22.11.2008
Un jeu ? Où ça, où ça ?
Parce que ça faisait très longtemps qu'il n'y avait pas eu quelque chose à gagner dans ce modeste salon, parce que vous êtes nombreux à suivre fidèlement mes élucubrations kulturelles et que je voudrais vous en remercier concrètement et parce que les copines LCA sont toujours partantes pour la poilade et le fun, Amanda, Caro[line], Stéphanie et moi-même vous proposons aujourd'hui de participer à un jeu qui permettra à quatre d'entre vous de remporter l'oeuvre (presque) complète d'un auteur que nous aimons beaucoup : Jean-Philippe Blondel.
En effet, nous offrons la collection complète des romans de Blondel parus chez Pocket (soit 5 titres : Accès direct à la plage, 1979, Juke-Box, Un minuscule inventaire et Passage du gué), grâce à l'aimable concours de pocket.fr (merci à eux!).
La règle du jeu est simple. Vous trouverez sur le blog des quatre participantes une question. La réponse à cette question se trouve sur un autre blog (pour trouver la réponse à la question posée par Amanda, il faut se rendre sur le blog de Caro[line], pour trouver la réponse à la question de Caro[line], il faut se rendre sur mon blog, pour trouver la réponse à la question que je pose, il faut aller chez Stéphanie et pour trouver la réponse à la question de Stéphanie, rendez-vous chez Amanda) (tout le monde suit ?). Pour gagner, il faudra répondre aux quatre questions (car elles sont différentes of course) mais sur un seul des quatre blogs, évidemment, histoire d'éviter de gagner quatre fois, car oui, vous l'avez compris, chers happy few perspicaces, il y aura un gagnant par blog.
Que vous soyez blogueurs ou non-blogueurs, commentateurs réguliers ou épisodiques, copains ou inconnus, plutôt Daniel Craig ou plutôt Professeur Tournesol, habitant à côté de chez moi ou à l'autre bout du monde, vous pouvez tous participer, chers happy few!
Vous pouvez jouer à partir de maintenant et jusqu'au mardi 25 novembre à midi, en envoyant, pour ceux qui veulent participer chez moi, votre réponse par mail (et par mail uniquement) à : sanseverina7@aol.com (attention, les réponses données en commentaire ne seront pas validées).
Un tirage au sort effectué par une main innocente d'environ 6 ans départagera les bonnes réponses que j'aurais reçues par milliers (j'ai une absolue confiance en votre perspicacité) et les noms des gagnants seront divulgués mercredi 26 novembre (à 5h14 dit Caro[line], peut-être plus tôt si vous êtes sages).
Et maintenant, roulement de tambour, la question que vous attendez tous :
Que s'est-il passé quand Stéphanie a rencontré Jean-Philippe Blondel pour la première fois ?
Bonne chasse aux bonnes réponses, chers happy few!
07:00 Écrit par fashion dans Quizz, concours et QCM | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe blondel, jeu, illuminons le week-end, karine pourra-t-elle participer finalement ?
19.11.2008
Objets trouvés
Antoine, la quarantaine, prof d'anglais, est en plein divorce. Sa femme, Anne, l'a quitté pour un autre et elle est partie avec les deux enfants, Mathilde et Léo. Antoine décide alors de déménager et de vendre les objets qui encombrent sa vie dans un vide-greniers dominical. Avec chaque objet qui trouve un acquéreur, c'est un pan de sa vie qui refait surface...
Ah que j'aime décidément la plume de Blondel, chers happy few, qui est bien parti pour être ma révélation française de l'année (ben oui, pourquoi ne décernerais-je pas ce genre de prix, après tout ?)! Après l'alternance des points de vue sur quatre décennies (Accès direct à la plage), l'alternance des points de vue face à une date graffitée sur un mur (1979) et le Top 50 intime (Juke-box), voici un inventaire à la Prévert, qui permet de reconstituer des bouts de l'histoire d'Antoine. Et je dois dire, que si ce procédé m'a semblé pas mal dans la première partie du récit, je l'ai trouvé excellement utilisé dans la deuxième partie du roman, où l'on suit les nouveaux acquéreurs des objets, faisant ainsi un peu de chemin avec eux, pour se rendre compte parfois qu'ils ont aussi tenu un rôle dans la vie d'Antoine. Le tour de force est la grande efficacité d'un procédé qui ne sent finalement jamais l'artifice mais qui sert au contraire l'histoire et surtout une caractérisation tout en finesse des personnages. Il y a comme dans les précédents opus de Blondel une grande humanité dans l'histoire de ce quadra un peu paumé, dans ses relations à sa femme, à ses enfants, et une vision très juste de l'enfance en province : je retrouve pas mal de choses personnelles dans sa description de la petite ville, notamment l'ennui, le centre-ville resserré, l'impossibilité d'échapper aux gens qu'on connaît, un côté étriqué... Je trouve en plus que le style progresse à chaque volume (c'est tout l'intérêt finalement de cette lecture chronologique que je me suis imposée, la logique de l'oeuvre envisagée comme un tout devient évidente, de même que sa progression), il y a ici plus d'humour que dans les précédents romans et pas mal de nostalgie. C'est un roman qui donne envie de donner la parole aux objets qui nous entourent, parce qu'ils sont finalement riches de sens. Très réussi.
Jean-Philippe Blondel, Un minuscule inventaire, Pocket, 273 pages (2005)
Le billet d'Amanda qui vous donnera d'autres liens, merci à elle!
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe blondel, la province c'est mortel, j'aime les vide-greniers, objets inanimés avez-vous donc une âme ?
28.10.2008
Top 50
Yoann, la trentaine finissante, égrène ses souvenirs au fil des chansons qui ont marqué sa vie, de Let the sunshine in à Danse s'y en passant par J'ai encore rêvé d'elle, Just an illusion ou encore Puisque tu pars, comme un Top 50 intime...
Décidément, chers happy few, je dois avouer que j'aime infiniment la plume de Jean-Philippe Blondel, qui a l'art de dire légèrement des choses parfois graves, parfois douloureuses et toujours profondes. Il y a évidemment un côté générationnel dans Juke-Box, qui évoque des chansons qui ont marqué une génération culturelle qui n'est pas tout à fait la mienne (je suis plus jeune que Blondel et par raccroc, que le narrateur), mais ce côté est transcendé par le propos, dont le côté intime touche à l'universel. Yoann évoque ses souvenirs d'enfance, entre deux parents qui se disputent tout le temps, son grand frère qu'il aime tant sans s'en rendre compte, les premiers émois amoureux, la douleur de la perte, l'expérience du deuil, les tâtonnements du jeune adulte, l'installation professionnelle puis dans le rôle de père, le tout avec en arrière-plan toujours la douleur et les doutes d'un personnage en perpétuel questionnement. Les chansons ne sont bien évidemment pas choisies au hasard et leurs titres comme leurs paroles résonnent étroitement avec l'histoire de Yoann, histoire qui se révèle extrêmement émouvante. Certainement le roman de Blondel que j'ai préféré jusqu'à présent, chers happy few : j'en suis ressortie frissonnante et la larme à l'oeil. Merci M'sieur Blondel!
Jean-Philippe Blondel, Juke-Box, Pocket, 207 pages
Le billet d'Amanda qui donne de nombreux liens (je sais, je fais ma fainéante, je vous demande pardon, chers happy few, c'est un des dommages collatéraux des vacances...)
PS : et vous, chers happy few, quel serait votre Top 50 personnel ?
20:04 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe blondel, juke-box, moi aussi j'aimais bien le top 50, serait-ce le moment d'avouer mon amour pour jjg ?, vous vous souveniez de billy crawford ?
16.10.2008
What's in a date ?
Un matin, les habitants d'un quartier d'une petite ville de province découvrent qu'une date a été taguée sur un mur : 1979. Tous se demandent pourquoi cette date a été inscrite et chacun pense qu'elle lui est adressée, se remémorant cette année, charnière pour certains, sans intérêt pour d'autres. Leurs destins se croisent jusqu'à la révélation finale.
Deuxième roman de Jean-Philippe Blondel, 1979 est aussi réussi que le premier, chers happy few, mais je l'ai trouvé paradoxalement plus sombre (je dis paradoxalement car certains événements d'Accès direct à la plage étaient pourtant aussi violents, voire plus que ce qui est raconté ici). Contrairement à ce que j'avais pu lire dans certains billets, je n'ai pas trouvé que la narration reprenait le même procédé que dans Accès direct à la plage : certes, les narrateurs sont multiples, ce qui permet de varier les points de vue, mais ils sont toujours les mêmes et le roman est bâti en quatre parties, portant chacune un chiffre extrait de la date, soit 1/9/7/9 (chaque chiffre indique le nombre de narrateurs qui va suivre). La partie 1 et l'épilogue sont pris en charge par le même narrateur, ce qui rend de ce fait la construction cyclique et parfaitement achevée. Chaque narrateur raconte à sa manière ce qu'évoque cette date pour lui dans les parties 9 et 7, puis l'histoire se déplace dans le présent dans la dernière partie, où il y a réunion des différents protagonistes et résolution de l'affaire, dans une structure qui n'est pas sans rappeler celle d'un roman policier. Le tout est au service d'une histoire de famille qui sert de prétexte (mais pas que) à d'autres histoires et j'ai beaucoup apprécié la façon dont la seule inscription de cette date sybilline sert de catalyseur pour décanter des histoires personnelles profondément enfouies, déterrer des secrets ou faire avancer des personnages jusque là englués dans une vie morne et triste. Cette date permet à chacun de tisser de nouveaux liens, que ce soit en renouant avec lui-même, avec sa famille, avec l'amour ou avec ses voisins, le tout dans une ambiance un peu feutrée (ni grandes démonstrations ni grandes manifestations mais plutôt des sentiments en demi-teinte). Comme dans Accès direct à la plage, je trouve que Blondel a un vrai talent pour camper ses personnages en quelques phrases très justes : il est le peintre un peu amer, un peu désenchanté, des petites vies des gens ordinaires.
Jean-Philippe Blondel, 1979, Pocket
Elles l'ont lu aussi : Amanda (interpelée par la tristesse qui sourd du roman), Laure (qui en a aimé les tranches de vie), Laurence (qui y voit un roman sur la solidarité), Solenn (qui trouve que Blondel est le romancier du quotidien et de la nostalgie), Tamara (dont l'exemplaire est joliment dédicacé par l'auteur), Val (qui pour sa part s'est ennuyée)
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe blondel, 1979, roman polyphonique, le tag comme procédé narratif, voisins voisines
08.10.2008
Les vacanciers
De 1972 à 2002, de la côte Atlantique à la Bretagne en passant par la Méditerranée, des personnages se croisent, s'aiment (ou pas), vieillissent, et se retrouvent toujours, d'une manière ou d'une autre, le temps d'une location, le temps d'un été.
Accès direct à la plage est le premier roman de Jean-Philippe Blondel, chers happy few, et il m'a beaucoup plu (le roman, hein, entendons-nous bien) (encore que le monsieur en question a l'air charmant aussi, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit). La construction, particulière, est maîtrisée de bout en bout : le roman est divisé en 4 parties (1972, 1982, 1992, 2002) et chaque partie est prise en charge par 5 narrateurs différents qui en assurent chacun un court chapitre. C'est le même narrateur, Philippe Avril, qui ouvre et clôt le roman à 30 ans d'intervalle. Ce procédé est intéressant et particulièrement efficace, certainement parce qu'il ne sent pas le procédé : loin d'être artificielle, cette construction sert une histoire qui se met en place par petits bouts, comme ces histoires que l'on vit en vacances et qui semblent suspendues le reste de l'année. Les voisins de location ne savent des autres que ce qu'ils veulent bien leur montrer et parfois la donne peut totalement changer d'une année sur l'autre, alors en 10 ans... tout est possible. La grande force du roman réside dans le traitement des personnages : par petites touches, l'air de rien, ils révèlent dans leurs petites histoires leur mesquinerie, leurs secrets, leurs tourments et leurs mensonges, car il faut bien reconnaître que l'humanité dépeinte par Blondel n'est guère reluisante, allant du pire (Julien Cami) à l'ordure (Pascal Maître) en passant par toute une galerie de (plus ou moins) ratés. Heureusement, il y a ceux qui, malgré leurs défauts sont attachants, les femmes plus que les hommes : elles courbent l'échine, elles pardonnent, elles divorcent, elles portent le deuil, elles pleurent, mais elles survivent. Dignement. Une belle réussite!
Jean-Philippe Blondel, Accès direct à la plage, Pocket (118 pages)
Les (nombreux) billets (qui donc ne l'a pas encore lu ?) : Amanda (conquise), Caro[line] (enthousiaste), Cuné (emballée), Emeraude (perdue), Florinette (qui l'a trouvé original), ICB (cueilli par la fin), Laurence (qui parle de subtilité), Lily (qui l'a trouvé clairvoyant et dérangeant), Papillon (sous le charme d'un style délicat et subtil), Stéphanie (qui a aimé aussi) et Tamara (sous le charme de ces histoires "grises")
06:30 Écrit par fashion dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe blondel, j'aime pas la mer, méfiez-vous de vos voisins de serviette, sous les pages la plage