08.09.2009
"Don't forget me"

Je n'avais pas rédigé de billet sur la saison 2 de Torchwood, chers happy few, ce qui est tout bonnement scandaleux et je profite de mon visionnage de la saison 3 pour réparer cette erreur fatale (c'est vrai que le fait qu'Isil ait souhaité avoir régulièrement des nouvelles de Captain Jack me pousse aussi à la rédaction, parce que comme chacun le sait, je suis une élève extrêmement disciplinée, Levraoueg en sait quelque chose).
Je rappelle pour les mauvais élèves que Torchwood est le spin off de Doctor Who : il s'agit des enquêtes de l'équipe du Captain Jack Harkness, personnage mystérieux au trouble passé. Basée à Cardiff, l'équipe est censée se tenir prête face à des menaces extraterrestres qui pourraient survenir au XXIème siècle. Si la saison 1 était fort bonne, la saison 2 s'est révélée excellente. On en a découvert davantage sur Jack grâce notamment à l'arrivée intempestive de John Hart (James Marsters, so yammy, as usual), ce qui donne lieu à l'un des tout meilleurs épisodes de la saison, Exit wounds, où Jack se retrouve confronté à un personnage surgi de son passé pour se venger sur fond de paradoxe temporel et d'apolcalypse. La saison 2 est marquée par l'évolution positive de Gwen, qui cesse enfin d'atermoyer et épouse Rhys (dans Something borrowed, un épisode grand guignolesque assez drôlatique) et par l'apparition de Martha Jones (préparée par la fin de la saison 4 de Doctor Who), personnage décidément fort sympathique. J'ai adoré certains épisodes, notamment celui avec les saltimbanques, d'une poésie tragique à couper le souffle (From out of the rain) ou celui avec ceux qui reviennent de la faille (Adrift, un épisode terriblement émouvant qui m'a laissé sanglotante sur mon canapé). Et puis, la saison 2 c'est évidemment celle de la disparition de certains personnages et le fameux "You're breaking my heart" de Tosh qui a suscité des mails hystériques de part et d'autre de l'Atlantique (oui, nous sommes peu nombreuses à être accro à l'univers du Docteur et de Jack, aussi nous nous envoyons régulièrement des mails bourrés de points d'exclamations, ça nous fait du bien, que voulez-vous).
Eh bien, vous me croirez si vous voulez chers happy few, mais la saison 3 est encore meilleure.
Incroyable mais vrai.
Il s'agit d'une mini-saison de 5 épisodes qui présente une histoire complète qui a été diffusée en Grande-Bretagne tous les soirs d'une semaine en juillet et qui a suscité des réactions totalement hystériques (oui encore) outre-Manche, réactions totalement et parfaitement justifiées.

Mais pitchons d'abord, chers happy few, car parfois la rigueur nous habite. Un matin, tous les enfants du monde s'arrêtent à la même heure. Deux heures plus tard, le phénomène recommence mais cette fois-ci les enfants se mettent tous à psalmodier "We are coming", d'une voix d'outre-espace. Le gouvernement britannique, qui semble avoir quelque chose à se reprocher, cache au reste du monde le fait que des extra-terrestres sont entrés en communication avec lui et lui ont demandé de construire quelque chose pour préparer leur venue. Parallèlement, une équipe de choc est envoyée à Cardiff pour se débarrasser de Jack, Gwen et Ianto...
N'ayons pas peur des mots, chers happy few, et disons-le tout net, Children of earth est excellentissime. L'intrigue, construite au cordeau, met en présence un gouvernement présidé par un lâche carriériste (la figure du Premier Ministre est une des pires figures d'autorité politique jamais écrites), à qui sont plus ou moins alliés des militaires sans envergure face à des extra-terrestres aux demandes d'une épouvantable futilité. L'équipe de Jack tente son possible pour trouver une solution mais outre que le gouvernement lui met sans cesse des bâtons dans les roues (et c'est un euphémisme), elle se retrouve elle aussi confrontée au pire. Comme toujours, l'argument de science-fiction sert un sous-texte d'une grande richesse : qu'est-ce que la résistance ? peut-on manipuler le peuple pour son bien ? doit-on sacrifier quelques vies humaines pour en sauver des milliards ? D'une manière plus restreinte, chaque personnage se retrouve confronté à des choix (Gwen devient enfin un personnage qui déploie toutes ses potentialités, de même que Rhys) et Jack le pauvre, se retrouve encore une fois condamné à survivre. Les personnages secondaires sont incroyablement profonds, que ce soient la soeur et le beau-frère de Ianto, campés en quelques scènes particulièrement percutantes ou John Frobisher, le fonctionnaire victime du système qui en sera réduit à la plus terrible des extrémités. Torchwood est décidément une série fabuleuse, d'une grande profondeur et d'une infinie noirceur. On espère très fort qu'il y aura une quatrième saison, chers happy few.
Torchwood, saisons 2 et 3, disponibles en français pour la saison 2, en anglais pour l'instant uniquement pour la saison 3.
Les billets d'Isil (merci pour le prêt!) et de Karine, copines de mails.
PS : le titre de ce billet est pour ceux qui ont vu la saison 3. Et qui ont pleuré. Evidemment.
12:00 Écrit par fashion dans Séries télé | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : torchwood, doctor who, les hommes de ma vie quoi, je veux aller à cardiff, et revoir toutes les saisons de ces deux extraordinaires séries