04.11.2009

J'attends l'amouuuuur

(Je sais, chers happy few, je sais, mais c'était trop tentant.)   

 

 

                                        

                                         Grande-Bretagne, années 20. la poursuite de l'amour.jpgFanny et Linda sont cousines, inséparables et pourtant totalement dissemblables. Fanny est la fille d'une femme volage qui l'a abandonnée toute petite à sa tante pour suivre ses multiples amants et maris sur le continent, alors que Linda est la fille de deux riches propriétaires terriens tout à fait stables. Les deux cousines grandissent pratiquement ensemble et dès l'âge de 15 ans, soupirent après le grand amour qui viendra illuminer leurs vies. Mais alors que Fanny, raisonnable, épouse un intellectuel qui lui correspond, Linda, follement romanesque, se fourvoie dans un mariage avec un riche banquier allemand.

 

 

Voici un roman qui était dans ma PAL depuis près de 2 ans, chers happy few (ce qui n'est rien, j'en ai trouvé un qui prend la poussière depuis 8 ans, le pauvre, il n'en revenait pas de me voir enfin m'intéresser à lui), où il avait atterri suite à quelques billets plus ou moins élogieux qui lui avaient été consacrés et qui m'avaient donné envie de découvrir cette romancière britannique qui signe avec La poursuite de l'amour son roman le plus célèbre. Il faut faire fi de l'absurde quatrième de couverture qui parle à tort de Jane Austen et de Bridget Jones (mais c'est une (sale) manie que de toujours chercher des comparaisons vendeuses et la pauvre Jane est mise à toutes les sauces par ceux qui ne l'ont manifestement pas lue) et découvrir ce délicieux roman qui peint avec beaucoup de lucidité et de causticité les émois amoureux des jeunes filles mal éduquées, émois qui finissent toujours par se transformer en cruelles déceptions sentimentales sous les effets conjugués de la réalité et de la personnalité des hommes, ô combien éloignée de celles des princes charmants qui peuplent les fantasmes féminins.

 

C'est toute l'histoire de Linda, qui nous est contée ici par sa sage et pénétrante cousine, qui se marie deux fois en croyant à chaque fois avoir décroché le Graal pour se rendre rapidement compte qu'elle était amoureuse d'un mirage. Anglaise jusqu'au bout des ongles, elle fait contre mauvais fortune bon coeur avant de se décider à la rupture et de rencontrer, tout à fait par hasard, un homme qui lui convient. La poursuite de l'amour, outre sa description d'une grande justesse psychologique du fonctionnement du coeur de certaines femmes insatisfaites, est un roman souvent drôle, qui met en scène avec beaucoup d'humour la gentry anglaise au travers d'une galerie de personnages truculents (notamment Oncle Matthew qui terrifie son entourage, organise des "chasses aux enfants" mais écoute de sirupeuses mélodies italiennes et aboie beaucoup plus qu'il ne mord, ou encore Davey, personnage original d'intellectuel hypocondriaque à l'intelligence très fine). On pourra juste regretter une fin un peu abrupte mais finalement prévisible, qui ne nuit en rien au plaisir de cette lecture revigorante.

 

 

Nancy Mitford, La poursuite de l'amour (The pursuit of love), 10/18, 254 pages, traduit de l'anglais par Daria Olivier, 1945, 2006 pour la présente édition

 

Les avis de Caro[line] (pas emballée), Lilly (enthousiaste) et Papillon (qui m'avait donné envie malgré son billet mitigé).

 

Merci Alinéa pour le prêt! 

 

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Catégorie "Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Hum."

4/20