05.11.2008

Quantum of sexytude

18996228.jpg Dans les jours qui suivent Casino Royale, James Bond (Daniel Craig, who else ?), après une course-poursuite sur les routes toscanes, délivre à M (Judy Dench) le fameux Mr White (enfin, fameux pour ceux qui ont vu le précédent opus, pour les autres il faut me croire sur parole). Mais il y avait une taupe au MI-6 et White disparaît. James Bond se lance sur les traces de l'Organisation (Quantum donc), toujours à la poursuite des meurtriers de Vesper (Eva Green dans Casino royale pour ceux qui décidément ne suivent pas) et croise la route de Dominic Greene (Mathieu Amalric), qui a vraiment l'air de cacher quelque chose, le bougre (en plus il porte des chemises hawaïennes, il manquerait plus qu'il fume, tiens).


Parfois, chers happy few, on est obligé de faire des choses insensées pour la kulture. Comme vous le savez, je viens de lire L'avenir de l'eau d'Erik Orsenna : or ne voilà-t'y pas que j'apprends par un concours de circonstance tout à fait fortuit (ben oui, je cherchais des informations pour un projet très sérieux) que le scénario de Quantum of solace (quel titre, chers happy few, il m'aura fallu une bonne journée et demie pour en approcher toute la quintessence et envisager le comprendre) a pour point de départ le trafic de l'eau dans les pays arides (enfin, un en particulier). Je me suis donc vue contrainte, pour les besoins de l'analyse la plus rigoureuse, de me rendre dans une salle obsure afin de confronter la vision des scénaristes à celle de l'homme-désormais-sans-moustache. J'espère que vous appréciez à sa juste valeur le sacrifice qui fut le mien, chers happy few, car j'ai souffert. Terriblement. Pour vous le prouver, une petite photo :

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(Bon, certes je ne suis pas aussi marquée que ce brave James, qui a activé chez moi un syndrome dont je me croyais résolument dépourvue, celui de l'infirmière. Pour lui, je suis prête à sortir le mercurochrome. Et plus, car il y aura affinités. Forcément.)

Bref. Où en étais-je ?

Donc. Après une entrée en matière plutôt réussie (une course-poursuite filmée de manière sèche et nerveuse) et un générique particulièrement raté (mais bon, on est un peu habitué avec les Bond, c'est kitscherie et mauvaise chanson à chaque fois), se déroule ce qui, il faut bien l'avouer, ressemble bien plus à un bon thriller qu'à un film mettant en scène le plus célèbre agent secret britannique de la planète. N'allez pas croire que c'est une critique de ma part, chers happy few, car je trouvais les bondeuseries de plus en plus improbables et de plus en plus pénibles. Entre un personnage qui avait autant de charisme qu'une olive flottant mollement dans un verre de vodka-martini (la faute à Pierce Brosnan qui n'était franchement pas adapté au rôle et je me retiens d'en dire plus pour ne pas vexer les copines), des intrigues sans intérêt, des gadgets de plus en plus risibles (à quand la montre radar/épluche-légumes/distributeur de savon ?), des cascades ahurissantes d'invraisemblabilité (la moto qui saute dans l'avion reste un grand moment) et des méchants mégalo-pitoyables (on aura quand même tout eu en matière de tentative de prise de pouvoir intergalactique, à croire que les scénaristes faisaient un concours à celui qui aurait l'idée la plus stupide), bref, il faut bien avouer que ces dernières années, les meilleurs James Bond étaient les Austin Powers.

Je trouve donc que l'arrivée de Daniel Craig a coïncidé avec un changement radical d'orientation non seulement bienvenu mais nécessaire : exit les gadgets et le personnage de Q, finies les punch-lines à deux balles et les clins d'oeil dégoulinants et surtout terminés les grands méchants aux rires diaboliques, aux répliques débiles et aux agonies de deux heures. La franchise a évidemment gagné à cette modernisation qui ressemble en partie à un retour aux sources (le personnage est nettement plus proche du héros de Fleming) : tout est devenu nettement plus crédible. Les bad guys ne sont motivés que par l'argent et ne perdent pas de temps en tortures raffinées et en dialogues de 48 pages, les lieux ne sont plus exotiques au possible et les femmes ne sont pas tant glamour que dangereuses, complexes et tourmentées. Quant à James Bond, c'est un homme qui fait son travail, parfois un peu en marge de sa hiérarchie mais pas à la manière spectaculaire de ses prédécesseurs (puisque dans un film sur deux, James décide unilatéralement que les ordres ne le concernent pas), un homme qui aimerait bien ne pas avoir d'états d'âmes, mais qui est obligé de composer avec les siens. Tout ça donne un film bien fichu, avec quelques scènes particulièrement réussies (la poursuite sur les toits de Sienne, la représentation de Tosca en Autriche). Quant à Daniel Craig, je n'ai pas de mots pour dire tout le bien que je pense de son interprétation : malgré tout l'amour que je continue à porter à Timothy Dalton (car oui, je suis une femme fidèle), il est pour moi le meilleur James Bond, tous muscles utiles mis à part. Ou pas.


Quantum of solace, à l'affiche partout où la sexytude a droit de cité...


PS : je décerne un Fashion Award à la costumière, Louise Frogley (qui est une habituée des films de et avec George), qui a déniché pour James un pantalon blanc tout bonnement extraordinaire et qui a décidé de prouver au monde entier que le costume cintré était flatteur. Au nom des femmes du monde entier, je vous dis merci, Louise.