11.09.2011
White crows - Tome 1 : Coeur d'acier - Djief

(Oui, je sais, c'est difficile à croire, chers happy few, aujourd'hui ni romance ni dissertation sur l'évolution du serbo-moldave à travers les âges, tout se perd.)
Sur la planète Primor, où toutes les cultures interstellaires sont censées cohabiter en paix (enfin, certaines plus que d'autres), Frank Willis mène une vie peu paisible. Humain dans un monde qui pratique à leur écart une stricte ségrégation, il a réussi à gagner ses galons de sergent dans la police grâce à des prises de risque totalement inconsidérées. Il ne vit que pour son boulot, jusqu'au jour où sa fille, Shelly, débarque : la colonie de terriens sur laquelle elle vivait avec sa mère et son beau-père a totalement disparu, de même que ses millions d'habitants. La cohabitation entre le père et la fille s'annonce orageuse, d'autant que la gamine semble avoir un talent certain pour les secrets et les emmerdes...

Voilà un très bon premier volume, happy few de mon coeur : scénario qui tient la route, images et mise en page efficace, monde bien campé, humour, action, clins d'oeil divers et variés (tiens, me suis-je dit en ouvrant le volume, le héros ressemble un peu à Bruce Willis, pour découvrir au bout de quelques vignettes qu'il en portait le nom ; les cyborgs plus qu'humains m'ont fait penser à Blade Runner ; Shelly a un robot-Jeeves qui ressemble un peu à Snivel dans Sillage)... Divertissant en diable, ce Coeur d'acier (Soleil, 48 pages, 2011) est suivi d'un dossier de 6 pages qui détaille l'univers de Primor (univers assez intéressant, ma foi). Espérons que la suite sera à la hauteur.
(Sinon, aucun lien fils unique, allez jouer chez Chif' pour gagner un bouquin de Jamie Oliver, parce qu'il le vaut bien le bougre.)
22:44 Écrit par fashion dans Avec des bulles, SF | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : j'ai déjà corrigé trois paquets de copie, je dis ça je dis rien, rien donc
11.08.2011
"She'd read enough Shakespeare to trust the Bard, and if he said it was better to have loved and lost than never to have loved at all - she believed him."
IT IS IMPERATIVE THAT YOU BE A WOMAN WHO IS WHOLLY UNIQUE. THE MAGIC THAT IS YOU MUST ENTRANCE YOUR LORD UNTIL HE CANNOT SEE THE ROOM BEYOND YOUR FACE.
Elizabeth snorted. " 'The magic that is you' ? 'See the room beyond your face' ? Where did this woman learn how to write ? A perfumery ?"
L'autre jour, chers happy few, je me suis rendue, de manière aussi fortuite qu'inopinée à la foire aux livres au profit d'Amnesty international d'une charmante bastide dans laquelle je vais quasiment tous les ans, parce que, comme vous n'en doutez pas un instant, je ne perds pas une occasion de rendre service à mon prochain, je suis comme ça, j'oeuvre. J'errais donc, un peu perdue (pensez donc, une foire aux livres, je ne sais qu'y faire), quand mon regard fut attiré par cette délicieuse couverture :

(et par un coup de coude de l'homme qui subit mes obsessions avec le sourire, et qui déniche toujours pour moi LE bouquin qu'il me faut au moment où il faut, je ne sais pas comment il fait, c'est un talent)
Vous pensez bien, happy few de mon coeur d'artichaut, que je n'aurais jamais de mon plein gré acheté ce genre de roman, sérieuse comme je suis, mais comme je me trouvais dépourvue de lecture, ayant achevé ma très sérieuse étude sur Kant au pays des Fornicatrices, et que je ne suis qu'esprit abnégatif, j'ai sacrifié un euro pour participer moi aussi à la paix dans le monde.
Et j'ai bien fait (la preuve qu'un bienfait est toujours récompensé, qui en doutait ?). Car How to marry a marquis (ne cherchez pas tout de suite la traduction française, elle arrive en octobre) est une excellente romance qui m'a fait éclater de rire à plusieurs reprises et qui ne possède que des qualités. Mais je pitche d'abord, parce qu'il paraît que l'organisation mène à tout (c'est pas moi qui le dis mais Lady Danbury). Elizabeth Hotchkiss a 23 ans et la charge de ses deux soeurs, Susan et Jane et de son frère, Lucas, leurs parents étant décédés cinq ans auparavant. Les Hotchkiss appartiennent à la petite gentry et la mort de leur père les a laissés dans un grand embarras financier. Pour subvenir aux besoins de la famille, Elizabeth est demoiselle de compagnie chez Lady Danbury, une riche veuve qui n'a pas la langue dans sa poche. Les soucis financiers se faisant plus pressants, Elizabeth n'entrevoit qu'une solution à leurs ennuis : le mariage. Le seul problème : pas de prétendants à l'horizon. Mais voilà que la jeune fille découvre dans la bibliothèque de Lady D un curieux ouvrage intitulé How to marry a marquis : elle tente alors de mettre en oeuvre les édits et les règles énoncés par l'auteur sur le seul homme qu'elle a sous la main, le très séduisant James Siddons, le nouveau régisseur de Lady D. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que James est en réalité le neveu de Lady Danbury, James Sidwell, marquis de Riverdale, et qu'il est bien décidé à l'aider à épouser un marquis... à sa manière.
How to marry a marquis est un délicieux hommage à Orgueil et préjugés, chers happy few, Julia Quinn ayant repris à sa manière quelques éléments du roman de Jane Austen (Elizabeth est vive, indépendante, caustique et courageuse, mais très têtue, James et elle sont pétris d'orgueil, Lady Danbury est une femme que tout le monde craint et elle n'a pas la langue dans sa poche, elle veut pourvoir au bonheur de son neveu et se mêle de ses affaires, on retrouve de nombreuses phrases inspirées de P&P...) pour trousser une intrigue qui si elle n'a rien de révolutionnaire, est fort bien construite. Elle a un talent certain pour les scènes de comédie, qui sont fort nombreuses et fort bien écrites, et pour les dialogues, hilarants. Ses personnages sont étonnamment intéressants, notamment Lizzie, dont la maladresse jointe à la vivacité d'esprit est un pur régal et James est très séduisant sans tomber dans la caricature. La bonne nouvelle : Julia Quinn a écrit une vingtaine de romans. J'ai déjà acheté An offer from a gentleman qui est une variation autour de Cendrillon et Romancing Mr Bridgerton (car oui, Chi-Chi, je suis tes conseils, je suis une femme disciplinée et obéissante). La fin de l'été s'annonce aussi fleur bleue que le début, chers happy few.
Julia Quinn, How to marry a marquis, Avon, Historical romance, 375 pages, 1999, traduction prévue pour le 19 octobre 2011 chez J'ai lu Aventures et passion, sous le titre Comment séduire un marquis ?
Challenge Lu en VO
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18:55 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : si j'avais un kindle, je n'aurais pas besoin d'attendre ma commande, pffff, dans un mois j'aurai 22 ans, je dis ça je dis rien
15.01.2011
Osons. Tout. Et surtout n'importe quoi.
L'été dernier, chers happy few, figurez-vous que je me suis retrouvée livrée à moi-même, à trois carreleurs polonais et à un plombier sexy répondant au doux nom de David pendant trois longues semaines. Non, non, vous ne rêvez pas, j'ai bien écrit trois semaines. Enfermée avec des hommes virils qui passent leurs journées à soulever des sacs de ciment et à manier habilement la truelle. Et ce qui devait arriver arriva...
Je me suis lâchement réfugiée chez une copine.
La poussière avait eu raison de la testostérone.
Et pour faire bonne mesure, j'ai passé toutes mes soirées à picoler avec les copines qui n'étaient pas en vacances. (Je ne sais pas si vous avez fait attention, happy few à qui rien n'échappe mais en juillet dernier, j'ai posté en tout et pour tout... quatre billets. C'est dire le degré d'alcoolémie et d'occupation qui fut le mien). Bref. Au cours d'une soirée où le rhum coula à flot (personnellement je suis plus une madame vodka, mes ascendances russes, certainement), l'une d'entre nous (je serais bien en peine de préciser laquelle) proposa que nous fassions une lecture commune d'un Osez. Mais qu'est-ce, vous demandez-vous en français et en substance, fort de votre bilinguisme ? C'est une collection de La musardine, qui propose de petits ouvrages autour du sexe (non, pas des petits ouvrages poilus, tsss, faut suivre un peu au fond de la salle). Nous voilà donc hilares et ravies (nous fréquentons un bar où le happy hour est trèèès long, soyez compréhensifs, bienveillants happy few), prêtes à braver le spectre de la lecture commune (pour moi), de l'achat chez le libraire (pour les autres) et de la spéléologie dans ses étagères (pour Stéphanie).
Hélas Ménélas, le lendemain me trouva dégrisée et perplexe devant l'écran de mon ordinateur : c'est que la collection ose une bonne trentaine de titres et s'ils paraissaient pour certains fort alléchants (et pour d'autres fort scientifiques comme Osez le sexe selon les astres à mon avis bien au-delà de mes compétences, j'imagine déjà qu'il faut posséder nombre d'instruments astronomiques pour parvenir au septième ciel), aucun n'était adapté à mon cas : pas de Osez la partouze (ben oui, je pensais à mes malheureux carreleurs abandonnés). Déçue, je me suis rabattue sur

Osez les sextoys.
Oui, je suis comme ça, moi, Monsieur le Juge, je m'adapte, je ne me laisse pas abattre par l'adversité.
Et je dois dire qu'alors que j'étais toute prête à dégainer sarcasmes et ironie, je suis restée coite parce que ce petit bouquin pondue par Ovidie, qu'on ne présente plus, est ma foi fort bien fait. Instructif, clair et surtout drôle comme tout (je ne peux pas vous donner les citations exactes qui m'ont fait rire, chers happy few, parce que mon exemplaire circule depuis de mains en mains et on ne veut pas me le rendre, j'en suis bien marrie), Osez les sextoys explore et explicite l'utilisation de toute une gamme de sextoys féminins adaptés à toutes les envies (mon Dieu, j'ai l'impression d'écrire une phrase pour le télé-achat, Pierre Bellemare, sors de ce corps) (oui, je sais qu'il a 80 ans passés mais je suis certaine qu'il a gardé toute sa vigueur) (grrrr, Pierre) (désolée, mais qui dit sextoys dit fantasme, non ?) et toutes les bourses (non, tous les mots de ce billet ne sont pas à double sens). Bon, par contre, j'ai beaucoup moins pris mon pied avec Osez le bondage, offert par Caroline, émoustillée de voir que je faisais souvent dans ce modeste salon des allusions aux menottes : toute activité qui implique de savoir faire des noeuds ne me paraît pas over sexy en dehors du bateau de Franck Cammas et comme le titre l'indique, cet ouvrage d'Axterdam ne s'intéresse vraiment qu'à cet aspect-là du SM.
Et comme rien ne nous arrête, chers happy few, Stéphanie, Stéphie, Chiffonnette, Tamara et moi vous proposons aujourd'hui, en partenariat avec les éditions La musardine (on s'est tellement amusées cet été que nous avons contacté l'éditeur) de gagner quelques exemplaires de cette collection. Vous pouvez donc ici gagner un exemplaire de Osez la chasse à l'homme, un exemplaire de Osez les secrets d'une experte du sexe pour rendre un homme fou de plaisir et un exemplaire de Osez les jeux érotiques.
Pour cela rien de plus simple : tout le monde, blogueur et non blogueur peut jouer ; il suffit de dire dans les commentaires, avant jeudi 20 janvier, quel est le personnage, fictif ou réel qui vous fait fantasmer et pourquoi. N'oubliez pas de dire pour quel livre vous jouez. Un tirage au sort départagera les joueurs.
Et n'oubliez pas aussi d'aller jouer chez les copines qui proposent d'autres titres à gagner!
05:00 Écrit par fashion dans Quizz, concours et QCM | Lien permanent | Commentaires (72) | Envoyer cette note | Tags : mon dieu ce blog devient n'importe quoi, manquerait plus que je chronique des romans érotiques, tiens, au fait miss s on attend toujours la réunion tupperware, je dis ça je dis rien
03.04.2009
Vivre toute sa vie comme un vibrant poème


Huitième enquête du gentleman russe et au flegme pourtant si british Eraste Pétrovich Fandorine, La maîtresse de la mort et L'amant de la mort se présentent comme une intéressante expérience littéraire, chers happy few. En effet, ce sont des "romans-miroirs" qui peuvent se lire dans n'importe quel ordre : se déroulant à Moscou au même moment (août-septembre 1900), ils relatent chacun une des deux enquêtes que Fandorine a résolues en parallèle, chacune racontée par un narrateur différent, ce qui fait de Fandorine l'élément récurrent des deux enquêtes mais aussi finalement un personnage secondaire.
La maîtresse de la mort présente une intrigue relativement originale puisque Fandorine, de retour incognito à Moscou (où il se fait appeler Mr Nameless sans que personne ne sourcille), enquête sur une série de suicides sans précédent qui touchent la capitale russe. Point commun entre les suicides : les défunts ont laissé un poème d'adieu, qui célèbre la Mort comme une amante. Fandorine ne tarde pas à comprendre qu'ils appartenaient tous à un cercle très fermé : celui des Amants de la Mort. Au nombre de 12 (nombre immuable, un nouveau membre n'étant accepté que lorsqu'une place "se libère") ces exaltés suicidaires attendent, sous l'égide du magnétique Prospéro, que la Mort se manifeste par un Signe qui les invite à mettre fin à leurs jours. Cette enquête est racontée par Colombine, jeune provinciale montée à la capitale pour y vivre des aventures hors du commun, personnage à la fois romanesque et romantique (au sens littéraire), qui tient un journal de bord assez drôlatique, dans lequel elle analyse ses sentiments de manière grandiloquente en se mettant en scène comme une actrice de sa propre vie. Ce personnage entier et sans mesure (elle se promène avec un serpent vivant baptisé Lucifer autour du cou) semble contaminer toute l'intrigue, qui est assez théâtrale : medium, signes, mises en scène des morts, serial-killer... Très réussi et plein d'humour même si on y voit trop peu Fandorine à mon goût (que voulez-vous, j'aime ce personnage d'amour, je n'y peux rien, chers happy few).
L'amant de la mort, lui, met en scène un cercle des Amants de la Mort d'une autre sorte : il s'agit des amants bien réels d'une femme sublime qui porte malheur aux hommes qui l'aiment et qui s'est rapidement vu attribuer un sobriquet qui atteste de sa nature de jettatura, puisqu'elle n'est plus connue que sous le nom de la Mort. L'histoire, narrée par Senka, un jeune homme orphelin qui s'est fait voyou par nécessité, se déroule dans le pittoresque quartier de la Khitrovka, espèce de Cour des Miracles moscovite dans laquelle ne s'applique que la loi de la gueuserie et où règne le Prince, l'un des amants de la Mort. Senka, débrouillard et moral (autant qu'on peut l'être quand on est dans la rue et réduit au vol pour survivre), trouve un trésor : des barres d'argent massif vieilles de plusieurs siècles. Hélas pour lui, ce trésor semble exciter bien des convoitises et les cadavres se multiplient sur son chemin. Il croise alors la route de Fandorine, qui résoudra l'énigme, non sans y laisser quelques plumes, comme à son habitude. Ecrit dans un style savoureux (Senka parle un argot des plus réjouissants et tente ensuite de se cultiver), L'amant de la mort est bourré de rebondissements (il y a un évident côté feuilletonesque dans cet opus) et donne à Massa, le serviteur japonais d'Eraste un rôle de premier plan et l'on apprend notamment comment il s'y prend pour séduire toutes les femmes qu'il croise. Fandorine est plus présent que dans La maîtresse de la mort, et il est toujours ce gentleman intelligent, séduisant et mystérieux, aux tempes blanchissantes et au léger bégaiement dont les femmes sont folles. Excellent.
Boris Akounine, La maîtresse de la mort, 346 pages et L'amant de la mort (Lioubovnik Smierti), 441 pages, tous deux traduits du russe par Paul Lequesne, 10/18, Grands détectives
Pour ceux qui auraient envie de découvrir les enquêtes (excellentes) de Fandorine, je ne saurais trop conseiller de les lire dans l'ordre puisque les énigmes se déroulent entre 1876 et 1900 (ils ont tous été publiés chez 10/18) : Azazel, Le gambit turc, Léviathan, La mort d'Achille, Missions spéciales, Le conseiller d'état, Le couronnement.
Boris Akounine a écrit une autre série, dont l'héroïne est une religieuse, Soeur Pélagie. Deux titres sont disponibles chez 10/18 : Pélagie et le bouledogue blanc et Pélagie et le moine noir. Sympathique.
Il a aussi écrit une enquête dont le héros est Nicolas Fandorine, le petit-fils d'Eraste : Altyn-Tolobas (toujours chez 10/18). J'ai beaucoup aimé. Je pense qu'on peut définitivement dire qu'entre Boris et moi c'est une véritable histoire d'amour, chers happy few.
20:56 Écrit par fashion dans Littérature russe, Polars | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : boris akounine, l'amant de la mort, la maîtresse de la mort, il devait y avoir une adaptation ciné, je verrais bien david tennant dans le rôle, flegmitude et sexytude, je dis ça je dis rien