j'ai commencé directement par celui-ci, sur les conseils du libraire du stand de L'Atalante au Salon du Livre Jeunesse, qui m'a promis un "Agatha Christie chez les trolls", ce en quoi il avait parfaitement raison. La structure de l'intrigue rappelle fortement Dix petits nègres : dans un lieu isolé (une grande demeure pleine d'escaliers et de courants d'air), entouré par de dangereux marais et à des lieues de toute autre habitation, une série de crimes est perpétrée au nez et à la barbe de notre détective, un peu largué dans cette histoire à tiroirs car c'est finalement trois énigmes en une qu'il aura à résoudre. Il croise un fantôme, une sorcière, un peintre de génie, des draugs (espèces de morts-vivants) dans un joyeux capharnaüm qui m'a beaucoup amusée. Les personnages secondaires sont hauts en couleur (mention spéciale à Morlet Dotes, le végétarien un peu voyou et moitié elfe noir qui file un coup de main à notre Garrett débordé et au géant nécromancien qui vient exorciser tout ça) et le personnage de Garrett, mélange de Marlowe pour les coups qu'il reçoit à longueur d'intrigue, de Spade pour l'espèce de nonchalance séduisante dont il ne se départit jamais et d'Indiana Jones pour l'effet qu'il fait aux femmes (aspect que l'illustrateur de la couverture a d'ailleurs privilégié) est très attachant. L'intrigue en elle-même est un peu légère pour l'amatrice de polar que je suis : j'avais deviné les tenants et les aboutissants bien avant le pauvre Garrett, mais en même temps, je n'ai pris aucun coup sur la tête pendant ma lecture, ça aide. Une série très sympathique, au style enlevé et souvent drôle (mais on n'en attendait pas moins de ce cher Glen)!
Glen Cook, Chagrins de ferraille (Old tin sorrows), L'Atalante, traduit de l'anglais par Jean-François Le Ruyet, 285 pages
L'avis de Morwenna
Une page consacrée aux 5 tomes de cette série sur Elbakin.net
11:44 Écrit par fashion dans Fantasy, Littérature anglo-saxonne, Polars | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : glen cook, le peintre voit-il au-delà des apparences, j'aimerais en savoir plus sur l'homme-mort, les marais sont des endroits dangereux, être un fantôme c'est ennuyeux, la vengeance est un business surestimé