29.08.2009

Pretty girls and monsters

Parce que cela faisait trop longtemps (très exactement deux mois à quelques heures près, oui j'aime la précision), que je ne vous avais pas bassinés avec Joss Whedon le demi-dieu, chers happy few, j'ai décidé de remédier à cela (ben oui, Joss mérite une blogueuse obsessionnelle au même titre que Charles, Henri et Emile, non ?) (non ? vous me fendez le coeur) et de vous parler de ma dernière trouvaille :

 

 

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Fray, scénarisé par Joss himself avec Karl Moline au dessin.

 

 

Bon, je dois bien avouer que sur ce coup-là j'ai un peu de retard, puisque ce comic-book a été publié en 2003, mais que voulez-vous nul n'est parfait en ce bas monde. Je pitche pour les deux lecteurs et demi qui sont restés devant leur écran malgré la vision de la couverture : nous sommes au 23ème siècle. Melaka Fray est une voleuse qui survit comme elle peut dans les bas-fonds d'une ville où les pauvres ne voient jamais le soleil. Forte, rapide, intelligente, maline, elle vit seule, loin de sa soeur qui est flic et elle traîne comme une blessure gangrenée le souvenir de la mort de son frère, assassiné sous ses yeux. Elle voit apparaître un jour un homme qui lui dit qu'elle est l'élue avant de s'immoler par le feu. Survient alors une espèce de démon très laid qui lui apprend qu'elle est en réalité une Tueuse.

 

 

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(Moi je dis qu'une héroïne qui pense : "Bad day. Started bad, stayed that way. Woke up sore from last night. Didn't find the fingernail in my breakfast till I was chewing it. [...] All bad enough. But Ruebrin's boys showing up on the grab and tossing me off the roof, that was... Well, actually, that was kind of fun.", ne peut être que selon mon coeur.)

 

Le pitch vous semble familier, chers happy few, mais détrompez-vous : dans ce monde futuriste nul ne sait ce qu'est une Tueuse, parce que nul ne sait ce qu'est un vampire. Ils ont été éradiqués de la surface de la Terre par une autre Tueuse (ceux qui suivent savent qu'il s'agit de Buffy à la fin de la saison 7) en même temps que les démons en tous genres. Le script débute donc sur un terrain à la fois familier et différent qui permettra à tous ceux qui n'ont jamais vu la série télé de suivre sans problème en mettant leurs pas dans ceux de Fray. Côté intrigue, elle contient son lot de rebondissements (les révélations sont habilement distillées) et de bagarres et comme toujours chez Whedon, les dialogues sont percutants (la forme du comic-book se prête décidément très bien à sa plume à cause des aperçus des pensées des personnages et des changements de points de vue beaucoup plus faciles que dans une série incarnée par des comédiens) et l'humour est omniprésent sous l'aspect dramatique. Whedon réutilise toute la mythologie de la Tueuse pour faire ici quelque chose de nouveau dans un cadre de SF plutôt light (hormis les voitures volantes, car, comme il l'explique dans la préface : "My visions of the future are pretty much the standard issue : the rich get richer, the poor get poorer, and there are flying cars."). C'est très réussi et je reste à chaque fois bluffée par le talent de cet homme et sa capacité à développer un univers dans tous ses aspects possibles. Franchement, et vous êtes, malheureusement pour vous, bien placés pour le savoir, chers happy few, je ne m'en lasse pas.

 

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(Icarius le vampire, ouh qu'il est laid quand même et Fray, un peu effrayée sur ce coup-là, oui, elle est facile, je sais.)

 

 

Joss Whedon, Karl Moline, Fray, Dark Horse, 2003, omnibus contenant les 8 épisodes de la mini-série. Cette série n'a apparemment jamais été traduite en français. Encore une bonne raison de se mettre à l'anglais. Je dis ça, je dis rien.

 

PS : je poursuis mon exploration du buffyverse par la série de comic-books parue en parallèle de la série télé. Les premiers numéros expliquent ce qui s'est passé à Los Angeles avant la première saison (Whedon a repris son matériau de départ massacré par le film tout pourri) : on y découvre comment Buffy a fait brûler le gymnase de son lycée ce qui lui a valu le renvoi, les tenants et les aboutissants de son passage en hôpital psychiatrique (une allusion y est faite dans cet épisode génialissime où elle est victime d'un sortilège qui lui présente le monde comme une construction de son cerveau malade), on y voit déjà Dawn et Angel et c'est une série qui s'annonce indispensable pour tout fan qui se respecte (je n'ai lu que le volume 1 qui contient 5 histoires : All's fair (avec Spike et Drusilla), Buffy : the origin, Viva Las Buffy, Dawn & Hoopy Bear et Slayer, interrupted). A suivre.

 

Merci Lyle. Il sait pourquoi.