09.03.2010
Le bon larron
Nouvelle-Angleterre, XIXè siècle. Ren a douze ans. Manchot, il a été abandonné à sa naissance et il a grandi dans un orphelinat tenu par des prêtres qui n'y entendent pas grand chose à l'éducation. En raison de son infirmité, Ren n'a jamais été adopté par les fermiers du coin qui cherchent de la main-d'oeuvre bon marché. Son avenir semble tout tracé : il sera enrôlé dans l'armée dès qu'il aura 16 ans. Mais un jour débarque Benjamin Nab, qui dit être son frère. Escroc plein de ressources, Benjamin entraîne Ren dans une série d'aventures...
Roman western, Le bon larron ne recule pas devant quelques facilités narratives (les personnages semblent se rencontrer de manière "évidente" et se reconnaître avec aisance) mais c'est un roman mené par une espèce de bonheur du récit, chers happy few. Ren l'orphelin manchot, vit de nombreuses aventures dont il ne sort pas toujours indemne, mais il reste toujours cohérent dans sa manière d'appréhender le monde, tentant de respecter les quelques règles morales qui sont à la fois le fondement de son éducation et de sa personnalité. On croise dans ce roman des personnages truculents comme Benjamin qui refait le monde par son talent de conteur ou Mme Sands, la femme sourde au coeur d'or et au frère nain qui vit sur le toit, brisés par la vie (Tom, l'ancien instituteur est très touchant) ou terrifiants comme MacGinty et ses hommes. On y vole des bourses et des cadavres, on y prie Dieu en continuant à ramer vers le rivage et on arrive presque toujours à s'en tirer d'une pirouette. Le tout, malgré quelques lourdeurs de traduction (l'imparfait en lieu et place du passé simple à plusieurs reprises m'a agacée) forme un roman-hommage à Mark Twain (l'orphelin débrouillard, la pauvreté, les escrocs, l'Amérique rurale, l'amitié et les rencontres de passage) aussi invraisemblable que trépidant et plutôt réussi, chers happy few.
Hannah Tinti, Le bon larron (The good thief), Gallimard, traduit de l'anglais par Mona de Pracontal, 376 pages, 2009 pour la traduction, 2008 pour la parution en VO. La couverture, hideuse, ne rend à mon avis pas service au roman, et c'est bien dommage.
Les avis d'Amanda et Cuné (merci pour le prêt!)
22:44 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : hannah tinti, le bon larron, nouvelle-angleterre au xixème, ça donne envie de relire mark twain