09.12.2009

A dos d'hippopotame

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Tomoko a 12 ans quand sa mère, veuve depuis peu, l'envoie passer une année dans la famille très aisée de sa tante maternelle. L'adolescente tombe immédiatement sous le charme de ces personnes qu'elle n'avait jamais vues auparavant : son oncle, mi-japonais mi-allemand à la beauté stupéfiante, sa mère, Grand-Mère Rosa l'Allemande qui a quitté son pays natal pour épouser un Japonais, sa tante silencieuse qui traque les coquilles et consomme plus de whisky que d'eau, Mme Yoneda la vieille gouvernante énergique qui fait des conours qu'elle espère surtout ne pas gagner, M. Kobayashi le jardinier sur qui on peut compter et surtout Mina, sa cousine asthmatique un peu plus jeune. Devenue adulte, Tomoko raconte les événements marquants de cette année entre parenthèses dans sa vie...

 

 

Voici un roman enchanteur, chers happy few, bien différent des romans de Yoko Ogawa que j'avais lus jusqu'à présent. Ici point d'étrangeté ou de surnaturel, rien que la vie qui s'écoule tranquillement dans cette maison "de style occidental" dont le jardin a longtemps abrité un zoo dont la seule occupante est à présent un hippopotame nain, Pochiko. Tomoko s'adapte rapidement à sa nouvelle vie et trouve en Mina bien plus qu'une compagne de jeu, une soeur. Il faut dire que la personnalité attachante de la petite fille a tout pour séduire : enfant fragile que sa maladie chronique contraint au repos et au calme, elle compense son manque de mobilité physique par une imagination tout à fait personnelle, nourrie par ses nombreuses lectures. Collectionneuse de boîtes d'allumettes dans lesquelles elle écrit des histoires étranges et poétiques, Mina est une nature passionnée qui trouve dans la calme et serviable Tomoko un parfait alter ego. Autour des ces deux filles qui découvrent chacune à leur manière l'amour et le volley-ball gravitent des adultes aux relations complexes, qui cachent parfois sous la surface tranquille de leur comportement policé (on est au Japon, ne l'oublions pas, où on s'excuse pour un mensonge ou un mot maladroit avec une exquise politesse) de bien troubles secrets. Un roman délicat et pudique, qui donne envie d'attendre les étoiles filantes et de relire Kawabata et qui raconte de manière originale et poétique un moment comme hors du temps dans le passage de l'enfance à l'adolescence. Délicieux.

 

 

Yoko Ogawa, La marche de Mina (Mina no koshin), Actes Sud, traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, 318 pages, 2006 pour la première parution, 2008 pour la traduction française.

 

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(10/25)
(Oui, contre toute attente, cette Chaîne avance même chez moi, c'est fou.)
(La première qui m'accuse de bloquer mon côté sera obligée de lire en boucle et en moldave le bouquin sur les Aborigènes, tiens.
Ah, ça rigole moins tout d'un coup.)
(Non, Caroline, il n'y a pas Hugh dans ce bouquin.)

 

Ce roman, choix de Virginie a déposé sa poussière d'étoiles enchanteresse chez Stephie, Bladelor, Lau, Lune de Pluie et Le Bookomaton.
Elle fait le schtroumpf grognon (mais on lui pardonne parce qu'on est magnanime) : Ys (who else ?). Karine a abandonné.
Elles ne font pas partie de la Chaîne mais ont été conquises aussi : Chiffonnette, Dominique, Erzébeth, Kathel, Papillon.
Michel a émis quelques réserves. 
(En fait tout le monde l'a lu ce roman, je suis à la traîne comme d'habitude.)