23.03.2009

Atchoum!

à vos souhaits.jpg Nous sommes à Newdon, un Londres victorien décalé, où les elfes, les nains, les gobelins, les gnomes, les zombies et les humains vivent en (relative) bonne harmonie, sous l'égide de la monstrueuse reine Astoria (400 livres au bas mot). Mais voilà qu'un soir, le Diable en personne, que les Trois Mères (la Magie, la Nature et la Mort) avaient enfermé sous le stade bien des milliers d'années auparavant, se libère et investit le corps de la Reine. Son but : neutraliser les Trois Mères et ouvrir les portes de l'Enfer. Mais quand on confie les basses tâches à un baron vampire qui a déjà fort à faire avec ses zombies qui militent pour le droit de vote, et que la bonne marche du plan diabolique dépend de John Moon, le pire entraîneur de Quartek (une espèce de Donjons et Dragons grandeur nature mit football américain) que Newdon ait jamais connu, d'Oriel Vaughan, le seul Elfe totalement dénué de pouvoirs magiques et de Gloïn McCough, un nain sans aucun talent mais avec une belle salopette verte... c'est plutôt mal barré.


J'aimais déjà beaucoup la plume de Fabrice Colin, chers happy few, et la lecture de A vos souhaits vient de le hisser d'un coup d'un seul dans mon panthéon personnel au même rang que Terry Pratchett (avec qui il partage un goût très sûr de l'humour totalement déjanté, limite non-sensique) et Glen Cook (son confrère en humour noir). A vos souhaits est un roman délirant, qui mélange les codes du roman de fantasy, de l'uchronie et du roman victorien avec beaucoup d'humour. Les personnages sont tous plus incompétents les uns que les autres et ils ont un don certain pour se retrouver dans des situations abracadabrantes, la palme revenant évidemment à John Moon, qui s'établit psy pour gagner sa vie (ce qui donne lieu à des scènes fort drôles avec sa mère), se retrouve avec un dragon qui parle dans lequel la Mort est prisonnière, veille sur la tête décapitée de sa gouvernante, rencontre des conjurés qui portent des masques des personnages de Beatrix Potter et apprend à ses dépens que la vie est une scène. Si l'histoire est assez classique, elle est habilement troussée, parcourue de références littéraires multiples que le lecteur se réjouit de déchiffrer et le style est très enlevé. Excellent.


Fabrice Colin, A vos souhaits, J'ai lu, 382 pages, 2004 (première parution, Bragelonne, 2000)


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