06.04.2011
"Il n'existe pas de mode d'emploi qui donne un plan pour situer le bonheur"
"Je voulais ce qu'il y a de mieux pour toi. Malheureusement, il ne m'est pas venu à l'esprit que ce pourrait être moi. Dommage. Pas de chance. Raté. Je suis désolé. Je suis tellement désolé."
Il y a tout juste un an, chers happy few, Leo et Emmi entamaient, avec Quand souffle le vent du nord, une correspondance qui allait faire vibrer les lecteurs de tous les pays et surtout votre serviteuse, emballée et émue par les réflexions amoureuses et les atermoiements de ces deux êtres que le hasard avait jetés l'un contre l'autre. Un an après, les voilà de retour avec La septième vague, qui les voit renouer le dialogue quelques mois après le retour de Leo (je spoile un peu, bien obligée, que celui qui n'a jamais révélé que John tombait amoureux d'Anne dans Une étourdissante épouse me jette élégamment le premier Harlequin, tiens).
Et ? vous demandez-vous écartelés par l'insoutenable suspense.
OMG.
OMFG même (je jure si je veux d'abord, je n'ai jamais dit que je n'étais que sophistiquitude et glamour non plus) que cette suite est bonne. Retrouver nos deux tourtereaux pas du tout roucoulants et les voir se débattre dans leurs sentiments et dans la vie m'a procuré un bonheur ineffable. J'ai tout aimé dans ce roman lu d'une traite : l'angoisse de Leo, qui écrit les plus belles choses du monde quand il est ivre et analyse ses sentiments avec plus ou moins de lucidité ("ressentir n'est pas tromper" écrit-il au détour d'un verre de Bordeaux, hum, cher Leo, permets-moi de douter un peu), la légèreté d'Emmi qui semble avoir profité des mois de silence et d'éloignement pour mettre ses sentiments au clair (la façon dont elle mène le jeu est particulièrement fine), l'humour et la profondeur de leurs échanges, la sincérité de leurs sentiments (j'ai pleuré dans le métro, je suis fol-le) (mais comme tout le monde le sait, no harm done), les réflexions sur l'amour et la maturité, les tops des hommes peu sexy ("Ils détiennent la première place sur ma table d'Eros : les fans de Formule 1, les passionnés de salons du tourisme, les hommes à sandales, ceux qui fréquentent les kiosques à bière, et les hommes vexés!") (j'ai du coup moi aussi fait ma liste, évidemment, comment résister ?), les réactions d'Emmi à une certaine révélation (ah la la, le mail qu'elle lui envoie après m'a déchiré le coeur), l'analyse sous-jacente des relations épistolaires ("et avec les mails, on passe aussi ensemble le temps qui sépare deux messages"), j'ai même aimé la fin, que d'aucunes ont trouvé trop prévisible (mais je suis un petit coeur tout mou comme chacun le sait). Un roman qui donne envie de tomber amoureux, de manger italien, de porter l'autre au creux de sa main et de se laisser emporter par la septième vague, chers happy few. A lire, à relire, à chérir.
Daniel Glattauer, La septième vague (Alle sieben wellen), traduit de l'allemand (Autriche) par Anne-Sophie Anglaret, 348 pages, 6 avril 2011 pour la traduction (pour une fois, je suis à la pointe de la nouveauté, comme quoi tout arrive, attendez-vous à me voir porter des talons aiguille léopard), 2010 pour la parution en VO
Les billets de Cuné (qui pose une excellente question : la traductrice est-elle tombée amoureuse en traduisant ?), Stephie,Tamara, Cécile, Bladelor, Leiloona (qui résume parfaitement la situation : encore un peu et on aurait été contraintes d'apprendre l'allemand, comme quoi la kulture c'est simple comme un coup de coeur)
06:00 Écrit par fashion dans Littérature allemande | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : leo, leooooooooo, leeeeeeeeeeeooooooooo, leo leo leo leo, leoooooooooooooooooooooooooooo