12.10.2010
Who cares about decent ?
Certainement pas lui, chers happy few, pour mon plus grand bonheur.
Oui, je sais que vous vous demandez où je suis passée et que vous vous dites dans votre Ford intérieure que ce blog est limite abandonné aux orties virtuelles, pauvre de lui (j'ai été Madame Irma dans une autre vie) (ne riez pas, je tire l'information d'un manuel très sérieux), mais figurez-vous que tout se ligue contre moi pour m'empêcher de venir répandre la kulture dans ces pages, chers happy few : le travail (que nul ne se gausse, je pourrais mal le prendre), les projets, le Grand Prix du Web (j'ai rempilé alors que j'avais juré mes grands dieux qu'on ne m'y reprendrait plus, souvent LCA varie, y a qu'à voir la taille de la PAL pour s'en persuader ; toujours est-il que je dois lire 15 romans avant le 30 octobre, oh j'en ai lu deux, quel bon rythme, je m'époustoufle moi-même), et la PAV (Pile A Voir, qui est, thank Tolkien, moins haute que la PAL mais relativement conséquente). C'est donc dans un accès de courage que j'ai décidé de la faire diminuer en regardant :
Sherlock, une série BBC (2010), rapportée de ma dernière escapade londonienne (car il n'y a pas que William dans ma vie, la preuve).
Comme vous le savez tous, assidus happy few, la passion qui m'unit au détective britannique et néanmoins lunatique est toujours aussi vivace ; il était donc impossible pour moi de passer à côté de cette adaptation, alléchée que je fus par ses deux hénaurmes atouts : Steven Moffat et... Steven Moffat. Pour ceux qui se demanderaient qui est cet homme, que dis-je, ce demi-dieu (car il paraît que certains de mes lecteurs ne prennent pas de notes après chaque billet, ce qui est bien évidemment passible d'une sévère sanction à base de moldave), Steven Moffat est celui qui a, entre autre, dépoussiéré Doctor Who (pas de soupirs au troisième rang, merci). Or voilà-t-y pas que cet homme qui a décidément over bon goût aime Sherlock Holmes d'amour et qu'il a décidé, avec son compère Mark Gatiss, de reprendre l'oeuvre de Conan Doyle et de la transposer de nos jours. Idée géniale que les deux hommes ont menée à bien avec brio, en mélangeant la transposition matérielle et technologique au respect du matériau de base (psychologie et relations entre les personnages), le tout nourri de multiples références aux intrigues imaginées par Sir Arthur.
Encore des hommes qui courent avec classe et enmanteaunés. Ferais-je une fixation ?
Voilà donc nos personnages dans le Londres contemporain : mon détective favori, toujours Consulting detective, n'écrit pas des ouvrages sur les abeilles et les poisons mais il publie le résultat de ses recherches sur un site internet, The science of deduction ; il a été contraint d'arrêter de fumer (les fameux "Ceci est un problème à trois pipes, Watson", sont remplacés par "Ceci est un problème à trois patchs de nicotine") ; il ne communique que par textos (qui apparaissent incrustés sur l'écran, ce qui est un gimmick très réussi), a remplacé sa bande de jeunes des rues par des SDF et il fait toutes ses expériences scientifiques dans le labo d'un hôpital. Watson, médecin militaire blessé en Afghanistan, tireur d'élite, ne tient plus un journal mais un blog, fort lu d'ailleurs (se préoccupe-t-il du classement Wikio ? mystère), et après une période de chômage, il a trouvé un job pas très bien payé dans un dispensaire. Nos deux héros se rencontrent dans le premier épisode (la série en compte trois), A study in pink, prennent un appartement en colocation au 221B Baker street (Mrs Hudson, redevable à Holmes, leur fait un prix) et cohabitent tant bien que mal, Holmes étant aussi capricieux, désordonné, dénué de manières et plein de mauvaises habitudes que dans les romans et nouvelles de Conan Doyle. Les intrigues, fort bien ficelées, ont le temps de se déployer vu le format imposé par la BBC (90 mn par épisode) (pour la petite histoire, Moffat avait écrit un pilote de 60 mn qui une fois tourné et montré à la production a été jugé tellement bon que la BBC a demandé deux épisodes supplémentaires et a fait rallonger le pilote) et contenteront aussi bien ceux qui n'ont jamais lu Conan Doyle que les fans, qui s'amuseront à relever les allusions et les emprunts (et qui couineront, du coup, évidemment). Le couple formé par Holmes et Watson fonctionne parfaitement, certainement en raison du choix des acteurs : Benedict Cumberbatch est un Sherlock parfait, sociopathe brillant à la langue affûtée et aux yeux de chat (cet acteur a vraiment un physique très particulier) face à Martin Freeman, qui campe excellemment un Watson discret mais efficace. Outre nos deux héros, on retrouve Lestrade (Rupert Graves) et ses hommes, Mycroft (Mark Gatiss, excellent) et bien sûr Moriarty (Andrew Scott) dont le personnage de psychopathe, révélé en fin de troisième épisode devrait prendre de l'ampleur par la suite, car oui, il y en aura une, chers happy few, ce qui me fait évidemment couiner par anticipation. Et d'ici qu'elle soit diffusée, je devrais avoir éclusé ma PAV. Ou pas.
Sherlock, trois épisodes de 90 mn chacun : A study in pink, The blind banker, The great game. Disponible en DVD en import, zone 2.
Les trois épisodes suivants seront diffusés en Grande-Bretagne à l'automne 2011.
France 4 a acheté cette série, dont la diffusion est prévue incessamment sous peu, et ça c'est une bonne nouvelle, n'est-ce pas Hydromielle ?
11:03 Écrit par fashion dans Séries télé, Un grand cri d'amour | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : sherlock forever, moffat mérite que l'on danse nue pour lui, comme jossounet, mes deux scénaristes favoris que j'aime d'amour, le benedict est très intéressant, je vais me pencher sans tomber sur sa filmo, tiens j'ai envie de chocolat, ça faisait longtemps


