14.04.2011

Grand amour - Stéphane Carlier

images.jpgIl y a des romans qui semblent écrits pour nous, happy few que je sais suspendus à mes lèvres, et Grand Amour de Stéphane Carlier (auteur inconnu de moi jusqu'à ce mardi d'avril où nous nous sommes rencontrés par le biais de cette couverture) en est assurément un. Car derrière cette couverture rose se cache un faux roman de chick lit qui joue habilement avec ses codes pour nous proposer une histoire moderne et drôle qui ne peut que ravir la midinette bovarysante qui sommeille en chaque lectrice (ok, en certaines plus qu'en d'autres, je vous l'accorde aisément) (mais que pour aujourd'hui, faut pas pousser non plus).

Agnès a passé la trentaine et si sa vie sentimentale est comparable au désert de Gobi, sa vie fantasmatique est très riche, la faute à son job (elle traduit en série des romans sentimentalo-érotico-soft qui la mettent dans un état pas possible) et à son obsession pour un joueur de rugby d'Aurillac, Fabien Castan, découvert sur un fameux calendrier. Un soir, elle rencontre lors d'une soirée Colette, une femme pleine de sagesse, qui la pousse à vivre pleinement ses rêves et à partir à la rencontre de Fabien. Voilà notre Agnès remontée à bloc et bien décidée à aller respirer le même air que cet homme so viril, so sexy et so poilu (mais moins que Chabal, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit). Sauf que ce qui avait l'air d'être l'idée du siècle à Paris devant une coupe de champagne s'avère un poil ridicule devant le stade d'Aurillac. Mais aidée par PM, un vieux coiffeur gay et par le destin, Agnès va rencontrer Fabien...

Vous l'aurez compris, délicieux happy few, Agnès est ma cousine (pas si) éloignée et tout le talent de Stéphane Carlier est d'exploiter une caractéristique féminine assez répandue (que celles qui n'ont jamais bovarysé sur un homme célèbre et bien vivant osent se dénoncer dans les commentaires) et de s'en servir pour bâtir une intrigue ma foi joliment troussée, parsemée de situations drôlatiques (la scène des vestiaires est un grand moment) et traversée de très jolis personnages. Quand on sait en plus que Stéphane Carlier imagine en partie Fabien sous les traits de Sam Worthington, il ne faut  pas se priver de cette très sympathique lecture, idéale pour se mettre à l'unisson des beaux jours qui débutent.

Stéphane Carlier, Grand Amour, Le cherche-midi, 2011

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